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DVDEF

Lord of the Rings, The: The Return of the King (Special Extended Edition - édition américaine)

Critique
Synopsis/présentation
Pour le synopsis du film en lui-même se reporter à la critique de la version cinéma disponible ici.

Le roi est mort, vive le roi.
Cette vieille devise convient parfaitement à cette édition de Return of The King (ROTK) étendue. En effet, « le roi est mort » la magnifique trilogie de Peter Jackson sur les écrits de Tolkien s’achève avec cette version étendue de près de 50 minutes. « Vive le roi » car cette édition est tout simplement magnifique. Les 50 minutes rajoutés sont effectivement 50 minutes qui manquaient à la cohésion de ce dernier volet, et d’un point de vu technique, les réserves qui avaient été émises sur la qualité de l’image et du son pour la version cinéma sortie l’été dernier sont histoire du passé.
Sous le même format que les versions étendues des deux précédents chapitres, LOTR ROTK SE est offert dans un coffret de 4 disques, le film d’une durée de 250 minutes est divisé en deux disques, et quelques 7 heures de suppléments sont offerts sur les deux autres disques. Même forme de boitier (bleu pour l’occasion, après le vert de Fellowship et le rouge de Two Towers). À noter que la version utilisée ici pour cette critique est l'édition américaine, une adresse vers un site web permettra de commander pour un prix modique un plus large coffret (vide) qui contiendra les trois versions étendues, mais nous ne savons pas si cette offre sera répandue au Canada. Il s'agirait donc du contenant de la Trilogie Extended qui apparaitra sur les tablettes mardi 14.

Plutôt que de décrire par le détail les scènes qui ont été rajoutées (ou allongées), il convient de voir quel effet cela a sur ce film. Les deux autres versions étendues étaient clairement bonifiées par des passages qui détaillaient plus avant certains éléments. Ainsi, certains personnages tels Aragorn prenaient une consistance à la hauteur du rôle qu’ils jouaient dans l’histoire en général. Aussi, ces rajouts faisaient parfois office de lien entre les livres, et le film. Ces liens étaient plutôt de l’ordre du détail qui permettaient aux amateurs des livre de Tolkien de « Valider » l’approche de Walsh et Jackson dans l’écriture du scénario.
C’est précisément ce qui causait le plus de problème avec la version cinématographique de ROTK. Les deux premiers opus ont été construit en repoussant toujours plus loin certains éléments narratifs. Cette tendance se voit générer de nombreux ajustements pour le dernier opus, qui doit ici venir finaliser l’ensemble et donc rattraper ce qui n’avait pas été abordé. C’est cette approche qui fait que cette version étendue prend toute sa valeur. Que ce soit dans les éléments réintégrés ou dans les nombreux suppléments, ROTK EE permet de faire le rapprochement entre le livre et le film de façon plus étroite, et les choix scénaristiques, sont clairement expliqués et justifiés. L’exemple le plus fragrant reste la présence de Saroumane dans cette édition. Si d’une part on a enfin droit au dénouement de son histoire, elle est néanmoins complètement adaptée aux besoins du scénario, prêtant ainsi un intérêt pour les amateurs de l’histoire originale, mais ajoutant aussi certains éléments narratifs utiles plus loin dans le film. Les autres nombreuses scènes offrent aussi de très beau moment de cinéma (notamment la scène rajoutée de l’attaque des Rohirims dans les plaines de Pelanor) et donnent une dimension encore plus épique à un film qui l’était déjà.
Au final, et comme pour les deux précédentes, cette version étendue n’est pas une simple « Director’s Cut » c’est, grâce aux ajouts une réelle redécouverte, permettant d’explorer encore une fois un univers riche et cohérent.

