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DVDEF

Van Helsing (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Ecrit et réalisé par Stephen Sommers, ce film fait immédiatement penser à The Mummy et The Mummy Returns, ses deux précédentes oeuvres en tant qu'auteur et réalisateur. Comme dans les deux films susnommés, il s'agit d'un film d'aventures fantastiques sans grande prétention, reprenant des monstres classiques. La Transylvanie remplace l'Egypte, et une variété de monstres issus de la littérature et du cinéma d'horreur gothique remplacent la momie.

Le film, comme son titre l'indique, est bâti autour du personnage de Van Helsing, le professeur d'université chasseur de vampires fanatique inventé par Bram Stoker dans son chef d'oeuvre, Dracula. Pour attirer un public plus large, Sommers a transformé le personnage du professeur vieillissant en un agent secret nettement plus jeune (Hugh Jackman, le Wolverine des deux X-Men) au service du Vatican, une sorte de James Bond du XIXe siècle, chargé de poursuivre le mal où qu'il se trouve. Ce n'est évidemment pas la seule liberté que Sommers s'est autorisé par rapport aux classiques de la littérature d'horreur dont s'inspire ce film.

Dès l'ouverture (en noir et blanc), nous voyons le professeur Frankenstein, qui vient de réussir à faire vivre sa créature, trahi par son serviteur Igor, qui travaille, tout comme le professeur, pour le compte du Comte Vladislaus Dracula (Richard Roxburgh, le M du très oubliable League of Extraordinary Gentlemen). Juste après, nous découvrons le personnage de Van Helsing, en train de poursuivre Mr Hyde dans Paris. Plus tard, nous avons l'occasion de voir le prince Velkan et sa soeur Anna Valerious (Kate Beckinsale, qui après Underworld semble abonnée aux films mettant en scènes vampires et loups-garous) poursuivant un terrible loup-garou. Les érudits en matière d'horreur gothique crieront évidemment à la trahison. Mais le but avoué de ce film n'est pas d'adapter fidèlement les oeuvres de Mary Shelley, Bram Stoker ou Robert Louis Stevenson (entre autres). Bien d'autres réalisateurs par le passé ont déjà, avec plus ou moins de bonheur, adapté ces classiques au grand écran. Van Helsing est un film d'action, une sorte de transposition de James Bond dans l'univers de l'horreur gothique.

Une fois que l'on admet qu'il s'agit là de divertissement pur, les libertés prises par Sommers par rapport aux personnages qui peuplent son film deviennent nettement moins choquantes. La légèreté du scénario l'est par contre nettement plus. Là ou les deux Mummy savaient justifier leurs nombreuses scènes d'action par un scénario relativement construit, Van Helsing les accumule avec pour toute justification une histoire encore plus simpliste et moins satisfaisante que l'intrigue d'un James Bond. Certaines questions posées au cours du film ne trouvent jamais de réponse, ce qui est frustrant. La brièveté -qui frise le ridicule- de certains intermèdes de réflexion et d'enquête s'avère elle aussi très frustrante.

Au niveau visuel, le film s'avère par contre très agréable. Les décors sont somptueux, mis en valeur par un éclairage maîtrisé et une colorimétrie moderne. Les scènes d'action sont rythmées, impressionnantes, et assez souvent aériennes, soutenues par une pléthore d'effets spéciaux globalement assez réussis. Ils sont d'ailleurs totalement omniprésents, ce qui nuit parfois au naturel du jeu des acteurs (bien que celui-ci ne soit pas d'une importance cruciale dans un film tel que celui-ci). Le découpage est enlevé, comme on est en droit de s'y attendre dans un film d'action moderne, et fait penser, comme pour trop de films depuis Matrix, à un jeu vidéo. Quand à la distribution et la direction d'acteurs, comme on peut s'y attendre, il n'y à là rien d'extraordinaire, ce genre de film hollywoodien moderne reposant moins sur le jeu des acteurs (dont une partie est d'ailleurs synthétique) que sur le côté impressionnant des scènes d'action.

Au niveau graphique comme au niveau du scénario, le film contient une foule de références à de nombreux films à succès plus ou moins récents. Certains décors font irrésistiblement penser à la trilogue Matrix, et certains plans et répliques à Lord of the Rings. La séquence où Van Helsing reçoit ses ordres et son équipement au Vatican est une adaptation de ce qu'on voit dans tous les James Bond, et les cinéphiles décalés remarqueront même une réplique inspirée de The Rocky Horror Picture Show. Certaines des créatures peuplant le château de Dracula semblent quand à elles sorties tout droit de Star Wars. Arrêtons là l'énumération. En un mot comme en cent, Van Helsing ne brille vraiment pas par son originalité.

