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DVDEF

Lost Boys, The (2-Disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
En visionnant un film comme The Lost Boys en 2004, il est à se demander si le statut de film « culte » n’est pas attribué à tort et à travers. Ou peut-être ce statut est-il simplement confondu plus souvent qu’autrement avec nostalgie ? C’est que, au risque de susciter la frustration chez certains fanatiques, The Lost Boys n’a rien d’un chef d’œuvre, ni même d’un film particulièrement mémorable. Qui plus est, force est d’admettre que le film vieilli très mal et qu’il pourrait difficilement rallier de nouveaux et jeunes disciples à sa cause. Mais pourtant, la Warner a pris la peine de produire une toute nouvelle édition spéciale double-disque de ce soit-disant classique. Il faut croire que les nostalgiques savent se faire convaincant…

The Lost Boys, c’est une histoire de vampire on ne peut plus traditionnelle. Une mère de famille récemment divorcée déménage dans un patelin de la Californie avec ses deux fils pour y refaire sa vie. Mal lui en pris, puisque le patelin en question grouille de vampires ! En un temps record, l’aîné de la famille s’amourachera d’une mystérieuse femme qui fait partie d’un gang de vampires punks au look de « poil » puis sera à ton tour transformé en créature de la nuit. Il n’en tiendra qu’à son jeune frère au look branché pour le sortir de cette mauvaise posture…

La seule façon d’apprécier un film comme The Lost Boys est de l’aborder comme un film de série-B inoffensif. Comment l’aborder autrement ?! Le film ne livre pas tout à fait la marchandise quant à l’horreur et de toute façon il apparaît évident que les auteurs du film, en particulier Joel Schumacher à la réalisation, sont loin de prendre leur film au sérieux. Voilà peut-être ce qui sauve The Lost Boys de la déconfiture la plus complète. Si le scénario est convenu a souhait, le ton du film est sans aucun doute ce qui lui donne sa particularité. Voilà peut-être le secret de son mystérieux statut culte d’ailleurs. Cette œuvre est baignée d’un climat d’absurdité et de loufoquerie bon enfant qui le rapproche d’avantage du série-B que de la méga-production hollywoodienne. En fait, The Lost Boys se rapproche dangereusement de la satire tant le film tourne en dérision l’univers vampirique et les clichés qui l’animent. Aussi, on ne peut que s’esclaffer devant la grossière caricature que sont les personnages, qui paraissent tous issus d’un vidéoclip démodé de Poison. Leurs répliques sont à la fois absurdes et savoureux, chacun étant manifestement écrit à la manière d’un « one-liner » (réplique punchée). Incidemment, toute tension est désamorcée par ce ton un peu burlesque, mais le résultat n’en est peut-être que plus satisfaisant puisqu’il fait rire bien plus qu’il n’aurait réussis à faire peur eut-il été un drame d’horreur plus classique.

Si le film trahi des signes d’âges évident (de par sa trame-sonore mais surtout des épouvantables coupes de cheveux), il n’en demeure pas moins réalisé de manière inventive qui n’est pas sans rappeler les bons vieux vidéoclips des années ’80 (public cible adolescent oblige…). Si elles n’ont aucun effet d’épouvante qu’elle quelle soit, les scènes d’horreurs sont à tout le moins distrayantes et bien orchestrées. Alors voilà, The Lost Boys brille de bien plus de qualités que de défauts, mais cela n’en fait pas pour autant un « classique » qui se mérite un statut de culte. Le genre a déjà connu de bien meilleurs ambassadeurs qui résisteront sans doute mieux que Lost Boys à l’épreuve du temps. Il s’agit d’une indéniable partie de plaisir empreinte de nostalgie, mais sans plus.


Image
The Lost Boys est présenté au format respecté de 2:35.1 et ce, d’après un tout nouveau transfert 16:9 d’excellente qualité.

L’interpositif employé pour le téléciné était dans un état remarquable qui ne trahi que quelques taches ou égratignures. La définition générale est excellente et présente une image nette dont les moindres détails sont présentés avec précision. Seuls quelques rares arrières-plans semblent souffrir d’un subtil manque de piqué. Le rendu des couleurs est impeccable. Celles-ci sont vives, riches et naturelles. La saturation est correctement ajustée et il n’y a aucun débalancement chromatique ou encore de débordement à déplorer. Seul petit bémol, on remarque un très subtil fourmillement (chroma noise) pour les teintes les plus chaudes. Le contraste est correctement ajusté et ne fluctue jamais. Le niveau des noirs reste toujours stable aux alentours des 7,5 IRE. Les noirs sont profonds et nets, on n’y remarque aucun fourmillement. Les parties denses montrent des dégradés plus ou moins précis qui bloquent occasionnellement, mais jamais assez pour devenir distrayant.

De très bon niveau, la partie numérique du transfert ne souffre d’aucun défaut de compression ou de numérisation majeur. La sur-accentuation des contours est minime et ne devient jamais un problème.


Son
Cette édition propose un re-mixage anglais de format Dolby Digital 5.1 ainsi qu’un doublage français de format Dolby 2.0 stéréo . Des sous-titres français, anglais et espagnols sont également disponibles.