Une fois les cohérences qui semblaient manquer à la version cinéma redressées, nous voici devant un film qui a mérité ses 11 Oscars en 2004. Le gigantisme des scènes, à faire palir Cecil B. Demille de jalousie sont amenées à l’écran par un mélange très homogène de miniature, de prouesses graphiques informatique, et en général par un sens de l’échelle que Jackson a su préserver. En ce sens, certains des suppléments sont très révélateurs, lorsque les artisans de Weta parlent de l’escalade de proportion (notamment concernant la masse d’arme du Witchking), trouvant cela presque ridicule, alors qu’à l’écran l’effet est absolument saisissant et dans la continuité du reste. Le gigantisme des scènes est appuyé par de très nombreux personnages, et des histoires très personnelles. On est pas dans le déballage de genre vidéoclip, certains personnages à la personnalité complexe brillent réellement et permettent une expérience filmique réellement immersive. On pense ici plus particulièrement au personnage de Denethor, personnage le plus détestable des livres (au moins autant que Sauron lui même pour ceux qui ont lu ces livres). Ce dernier d’ailleurs a une psychologie beaucoup plus « accessible » dans cette édition, puisqu’il nous est donné de comprendre pourquoi il décide de se sacrifier ainsi que le reste de sa lignée. Il en est de même pour Eowyn et Faramir et plusieurs autres personnages.
En visionnant cette édition on comprend implicitement que le cœur de l’histoire reste les péripéties de Sam et Frodo. En effet, la version cinéma contenait tout ce qui les concernait, impliquant ainsi que le reste a pu être jugé superflu. Seule la traversée de Mordor est effectivement rallongée, mais ne rajoute pas vraiment de consistance aux personnages, mais rajoute au sentiment de voyage qui n’en fini jamais.

Tout comme le livre le retour du roi se concluait par de très longs appendices, cette édition renferme elle aussi de nombreux suppléments, comme pour montrer que plus que le film, c’est l’univers dans lequel il a été créé qui en fait sa valeur. C’est d’ailleurs ainsi que le succès de Tolkien s’est construit ; en proposant une multitude de détails de fonds, d’histoires secondaires et de personnages historiques. Ces éditions respectent en cela la tradition de Tolkien, et les nombreux suppléments sont comme autant d’histoires secondaires qui font que le visionnement du film en lui-même devient un peu plus une expérience cohérente. On regarde cet opus sans penser une seule seconde aux efforts qui ont été nécessaires pour mettre ces scènes en images, mais une fois devant les suppléments, on se rend compte de la « chance » que l’on a eu d’avoir une telle équipe pour nous offrir ce spectacle. On rejoint ainsi l’expérience du livre. On peut lire le seigneur des anneaux comme pièce unique, mais si on rajoute à cette lecture les contes et légendes inachevés ou le silmarillon (Ne parlons pas de Tom Bombadil qui restera le sujet qui fâche), on nous offre alors une toute autre expérience, plus complète, plus cohérente qui nous permet de mieux nous immerger dans l’histoire elle-même.

À l’heure du bilan de cette trilogie on peut se poser quelques questions concernant l’héritage qui restera de ces films. Il est évident d’une part que la taille de la production fait que cet ensemble laissera des traces, on peut très certainement le comparer à l’effet de Ben-Hur à l’époque. L’autre facteur déterminant est l’utilisation très harmonieuse du média DVD. En effet, la stratégie globale consistant à faire de ces version étendues de réels produits plutôt que des herzats de marketing douteux est une première. On est loin de la version rallongée « pour vendre une nouvelle édition à ceux qui l’ont déjà car il faut bien vendre ». Nous espérons en cela que le succès commercial engendré par cette méthode nous permettra dans le futur d’avoir effectivement des éditions DVD à forte valeur ajoutée (qui dépassent le cadre strict de l’excellence de l’image et du son). Pour le bémol, que va-t’il se passer avec « the hobbit » ? Devant le succès de la trilogie, il est évident que le Hobbit sera produit, et l’on est légitimement en droit de se demander si l’attention qui lui sera porté sera la même que celle qu’un homme, Jackson, a su donner à la trilogie (nous éviterons ici les comparatifs avec une autre trilogie dont les suites ont été vulgairement baclées).

Il y a 4 ans, la première bande annonce est apparue sur Internet, et pour tous les amateurs du livre de Tolkien, le premier contact avec l’image des personnages, de la musique de Howard Shore et de l’environnement graphique avait généré une excitation sans précédent (voir quelques larmes de voir ce qui a été si longtemps seulement imaginé). À l’heure de refermer cette page de cinéma, on ne peut que saluer le travail fait, l’excellence de ces éditions étendues qui savent redonner à l’industrie du DVD toutes les forces de sa spécificité et de ses qualités. On ne peut aussi que saluer la persévérance avec laquelle ces films ont su être fabriqué, et d’avoir redonner au genre épique la superbe que quelques productions hollywoodiennes semblaient avoir écorchés au profit d’une spectacularisation vide de sens.


