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DVDEF

[Rec]

Critique
Synopsis/présentation
En 1999, un petit film a vu le jour et a causé un véritable phénomène dans le monde du cinéma. Ce film, The Blair Witch Project, a en effet réussit à amasser des recettes de plus de 140 millions US alors que son budget était d’à peine 400 000 de dollars US. Si on se souviendra davantage du brillant coup de marketing des producteurs à avoir réussit à nous faire croire à la véracité des évènements se déroulant dans le film, c’est pourtant la mise en scène relativement inventive, mélangeant fiction et documentaire qui nous intéresse ici. L’œuvre prétendait contenir les bandes retrouvées d’un groupe de reporters ayant été à la recherche de la sorcière de Blair. La mise en scène se voulait donc être précisément ces images captées par les trois « reporters ». Le médium cinématographique, donc la caméra, devenait donc un instrument qui faisait partie intégrante du film. C’est elle qui nous ramène les faits et gestes des protagonistes en plus se servir de seul et unique témoin des évènements. Les créateurs du film ont compris cette particularité et l’ont exploité avec précision puisque le film s’est révélé être un des plus angoissants et des plus énigmatiques des dernières années. Non pas tant par ce qu’il filmait, mais justement parce qu’il choisissait de ne pas filmer.

C’est précisément cette caractéristique cinéma qui est également mise à profit dans le long-métrage espagnol [rec]. Réalisé avec un budget assez modeste par Jaume Balaguero et Paco Plaza, le film reprend exactement le même concept que The Blair Witch Project et s’inscrit dans une vague de films de genre qui exploitent habilement cette caméra-personnage. Évidemment, on pense ici à Cloverfield de Matt Reeves ou à Diary of the Dead de Romero. Or, [rec] nous arrive après tout cela, mais a originalement pris l’affiche en 2007, donc est quelque peu précurseur de cette nouvelle-vague que l’on pourrait qualifier de « cinéma-vérité ». Un cinéma tout à fait fictif, mais qui emprunte des éléments du cinéma documentaire pour arriver à des fins d’authenticité et de réalisme.

Dans [rec], cette caméra-témoin est au service d’une reporter et de son caméraman qui accompagnent une équipe de pompiers. Ils doivent se rendre dans un bloc appartements où une vieille dame semble de comporter de manière violente et assez étrange. Bien vite, tous seront mis en quarantaine avec les locataires puisqu’un virus de propage dans le bloc. Grossièrement, il s’agit donc d’un croisement entre The Blair Witch et 28 Days Later, mais [rec] est évidemment plus et moins que ça à la fois.

Plus, d’abord parce que l’immersion est complète et totale. Le but des cinéastes Balaguero et Plazo n’est pas tant de rendre réaliste la propagation du virus que d’insuffler une tension et un rythme que visiblement seule cette mise en scène pourrait permettre. En effet, [rec] est un film d’une efficacité brute, violente et d’une intensité qui reste inégalée dans le genre. Véritable montagne russe d’émotions fortes en tout genre (peur, rire, dégoût, fascination), le film exploite habilement son faible budget grâce à l’installation d’une tension qui culmine dans les vingt dernières minutes du film et devient absolument insoutenable. Jusqu’à la dernière image, forte et horrible, [rec] est ce film d’horreur qui réussit par sa direction photo (Pablo Rozzo qui incarne le caméraman), ses maquillages et surtout par sa simple, mais très habile manipulation du médium cinématographique à faire peur. L’autre élément sur lequel se distingue l’œuvre est assurément son humour. Un humour juste assez décalé et malsain pour pouvoir descendre le spectateur de sur son siège … et de mieux lui faire agripper. Par exemple, un locataire mexicain narcissique émet devant la caméra l’hypothèse que ce sont les membres d’une famille chinoise qui ont amené le virus dans le bloc appartements.

Et moins, parce que les limites de [rec] se trouvent justement dans son concept. C’est-à-dire que ce n’est pas un film qui prétend à autre chose que de foutre une bonne frousse. Et cette peur que les deux cinéastes réussissent à matérialiser chez le spectateur, elle ne va pas plus loin que la simple peur sensorielle. De cette terreur pure n’émerge aucune peur psychologique et encore moins un message politique sous-jacent. Car nous savons que le virus (lire : les zombies) ont souvent sinon toujours été prétextes à une critique sociale. Ici, rien. Il faut tout de même avouer que Balaguero et Plazo demeurent d’une rare modestie et ne prétendent pas à d’autres aspirations que celle mentionnée précédemment.

