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DVDEF

Goodfellas (2 Disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Martin Scorcese est un des plus grands réalisateurs encore en activité et Goodfellas est sans conteste l'une de ses plus grandes réussites.
En 1990, il a su revenir au sommet après une passe moins inspirée, ou du moins plus contestée, de son oeuvre et signer ainsi un film quasi définitif sur le monde de la pègre au quotidien.

Dans Goodfellas, on suit le parcours authentique d'Henry Hill (Ray Liotta) alors que tout jeune il décide de choisir la vie de privilèges et de facilité de la bande de truands organisés qui habitent dans son quartier. Ses qualités et son enthousiasme lui permettent d'être rapidement intégré dans une "famille" et de "faire des coups" en permanence avec ses amis Jimmy (Robert de Niro) et Tommy (Joe Pesci), le tout sous la supervision du petit parrain local Paul (Paul Sorvino).
Mais au fur et à mesure que leurs besoins, le montant de leurs forfaits et le nombre de personnes qu'ils brutalisent ou tuent augmentent, Henry et ses amis vont avoir de plus en plus de problèmes avec la justice.

Martin Scorcese a travaillé en collaboration avec Nicholas Pileggi, auteur du livre qu'il adapte et grand connaisseur du sujet pour avoir directement interviewé Henry Hill avant de commencer la rédaction de son roman.
Cette soif de réalisme est présente tout au long du film et si nombre de détails peuvent nous paraître outrés, Hill ne se gêne jamais pour dire que 99 % de tout ce qui se passe à l'écran est la stricte vérité.
C'est donc grâce à cette base réaliste que Scorcese va pouvoir construire un scénario totalement réjouissant en ce sens qu'il va coller au plus près de ses personnages et s'attacher à décrire leurs actions aussi bien que leurs sentiments. Il ne va jamais chercher à les juger ou à être moralisateur, faisant confiance à sa mise en images et à l'absurdité ou l'horreur des situations pour permettre au spectateur de trouver sa position morale vis à vis du film.
Son coup de génie est de n'avoir surtout pas renié le côté euphorique et magique de ce style de vie au premier abord et surtout durant l'adolescence et la jeunesse d'Henry. Le fait de défier en permanence la police, de n'avoir d'autres règles que celles fixées par l'organisation et le "boss", paraît bien évidemment irrésistible pour un jeune en manque de sensations.
Ce rejet complet d'une vie normale et soumise aux dictats de la société de consommation est le fil conducteur du film, auquel Scorcese fera appel à plusieurs reprises et qui servira même de conclusion au film.
La jubilation des jeunes truands est donc très communicative et même renforcée par la mise en scène époustouflante de Scorcese, et le contrecoup inévitable de leurs actions frappera d'autant plus fort l'esprit des spectateurs.
Ainsi malgré sa modernité cinématographique teintée de nostalgie, Scorcese est réaliste sur toute la ligne, ainsi la violence la plus crue est très présente dans ce film où elle semblait obligatoire. Cependant, elle n'est jamais gratuite ou dénuée de justifications, ce sont les gangsters qui vivent dans une psychose permanente et totalement hors des réalités de leurs concitoyens qui ont totalement perdu toute retenue à ce niveau. Le fait d'avoir la peur constante d'être tué les a psychologiquement perturbés et leurs actions les plus atroces sont totalement intégrées à leur quotidien qu'ils vivent à 100 à l'heure.

Visuellement le film est une véritable splendeur et Scorcese s'est cette fois-ci surpassé stylistiquement, usant de toutes les techniques cinématographiques afin de rendre au mieux la vie de ses héros. Ses plans séquences sont aboslument époustouflants et la caméra semble toujours placée exactement au bon endroit, reflétant à la perfection les divers états d'esprit des protagonistes. Mais le plus impressionnant reste le montage visuel et sonore du film, que Scorcese et sa fidèle monteuse Thelma Schoonmaker ont soignés comme jamais. Toute la grammaire cinématographique y est utilisée toujours à bon escient et jamais gratuitement. Arrêts sur image, extrêmes gros plans, plans séquences, jump cuts et autres se succèdent à un rythme effréné sans pour autant géner la lisibilité ou la compréhension des images. De plus, chacun de ces artifices de montage touchent à ce que le cinéma a de plus spécifique tout en se permettant le luxe d'être signifiant, et donc important pour le développement de l'intrigue ou bien de la psychologie des personnages. Ainsi la plupart des subtilités du film passent par le montage visuel mais de façon presque aussi importante par le montage sonore.
Martin Scorcese est de façon évidente l'un des grands maîtres de la bande-son, se passant souvent des services d'un compositeur de musique de films pour n'utiliser que des morceaux de musique officiels, ancrant ainsi le film dans son époque.
Sa grande force est d'appliquer au montage sonore le même principe que le montage image, à savoir ne pas craindre de morceler la musique et de n'utiliser par exemple que 30 ou 40 secondes d'une chanson pour exprimer un état d'esprit précis.
Mais il a aussi la capacité de donner une ambiance à ses scènes grâce à la combinaison souvent parfaite entre images et sons.