Si le film s'avère divertissant, grâce à un rythme enlevé et une réalisation de bonne facture, il reste tout de même décevant. Loin d'atteindre la nullité de League of Extraordinary Gentlemen, le scénario est tout de même franchement léger, la profondeur des personnages se comparant à l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarettes, et un certain nombre de questions sur ceux-ci restant sans réponse. Quand à la fin, elle s'avère bien entendu prévisible au point d'en être consternante. Heureusement, elle est suivie d'un générique particulièrement réussi, d'une classe comparable à ceux des deux Spiderman.

Le film s'adressant surtout au public adolescent, il n'est pas surprenant de voir que la seule cérémonie de récompenses à laquelle ce film a été nominé pour l'instant soit les fameux Teen Choice Awards.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1, d'après un transfert optimisé 16:9. Bbien entendu, on trouve aussi sur le marché une version recadrée (4:3, 1.33:1) de ce film.

Comme on est en droit de l'exiger d'un blockbuster américain récent, l'image est d'une propreté impeccable, la copie utilisées pour le transfert (haute définition) étant de première qualité. La définition est d'un très bon niveau, les images étant parfaitement détaillées et les textures subtiles. L'image présente parfois un grain photographique très naturel, qui donne à l'image un aspect cinématographique assez sympathique.

Les couleurs sont riches, parfois éteintes, parfois saturées selon l'ambiance recherchée lors du tournage et de l'étalonnage. Aucun débordement n'est à déplorer, même dans les scènes saturées comme celle du bal. Le contraste est fort bien réglé, évitant toute surbrillance. Le niveau des noirs, crucial pour ce type de film comportant d'innombrables scènes nocturnes, est lui aussi impeccablement réglé. Les zones sombres (et elles sont nombreuses) sont fort bien rendues, avec un très bon niveau de détail, des dégradés fluides et des noirs profonds sans être bouchés.

Au niveau purement numérique, tou n'est pas aussi bon. Certains parasites de compression, notamment de légers fourmillements, sont visibles ici et là, sans que ce soit réellement gênant. Ce qui est plus gênant par contre, c'est la surdéfinitions des contours, qui vient gâcher quelque peu le rendu cinématographique des images.



Son
Les bandes-son proposées sur cette édition sont la version originale en Anglais au format Dolby Digital 5.1, et les doublages en Français et Espagnol au format Dolby 2.0 surround. Des sous-titres Anglais pour malentendants, Français et Espagnols sont aussi proposés. C'est évidemment la version originale multicanaux qui est le sujet de cette critique.

Comme on peut s'y attendre d'un film d'action moderne, cette bande-son s'avère particulièrement démonstrative, et fait montre d'une dynamique impressionnante.

Cette bande-son est très immersive, la spatialité étant servie par une utilisation quasi-constante des canaux d'ambiophonie. Les multiples scènes d'action et de combats à l'arbalète automatique sont un parfait exemple de la dynamique de cette bande-son chargée d'effets spéciaux. Si le champ sonore n'est pas toujours réaliste, la séparation des canaux est d'un très bon niveau, et les innombrables effets de transition sont d'une fluidité très adéquate. La trame sonore, symphonique et un peu grandiloquente, qui démontre profondeur et fidélité, est impeccablement intégrée à ce mixage démonstratif, tout comme les dialogues qui sont toujours parfaitement intelligibles et bénéficient d'un très bon placement dans l'espace.

Les basses fréquences sont évidemment mises à contribution de façon soutenue et percutante, appuyées par une utilisation intensive du canal LFE (.1). Il s'agit là de matériel de démonstration, d'une qualité technique indéniable. Les amateurs d'effets variés apprécieront, les audiophiles amateurs de mixages subtils peut-être un peu moins. Mais pour le genre de film en question, il s'agit là d'une bande-son tout à fait adéquate.


