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DVDEF

Box, The

Critique
Synopsis/présentation
Richard Kelly est un cinéaste américain qui semble condamné à devenir ce que l’on qualifie de cinéaste maudit. Sa première œuvre qui ne nécessite désormais plus aucune présentation hormis son titre, Donnie Darko, a été écrite et réalisée alors qu’il n’avait que 27 ans. Il n’en fut pas moins pour que le film et son cinéaste deviennent culte grâce au bouche à oreille. Le parcours de Kelly ne pouvait alors laisser croire qu’à de bonnes choses. Or, en 2006, il a présenté son deuxième film, Southland Tales à Cannes. Se déroulant dans un monde futuriste à l’aube d’une fin du monde, le film a été exécrablement mal reçu par la presse et le public obligeant Kelly a resserré son montage pour la sortie en salles (et en DVD ici au Québec). Si Donnie Darko fascinait et intriguait par son énigme sur le voyage dans le temps, Southland Tales à vouloir trop pousser dans le « on ne comprend absolument rien » s’est avéré un pétard mouillé. Un film aux ambitions démesurées qui n’est pas arrivé à les remplir pleinement. Ce que l’on retiendra du film est son humour grinçant et cruel et le jeu des trois comédiens principaux, The Rock qui plonge à fond dans le burlesque, Sean William Scott qui fait preuve d’une retenue étonnante dans le double-rôle d’un film et de son double, et Sarah Michelle Gellar qui en plus de détenir les répliques les plus savoureuses, réussit à rendre son personnage de porn star attachant. C’est pourquoi lorsque Richard Kelly a annoncé un troisième film, nos attentes n’y étaient plus. D’autant plus que Kelly a mentionné en entrevue que ce troisième film serait ouvertement un film commercial pour qu’il puisse se racheter auprès des studios et du public avant de faire une œuvre plus « auteuriste ».

Inspiré de la nouvelle de Richard Matheson « Button, Button », The Box ce troisième film de Richard Kelly porte pourtant très bien les signes du cinéaste qui était derrière la caméra. Le film part de la prémisse de la nouvelle qui ne faisait qu’une dizaine de pages : un couple se voit offrir un million de dollars s’ils appuient sur le bouton rouge d’un petite boîte noire. En échange, quelqu’un quelque part mourra. Alors que la nouvelle s’attardaient au thème du doute et offrait une réflexion sur les relations de couple, le film de Richard Kelly, lui, emprunte la voie de la science-fiction. Et il faut avouer que la mise en scène s’avère particulièrement réussie dans cette optique. Le film emprunte énormément au film noir (le jeu de Cameron Diaz, l’intrigue policière, les trahisons, etc.) pour le transposer dans un univers fantastique.

Là où l’œuvre de Kelly se rapproche de Southland Tales et échoue dans son pari de rendre cette histoire terrifiante et mystérieuse, c’est en voulant intégrer trop d’éléments scénarisitiques (complots gouvernementaux, alliances extra-terrestres, rencontres mystiques etc.) à son histoire déjà si riche dans sa simplicité et au potentiel de réflexion si énorme. Heureusement, le film de Kelly ne pose aucune véritable réponse définitive quant aux énigmes du film et place le spectateur dans une position moins inconfortable que dans Southland Tales. Les références littéraires (Huit clos de Jean-Paul Sartre) et bibliques se veulent intéressantes, même si les dernières font se faire rapprocher le film dangereusement d’un pamphlet misogyne.

The Box divisera sans aucune doute les spectateurs et plus encore les amateurs du cinéma de Richard Kelly. C’est une œuvre un peu plus accessible, certes, autant que Donnie Darko pouvait être accessible. L’univers complexe et énigmatique de Kelly est bien palpable dans cette œuvre qui demeure cependant trop opaque et trop référentielle pour véritablement proposer une réflexion stimulante avec sa prémisse pourtant si prometteuse. Si le film de Kelly se détache autant de la nouvelle, c’est une bonne chose : le cinéaste a ses propres idées, ses propres visions. L’œuvre ici en question ne représente pas à nos yeux un échec. Mais nous en venons à nous demander si le cas Donnie Darko n’était pas finalement circonstanciel ou une question d’opportunisme. La réponse ne sera jamais claire, comme dans les films de Kelly.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.

