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DVDEF

Bringing Up Baby (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Howard Hawks est un cinéaste vraiment ecclectique ayant touché à beaucoup de genres cinématographiques avec un talent toujours égal et parmi ses comédies, Bringing up Baby tient le haut du pavé à nos yeux. On y suit le maladroit Dr David Huxley (Cary Grant) sur le point de conjointement se marier et terminer la reconstituion d'un squelette de Brontausaure. Il va par hasard croiser le chemin de l'imprévisible mais adorable Susan Vance (Kathrine Hepburn), qui se trouve être à la fois membre de la famille d'un financier du musée où travaille le professeur mais aussi et surtout un tourbillon irrésistible d'énergie et de folie. Leur rencontre sera explosive et s'ensuivront des péripéties absolument farfelues et totalement hilarantes, avec notamment l'adorable léopard nommé Baby.

Howard Hawks est réellement l'un des rois du rythme d'Hollywood et mène ce film, tout de même assez long pour l'époque, à un rythme effréné sans pour autant qu'il en devienne saoulant à force de ne pas vouloir ralentir. Les péripéties et retournements de situation cocasses s'enchaînent donc presque sans aucun temps morts, les acteurs surenchérissant au niveau de leur débit verbal qui peut parfois s'avérer impressionnant. Groucho Marx était le roi à ce jeu mais il faut bien avouer qu'entre ce film et His Girl Friday du même Hawks, Cary Grant a un sacré abattage également. L'une des qualités majeures de Cary Grant est sa capacité à passer pour un authentique maladroit avec un naturel et une classe confondantes. Son aisance hors du commun et son habilété à jouer de son corps dans certaines scènes proches du slapstick, font qu'il n'a jamais besoin de forcer son jeu ou d'en rajouter inutilement sauf lorsque la scène l'exige. Il trouve en Katharine Hepburn une partenaire à sa hauteur, qui va le faire tourner en bourrique par personnages interposés. Elle est formidable d'espièglerie et de folie légère, rien ne semble pouvoir l'arrêter et comme Cary Grant, elle possède une classe qui fait qu'elle aussi ne se force jamais vraiment. Là où les acteurs comiques actuels se sentent souvent obligés d'en faire des tonnes dans une ambiance souvent hystérique en permanence, Katharine et Cary se contentent de jouer leurs rôles comptant sur leurs capacités et celle de leur metteur en scène pour assurer le spectacle. Seul George Clooney à l'heure actuelle nous semble dans la droite filiation de jeu de Cary Grant, possédant également ce mélange de classe naturelle, d'aisance et de capaicité à jouer un vrai benêt attachant. Ici, l'alchimie entre les deux acteurs est évidente et participe pour beaucoup à la sensation euphorisante qui se dégage du film. La mise en scène de Hawks est dynamique et inventive, il contrôle parfaitement ses acteurs et sait exactement quand les pousser vers l'exagération et quand les laisser agir à leur guise. Il filme les quiproquos comiques comme il sait le faire d'une scène d'action et le résultat est vraiment surprenant, surtout lorsque l'on pense au matériel dont il disposait à l'époque. De plus, malgré son apparente légèreté et son ton désinvolte, Briging up Baby porte en lui de nombreuses thématiques qui vont se retrouver dans ses films plus "sérieux". Ainsi l'inversion des rôles entre les deux sexes est clairement au coeur du film. Katharine Hepbrun mêne clairement le bal et entraîne le plutout passif Cary Grant dans ses délires extravagants qu'il ne manque jamais de faire empirer par sa maladresse. Cary Grant va se retrouver obligé de se travestir et contrairement à Hepburn qui fonce sans se retourner, lui va essayer de réparer ses dégats.

Comparé à d'autres grands classiques du cinéma, Bringing up Baby ne doit pas sa réputation à sa profondeur, à sa perfection, à son côté innovateur mais bel et bien à un savant mélange de très nombreux talents, des auteurs du scénario aux techniciens, en passant par les acteurs et le metteur en scène. Cette alchimie fragile a pour résultat un film qui redonne du tonus, de la bonne humeur et une positivité proprement incroyable et rare sont les oeuvres qui peuvent prétendre à autant d'intemporalité.



Image
L'image est présentée au format respecté de 1.33:1 d'après un transfert 4:3.