Image
Si nous avions émis quelques réserves concernant la qualité de l’image sur la version cinéma, tous les problèmes qui avaient été relevés sont ici résolus. L’image présentée dans cette édition est au format respecté de 2 :35.1 dans un transfert 16:9.

Nous pourrions faire court, et tout de suite dire que ce transfert fait parti du meilleur de cette année. En effet, hormis quelques productions CG, ce transfert est un cran au dessus de tout ce qui nous a été donné de voir en 2004. Le niveau de détail est tout simplement impressionnant, donnant aux très nombreuses textures une richesse et un réalisme palpable.

Tout comme pour les premiers volets, le traitement de l’image (ou keying) impose encore sa marque, mais si nous trouvions que les effets étaient un peu trop marqués dans la version cinéma de ROTK, il nous semble que l’équilibre délicat entre le naturel et le travail en postproduction est meilleur ici. Les transitions de tons et les saturations de couleurs semblent plus homogènes et se font oublier. Les couleurs sont parfaitement étalonnées, et les tons donnés aux différents environnement parfaitement rendus et constants.
Tout comme pour la couleur, le traitement de l’image sur la brillance et les contrastes est parfaitement rendu, offrant des mises en valeur subtile. La balance des lumières est parfaite sur tout le programme, de la noirceur de Minas Morgul à la brillance de sa sœur Minas Tirith tout reste parfaitement bien équilibrés. Les détails dans les zones sombres sont certainement là ou nous avons été le plus séduit. C’est une réelle profusion de dégradés et de détails qui sont apparents, sans jamais sacrifier à la profondeur immaculée des noirs.

La partie numérique bénéficie naturellement de l’espace de deux disques qui lui est allouée. Aucun parasite d’aucune sorte n’a été constaté, et à aucun moment les problèmes traditionnels de sur définition n’ont semblé venir perturber la présentation générale.

Si certains avaient reprochés une critique considérée trop dure de l’image de l’édition cinéma de ROTK, un simple travail de comparaison A/B sur des scènes communes devraient montrer les différences réelles entre ces deux éditions. Les couleurs sont ici surtout beaucoup mieux saturées, et le grain d’image qui semblait artificiel est ici complètement gommé. Cette édition étendue est à la hauteur des deux précédentes, c'est-à-dire une édition sans aucun reproche, et un superbe instrument pour tester son matériel vidéo.


Son
Notre précédente critique pour la version cinéma indiquait que malgré l’excellence de la bande son Dolby Digital, nous attendions avec impatience la sortie de cette édition étendue pour avoir accès à sa version DTS ES. L’attente aura été loin d’être vaine, puisque nous avons là une des meilleures bande son multicanal qu’il nous a été donné d’entendre.
Les bandes sonores proposées sont Anglaise Dolby Digital 5.1EX ; DTS/ES et anglaise Dolby Digital 2.0. Comme nous le soulignions dans le synopsis, la version critiquée ici est l'édition américaine. La version canadienne verra l’ajout d’une piste française au format Dolby 2.0 Surround. Nous avons utilisé la bande-son au format DTS ES pour cette critique.

Que les gens possédant des systèmes ambiophoniques se réjouissent car ils vont enfin avoir un prétexte magnifique pour impressionner leurs amis, ou pour s’autojustifier des améliorations (et dans les temps des fêtes, tous les prétextes peuvent être bon). Nous somme là en présence d’une bande son d’une qualité rare. Dès les premiers instants, la lutte entre Sméagol et Déagol, l’immersion est non seulement totale, mais l’expérience sonore est en soit un événement. Pour cette première scène, on se retrouve avec le battement de cœur de Déagol qui passe du rapide au plus en plus lent. Ces battements font naturellement appel au caisson d’infrabasse, mais plus les battements s’espacent plus les « notes » sont soutenues, l’agonie de Déagol se terminant en une nappe de basses que seule la voix éthérée de l’anneau, faisant des transitions sur toutes les enceintes saura réveiller. Cette simple scène, au demeurant peu spectaculaire est mixée tellement finement que l’effet est absolu lorsque la basse s’arrête. C’est précisément ce qui fait d’un mixage qu’il est réussit, son absence se fait cruellement sentir.
La présentation sonore est naturellement très vaste, couvrant les 360 degrés et offrant un champ avant qui dépasse le cadre des enceintes. Les placements sonores sont très précis, les sources toujours placées de façon très précises, et ce tant dans les scènes les plus intimes que dans les déploiements sonores les plus apocalyptiques (et il y en a…).