La bande-son anglaise est somme toute satisfaisante considérant l’origine stéréophonique du matériel source. Sa présence n’est pas nécessairement spectaculaire mais la spatialité est efficace et la dynamique est surprenante. Le champ-sonore se déploie une honnête profondeur de tout le champ-sonore. Le positionnement des éléments sonores y est précis et généralement subtil (exception faite de la scène d’action finale qui ne présente aucune finesse). S’ils ne sont pas toujours aussi présents qu’on l’aurait souhaité, les canaux d'ambiophonies sont intelligemment sollicités pour créer une espace sonore immersif mais également pour intégrer des effets localisés. On remarque bien quelques transitions sonores avants-arrières mais elles sont plus maladroites et moins fluides que les transitions stéréophoniques.

Les dialogues sont toujours intelligibles mais pas nécessairement naturels. Un effet ADR est même parfois évident. La trame-sonore, majoritairement composée de vieux succès rock, est intégrée avec une certaine profondeur à travers le champ-sonore, cependant le son semble un peu sourd dans les hautes fréquences. Incidemment, la fidélité en souffre. Les basses sont profondes et fort bien gérées, tandis que le canal .1 (LFE) n’a pas toute la présence ni le mordant voulu.


Suppléments/menus
Apparemment, The Lost Boys était l’un des titres les plus convoités du catalogue Warner. Pour répondre à la demande des fans, la Warner a produit une édition spéciale double-disque qui devrait combler les attentes.

Le premier disque de cette édition comprends un seul supplément, à savoir une excellente piste de commentaires audio animée par le réalisateur Joel Schumacher. Schumacher, qui doit bien avoir animée une dizaine de pistes de ce genre par le passé, est visiblement très à l’aise avec l’exercice. D’un ton très calme et posé, il raconte comment il en est venu à réaliser ce film puis enchaîne avec un exposé sur son expérience sur le tournage. Il nous fait part de plusieurs anecdotes savoureuses qui vont certainement plaire aux amateurs du film.

Tous les autres suppléments sont regroupés sur le deuxième disque. Vous retrouverez tout d’abord un documentaire de 24 minutes intitulé Lost Boys : A Retrospective. Dans l’ensemble, le contenu de ce segment est plutôt superficiel et aurait eu intérêt à être approfondi. Qui plus est, bon nombre des informations révélées nous ont déjà été racontées par Schumacher dans la piste de commentaires. Dommage. Sinon, les entrevues avec les acteurs principaux et les artisans du film sont à tout le moins divertissantes.

S’ensuit une série de courts segments qui abordent plusieurs aspects de la production du film. A Director’s Vision (7 mins) est un segment plutôt complaisant dans lequel les intervenants vantent les mérites et le talent de Schumacher. Comedy vs Horror (4 mins) explique de façon très superficielle comment le film allie deux genres opposés. Fresh Blood : A New Look At Vampires (4 mins) nous dit comment l’apparence des vampires du film a été conçu. The Lost Boys Sequel ? (2 mins) nous informe qu’un projet de suite a déjà été mis en chantier sans jamais voir le jour.

Beaucoup plus intéressant et approfondi, Vamping Out : The Undead Creations of Greg Cannom (14 mins) nous explique le processus de création des costumes et maquillages des vampires. Les portions d’entrevues sont pertinentes, tandis que les supports visuels sont très à-propos.

Il y a ensuite une section dédiée à la popularité (sic !) des deux Corey (Haim et Feldman), deux comédiens qui ont connus un certain succès jadis en tournage près d’une dizaine de films ensemble. Haimster et Feldog – The Story of 2 Coreys (4 mins) décrit donc comment les deux acteurs se sont connus et comment ils en sont venus à travailler si souvent ensemble. D’un intérêt tout juste moyen. Un peu plus intéressant est le Multi-Angle Video Commentary. Il s’agit d’une sorte de piste de commentaires audio filmée, présentant les trois jeunes comédiens du film séparés. Via la touche « Angle » de votre télécommande, vous pouvez choisir lequel des trois comédiens vous voulez voir. Le métrage commenté totalise 18 minutes seulement et regroupe toutes les scènes où les trois acteurs jouent ensemble.

Vous retrouverez ensuite un total de 18 courtes scènes coupées (totalisant 12 minutes). Quelques unes de ces scènes sont assez intéressantes pour un mériter le visionnement, quoique leur retrait est facilement justifiable.

The Vampires Photo Gallery, comme son nom l’indique, est une galerie renfermant tout près de 80 photos montrant l’évolution des maquillages et des effets spéciaux. A World of Vampires est une carte géographique interactive qui nous raconte, via une narration en voix hors-champ, l’origine de certaines légendes de vampires. Finalement, un hillarant vidéoclip (Lost in the Shadows de Lou Gramm) et la bande-annonce originale sont également inclus.



Conclusion
Si le statut de film-culte de Lost Boys est discutable, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un petit film sans prétention fort agréable qui devrait rappeler de bons souvenirs aux nostalgiques des années ’80. Qui plus est, cette édition en est une des plus solide, techniquement parlant. La qualité d’image est excellente et donne un beau coup de jeunesse au film. Le re-mixage, moins impressionnant, donne néanmoins une belle vigueur aux scènes d’action. Quant aux suppléments, ils sont certainement nombreux à défaut d’être véritablement pertinents ou intéressants.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-08-31

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Lost Boys, The

Année de sortie:
1987

Pays:

Genre:

Durée:
97 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, 7 documentaires, commentaires vidéo multi-angle, galerie d'images, vidéoclip, carte géographique interactive sur les légendes de vampires, bande-annonce.

Date de parution:
2004-08-10

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