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DVDEF

Dream Theater - Images and Words: Live in Tokyo / 5 Years in a Livetime

Critique
Synopsis/présentation
Depuis près de 15 ans qu’il roule sa bosse, le groupe Dream Theater, pionnier du mouvement progressif-métal s’il en est un, demeure assez méconnu du public moyen. Et pour cause ! Rarement le groupe a-t-il le « privilège » d’entendre ses compositions jouer sur les ondes radios populaires, tandis que leur refus systématique de tourner des vidéoclips depuis 1997 leur prive sans aucun doute d’une certaine visibilité. Mais voilà, cette visibilité les membres de Dream Theater ne s’en soucient guère. De toute façon, que ce soit à cause de sa durée (qui frôle en moyenne les 10 minutes par pièces) ou encore son style peu conventionnel, la musique de Dream Theater se prête très mal aux exercices promotionnels classiques. Qui plus est, le groupe bénéficie depuis longtemps déjà d’un auditoire fidèle et averti. Grâce à ces fans, les cinq musiciens qui forment le groupe peuvent éviter toute concession liées aux conventions de la musique populaire et ainsi produire de la musique telle qu’ils le désirent. Leur maison de disque leur laisse carte blanche depuis longtemps déjà parce la rentabilité de leurs albums, aussi mitigée soit-elle, est quasiment assurée à chaque fois grâce au public dévoué et intéressé.

Si le groupe a connu un succès plus qu’honorable en Europe, au Japon et aux États-Unis depuis une bonne décennie déjà, leur reconnaissance fut un peu plus tardive au Québec. Quoique, une bonne poignée de fidèles passionnés diront peut-être que c’est Dream Theater qui a tardé à reconnaître les (nombreux) fans du Québec… Une chose est certaine, lorsque le groupe s’est amené en tête d’affiche pour la première fois à l’été 2002 pour la tournée de Six Degrees of Inner Turbulence, il a eu droit à une salle comble remplie à craquer de spectateurs en délires. Manifestement impressionné par cet accueille spectaculaire, les membres du groupe ont inscrit les villes de Québec et Montréal à l’agenda de chacune de leur tournée subséquentes. À chaque fois, le groupe fait pratiquement salle comble, un exploit que peu de groupe peu se vanter d’accomplir en moyenne une fois par année. Comme en témoigne ce succès en spectacle, Dream Theater est un groupe accompli qui n’a certes plus besoin de publicité pour attirer son auditoire.

Si Dream Theater est un groupe qui s’écoute bien sur album, c’est néanmoins sur scène que leur musique prends tout son sens. Les cinq membres du groupes sont des musiciens de talent qui maîtrises leurs instruments avec une aisance peu commune. Et si une seule écoute est suffisante pour impressionner, de les voir se démener comme des damnés sur les instruments nous jettent littéralement sur le sol. La complexité de leurs chansons est reproduite sur scène avec une précision désarmante. Ils alignent les notes avec une rapidité et une dextérité apparemment sans limite. Sans autres artifices que leurs performances, les membres du groupe proposent des prestations sobres mais diablement stimulante autant pour l’oreille que pour le regard.

Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui leurs prouesses scéniques se sont très mal traduites sur support vidéo. Scenes from New-York, paru en 2001 sur DVD, proposait un spectacle on ne peut plus réussi, mais la bande-son stéréophonique ne livrait tout simplement pas la marchandise. Qui plus est, plusieurs séquences vidéos plutôt mal foutues ainsi que des effets psychédéliques ringards et agaçants ont été ajoutées au montage pour on ne sait trop quelle raison, et le résultat était pour le moins douteux. Quelques années auparavant, le groupe avait produit deux vidéocassettes retraçants trois tournées majeures du groupe. Ces deux vidéocassettes, respectivement intitulées Images and Words : Live in Tokyo et 5 Years in a Livetime, ont été réunies sous une seule édition DVD double-disque que voici.

Tout d’abord, une précision s’impose pour ceux qui ne sont pas familier avec l’un ou l’autre de ces deux titres. Dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit pas d’un concert proprement dit mais plutôt de séquences de spectacles entrecoupées de segments filmées en coulisses, de vidéoclips ou d’images du groupe en session d’enregistrement. Le tout, excepté peut-être les vidéoclips, est filmé sans aucune rigueur et sous une panoplie de médiums tous différents : Betacam SP, Hi-8, VHS, S-VHS… Inutile d’insister sur le fait que le résultat n’est pas particulièrement homogène… Le montage est un peu aléatoire autant dans sa chronologie que dans son fini. Pour les fans, il s’agit d’une bonne occasion de voir le groupe dans toutes les facettes de leur vie de musicien, mais pour les amateurs de musiques purs et durs, ces deux montages vont finir par devenir lassant vu le manque de constance des scènes de concert. Difficile de qualifier cette édition de décevante considérant qu’il s’agit d’une ré-édition de vieux matériel et que le tout est offert aux environs des 20$CA, ce qui est plus que raisonnable pour une édition double-disque totalisant près de 3h30 de matériel. À tout le moins s’agit-il d’un objet de contentement pour les fans à qui le groupe a promis un tout nouveau concert en format DVD pour la fin de l’année 2004.


Image
Live in Tokyo et 5 Years in a Livetime nous sont tout deux présentés dans leur format respecté de 1.33:1 (transfert 4:3).