Toujours en finesse, les musiques Howard Shore sont toujours magnifiquement mises en place, leur rôle d’ambiance et de personnage à part entière est toujours à propos, sachant se faire discret ou en avant. Les effets sonores, encore une fois très nombreux, sont tous parfaitement rendus. Le mixage de ces sources sonores ne révèle aucun problème de restitution, la musique est fidèle sur toute la hauteur du spectre, et les effets ne tombent jamais dans la dureté du haut du spectre (sauf si cela est nécessaire comme lors de chocs d’épées par exemple).
Les dialogues sont toujours naturels et parfaitement rendus, toujours intégrés dans leurs environnements respectifs sans jamais que l’on ne manque une parcelle d’information. Les effets de transitions sont à la hauteur du placement et c’est avec fluidité que l’action passe d’un côté à l’autre, et même d’avant en arrière. Les flèches et autres projectiles lourds traverseront votre salon d’écoute d’une manière aussi brutale que naturelle, et serviront très probablement dans les semaines qui viennent aux salons démonstrateurs pour montrer les prouesses dont sont capables les cinémas maisons actuels.

Une scène sera certainement au centre de toutes les démos, celle de l’attaque des Rohirims dans les plaines de Pelannor, j’usqu’à l’arrivée des Oliphants… Cette scène risque en plus de déclencher quelques chicanes entre voisins de réellement amener votre enceinte d’infrabasse aux limites de sa descente, et de son punch. Rarement les basses nous ont parues aussi physiques, capable de remuer les murs et les murs de l’étage au dessus.
La puissance de l’impact des basses est réellement impressionnante, capable de simuler des sabots et de la terre qui tremble, avec par-dessus des coups massifs de basses pour les pas des monstres surdimensionnés. On ne parle pas ici de niveau sonore, mais réellement d’impact de basse, dans les 40/50 hertz, rapides et violents. Les enceintes d’infrabasse un peu lente vont certainement avoir un peu de mal à suivre la cadence, mais les heureux possesseurs de sub rapides et efficaces devraient découvrir un nouveau monde. A niveaux très élevés, cette simple scène de charge est capable de déplacer un volume impressionnant d’air, et sans devoir nécessiter un permis spécial de l’ONU, cette course de cavalerie et le choc qui s’ensuit devraient être manipulés avec soin car capables de générer de réels problèmes diplomatiques. Pour des basses profondes et un stress test intense de votre matériel, la chute de Barad-Dür devrait faire amplement l’affaire.

D’une finesse fabuleuse, cette bande son est aussi capable d’une sauvagerie rarement atteinte. Si on est sur de l’entendre dans tous les magasins de Hi-Fi du pays, seuls quelques uns sauront vraiment vous la rendre dans toute sa magnificence, ses qualités en tant que source sont très exigeantes. Ce qui est certainement la bande son la plus aboutie du moment pour le cinéma maison est aussi le meilleur ambassadeur pour de toujours meilleures composantes dans la chaîne audio d’un cinéma maison. Nous recommandons plus que jamais de jouer les enceintes en mode « small » pour les systèmes compacts, sous peine de réellement perdre beaucoup de la subtilité de ce fabuleux mixage. À noter que des sous-titrages en Anglais, Français et Espagnol sont disponibles avec cette édition.


Suppléments/menus
Cette édition étendue de ROTK est offerte sur 4 disques DVD-9 tout comme les deux éditions étendues précédentes. Les deux premiers disques couvrent le film et les pistes de commentaires audio. Les deux suivants sont, comme pour les livres de Tolkiens, les Appendices, intitulés Appendices 5 et 6, 1 et 2 se trouvant sur la version étendue de Fellowship, 3 et 4 sur celle de Two Towers.