Suppléments/menus
L'Édition critiquée ici est la version conportant un seul disque. Il existe aussi une édition comportant 2 disques DVD, le premier étant le même que dans cette édition et le second y ajoutant un certain nombre de suppléments. A l'insertion du disque sujet de cette critique, nous avons droit aux bandes-annonces de Shaun of the Dead, Seed of Chucky et des DVDs de The Mummy, The Mummy Returns et The Scorpion King, les trois précédents film de Stephen Sommers. Une pression sur la touche Menu de la télécommande permet de les abréger et de passer aux superbes menus animés offerts sur ce disque.

Dans le menu des options audio et dans celui des suppléments, on trouve la possibilité de regarder le film en écoutant une des deux pistes de commentaires audio proposées. Le premier commentaire est celui du réalisateur Stephen Sommers et d'un des monteurs, Bob Ducsay. Notons que les deux se trouvent être aussi les producteurs du film. Le second comprend quelques-uns des acteurs. On y retrouve Richard Roxburgh (Dracula), Shuler Hensley (la créature de Frankenstein), et Will Kemp (Velkan). Ces deux commentaires permettent d'avoir deux perspectives bien différentes sur le tournage de cet impressionnant film d'action. Dans les deux cas ces commentaires s'avèrent plutôt informatifs et bien ficelés, apportant chacun leur lot d'anecdotes intéressantes.

Les documentaires présents sur le disque sont au nombre de deux :
Le premier, Bring The Monsters To Life (10:02) porte sur l'animation des créatures numériques qui peuplent le film. Ce segment aurait pu être intéressant si les gens de ILM n'étaient pas aussi prétentieux. On y voit un directeur d'animation affirmer froidement que leur Mr. Hyde (qui est il faut l'avouer bien plus réussi que celui qu'on voit dans League of Extraordinary Gentlemen) est le plus beau personnage de synthèse photoréaliste de l'histoire des effets spéciaux. Il faudrait que quelqu'un informe ce monsieur qu'il existe en Nouvelle-Zélande une société du nom de Weta Digital a raflé l'Oscar des meilleurs effets spéciaux trois années de suite, en raison notamment de leur travail sur un certain Gollum.
Le second, The Legend of Van Helsing (10:08) est supposé porter sur les différentes apparitions du personnage de Bram Stoker au grand écran. Il commence ainsi, mais s'avère très vite être un segment à la gloire de Hugh Jackman.

Un segment assez original est aussi proposé, You are in the movie ! (4:30). Il s'agit d'un montage d'images prises à l'aide de mini-caméras placées en différents points des différents plateaux de tournage, nour montrant sous des angles originaux le travail des acteurs et des techniciens sur le plateau. Il est à noter que la vision de ce supplément permet d'accéder à un mode spécial de vision du film, comparable au Follow the White Rabbit de Matrix. Ce mode spécial permet de voir ces séquences prises avec les mini-caméras au moment des scènes correspondantes dans le film.
Un qui l'est nettement moins est Bloopers (5:39), un bêtisier fait de prises ratées. Sans intérêt.

Explore Dracula's Castle est une visite interactive, à la navigation incompréhensible, des décros ultra-détaillés du château de Dracula, qu'on voit à la fin du film.
Trailers permet d'accéder à la bande-annonce (2:30) et au spot télévisé diffusé lors du Superbowl (1:00) de Van Helsing.
Une autre bande-annonce Shrek 2 preview (0:34) est en fait une publicité pour le très attendu DVD de Shrek 2, sorti peu de temps après celui de Van Helsing.
Les autres suppléments sont réservés quand à eux aux possesseurs de consoles X-Box (preview du jeu), et de PC équipés de lecteurs DVD-ROM (contenu interactif avec Interactual player).



Conclusion
Ce film relativement quelconque plaira aux amateurs d'action et de grand spectacle, notamment grâce à son image assez léchée et à ses effets spéciaux impressionnants. Cette édition en un seul disque est d'un niveau technique tout à fait dans les normes pour un film hollywoodien récent, à savoir très bon. Les suppléments sont assez nombreux et parfois originaux. Il est à noter qu'il existe une édition en 2 disques de ce film, le second disque apportant un lot de suppléments en plus.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-11-22

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur 36'' NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E, Lecteurs DVD Panasonic S25 et LG DV7832NXC, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research / PC avec GeForce et WinDVD, moniteur 21'' Compaq P110

Le film

Titre original:
Van Helsing

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
132 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Bandes-annonces, Bêtisier, visite virtuelle du château de Dracula, segments documentaires, sommentaires audio, démonstration du jeu X-Box, DVD-ROM

Date de parution:
2004-10-19

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