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DVDEF

Hellboy (2-disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
L’univers de la bande-dessinée est si vaste et si riche qu’il représente une source d’inspiration presque inépuisable auprès des scénaristes. Si, depuis quelques années, tout le monde s’accorde pour dire que le cinéma hollywoodien manque d’imagination (l’originalité est apparemment devenue négligeable), les films inspirés de bandes-dessinées ont de facôn inversement proportionels envahis les salles de cinéma, et ce à un rythme d’enfer. À chaque trimestre, une œuvre issue de la BD prends systématiquement le chemin du grand écran, et ce au risque de saturer le marché. Toute bande-dessinée est désormais potentielle à une adaptation, de la plus obscure à la plus célèbre.

Sans aucun doute, Hellboy appartient à la première des deux catégories. Malgré un statut qui se rapproche du culte auprès des aficionados de bandes-dessinées, Hellboy demeure essentiellement méconnu du commun des mortels. Mais cela n’a pas empêché le cinéaste Guillermo Del Toro, qui manifestement démontre un penchant pour l’univers fantastique (voir ses Blade 2, Mimic, Chronos et Devil’s Backbone), d’investir plus de cinq années de sa vie à la pré-production du film. En ce sens, Hellboy apparaît d’avantage comme un film inspiré et portant la signature d’un cinéaste talentueux qu’un banal film de commande (tel que Catwoman ou Punisher par exemple). Avant même d’obtenir officiellement les droits d’adaptation de la BD, Del Toro planchait sur le scénario et sur l’élaboration des maquettes et autres designs. Le cinéaste s’est battu pour imposer sa vision et son casting (le choix de Ron Perlman était loin d’être le bienvenu) auprès des producteurs, de plus en plus hésitants de nos jours à laisser carte blanche aux réalisateurs. Heureusement, Del Toro bénéficiait d’un appuis de taille, à savoir celui du créateur de la BD, Mike Mignola. Ultimement, Mignola et Del Toro ont unis leur force pour porter à l’écran une version fidèle à l’esprit et au style visuel de la bande-dessinée.

Hellboy, c’est un super-héros pour le moins particulier qui a toutes les apparences du diable en personne. Parachuté sur terre via un portail inter-dimensionnel, Hellboy a été dès son jeune âge adopté par un « consultant en paranormal » travaillant pour le gouvernement américain. Éduqué selon des valeurs et des morales nobles et humanistes, Hellboy a maturé pour devenir un être bon et protecteur, non sans perdre son caractère fondamentalement agressif. Flanqué de quelques collègues mi-humains, Hellboy combat les forces du mal au sein d’une organisation top-secrète.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Del Toro s’est appliqué pour pondre un scénario efficace et qui tire profit des possibilités offertes par l’univers de la BD du même nom. L’auteur perd peu de temps à raconter la genèse du super-héros en début de parcours et préfère sauter directement aux choses sérieuses, ce qui confère à l’œuvre beaucoup plus de rythme. En fait, comme l’origine du personnage est directement liée à l’intrigue du film, celle-ci prends d’avantage la forme d’un mystère que d’une banale convention narrative dans laquelle le super-héros découvre ses pouvoirs ainsi que sa nature. On regrette toutefois que les acolytes de Hellboy, en particulier le fascinant Abe Sapiens, ne se soient pas mérités la même attention. Peut-être dans une prochaine (et inévitable) suite ? Si Del Toro se permet de tourner quelques coins ronds dans l’élaboration de son intrigue, il faut bien admettre que cette dernière s’avère bien mieux tricotée que la moyenne pour un film de ce genre. Des péripéties qui nous semblent anodines prennent peu à peu tout leur sens pour culminer en un climax somme toute réussi, et ce grâce à l’attention qu’à porté le réalisateur aux émotions de ses personnages. En faisant fi du risible (voir ridicule) monstre final, la conclusion du film est satisfaisante et forte en émotion.

De toute évidence, Del Toro a été aussi rigoureux dans la réalisation que dans la scénarisation. Visiblement à l’aise à la fois avec le langage cinématographique et l’élaborations d’effets spéciaux, le réalisateur a créé un film spectaculaire qui paraît avoir coûté le double de son budget (estimé à 60M$ US). Il a également su miser sur une superbe direction artistique pour créer une ambiance particulière et propre au film. Les décors sont inventifs et fort bien exploités, en particulier la superbe cours de l’hôpital psychiatrique. Évidemment, le film ne serait pas ce qu’il est sans les scènes d’actions, et dans l’ensemble elles livrent la marchandise sans avoir quoi que ce soit à envier à ses compétiteurs. Que voilà une adaptation très réussie d’une bande-dessinée assez méconnue.