Avant de nous aventurer dans les appendices, il convient de s’arréter sur les pistes audio de commentaires. Comme à l’accoutumée on y trouve 4 pistes de commentaires, la première avec Peter Jackson et les scénaristes, la seconde avec l’équipe de direction artistique, la troisième avec la majorité des acteurs, et pour finir une piste avec l’équipe de production et de post production.
Deux de ces pistes nous ont réellement séduites, tout d’abord, celle du maître à bord et les auteurs. Cette piste offre des explications claires sur les choix scénaristiques, les défis rencontrés à cause non seulement des délais de production, mais aussi par rapport au temps existant dans les livres. C’est une piste réellement séduisante car en plus de données originales, on y comprend mieux l’attachement de cette équipe à l’œuvre originale. L’autre piste de commentaire qui se démarque est comme pour les autres films celle des acteurs. On remarque une fois encore l’absence de Viggo Mortensen, mais celle-ci est très largement compensée par la performance au micro d’Andy Serkis qui offre la performance la plus schizophréniquement drôle de l’histoire des suppléments. Ce dernier commente le film en utilisant Gollum/Sméagol et lui-même. Ses interventions sont tellement plaisante qu’on aurait aimé une piste de commentaire seulement pour ce dernier. Les autres participants sont eux aussi naturellement à la hauteur et nous montrent que la communauté de l’anneau existe réellement, on sent un réel plaisir pour ces personnes de se retrouver et reparler « du bon vieux temps des Terres du Milieu ». Bien que recellant de très bonnes informations, les deux autres pistes de commentaires nous ont semblé réellement orientées aux plus aficionados. Les suppléments des appendices couvrent une bonne partie de ce qui est offert, et s’embarquent parfois dans des détails techniques un peu fastidieux. Néanmoins, nous avons apprécié d’avoir plus de détails sur certaines scènes clés. Petit détail très agréable, lors du visionnement avec ces pistes de commentaires, le nom de la personne et son rôle dans la production est affiché, ce qui rend l’écoute très agréable.

Avant de détailler les deux disques consacrés aux suppléments, une note générale s’impose. Techniquement, l’ensemble de ces suppléments sont proposés dans un transfert 16:9, et un format sonore Dolby 2.0 (ou 5.1 pour les sections sur le son et la musique) en plus de sous-titrage en Anglais et Espagnol (heureusement remplacé par du français pour la version canadienne).
Le format reste assez cohérent par rapport aux précédentes versions étendues, un mélange d’entrevue avec des segments sur les plateaux et en studio. Le soin apporté à ces suppléments est tout simplement stupéfiant, allant jusqu’à intégrer une trame sonore correspondant aux thèmes du film et tout comme Tolkien nous avait gratifié de magnifiques compléments d’informations, on nous offre ici un flot d’information de plus de 7 heures hyper détaillé et très bien monté. Pour terminer sur cette note générale, il convient de noter qu’il semble que ces deux disques de suppléments nous ont semblé supérieurs à ceux précédents. Pas tant en terme de contenu technique, mais bel et bien de contenu émotionnel. Il est certain, surtout dans le premier segment du quatrième disque (Filming the Return of the King) que des larmes seront versées. La charge émotionnelle est très bien rendue, et on regarde ces suppléments avec la même fébrilité qu’un bon film, ce qui est en soit une réelle prouesse. Pour terminer, chacun des deux disques possède une petite introduction, le disque trois par Peter Jackson, le disque 4 par les Hobbits.

Le troisième disque, intitulé Appendices 5 est le plus chargé. En plus de 7 documentaires (par là ne reprenant aucuns éléments vus dans les éditions précédentes) on y retrouve de nombreuses galeries d’images et une scène abandonnée. Cette dernière était dans le scénario originale et opposait Aragorn à Sauron lui-même (tel que vu dans le prologue de Fellowship). Ce petit segment de 4 minutes est un montage croisé de “previz” (grossière 3D) et scénarimages. Les galeries d’images sont immenses. Divisées en trois grand segments, « The people of Middle Earth », “The Realms of Middle Earth” et enfin “Miniatures”, et comprenant de nombreux sous segments, ce sont des centaines d’images qui sont proposées. Tout comme dans Two Towers SE, certaines images sont accompagnées d’un bref commentaire, ce qui rend le visionnement beaucoup plus intéractif. Tout comme pour les autres éditions, une carte intéractive du voyage de ce troisième volet est offerte (Atlas) ainsi qu’une carte de la Nouvelle-Zélande qui montre les locations ou les scènes ont été tournées. Tout comme pour les précédents volets, ces deux segments sont accessibles par la rubrique « index » (tout comme les galeries d’ailleurs).
Structuré sensiblement comme pour les autres éditions, les documentaires sont accessibles soit par haut niveau, soit dans les détails dans la section index. Enfin, l’option « Play All » nous embarque pour environ trois heures et demie de voyage dans les terres du milieu. Ce disque se concentre particulièrement sur les efforts qui ont été nécessaire pour la production, le disque quatre quant à lui s’orientant plus vers le tournage, la postproduction et les acteurs. L’ensemble de ces documentaires durent en moyenne de 25 à 35 à minutes.