Le transfert HD est ici excellent. Puisque le film a été tourné en vidéo, la définition générale de l’image est superbe. Étrangement, un grain demeure perceptible à quelques occasions. Le niveau de détails et de textures est excellent. Le rendu des couleurs est aussi irréprochable. Elles sont riches, pleinement saturées et ne font preuve d’aucun débordement. Le travail sur les décors, la direction photo, les effets spéciaux et les costumes est donc remarquablement reproduit. Les tons de peaux demeurent naturels. Le niveau des noirs est correctement réglé évitant toute forme de surbrillance. Les dégradés sont d’une rare fluidité et permettent des parties sombres riches en détails et en textures. Ce sont finalement des noirs purs et profonds qui complètent ce très beau transfert.

En ce qui à trait à la partie numérique, le film se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Trois bandes sons sont offertes avec cette édition : deux au format Dolby Digital 5.1, en version française et espagnole et une autre en version anglaise au format DTS HD Master Audio 5.1. C’est le mixage original anglais 5.1 qui a été pris en considération pour cette critique.

Bien que The Box soit davantage un film d’ambiance qu’un film d’action qui se prête à des prouesses sonores ,le mixage DTS HD réussit à créer un environnement sonore très immersif et à reproduire avec une admirable efficacité. Le mixage fait donc preuve de présence et d’un dynamisme tout à fait approprié. Le déploiement du champ sonore s’effectue élégamment en laissant les ouverture frontale et latérale faire entendre la grande majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière servent particulièrement à appuyer les ambiances, mais aussi à créer des effets d’ambiophonie assez intéressants lors des séquences plus animées. Les dialogues, eux, demeurent en tout temps nets et intelligibles. Les basses fréquences se manifestent à plusieurs occasions et grondent avec profondeur alors que le canal d’extrêmes graves se manifeste aussi, mais moins souvent, avec tout aussi d’efficacité.

Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles.


Suppléments/menus
Du côté des suppléments, nous retrouvons d’abord une piste de commentaire audio animée par le réalisateur Richard Kelly. Le cinéaste nous raconte des anecdotes de tournage, ses intentions et surtout, l’aspect le plus intéressant, la dimension auto-biographique que représente le long-métrage à ses yeux. Le cinéaste demeure assez bavard et surtout assez pertinent dans ses interventions réussissant à donner une nouvelle vision à une œuvre somme toute assez énigmatique.

Deux documentaires se retrouvent aussi sur cette édition. Le premier, « The Box : Grounded in Reality (10:42) », concerne la dimension « réaliste » du métrage au sens où il se concentre sur l’aspect auto-biographique du récit et sur les personnages joués par Cameron Diaz et James Marsden qui sont inspirés des parents du réalisateur Richard Kelly même. Le deuxième, « Visual Effects Revealed (3:55) », est plutôt court et est divisé en trois segments et concerne les effets spéciaux des effets d’imagerie, de la scène du portail liquide et de la création de la ville de Richmond des années 1970 et de sa fausse neige.

Sur le disque fait aussi son apparition « In His Own Words (4 :54) » où l’auteur de la nouvelle « Button, Button » Richard Matheson relate âgé de 83 ans l’importance qu’il accorde à l’écriture et son rapport avec ses fans. Un peu court et un peu superficiel, même si on pardonne rapidement au vieil homme.

Nous retrouvons finalement trois « clips vidéos » qui regroupent des images du film et d’autres qui n’ont pas été vues durant le visionnement.



Conclusion
The Box est un film énigmatique. Beaucoup moins que ne l’était Southland Tales, précédent métrage du cinéaste américain Richard Kelly. Avec ce film-ci, il prouve hors de tout doute que son cinéma refuse toute convention, mais aussi qu’il est incroyablement référentiel (même Southland Tales pigeait à même la culture populaire). Certes, The Box n’est pas pour tous les publics et son étiquette de film « commercial » est loin d’être juste. Il s’agit cependant d’un œuvre à découvrir et de la preuve que Richard Kelly reste toujours un objet fascinant à voir évoluer dans ses meilleurs et dans ses moins bons coups.

Une édition techniquement excellente. Le transfert vidéo HD reproduit fidèlement tout le travail de direction artistique et photographique du film alors que le mixage DTS HD permet immersion intense à l’univers sonore du film. Les suppléments se veulent assez divertissants et intéressants et méritent que l’on s’y arrête. Voilà donc une très bonne édition, recommandable en tous les cas.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2010-06-21

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Box, The

Année de sortie:
2009

Pays:

Genre:

Durée:
116 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, vidéoclips

Date de parution:
2010-02-23

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