Image
Hellboy est offert au format respecté de 1.85:1 et, bien entendu, d’après un transfert 16:9. Dans l’ensemble, la qualité du transfert est très bonne malgré quelques défauts assez agaçants qui l’empêchent d’avoir une note parfaite.

L’interpositif employé pour le téléciné était de toute évidence dans un état optimal puisque aucune anomalie, même le plus subtil point blanc, n’est perceptible à l’écran. L’image est toujours d’une netteté parfaite. D’excellent niveau, la définition nous offre des détails et des textures subtils. Seul petit bémol : les effets spéciaux numériques ne sont pas toujours à la hauteur et paraissent un peu mous, voir flous. Cependant, ce défaut est imputable à la qualité des effets et non pas au transfert lui-même. Le rendu des couleurs est, dans les circonstances, irréprochable. Celles-ci sont tellement stylisées qu’il est impossible d’en juger la naturalité, mais sans aucun doute pouvons-nous affirmer que le résultat est on ne peut plus fidèle à ce que nous avons vu au cinéma. Les couleurs, dont les dominantes très vivent varient du jaune au vert, en passant par le bleu, sont riches et parfaitement bien saturées. On ne remarque aucun débordement ni de fourmillement (chroma noise). Si les blancs sont exempts de toute dominate, on ne peut malheureusement en dire autant des noirs qui trahissent à quelques reprises la présence de bleu. Heureusement, ces derniers sont suffisamment denses et profonds pour que le défaut reste minime. La brillance est correctement ajusté et ne fluctue jamais. Les parties denses bénéficient de dégradés subtils et précis qui ne bloquent jamais.

Seul véritable défaut digne de mention de ce transfert, la sur-accentuation des contours est parfois si évidente qu’elle provoque l’apparition de halos, ce qui agace surtout dans les gros plans. Sinon, ce transfert ne souffre d’aucun défaut de compression ou de numérisation quels qu’ils soient.


Son
Cette édition nous offre le choix entre deux bandes-son mixées en Dolby Digital 5.1 : l’une est en anglais et l’autre en français. Des sous-titres dans les deux même langues sont également offerts.

Dès les premières secondes du film, il apparaît évident que les artisans de cette bande-son ont mis le paquet pour en mettre plein les oreilles. Tous les artifices possibles ont été employés pour créer un mixage agressif et spectaculaire, au détriment peut-être de la subtilité et de la finesse. La dynamique est franchement à couper le souffle et s’étalle sur toute la hauteur du spectre sans jamais trahir aucune distorsion. La bande-son fait montre d’une présence imposante ainsi que d’une spatialité immersive. Le champ-sonore se déploie habilement de toutes les enceintes pour créer un environnement des plus vivant. Les effets sonores y bénéficient d’un positionnement précis et sans bavure. Les canaux arrières sont généreusement sollicités pour donner toute la vigueur voulue aux scènes d’action. On déplore toutefois que les effets d'ambiophonies se limitent majoritairement à des effets tapageurs localisés, et ce au détriment d’effets d’ambiance plus subtils.

La trame-sonore apparaît quelque fois trop appuyée mais il s’agit là d’une question de goût. Autrement, la musique est fidèlement rendue. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles mais pas nécessairement naturels. Un effet ADR parfois évident trahi en effet un doublage post-synchro un peu raté (surtout de la part de l’actrice Selma Blair). Les basses sont évidemment agressives à souhait et ne manquent jamais d'intensité. L'usage du canal.1 (LFE) est soutenu qui fera faire un bon exercice à vos caissons d’extrêmes graves.


Suppléments/menus
Que voilà une édition qui livre la marchandise quant au nombre et à la qualité des suppléments. Tout ce que vous pouvez espérer d’une édition spéciale digne de ce nom se retrouve forcément quelque part sur l’un ou l’autre des deux disques de cette édition.

Tout d’abord, vous retrouverez sur le premier disque une introduction de Guillermo Del Toro qui nous résume le contenu du disque. Ce qui nous conduit à la première des deux pistes de commentaires audio offertes, en l’occurrence animée par Guillermo Del Toro et Mike Mignola, le créateur de la BD Hellboy. Cette piste est franchement intéressante. Les deux hommes, unies par une chimie évidente, raconte avec énergie et bonne humeur toute les étapes qui ont conduit le super-héros au grand écran. Leurs propos sont toujours pertinents et intéressants et il n’y a aucun temps mort à déplorer.

La deuxième piste de commentaires est animée par les acteurs Ron Perlman, Selma Blair, Jeffrey Tambor et Rupert Evans. Si l’intérêt de cette piste est beaucoup moindre que pour la première, la bonne humeur contagieuse du groupe donne lieu à quelques bons moments. Ils s’amusent tous au dépends des uns et des autres, mais en dévoilent très peu sur le tournage du film. Qui plus est, les silences sont nombreux et lassants.