La définition générale est un peu inégale mais dans l'ensemble elle est tout à fait satisfaisante. L'interpositif n'est pas le plus propre que nous ayons vu, mais si les défauts de vieillesse sont presque tous présents, ils ne gènent jamais vraiment le spectateur. Le contraste est correctement géré et évite les brillances. Les scènes sombres sont agréablement rendues pour un film de cet âge grace à des noirs suffisamment profonds. L'échelle des gris elle aussi est dans la moyenne de ce que nous pouvons voir.
Les défauts numériques sont fort heureusement quasi absents de ce transfert. Nous sommes ravis d'avoir à écrire de plus en plus souvent cette phrase, signe que les éditeurs font des efforts contants dans ce domaine.

Un transfert tout à fait acceptable compte tenu qu'il s'agit d'un film de 1938, mais qui aurait à nos yeux vraiment mérité le meilleur en termes de restauration.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

La dynamique est logiquement très faible mais cela est parfaitement logique au vu des techniques d'enregistrement de cette époque. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité qui sont tout à fait dans les normes. La musique est correctement rendue mais bien évidemment souffre de limitations importantes aussi bien dans le haut que le bas du spectre. Les voix sont en permanence parfaitement intelligibles en toutes circonstances et les traces de souffle ou distortions sont limitées au maximum. Les basses fréquences sont elles aussi quasi inexistantes mais la bande-son a été pensée comme cela donc il n'y a pas vraiment de préjudice.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnols.

Si le compte rendu que nous avons fait peut paraître négatif, en considérant une fois de plus l'âge du film, on peut dire qu'il s'agit d'une bande-son de qualité.


Suppléments/menus
Une édition spéciale qui mérite pour une fois de porter son nom.

Sur le premier disque est proposé un excellent commentaire audio de Peter Bogdanovitch, qui connaissait personnellement Hawks et affirme ici son admiration pour ce film. Vient ensuite une galerie de bandes-annonces d'autres films d'Howard Hawks, "Bringing Up Baby," "Sergeant York," "To Have and Have Not," "The Big Sleep," et "Rio Bravo". Une bonne idée pour les jeunes cinéphiles qui pourront ainsi découvrir l'univers du réalisateur, même si l'aspect grandiloquent de certaines peut faire sourire. Sur le second DVD sont offerts deux documentaires de qualité et deux surprises inutiles. Le premier documentaire intitulé "Cary Grant : A Class Apart" (87 mins) est un modèle du genre qui permet de découvrir, grâce à de nombreuses interviews de personnalités l'ayant bien connu comme de critiques, d'autres facettes de cet homme finalement plus complexe que ce que sa légende a laissé filtrer. Le second, "The Men Who Made the Movies : Howard Hawks" (55 mins), est narré par la voix agréable de Sydney Pollack et constitué de nombreuses interviews de Hawks lui-même, ce qui en fait un document passionnant et précieux. Nous tenons à féliciter Turner Classic Movies pour l'intelligence et le didactisme de ses documentaires et nous espérons en voir d'autres dans de futures éditions spéciales Warner Bros. En revanche, nous n'expliquons pas la présence des deux derniers segments autrement que par souci de remplissage. En effet le court-métrage "Campus Cinderella" et le dessin animé "A star is hatched" ne présente aucun rapport quel qu'il soit avec le film ou ses artisans et sont qui plus est tous deux de qualité médiocre.

Une section donc bien forunie et qui comporte au moins trois segments passionnants ; nous n'en demandons pas plus.



Conclusion
Une édition tout à fait correcte techniquement compte tenu de l'âge de l'oeuvre. Qui plus est, les suppléments sont excellents et le prix de vente correct. Voici donc un achat vivement conseillé à tous les cinéphiles, ceux qui connaissent déja car Bringing up Baby reste l'une des comédies les plus réjouissantes et trépidantes qui soit, comme ceux qui souhaitent le découvrir car il s'agit d'une oeuvre qui passe l'épreuve du temps avec une facilité confondante.


Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-03-21

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Bringing Up Baby

Année de sortie:
1938

Pays:

Genre:

Durée:
102 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
commentaire audio, documentaires, galerie de bandes-annonces, court-métrege, dessin animé

Date de parution:
2005-03-01

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