Nous ne sopuhaitons pas faire uniquement de la dythirambe mais il faut bien avouer que Goodfellas est un tel accomplissement à tous les niveaux que nous nous devons de vous en faire part. Ainsi, le choix et la direction des acteurs nous semble absolument parfaite sur tous les plans. Les acteurs ne jouent pas, ils sont leurs personnages hauts en couleur et pourtant étonnamment subtils, jamais caricaturaux mais souvent effrayants. Liotta, Bracco, De Niro, Pesci et Sorvino sont donc absolument parfaits dans leurs rôles et sont dirigés d'une main de maître par un Scorcese pleinement conscient de ses effets, convaincant même à raison certains acteurs qu'ils seraient parfaits pour leurs rôles alors que ceux-ci étaient prêts à décliner l'invitation.

Vous aurez donc compris que nous vous conseillons vivement l'achat de cette édition et le visionnage du film, qui n'est toutefois pas à mettre devant tous les yeux du fait de sa crudité, de sa violence et des actes (presque) tous répréhensibles qui y sont décrits.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La definition générale est de bon niveau mais l'ensemble paraît malgré tout manquer un peu de netteté pour en faire une image parfaite. L'interpositif est vraiment propre malgré un passage comportant une ligne verticale bien visible pendant plusieurs secondes et un peu de grain sur quelques scènes. La finesse des détails est d'un bon niveau mais est un peu en retrait par rapport à nos espérances.
Les couleurs sont naturelles, constantes et bien saturées, rendant honneur à la splendide photographie Michael Ballhaus.
Le contraste est bien géré, évitant toutes brillances.
Les passages sombres sont bien rendus grâce à des noirs purs et profonds. La qualité des dégradés est excellente et permet d'apprécier le film dans des conditions quasi idéales.

La partie numérique est largement à la hauteur, ne générant aucun défaut artificiel notable.
Un transfert de belle qualité qui permet enfin de redécouvrir ce film dans des conditions dignes de lui, ce que ne permettait pas l'ancienne édition. Ceci dit, l'ensemble est encore un peu sombre et trop "soft" pour être vraiment idéal et espérons qu'un jour la Warner nous gratifiera un jour d'un tranfert totalement restauré.



Son
Les deux bandes-son disponibles pour cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby 2.0 stéréo).

La bande-son anglaise offre une dynamique conséquente mais moins étendue que ce à quoi on aurait pu s'attendre pour un film assez récent. Les mêmes remarques sont valables pour sa présence et sa spatialité.
Martin Scorcese est le grand maître de l'utilisation de chansons populaires au cinéma, et la bande-son rend bien hommage à son fabuleux travail sur Goodfellas, même si la qualité du rendu des morceaux utilisés n'est pas toujours égale (mais cela bénéficie au film et à l'air volontaire). La musique est du reste parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont peu utilisées, surtout au niveau de certains effets ponctuels (coups de feu) et relativement peu pour la musique.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et ne montrent que des traces très limitées de parasites et distortions, même à fort volume.
Les basses fréquences sont présentes mais de façon moins appuyée que ce à quoi on aurait pu s'attendre pour un film de cette époque.
La bande-son francaise est nettement plus sourde et étouffée que son homologue anglaise et lorsqu'on connait tout l'attrait des voix de De Niro et de Pesci, il parait réducteur de regarder ce film en version doublée.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son fort correcte mais qui déçoit un peu par son manque d'ampleur, signe qu'elle n'a pas été complètement remixée. A noter une erreur sur la jacquette puisque c'est bel et bien une bande-son en Français et non en Espagnol qui est disponible sur cette édition.


