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DVDEF

Wendy and Lucy

Critique
Synopsis/présentation
Wendy and Lucy est le deuxième long-métrage de la réalisatrice Kelly Reichardt. Le précédent, Old Joy, racontait le parcours de deux amis qui se retrouvaient pour un voyage de camping dans l'Oregon. Cette fois-ci, la réalisatrice troque ses deux personnages masculins pour le sexe féminin, Wendy, une jeune femme qui tente de se rendre en Alaska en voiture et Lucy, sa fidèle chienne. Situant encore une fois ses deux héroïnes en Oregon, la réalisatrice met en scène les périples malheureux de cette femme et de son chien.

C'est en effet ce qui caractérise, à prime abord, cette oeuvre : son pessimisme. Nous retrouvons une jeune femme qui par différentes circonstances se retrouve constamment dans une malchance qui ne semble plus vouloir se terminer. Wendy semble attirer le malheur alors que déjà, elle a bien peu. Elle n'a presque plus d'argent, sa voiture ne fonctionne plus, ses liens familiaux sont très pauvres, et surtout, elle a perdu sa chienne. Le seul élément de son existence sur lequel elle pouvait réellement s'attacher. S'enclenchera donc une quête éperdue et longue pour Wendy afin de retrouver Lucy. À partir de ce point, le film sera basé sur l'attente. L'attente dans l'espoir de retrouver la chienne, mais aussi l'attente, tout court. Une attente systématique, qui va de soi. Un peu à l'image de ce gardien de stationnement qui passe ses journées à surveiller un stationnement ... vide. C'est ce qu'incarne précisément le personnage de Wendy. Le vide, l'absence, l'attente, mais aussi la fin du rêve américain. Par son malheur, par son manque de moyens (surtout monétaire), mais aussi par son errance dans ces contrées.

Et la réalisatrice le rend parfaitement dans sa mise en scène. La réalisation est lente, dépouillée et extrêmement modeste, reflétant ainsi avec une grande justesse le climat d'errance et d'attente de l'héroïne, mais aussi son manque de moyens financiers et matériels. De plus, cela évite au film de tomber dans des élans mélo-dramatiques dans lesquels il aurait été si facile de tomber. Mais heureusement, Reichardt sait rester dans une sobriété exemplaire et livrer de grands moments d'émotion comme, par exemple, la scène finale. Car malgré tout, l'oeuvre a le mérite de se terminer sur une note d'espoir, rendant cette ambiance mélancolique un peu moins lourde. Les seuls torts que l'on pourrait reprocher à la mise en scène de la cinéaste sont des personnages au symbolisme un peu trop appuyé (le mécanicien blasé, le commis de magasin néo-conservateur, etc.) ou encore le dénouement certes, très touchant, mais peu originale.

C'est en effet ce que Wendy and Lucy veut finalement nous raconter. Bien plus simplement qu'une critique de l'Amérique ou que l'histoire de l'amour inconditionnel d'un maître pour son chien. Le film veut nous raconter une des plus vielles histoires, celle qui nous dit qu'avant de s'occuper de quelqu'un d'autre, il faut savoir s'occuper de soi-même avant tout. Cela peut sembler être un propos réducteur. Mais comme toujours au cinéma l'intérêt n'est pas tant dans l'originalité du propos, mais dans sa mise en scène. Et rien que pour cette raison, Wendy and Lucy mérite toute notre attention.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Nous devons d'abord mentionné que le film a été tourné avec très peu de moyens et le tout se laisse relativement sentir. Heureusement, le transfert reproduit cette volonté artistique. Nous ne parlons évidemment pas ici de désastre. Simplement de moyens modestes (le film a été filmé en Super 16 et imprimé en 35 mm) ne rejoignant en aucun cas la qualité vidéo des productions hollywoodiennes, tout simplement. Alors, la définition générale de l'image va dans ce sens, c'est-à-dire très bonne étant donné les moyens de tournage. Nous noterons la présence d'un grain cinématographique très prononcé et qui n'est pas nécessairement désagréable pour l'oeil. La qualité des détails et des textures est toute aussi satisfaisante. Le rendu des couleurs est, lui aussi, très juste. L'ambiance relativement froide et terne du film est parfaitement rendue par des couleurs pleinement saturées, précises et naturelles. Les tons de peaux demeurent eux aussi parfaitement constants. Le niveau des noirs est correctement géré évitant ainsi les effets de surbrillance. Nous avons aussi droit à des dégradés fluides et précis. Si le niveau de détails n'est pas toujours optimal dans les parties plus sombres, c'est logiquement ici dû aux moyens de tournage et non à la qualité du transfert. La scène où Wendy campe dans les bois illustre très bien cette observation. Ce sont finalement, des noirs purs et profonds qui complètent ce fidèle transfert.

Pour la partie numérique, nous ne remarquerons logiquement et heureusement aucun défaut majeur apparent, le film étant le seul élément disponible sur le disque.


Son
Nous ne retrouvons qu'une seule bande-son sur cette édition et elle offerte en version originale anglaise au format Dolby Surround 2.0.

Il faut avouer que pour le genre, un mixage stéréo suffit amplement. Encore une fois, la bande-son épouse adéquatement la modestie du long-métrage et son ambiance très sobre et mélancolique. Le dynamisme est donc limité, mais adéquat, alors que la présence est extrêmement satisfaisante. Le déploiement du champ sonore se limite naturellement aux enceintes avant, mais les différents éléments sonores y sont perçus avec clarté et précision. Nous penserons ici aux nombreux sons d'ambiance qui caractérisent la bande-son. Mais sinon, les dialogues, moins nombreux, demeurent parfaitement et constamment intelligibles. La trame sonore composée d'une ritournelle où l'on entend que la voix de Lucy et de quelques morceaux musicaux s'intègre superbement à la bande-son. Les basses fréquences ne se manifestent qu'à de très rares occasions (on pensera ici aux bruits de train), mais elles le font avec la profondeur et la subtilité adéquate. L'utilisation du canal d'extrêmes graves demeure complètement anecdotique. En somme, donc, une bande-son qui reproduit tout aussi fidèlement les volontés sonores du film.

Des sous-titres français sont disponibles.


Suppléments/menus
Aucun supplément n'est offert sur cette édition.



Conclusion
En tant que film indépendant, Wendy and Lucy est une oeuvre qui assume habilement son manque de moyens. La réalisatrice Kelly Reichardt met en scène sobrement et modestement une jeune femme qui a très peu et qui perdra beaucoup. Acclamé par la critique et ayant couru plusieurs festivals, Wendy and Lucy est un petit film très intéressant. Pas nécessairement un feel-good movie, mais une oeuvre honnête qui, à la fin du film, laisse présager du bon pour son héroïne. Du moins, on l'espère.

Une édition à l'image du film, c'est-à-dire qui révèle la modestie et le manque de moyens du métrage. Le transfert vidéo reproduit fidèlement les volontés artistiques de la réalisatrice alors que la bande-son stéréo suffit amplement à apprécier l'univers sonore du film (qui est loin d'être le plus étoffé). On préfère donc opter avec cette édition pour la qualité et non pour la quantité, ce qui est un choix assez honnête et explique, notamment, l'absence totale de suppléments. Il ne s'agit toutefois pas de raisons suffisantes pour lever le nez sur cette oeuvre qui devra, vous l'aurez compris, demeurer l'unique et seule raison de l'achat de cette édition.


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
2,0/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2009-05-21

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Wendy and Lucy

Année de sortie:
2008

Pays:

Genre:

Durée:
80 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Français

Suppéments:
-

Date de parution:
2009-05-05

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