« JRR Tolkien, The Legacy » nous plonge dans l’histoire de Tolkien, et dans les éléments qui ont influencé l’écriture de ce dernier volet. On y retrouve encore l’influence de la guerre et de ses amis qui l’ont alimenté, soit comme universitaires ou comme « viande à canon » durant la guerre. On retrouve aussi dans ce segment un éléments qui nous manquait dans les deux précédents documentaires sur le Maitre. L’amour de Tolkien pour sa femme, et la manière dont il l’a matérialisé dans ses écrits est ici enfin exposé. Peter Jackson avait d’ailleurs déjà fait un clin d’œil à cet élément dans Fellowship SE, lorsqu’il avait fait chanter Aragorn la légende de Beren et Luthien. Cette histoire d’amour entre un mortel et une Elfe est à la base de l’imaginaire romantique de Tolkien, au point que les tombes de ce couple portent ces noms respectifs.
« From Book to script : Forging the final Chapter » propose de la même manière que pour les éditions précédentes de nous présenter les choix éditoriaux qui ont amené au script final. Un élément de choix est néanmoins apporté dans l’explication de la reconstitution du fil temporel de l’histoire. En effet, Tolkien écrivait les aventures de manière séparées (par groupes) mais la narration filmée implique une reconstitution du temps. Aussi, on nous explique (aussi dans l’autre disque au niveau de l’éditing) pourquoi la scène de Saroumane a sauté. L’autre élément intéressant est de nous expliquer comment les scènes de cette version étendue ont été choisie (on se reportera aussi au disque 4, certaines scènes ayant « sauté » de Two Towers à ROTK).
« Designing Middle-Earth » est là aussi dans la continuité de ce qui nous avait été offert, mais plus spécifiquement pour cet opus. Naturellement une grosse emphase est mise sur Minas Tirith et sa consoeur Minas Morgul. On y découvre, de la conception (seul endroit ou l’on voit John Howe d’ailleurs) à la construction les défis nombreux et la production gargantuesque de ces sets. En plus de lectures de textes de tolkien renforçant l’exactitude du design offert, de nombreux détails sont présentés comme le travail sur les enseignes, la construction de la caverne de Shelob et la nécessité de construire de nouveaux types de rochers et naturellement, beaucoup d’Autres éléments.

« Bigatures » est là aussi un habituel. On découvre avec émerveillement ces miniatures géantes, là encore orientées vers ce dernier volet. Un des éléments qui nous a paru très intéressant, en plus de constater que cette équipe en plus d’un talent indéniable avait une bonne humeur impressionnante, est la présentation de la maquette du départ pour les Hâvres Gris. Loin d’être comme à l’accoutumée des structure massive et haute, cette maquette couvre toute la baie qui accueille les navires au départ. Un véritable bijou, tout comme les bateaux Elfes construit à grande échelle et théoriquement capables de flotter.
« Weta-Workshop » nous offre une fois de plus un aperçu de l’excellence de la production d’éléments accessoires pour ce film. Ce segment est particulièrement intéressant car il semble boucler la boucle. En effet, on est conduit de région en région, de peuple en peuple afin de voir comment les éléments et les détails ont été conçus en fonction de « cultures » différentes. La présentation de la multitude de détails (tout comme pour le prochain segment) est réellement impressionnante. Les détails invisibles à l’écran, comme les 7étages de Minas Tirith sur la gard des épées des Gondor, sont autant d’hommages à l’œuvre de Tolkien.
« Costume Design » nous présente une fois de plus les plus beaux morceaux du film, et insiste là aussi sur le volume de détails qui ne sont jamais visibles, comme les broderies à l’intérieur des manches ou des détails sous des manteaux. On voit aussi les différentes robes qui ont été créées comme des exultoires, la majorité des autres costumes servant plutôt des hommes.

