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DVDEF

Barrage contre le Pacifique, Un

Critique
Synopsis/présentation
L’univers de l’écrivaine Marguerite Duras en a toujours été un des plus riches et fascinants du simple fait qu’il a toujours su diviser les lecteurs. Honnête collaboratrice du mouvement littéraire que fut le nouveau-roman, Duras a su créer, bien plus qu’une nouvelle littérature, un style bien à elle, indescriptible, unique, du Duras, ce que l’on lit. Et ces dernières années, on a tenté de transposer ses œuvres au grand écran (Moderato Cantabile, L’amant, pour ne nommer que ceux-là). Mais Duras demeure un personnage très intéressant pour le cinéma non seulement pour ses livres qui ont été source scénaristique pour certains cinéastes, mais aussi parce que l’auteure elle-même a adapté elle-même son œuvre India Song en 1975 et a scénarisé une œuvre phare de la Nouvelle-Vague, soit Hiroshima, mon amour en 1959. C’est donc un univers riche, complexe, difficilement accessible, mais toujours fascinant que Marguerite Duras a su établir au fil de toutes ces années.

C’est pourquoi lorsque le cinéaste cambodgien Rithy Panh (le documentaire S21, Les gens de la rizière) s’intéresse à l’adaptation du roman Un barrage contre le Pacifique de Duras, l’intérêt prend un nouveau tournant. Parce que le roman s’intéresse à une mère française (Isabelle Huppert) et ses deux enfants (Gaspard Ulliel et Astrid Berges-Frisbey), Panh adopte ce point de vue, celui de Duras (elle a véçu en Indochine pendant une partie de son enfance). La mise en scène du film s’impose alors presque d’elle-même dans son classicisme alors que l’on attendait le réalisateur ailleurs.

Alors que ce qui semblait intéresser Pithy Panh est de raconter son Cambodge natal pendant l’entre deux guerres, nous nous retrouvons à suivre les déboires d’une famille qui doit combattre pour que la mère puisse conserver ses hectares de terre. Et c’est justement en adoptant ce point de vue que le cinéaste accouche d’un film à la photographie très belle, mais qui n’a absolument rien de particulier. Panh filme le golfe du Siam et ses environs assez platement et ne semble bizarrement jamais s’intéresser aux éléments du film (du livre) qui lui auraient naturellement parlé. On pensera ici au barrage que construit la mère ou ne serait-ce que les quelques réactions des habitants de la région. Bref, le paysage ne devient que toile de fond et laisse toute la place à ce thème si cher de Duras, les relations familiales.

Il faut avouer également que les tribulations amoureuses des deux enfants ne sont pas ce qu’il y a de plus tumultueux. La relation de Suzanne et de Monsieur Jo, le riche homme d’affaires chinois ne mène finalement qu’à très peu de choses et rappelle celle, beaucoup mieux transposée à l’écran, de la jeune fille et de l’homme chinois dans L’amant adapté en 1992. Celle de Joseph, le fils, avec une jeune femme riche est loin d’être plus passionnante, mais sert néanmoins un peu plus l’histoire que Panh veut finalement nous raconter. Celle d’une mère, d’une femme qui voit tout de la vie qu’elle avait planifiée pour ses enfants disparaître peu à peu devant ses yeux. C’est en montrant cette impuissance de la mère devant le désir de partir de ses deux enfants que le cinéaste réussit à toucher et à rendre le monde de Marguerite Duras. Cette mère déchirée et surtout prête à exploser de colère sans aucune raison qui est finalement le personnage de ce récit et auquel on ne s’intéresse pas suffisamment (mention spéciale à la toujours suprême Isabelle Huppert).

Un barrage contre le Pacifique est finalement une adaptation curieuse. Alors que l’on aurait cru que le cinéaste cambodgien Rithy Panh s’intéresserait au contexte (la destruction des rizières, d’où l’idée de la mère de construire une barrage) ou encore à sa contrée natale, il épouse le récit de Marguerite Duras en adoptant le point de vue d’une famille française qui s’entredéchire et dont deux des membres ont bien peu de choses à nous raconter. Et de ce choix découle une mise en scène beaucoup trop classique pour faire de cette œuvre un grand film.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est plus qu'adéquate. Rien de véritablement éclatant, mais l’image affiche une belle netteté et reproduit avec finesse les détails et les textures, cela rendu possible grâce à un matériel source qui était visiblement dans un état impeccable. Les paysages de la région sont impeccablement rendus par des couleurs qui sont reproduites avec justesse, précision et richesse. Les tons de peaux demeurent aussi parfaitement naturels. Les contrastes sont parfaitement gérés évitant tout effet de surbrillance alors que les dégradés sont fluides et précis. Ils permettent d’offrir de très belles parties sombres. Les noirs sont finalement purs et profonds.

La partie numérique se sauve heureusement et en toute logique de tout problème numérique majeur (seul le film est présenté sur ce disque).


Son
Seule est disponible sur cette édition une bande son en version originale française au format Dolby Surround 2.0.

Par souci d’immersion, on ne peut que regretter un mixage 5.1 sur cette édition. Il faut cependant avouer que le film ne se prête pas à des prouesses sonores extrêmes donc la présence unique d’une bande son stéréo nous permet de mieux apprécier les éléments réellement importants de ce mixage. Le dynamisme y est donc adapté en conséquence et la présence est tout même suffisante et convaincante. Naturellement, le déploiement du champ sonore se veut limité par le mixage stéréo. Malgré tout, le champ sonore est déployé de façon claire et précise à travers les canaux. Naturellement, les dialogues sont constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre avec une très belle subtilité au montage. La sollicitation des basses fréquences est minime, mais lorsque celles-ci grondent elles le font avec la force et la profondeur requises. Quant aux canal d’extrêmes graves, son utilisation est complètement anecdotique.

Des sous-titres anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Bien malheureusement, aucun supplément n’est disponible sur cette édition.



Conclusion
On se demande à quel public plaira Un barrage contre le Pacifique. Les fanatiques de Marguerite Duras trouveront que la mise en scène est loin d’être au service et digne du style particulier de la romancière alors que ceux s’intéressant au contexte de l’Indochine et aux problèmes des rizières demeureront perplexes devant le choix du réalisateur Rithy Panh de ne pas approfondir ces thématiques au profit de déboires amoureux d’une famille française dont la mère demeure le seul personnage véritablement fascinant.

Une édition simple qui se contente de servir son film, un peu à l’image du film qui se contente de mettre en images le roman qu’il sert. Ici, le transfert est élégant, mais pas nécessairement éclatant (le travail de la photographie n’allait peut-être-il pas dans cette direction ?) et la présence unique d’une bande son stéréo est regrettable, mais pas condamnable. On signalera également l’absence totale de suppléments chez un éditeur qui prend néanmoins le risque de distribuer en format ce genre d’œuvres qui, dans le cas présent, doit demeurer le seul intérêt de votre achat.


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2009-10-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Barrage contre le Pacifique, Un

Année de sortie:
2008

Pays:

Genre:

Durée:
116 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Métropole Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2009-09-22

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