Critiquer la qualité d’image d’une telle édition est un exercice franchement difficile et complexe. Tout d’abord, comme nous l’avons mentionné plus haut, les deux montages sont composés d’éléments filmés sur une grande variété de médiums, du Betacam SP jusqu’au vulgaire VHS. Les conditions de tournages n’étaient pas optimales non plus : les éclairages sont déficients, la stabilité laisse à désirer et les plans ne respectent aucune convention. Évidemment, il en résulte une qualité d’image inconsistante. À tout le moins, précisons que ce transfert tire le maximum du matériel source analogue, qui par ailleurs n’était pas dans le meilleur des états. Les bandes-vidéos utilisées semblent avoir souffert de tous les maux possibles, avec une mention particulière pour les froissements de bandes (un défaut impossible à corriger). Dans les circonstances, la définition est honorable et laisse toujours voir le meilleur de chaque médium employé pour les tournages. Les séquences filmées en Betacam SP présentent une image très nette et fort bien définie. Inutile de s’attarder sur l’apparence délavé, doux et grossier des images VHS ou Hi-8… Le rendu des couleurs varie lui-aussi en fonction de l’équipement utilisé pour filmer. Les séquences Betacam SP présentent des couleurs riches, nuancées et bien saturées, tandis qu’inversement les scènes VHS/HI-8 sont ternes, mal saturées et souffrent de multiples débordements chromatiques. Une correction chromatique aurait été la bienvenue pour ces séquences en question. Bien entendu, le contraste fluctue de parts et d’autres des montages… Il en va de même pour la brillance, qui est bien gérée pour le matériel Betacam avec des noirs purs et profonds qui se situent aux alentours des 7,5 à 10 IRE. Les choses se gâtent avec les images VHS/HI-8, qui présentent régulièrement un niveau de noir trop élevé au point où ils apparaissent gris.

En ayant une vue d’ensemble, il devient évident que la principale qualité de ce transfert, et la plus constante par la même occasion, est au niveau de la partie numérique. À aucune moment n’avons-nous remarqué de défaut de compression ou de numérisation tout au long des 3h30 de contenu.


Son
Live in Tokyo et Once in a Livetime offrent tout deux les mixages originaux stéréophoniques (Dolby Digital 2.0) ainsi qu’un remixage Dolby Digital 5.1. Étonnamment, la bande-son multi-canal de Once in a Livetime est de moindre qualité que celui de Live in Tokyo. Étrange…

Le re-mixage multicanal pour l’un ou l’autre des montages ne semble pas s’être mérité toute l’attention voulue. Si la dynamique est franchement excellente, la spatialité est somme toute décevante. Tout indique que la prise de son des concerts aient été effectuées via microphones et non pas entrées en consoles, ce qui fait toute la différence. Si le champ-sonore se déploie à travers tous les canaux disponibles, il y a prépondérance évidente des enceintes avants. Les éléments sonores sont mal découpés et intégrés avec une précision plutôt moyenne. Les voix émergent comme il se doit du canal central-avant, mais le reste des instruments ne profitent d’aucun réel positionnement. Quant aux canaux arrières, il ne reproduisent que de grossiers effets de « reverb » et de délais pour imiter l’effet concert. L’effet n’est pas tellement réussis. On reproche également au mixage une sonorité un peu trop sourde qui camoufle les éléments sonores. Pour le mixage de Once in a Livetime, le mixage souffre un plus du manque de présence des voix. Pour une raison obscure, le chant se retrouve complètement enterré par les instruments, problème qui n’est pourtant pas présent sur le mixage stéréophonique. Curieux…

Les basses sont toujours bien gérées et intenses. Quant au canal .1 (LFE), sa manipulation semble un peu artificielle. Bien qu’omniprésent, le canal semble recréer uniquement la caisse de basses (Bass Drum) de la batterie.

Il va de sois que cette critique s’est attardée sur les portions concerts des deux montages puisqu’il s’agit du principal intérêt de cette édition. Pour les séquences filmées en coulisses ou en studio, le son reproduit est monophonique et n’est reproduit que sur les canaux avants. Pour les quelques vidéoclips, les caractéristiques des scènes de concert sont applicables.


Suppléments/menus
Il n’y a qu’un seul et unique supplément, mais sans aucun doute il saura contenter les fans du groupe. Il s’agit d’une piste de commentaires audio animée par les membres de Dream Theater actuels (avec Jordan Rudess au clavier) pour la totalité des deux métrages.

Cette piste est empreinte de bonne humeur et de camaraderie. Les membres du groupes s’amusent aux dépends l’un de l’autre, ce qui procure quelques moments fort amusants. Ils commentent leurs performances, leur musique et leur évolution jusqu’à aujourd’hui. Ils n’hésitent pas à aborder les difficultés rencontrées au fil des ans telles que les chicanes ou les pannes d’inspiration. Malgré les quelques 3h30 que totalisent les deux montages, il n’y a aucun temps mort. Vraiment, il s’agit d’une excellente piste qui ravira les fans.



Conclusion
Sans aucun doute, cette édition s’adresse d’abord et avant tout aux fanatiques purs et durs de Dream Theater. Ceux-ci trouveront certainement leur compte dans les quelques 3h30 de matériel offerts sur ces deux disques. Le contenu est varié à souhait et explore les premières années de la carrière du groupe. Pour l’amateur moyen qui recherche un bon concert du groupe, il vaudrait mieux patienter jusqu’à la parution prochaine d’un nouveau DVD en spectacle annoncé pour l’année 2004. Ici, les scènes de spectacles sont plutôt moyennes, tant au niveau de l’image que du son, et les allez et venues entre spectacles, coulisses, studios et vidéoclips risquent d’en lasser plus d’un. Il est à noter que le prix très abordable de cette édition double-disque, à savoir 20$CA, constitue un très bon argument de vente considérant la quantité de métrage proposé.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-08-05

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Dream Theater - Images and Words: Live in Tokyo / 5 Years in a Livetime

Année de sortie:
1998

Pays:

Genre:

Durée:
210 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Rhino

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:

Suppéments:
Piste de commentaires audio

Date de parution:
2004-07-13

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