« Home of the Horse Lord » se concentre sur toute l’infrastructure qui a été nécessaire pour les nombreux chevaux. De l’arrivée de ces derniers, aux différentes personnalités, on découvre une facette complète du film qui n’est à priori pas « évidente ». En effet, entre le dressage pour les conditions de tournages, les conflits de personnalités entre les différents chevaux, et le rapport entre les acteurs et leurs animaux. On voit aussi les astuces utilisées pour simuler les chevaux (dont un superbe cheval mécannique créé par Weta), et on apprend que Viggo Mortensen, en plus d’acheter son propre cheval a offert à une des cascadeures l’étalon qu’Arwen semblait chevaucher dans le premier opus de la trilogie.

Le quatrième disque, intitulé The appendices Part 6 : The Passing of an age se compose de 7 documentaires répartis dans 5 grandes catégories. En plus de ces commentaires, une section consacré au jeun réalisateur Cameron Duncan nous est offerte.
La base est la volonté de peter et de sa femme Fran pour supporter les dons d’organes. Ils ont fait appel a un jeune réalisateur, Cameron Duncan afin qu’il fasse une publicité pour cette cause. Ce dernier avait malheureusement contracté le cancer. Un long segment, intitulé « the inspiration for into the west » (environ 30 minutes) présente l’histoire de ce jeune réalisateur. Alors qu’ils contactaient ce jeune homme, il leur a présenté un court qu’il avait réalisé sur sa condition de malade intitulé DFK6498, son numéro de matricule de malade. Ce petit documentaire est très poignant et montre de belles qualités filmiques, justifiant ainsi le choix de Peter et Fran. Une rechute de son état l’a malheureusement condamné, et c’est avec le film « strike zone » qu’il a écrit son testament. Ces films nous sont offerts et sont certainement le plus beau témoignage de reconnaissance pour ce jeune homme qui semblait avoir énormément de potentiel.

« Filming the return of the king » nous propose comme pour les autres éditions en une heure et demie de présenter les différents éléments sur le tournage. C’est dans ces segments que l’on a le plus de rapport avec les acteurs et naturellement avec Peter Jackson lui-même. On y découvre certains détails sur certaines scènes, et notemment la chronologie très particulière de certaines scènes (comme les escaliers de Minas Morgul). On a aussi droit à certains éléments plus difficiles, comme les 4 journées qui ont été nécessaires pour tourner la scène des havres gris. Comme ce segment couvre la photographie principale (donc en 2000) on assiste au départ des acteurs, qui s’en vont après 14 mois de tournages sans savoir que des reprises seraient faites. Ces scènes sont naturellement très émouvantes et se regardent avec intérêt. En plus de ce segment (Cameras in Middle earth), des photos de la production sont offertes sous forme de galerie.

