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DVDEF

Drag Me to Hell

Critique
Synopsis/présentation
Drag Me To Hell de Sam Raimi nous arrive tout juste après Spider-Man 3, volet (très) mal-aimé d’une franchise que le célèbre cinéaste avait réussit à rendre captivante pour les fans du superhéros de la bande-dessinée. Mais voilà, ce fatidique troisième volet a vu naître ses nombreux détracteurs et Raimi s’est carrément vu accusé de bousilleur de franchise. Faute de transformer Peter Parker en jeune emo et d’avoir expédié un personnage incommensurablement attendu, en l’occurrence Venom, nous en venons à soupçonner les réelles intentions du cinéaste et à émettre la timide hypothèse qu’il a délibérément commis ces fautes. Pour la simple et unique raison qu’il éprouvait une profonde indifférence envers ce personnage (Venom, ici). C’est pourquoi après tous ces commérages et cette haine de la part des fans, Drag Me To Hell s’imposait au cinéaste.

Le dernier film de Sam Raimi est en effet un véritable retour aux sources. Un retour au film d’épouvante comme le réalisateur nous l’avait présenté il y a plus de quinze ans avec son désormais célèbre Evil Dead. Car c’est ce qu’est Drag Me to Hell à prime abord : une grosse production (les dollars faits avec Spidey lui permettant la chose) d’épouvante. Un spectacle de plus de quatre-vingt-dix minutes où Raimi met en scène une jeune femme carriériste et opportuniste qui en ratera d’ailleurs une très bonne lorsqu’elle refusera d’aimer une vieille dame dans le besoin. C’est prémisse, d’une navrante simplicité, porte également la signature de son créateur puisque qu’elle est à fois d’une profonde stupidité et d’une effrayante efficacité. Ce sont d’ailleurs les deux registres avec lesquels Raimi joue constamment dans son film et il le fait avec un doigté exemplaire. Dans une même séquence, il arrive à nous faire frémir de terreur en élaborant une grande tension et à nous faire nous esclaffer de rire. À ce titre, la séquence avec la chèvre est certainement à inscrire dans les annales.

Les moyens monétaires permettent aussi à Raimi de bâtir un film avec, naturellement, de plus solides effets visuels. Nous sommes loin de l’amateurisme de Evil Dead, mais le réalisateur réussit néanmoins à garder le même esprit « gamin ». Chaque scène d’épouvante, qu’elle soit gore, drôle, terrifiante ou surprenante est mise en scène par un fanatique du film de genre. Et cela, Raimi nous le rappelle constamment en faisant référence à la fois au cinéma des premiers temps (on pensera à Méliès pour le côté cartoonesque de plusieurs scènes) et à son propre cinéma (la fameuse main qui sort d’outre-tombe tirée du poster de Evil Dead, le rapport du corps de Christine et de la mouche qui ramène à Peter Parker et l’araignée dans le premier Spider-Man).

Drag Me to Hell, même s’il est très ancré dans le passé, montre également une certaine maturité dans le cinéma de Sam Raimi. Maturité dans son côté plus dramaturgique où il est passé virtuose dans l’art de raconter une histoire et surtout de mettre en scène des personnages marquants. Marqué par ses productions plus modestes (A Simple Plan, The Gift), que l’on a tendance à oublier, et ses productions plus grand public (hello, Spidey!), le cinéaste parvient ici à mettre en scène une héroïne qui a de quoi faire pâlir toute « final girl » des dernières années. Même si le cinéaste ne la laisse pas tranquille une seule seconde, elle possède suffisamment de caractéristiques pour la rendre mémorable. Opportuniste, fragile, rancunière, amoureuse, elle est le personnage idéal pour ce type de films et incarne carrément le pendant féminin de Bruce Campbell. L’actrice Alison Lohman est d’ailleurs un choix très intéressant puisqu’elle n’incarne pas les idéaux de beauté actuels. Mais encore plus que l’héroïne, c’est dans ce personnage de gitane que Raimi vise très fort. Avec seulement quelques scènes (dont une, celle de la voiture, qui est désormais une scène d’anthologie), le cinéaste nous la présente comme la pire menace jamais connue. Il faut avouer que le physique de l’actrice Lorna Raver contribue grandement à nous la présenter comme effrayante, dégoûtante et surtout parfaite pour s’opposer au bonheur de Christine.