À peine un an après sa sortie, les studios américains ont décidé de faire un remake de [rec] qui est devenu Quarantine. Évidemment, nous ne saurions comment vous suggérer fortement de visionner cette œuvre en premier lieu. Non seulement parce qu’elle est de loin supérieure en terme de « réalisme » et de jeu d’acteurs (Manuela Velasco qui incarne la reporter est en fait une vraie journaliste espagnole). Mais surtout, parce que même s’il ne révolutionnera en rien le monde du cinéma d’horreur, [rec] est d’une efficacité rarement égalée en ce qui à trait à la question de faire peur. Il y arrive par des moyens qui sont devenus une véritable mode (caméra-témoin, caméra-personnage), ce qui a pour but de rendre l’expérience encore plus immersive pour le spectateur, mais surtout encore plus terrifiante.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est excellente. Tourné en numérique, le rendu de l’image est tout à fait fidèle au matériel source. On observera un grain vidéographique à plusieurs reprises, mais qui est loin d’être désagréable pour l’œil aguerri. Sinon, l’image semble afficher un niveau de détails et de textures adéquat. Semble puisque les mouvements de caméra et la photographie empêchent de s’en assurer. Il va sans dire qu’il s’agit d’une volonté artistique ici et non d’un défaut du transfert. Le rendu des couleurs va dans le même sens. Les couleurs généralement ternes dues au médium vidéographique sont parfaitement reproduites. Elles répondent précisément à la démarche artistique des réalisateurs et surtout au travail remarquable du directeur de la photographie Pablo Rosso. Le niveau des noirs est impeccablement géré évitant tout effet de surbrillance en ce qui concerne les contrastes. Les parties sombres (formant la quasi-totalité du métrage) sont superbement reproduites grâce à des dégradés fluides et précis. Encore une fois, si les détails et les textures de ces parties sombres sont difficiles à déterminer, il s’agit d’une volonté artistique et non d’un problème lié au transfert. Enfin, des noirs purs et profonds complètent ce transfert.

La partie numérique se sauve logiquement de tout défaut majeur apparent, Séville ayant décidé d’offrir uniquement le film sur le disque.


Son
Pas moins de six bandes sons sont offertes sur cette édition : trois au format Dolby Digital 5.1 en versions originale espagnole, anglaise et française, et trois au format Dolby Surround 2.0 en versions originale espagnole, anglaise et française. C’est le mixage espagnol 5.1 qui a été employé pour cette critique.

Tout comme le transfert vidéo, le mixage reproduit habilement l’univers sonore du film. La bande son fait donc preuve d’un dynamisme et d’une présence tout à fait adéquat, c’est-à-dire solides et existants, répondant parfaitement à un film de genre horreur. L’environnement sonore est habilement exploité. Les ouvertures frontale et latérale sont claires et précises alors que les enceintes arrière appuient bien les ambiances. De plus, elles servent plusieurs effets d’ambiophonie particulièrement saisissants. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement audibles. La trame sonore ou plutôt la chanson qui accompagne le générique (car le film ne possède aucune trame sonore) s’intègre efficacement au mixage. Les basses grondent, quant à elles, à plusieurs occasions et avec une belle profondeur alors que le canal d’extrêmes graves se fait légèrement plus discret.

Il y a option de sous-titrage en français et en anglais.


Suppléments/menus
Malheureusement, rien à se mettre sous la dent dans cette section, pas même une bande-annonce. Amèrement décevant.



Conclusion
[rec] est une œuvre à voir pour tout fanatique de cinéma d’horreur qui a envie de se faire donner une bonne frousse. Avec son budget modeste, son concept de « cinéma-réalité » et son travail technique absolument irréprochable, l’œuvre des espagnols Jaume Balaguero et Paco Plaza est d’une rare efficacité. Elle ne passera certainement pas à l’histoire, mais saura vous faire passer un très bon moment, bon étant dans ce contexte ci évidemment terrifiant et insoutenable.

Une édition qui n’a absolument rien à se reprocher, du moins techniquement. Le transfert vidéo reproduit fidèlement la facture vidéographique de l’œuvre alors que la bande-son immerge intensément le spectateur dans l’univers du film. Malheureusement, l’absence totale de suppléments ne peut que décevoir. Séville n’a même pas inclut de bandes-annonces qui étaient, en soi, plutôt intéressantes (la bande-annonce consistait à filmer la réaction des spectateurs pendant la projection du film). Il ne reste évidemment que l’œuvre comme raison unique de l’achat de cette édition. Et heureusement, il s’agit d’une raison tout à fait louable.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2009-03-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
[Rec]

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
89 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
-

Date de parution:
2009-01-20

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