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DVDEF

Nutty Professor, The (Special Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
The Nutty Professor est du goût de nombre de critiques le film le plus abouti de Lewis et ce aussi bien au niveau visuel que thématique. Lewis s'approprie donc le mythe du Dr Jekyll et Mr Hyde en le réarrangeant à sa propre méthode, à la fois naive et touchante. L'histoire est celle du Pr Kelp (Jerry Lewis) dont le physique ingrat, la gaucherie et la relative inadaptation à son métier en font un personnage attachant mais en permanence ridicule. Il est amoureux d'une de ses élèves, la ravissante Stella Purdy (Stella Stevens), qui est de plus l'une des seules à lui témoigner un semblant d'intérêt et à ne pas ouvertement se moquer de lui ou le rabaisser. Il décide alors d'utiliser ses talents de chimiste afin de créer une potion susceptible de révéler en lui le charmeur et l'homme sûr de lui et attirant qui y sommeille. Ainsi Buddy Love devient son alter ego, qui possède toutes les qualités qui lui font défaut à ses yeux. Cependant, son pendant sexy manque des qualités humaines de son double, ce qui le mênera à repousser aussi bien qu'à attirer Stella.

Lewis et Richmond ont donc bâti une version remaniée du célèbre mythe fantastique dont il ne reste ici plus que la trame et la morale finale. En effet, tous les questionnements philosophiques et moraux découlant des expériences du Dr Jekyll sont absents pour en fournir une version plus légère, une sorte de détournement comique et naïf. Lewis vise un public d'enfants, n'appuyant jamais clairement les sous-entendus sexuels de son personnage hormis lors d'une scène où Stella est vue par les yeux du Pr Kelp, progressivement habillée de tenues de plus en plus suggestives (scène qui reste regardable par les enfants de nos jours habitués à bien plus osé). Les couleurs sont ainsi particulièrement outrées de façon à nos yeux à offrir à ses plus jeunes spectateurs un univers joyeux et coloré, qui met en valeur les différentes formes d'humour à destination des enfants utilisés par Lewis (pantomine, voix déformée, maladresse maladive). Ainsi Lewis s'adresse même plus spécifiquement aux adolescents car le Pr Kelp représente de façon outrée la plupart des adolescents mal dans leur peau du fait du changement de leur corps, de leur manque d'assurance. Mais surtout il va réaliser le fantasme de la majeure partie de ces adolescents avec la même innocence. Ainsi Buddy Love paraît être le séducteur idéal et sûr de lui, débarassé de toutes les "tares physiques" de son alter ego, rêve que tout adolescent, garçon ou fille, a déja fait une fois dans sa vie. Le film cherche ainsi à demontrer que si le Pr Kelp est de façon évidente le personnage dont tout le monde se moque à cause de son aspect physique, de ses maladresses et de sa gaucherie générale, son opposé Buddy Love est bien plus risible encore que lui. Alors qu'il a tout pour lui physiquement parlant lorsqu'il se transforme en Buddy Love, le Pr Kelp perd alors toutes ses qualités humaines. Buddy Love est donc un personnage réellement pathétique à force de confiance aveugle en son talent qui le rend acariâtre, suffisant, et au final fort désagréable et ridicule. Le Pr rêverait donc d'être si parfait et si "admirable" qu'il pourrait rendre aux gens qui l'ont humilié et même à ceux qui ne l'ont pas fait la monnaie de leur pièce.

Le sous-texte psychanalitique est donc plus développé que prévu, même si son exploration s'arrête à un simple exposé des faits qui sert de morale et de guide au film. L'ensemble doit se regarder avec des yeux d'enfant ou d'adolescent à la rigueur, car la plus grande naïveté dans l'appréhension du film est recommandée sous peine de peu goûter l'univers coloré et manichéen du film. Lewis est le moteur et le cerveau du film et son énergie débordante emportera certainement les éventuelles réticences de la plupart des spectateurs. Son talent incroyable pour la pantomine et le gag visuel est surprenant pour qui connaît mal son univers, et le moindre des compliments que nous puissions lui faire est bien d'avoir réussi à nous intéresser à son personnage jusqu'au bout du film. La mise en scène nous a paru du domaine du fonctionnel, faisant tout pour mettre en valeur les pitreries de Lewis mais aussi les décors chatoyants. A aucun moment nous n'avons senti de vrai regard, de point de vue, mais il faut avouer que tel n'était pas le but de Lewis en tant que pur "entertainer" (amuseur public ?) à l'américaine.

Un film et un univers à part qui d'après les connaisseurs de l'oeuvre de Lewis est plus "adulte" qu'à son habitude. Lewis s'y montre tour à tour amusant, émouvant voire même impressionnant (lors de ses numéros de crooner acide) et le film vaut principalement par le fait qu'il développe un style bien particulier que certains apprécieront avec nostalgie et d'autres trouveront à coup sur horripilant de niaiserie. Nous serons à coup sur moins dithyrambique ou vindicatif à l'égard du phénomène Lewis que la plupart des critiques, reconnaissant à l'artiste un vrai talent comique à défaut d'un regard ou d'une vision de cinéaste.



Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est remarqauble pour un film du débaut des années 1960. L'interpositif est propre, ne laissant passer que de très rares et discrets points blancs. La définition des détails est surprenante de qualité pour une oeuvre de cette époque. Les couleurs "pêtantes" de la photographie sont restituées à la perfection. Elles sont sans débordements, constantes et parfaitement saturées. Le contraste est impeccablement géré, évitant toutes les brillances. Les parties sombres du film sont très bien rendues grâce à des noirs purs et profonds. La qualité des dégradés est de haut niveau même si les couleurs très tranchées du film ne font pas vraiment dans la nuance.

La partie numérique enfin est exempte de reproches, ne créant aucun défaut artificiel suffisamment important pour être mentionné ici.

Un très bon transfert qui permet ainsi à ce film d'être vu et revu à volonté dans des conditions optimales.


Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 1.0 mono) et Français (Dolby 1.0 mono).

La dynamique de la piste multicanal est d'un bon niveau. Sa présence et sa spatialité sont clairement améliorées par rapport à la bande monophonique d'origine mais en restent respectueuses. La musique est parfaitement restituée sans limitations audibles dans le haut ou le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les enceintes arrières sont peu utilisées et servent principalement le rendu musical et ce de belle façon. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune trace de parasites ou de distortion ne sont à déplorer. Les basses fréquences sont bien gérées et ajoutent un plus indéniable au rendu global de cette bande-son. Les deux bandes monophoniques sont clairement plusieurs tons en dessous, avec un avantage indéniable pour la piste anglaise plus ouverte et aérée que la piste en Français. Les sous-titres sont disponibles en Anglais et Espagnol.

Une bande-son remixées d'excellente qualité, fidèle aux intentions de la bande originale, qui associée à la qualité de l'image permet d'apprécier le film dans des conditions idéales. Nous déplorons l'absence de sous-tires en Français.




Suppléments/menus
Une section bien fournie proposant des segments intéressants bien que parfois un peu trop autosatisfaits.

Le commentaire audio de Jerry Lewis et Steve Lawrence est un incontournable pour tous les amateurs de l'oeuvre du cinéaste. Les deux hommes sont clairement ravis de faire ce commentaire et leur bonne humeur est communicative. Lewis apporte un nombre conséquent de précisions intéressantes et pleines de sens. Viennent ensuite deux documentaires bien construits. Le premier, "The Nutty Professor : Perfecting The Formula" (15m46s) revient en détail sur le tournage du film, apportant son lot de révélations mais l'enthousiasme sans limites des divers intervenants comme de Lewis lui-même fait que l'ensemble paraît un peu trop dithyrambique à notre goût. Le second, "Jerry Lewis at Work" (29m57s) retrace la carrière de Lewis. Toutes les informations qu'il contient sont absolument passionnantes pour ceux qui comme nous sont peu familiers de l'oeuvre du cinéaste et ce aussi bien en tant qu'acteur que réalisateur. A nouveau, l'exaltation des intervenants manque de partialité mais l'ensemble se révêle tout de même vraiment intéressant. Vient ensuite un segment concernant le matériel d'archive lié au film. Il est réparti en 5 parties différentes qui traitent chacune d'un point précis : les scènes coupées, une sorte de bétisier, du matériel promotionnel, deux "screen-tests" et une scène étendue. L'ensemble s'avère intéressant mais il faut vraiment être un inconditionnel du film pour y trouver plus d'intérêt que sur les mêmes types de section concernant d'autres films. Vient enfin un segment curieux qui nous montre Jerry Lewis dévoilant la réplique en cire du Pr Kelp dans un musée.

Voici donc une ensemble assez complet qui ravira à coup sur les amateurs du film et du cinéaste, et permettra à ceux qui les connaissent mal de découvrir l'univers à part de Jerry Lewis même si son autosatisfaction trop marquée (malgré une évidente sincérité) pourra en agacer certains.



Conclusion
Une édition DVD de bonne qualité et ce aussi bien au niveau audio, vidéo comme suppléments.

Le seul "défaut" évident de ce titre DVD est de ne pas proposer de sous-titres français alors que les suppléments ne cessent de nous parler de l'amour du cinéma de Lewis par la critique et le public français. Nous avons découvert avec ce film le cinéma de Jerry Lewis et le moins que l'on puisse dire est que l'homme comme ses oeuvres sont surprenants. Le plus étonnant est de découvrir à quel point ce film s'adresse clairement à un public d'enfants mais attire également les adultes de par les sous-entendus sexuels liés à l'histoire. Lewis est clairement un maître de la pantomime et développe un personnage double en permanence dans la caricature, mais qui démontre une sensibilité à laquelle on ne s'attendait pas. A découvrir !


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-11-15

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Nutty Professor, The

Année de sortie:
1963

Pays:

Genre:

Durée:
107 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentiare audio, documentaires, archives

Date de parution:
2004-10-12

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