Drag Me to Hell est donc un gros spectacle d’effets visuels qui sont cependant entièrement au service d’un film qui se veut un véritable hommage au cinéma d’épouvante. Sam Raimi s’est visiblement fait plaisir avec cette œuvre et ne demande qu’à partager ce bonheur/terreur avec les spectateurs qui ne sauront être en reste. Divertissant, hilarant et terrifiant, Drag Me to Hell est un « gros » film d’épouvante complètement réussi et entièrement maîtrisé par le désormais très grand Sam Raimi.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 à une résolution de 1080p.

Un très beau transfert. La définition générale de l’image est resplendissante et répond aux attentes d’un transfert HD. L’image affiche aussi une belle netteté. C’est donc sans surprise que le niveau de détails et de textures offert est exemplaire. Les muqueuses, les effets gore et le sang ne pourront être ainsi ratés et inappréciés. Les couleurs sont aussi reproduites avec précision, finesse et saturation. Le travail sur la photographie est ici impeccablement reproduit. Les tons de peaux sont également fidèlement reproduits en demeurant naturels. Les contrastes sont parfaitement gérés, les effets de surbrillance étant totalement évités. Les parties sombres sont efficacement reproduites, faisant preuve de précision et de fluidité. Ce sont des noirs purs et intenses qui complètent ce très beau transfert.

Numériquement, on se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Quatre bandes sons sont disponibles sur cette édition : la première en version originale anglaise au format DTS-HD Master Audio 5.1, la deuxième en version française et la troisième en version espagnole, toutes deux au format DTS 5.1, et enfin une quatrième au format Dolby Surround 2.0 en version originale anglaise. C’est naturellement le mixage anglais DTS-HD qui a été employé pour cette critique.

Un mixage diablement (excusez le mauvais jeu de mots) efficace. Servant un film à sensations fortes (les sursauts sont très très nombreux), le mixage est d’une puissance monstre. Le dynamisme est donc très excitant et la présence bien appuyée. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon subtile et efficace. Les ouvertures frontale et latérale servent à présenter la grande majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière servent surtout pour appuyer les atmosphères (et ainsi installer une précieuse ambiance), mais aussi à assurer une belle profondeur au mixage. En effet, on observera dans les séquences plus mouvementées (et elles sont quand même très nombreuses), des effets d’ambiophonie particulièrement saisissants. À travers cela, les dialogues réussissent à demeurer constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore signée Christopher Young s’intègre une efficacité admirable au mixage. Les basses fréquences se manifestent à plusieurs occasions notamment pour appuyer la trame sonore ou surtout pour supporter les scènes d’action. Elles grondent avec puissance, profondeur et précision. La même chose s’applique au canal d’extrêmes graves qui fera tout aussi efficacement vibrer votre plancher.

Il y a option de sous-titrage en anglais, français et espagnol.


Suppléments/menus
En guise de supplément, seul un segment est disponible. S’intitulant Production Diaries, il est divisé en quatorze chapitres (34:31) et fait un tour d’horizon très sommaire (quatorze chapitres en trente minutes tout de même!) sur les différentes étapes de production du film. On passe de la construction de la bande sonore au casting en passant par les effets visuels et les effets spéciaux. Le tout demeure très superficiel et on aurait apprécier plus de viande autour de l’os.



Conclusion
Pour les fanatiques du cinéma d’horreur ou d’épouvante et pour les autres, Drag Me to Hell est certainement un évènement. Il s’agit à la fois du grand retour de Sam Raimi après « l’échec » que fut Spider-Man 3, mais aussi un retour au cinéma qui l’a fait connaître jadis avec un certain Evil Dead. Il récidive ici aussi sinon plus fort avec un budget plus assuré, une réalisation plus assumée et un plaisir qui transpire à travers chacun des plans. Nous ne savons ne pas vous recommander chaudement ce véritable tour de montagnes russes dans l’univers hilarant et terrifiant du désormais tout pardonné et maintenant très grand Sam Raimi.

Universal nous propose ici une édition techniquement impeccable. Le transfert vidéo reproduit avec une belle fidélité les détails de l’image ainsi que le travail sur la photographie qui sont caractéristiques du film alors que le mixage DTS-HD est d’un dynamisme et d’une puissance exemplaire. Par contre, on reste un peu sur notre faim en ce qui à trait aux suppléments où seul un segment d’une trentaine de minutes tente de faire le tour de toutes les étapes de la production. Ce serait bouder notre plaisir puisque l’œuvre en elle-même suffit amplement à recommander l’achat de cette édition.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2010-03-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Drag Me to Hell

Année de sortie:
2009

Pays:

Genre:

Durée:
99 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française DTS
Espagnole DTS

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Segments sur la production du film

Date de parution:
2009-10-13

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