« Visual Effects » se concentre sur les exploits de Weta Digital. Il est intéressant de voir les progrès que cette équipe semble avoir fait durant les 4 années de productions. Le nombre de plans, leur augmentation (comme il l’est décrit dans The End of All things) et la complexité sont présentés de manière très intéressantes. On voit aussi certains plans, comme la chute de Barad-Dür et la complexité des plans de la plaine de Pelannor, tant dans la création de la plaine elle-même que dans l’animation via le logiciel Massive de toute cette bataille. Les amateurs d’effets spéciaux informatiques seront là en terrain connus, mais auront rarement vu une telle profusion de talent (et de productivité). En plus du documentaire, un grand segment propose la bataille des plaines de Pelannor dans toute sa complexité, détaillant les différentes étapes de la production, de PreViz à l’animation Massive, des plans réels au compositing. Ce segment présente cette scène dans toute sa complexité et on ne peut que saluer le tour de force qui a été nécessaire pour le porter sur écran.
« Post production » offre 4 documentaires. « editorial : Completing the trilogie » nous présente comment les rappels de tournages ont été decidés et comment les besoins pour le montage final ont nécessité de réunir de nouveau toute l’équipe. On voit aussi les différents défis qui se sont présentés au montage et qui ont nécessité de nombreuses versions, jusqu’à la dernière minute.. « Music For middle earth » présente une fois de plus le fabuleux travail de Howard Shore, et les complexités de la production. The soundscape of Middle Earth nous présente la production de tous les effets et l’environnement sonore (vainqueur d’un oscar). On nous montre comment, au même titre que l’équipe avait demandé a un stade complet de chanter pour la bataille de Helms Deep, l’équipe a lancer des morceaux de bétons de deux tonnes pour avoir le son exact des projectiles lancés à la catapulte. Pour finir, « The end of all things » est la combinaison croisée de deux éléments très filmiques. Tout d’abord les adieux émouvants de tous les acteurs après les reprises. On ne peut s’empécher de verser une larme aux discours de John Boyle ou Rhy Davies. Jamais un documentaire pour un film ne nous avait paru aussi émouvant.
En parrallèle à ce flot d’émotion, on nous décrit très minutieusement la complexité de la fin du montage de ce film. On sent le stress de la date buttoir, on sent la complexité immense de mener un tel projet à terme, et surtout l’interaction négative entre tous les département qui nous ont été présentés. En effet, Peter Jackson édite jusqu’au dernier moment, ce qui oblige la musique et les effets à se réadapter sans cesse, créant une situation réellement chaotique. Quelques scènes avec le producteur Osbourne nous montre que ce film ne s’est pas tout le temps déroulé version « la Comté », mais assez souvent version « Mordor ». Il nous semble très intéressant de voir que sans submerger ces suppléments des aspects les plus négatifs, un rappel sur la difficulté de cette entreprise soit fait. Cela relativise un peu le côté « idéal » de cette production et la rend ainsi encore un peu plus proche de nous.
Il serait possible de détailler encore plus avant ces segments, mais leur qualité tient dans le rapport que l’on entretient avec l’équipe qui a tourné ce film, et c’est certainement avec ces appendices 5 et 6 que nous consommons la fin de cette aventure partagée, mais aussi la proximité que les autres éditions nous avaient offerte.
Pour terminer ce disque, un documentaire intitulé « The Passing of an Age » relate toutes les activités de lancement de ROTK, la cérémonie des oscars et les nombreuses premières par delà les grandes villes du monde. Bien qu’intéressant car montrant l’engouement extrême que ces films ont su générer à l’échelle planétaire, c’est certainement le supplément qui nous est apparu le moins intéressant.

Pour conclure sur ces suppléments, loin de répéter des expériences déjà vécue sur les autres films au format étendu de la trilogie, c’est certainement l’ensembe de documentaire le mieux équilibré, le plus émouvant et globalement le plus satisfaisant autant de la trilogie que des éditions DVD en général. On nous offre une complicité tant dans la réalisation que dans la séparation, et sans être réellement une catharsis ces 7 heures de visionnement permettent de se séparer en douceur d’une trilogie qui aura bercé 4 saisons des fêtes.



Conclusion
Cette Édition Spéciale de Return of the King nous semble la plus réussie de la trilogie. Si le film dans son format cinéma nous avait quelque peu laissé sur notre faim, cette édition remédie à tous les petits problèmes que nous avions relevé lors de la critique de l’édition deux disques. Techniquement irréprochable et bénéficiant d’une des bandes sons les plus efficaces du moment, c’est un réel bonheur que de s’installer pour ce visionnement.

Pour tous les amateurs de DVD, cet achat est naturellement un indispensable, et pour les autres, un cadeau absolument magnifique à faire.
Si on a reproché au film de s’étirer dans sa conclusion, on se rend compte, par les suppléments et la passion de tous les intervenants qu’il est dur de se séparer de ceux avec qui tant de choses ont été partagées. Il en est de même pour le public qui a suivit de près cette trilogie, et qui verra dans cette édition non seulement un des réalisations techniques les plus abouties, mais un au revoir en beauté.

Cette édition est indispensable à toute vidéothèque digne de ce nom.


Qualité vidéo:
4,7/5

Qualité audio:
4,8/5

Suppléments:
4,8/5

Rapport qualité/prix:
4,8/5

Note finale:
4,8/5
Auteur:

Date de publication: 2004-12-09

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Lord of the Rings, The: The Return of the King

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
250 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
New Line

Produit:
DVD

Nombre de disque:
4 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX*
Anglaise DTS ES 6.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
15 Documentaires (environ 7 heures), 4 pistes de commentaires, galeries d'images, scènes non tournées, photos de productions

Date de parution:
2004-12-14

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