Le premier disque comprends également une série de huit BD spécialement créées pour ce titre DVD. Vous pouvez les regarder via un index ou encore activer une option qui vous y conduit pendant que vous visionner le film en appuyant sur la touche « Enter » de votre télécommande à l’apparition d’un icône (tel l’option « Follow The White Rabbit » de The Matrix). Ces BD sont d’un intérêt moyen et leur présentation (un texte défile au centre de l’écran au beau milieu des dessins) laisse quelque peu à désirer.

Huit séquences filmées en coulisses, dont la durée cumulée dépasse les 18 minutes, sont également offertes. Celles-ci sont très sobres et ne contiennent aucune narration ni entrevue. Elles sont en fait des visites franchement fascinantes des plateaux de tournage. À nouveau, vous pouvez les visionner via un index dans les menus ou encore pendant le film en appuyant sur « enter » aux moments opportuns.

Le premier disque renferme également une série de scénarimages qui nous sont présentés parallèlement aux scènes qui y correspondent pendant le visionnement du film. Il y a également quatre vieux dessins animés de 7 minutes (qui n’ont aucun lien apparent avec le film… étrange…) ainsi que le scénario complet du film en DVD-Rom.

Le deuxième disque, qui débute par une introduction de Selma Blair similaire à celle de Del Toro sur le premier disque, renferme quant à lui le documentaires le plus complet et informatif que nous ayons vu depuis fort longtemps. Intitulé The Seeds of Creation et d’une durée de 140 minutes bien comptées, ce segment récapitule toutes les étapes de production du film dans ses moindres détails. Le contenu est franchement impressionnant et ne laissera personne sur sa faim. On y retrouve de tout : des images filmées en coulisse, des entrevues, des supports visuels tels scénarimages et schémas… tout y est. Il s’agit d’un véritable ouvrage de référence tel qu’il s’en fait beaucoup trop rarement.

Vous retrouverez ensuite trois courtes scènes coupées agrémentées d’une piste de commentaires audio animée par le réalisateur. Du propre aveu de ce dernier, beaucoup d’autres scènes coupées sont disponibles mais ont été réservées pour la version longue du film qui doit paraître quelques mois après cette édition. Les quelques scènes ici présentées sont donc banales et sans véritable intérêt.

Il y a ensuite une filmographie des acteurs doublée d’une biographie de leurs personnages plutôt exhaustive. Il s’agit d’un complément fort intéressant au film pour les néophytes de la BD.

S’ensuit une section nommée Kroenen’s Lair qui renferme une variété impressionnantes de scénarimages, d’animations et de schémas préparatoirs au tournage. Chacun est montré en comparaison avec le résultat final du film. Très intéressant. La section Maquette Video Gallery renferme quant à elle une série de 6 maquettes animées de plusieurs des créatures du film.

Finalement, la section Bellamie Hospital comprends les bandes-annonces du film, les publicités télévisées ainsi qu’une galerie renfermant toutes la publicité imprimée tels que les posters et les bannières.



Conclusion
S’il n’est pas aussi populaire que les Spider-Man, Batman et autres X-Men, Hellboy n’en est pas moins une adaptation de bande-dessinée fort réussie qui n’a rien à envier à ses compétiteurs. Il s’agit véritablement d’un univers à découvrir.
Quant à la partie technique de cette édition DVD, mentionnons qu’elle livre la marchandise sur tous les plans. La qualité d’image est de très bon niveau, le mixage sonore est spectaculaire à souhait, et les suppléments sont on ne peut plus complets. Le documentaire à lui seul vaut le prix d’achat. Il est à noter cependant que la Columbia/Tristar prévoit déjà offrir une nouvelle édition du film, quelques mois à peine après la sortie de cette édition. Cette édition « de luxe » comprendrait une version allongée du film ainsi qu’un troisième disque rempli de nouveaux suppléments (en plus de ceux déjà offerts avec cette présente édition). À vous de juger si l’attente en vaut la peine.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
4,3/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-07-26

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Hellboy

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Introductions par Guillermo Del Toro et Selma Blair, 2 pistes de commentaires audio, visites de plateaux de tournage, BD exclusives au film, scénarimages, courts-métrages animés, documentaire de 140 minutes, scènes coupées, filmographies et biographies des personnages, comparaisons de scénarimages et d'animations avec le résultat final, maquettes 3-D, galerie de posters et autres imprimés, bandes-annonces et publicités et DVD-Rom.

Date de parution:
2004-07-27

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