Suppléments/menus
Un ensemble très complet qui ne maintient pas un niveau constant de qualité et souvent redondant, mais permet de bien cerner l'oeuvre. Les suppléments sont donc répartis sur deux disques.

Sur le premier disque sont disponibles deux commentaires audio.
Le premier commentaire comprend des interventions de Martin Scorcese, Ray Liotta, Lorraine Bracco, Paul Sorvino, Frank Vincent, le coscénariste Nicholas Pileggi, les producteurs Irvin Winkler et Barbara de Fina, le directeur photo Michael Ballhaus et la monteuse Thelma Schoonmaker. Le grand nombre de participants ne permet pas forcément d'avoir un commentaire vraiment structuré et c'est clairement Scorcese qui est le plus intéressant. Connaissant son volume de parole, il semble curieux qu'il n'ait pas enregistré un commentaire à part. L'ensemble est néamoins agréable et très instructif. Un petit plus est présent par le fait que ce commentaire avance d'une scène à l'autre en fonction des pauses dans le commentaire, évitant donc les passages silencieux souvent pénibles.

Le second commentaire est effectué par le vrai Henry Hill et Edward McDonald, l'agent du FBI qui l'arrêta. Les deux hommes s'entendent plutôt bien et reprennent leurs rôles respectifs à savoir que McDonald interviewe Hill (au lieu d'un interrogatoire) et malgré la prononciation parfois difficile à saisir de Hill et quelques blancs, l'ensemble est assez savoureux et mérite à coup sur une écoute.

Sur le second disque sont disponibles 4 documentaires.
Le premier est “Getting Made” d'une durée de 30 minutes, qui raconte de façon intéressante mais malheureusement redondante avec les commentaires, les étapes de la transcription du livre du papier à l'écran.
Le second est "The Workaday Gangster" d'une durée de 8 minutes, où Hill explique combien la mise en images de Scorcese est conforme à 99% avec ce qu'il a réellement vécu.
Le troisième est "Made Men : The GoodFellas Legacy" d'une durée de 13 minutes, au cours duquel plusieurs cinéastes parlent de leur admiration pour ce film et de l'inspiration qu'il fut pour eux. Voici un segment qui aurait mérité une durée plus conséquente tant ces hommes savent de quoi ils parlent et leur ensemble de témoignages est passionnant.
Enfin "Paper is Cheaper Than Film" d'une durée de 5 minutes, compare les dessins préparatoires de Scorcese et leur résultat final à l'écran ainsi permettant voir combien il est un cinéaste visuel qui avait déja tout son film en tête avant le tournage.

Voici donc un ensemble parfois redondant ou d'un interêt plus faible mais qui a le mérite de faire le tour de la question et d'offrir des clefs pour une meilleure appréhesion de l'oeuvre, ce qui est l'essentiel.



Conclusion
Voici donc une édition très attendue qui si elle ne déçoit pas vraiment aurait pu être plus performante dans l'absolu. Les parties audio et vidéo sont donc de qualité, sans être pour autant exceptionnelles, et on peut en dire autant des suppléments.

Martin Scorcese laisse éclater avec cette oeuvre virtuose à tous les niveaux, son amour du cinéma dans ce qu'il a de plus enthousiasmant. Sa performance est d'autant plus grande que le film est tiré d'une histoire vraie et d'après l'aveu même du protagoniste, dont elle s'inspire totalement, en phase avec ce qu'il a vécu. Scorcese colle au plus près de son héros et réussit la gageure d'entrainer le spectateur sur ses pas, partageant ainsi les moments d'euphorie, de peur, de stress, de jubilation intense de ses héros au final plus pitoyables qu'autre chose.
Il n'est jamais moralisateur et se contente d'exposer les faits sans les juger, au moyen de son génie de la mise en scène et d'un scénario remarquablement construit. Il démythifie le monde des gangsters en les montrant au quotidien comme des hommes ordinaires vivant dans un environnement quasi surréaliste qui leur convient à la perfection y compris dans ses risques énormes.

Un immense film à découvrir ou redécouvrir impérativement par tous les amoureux du genre.


Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-09-09

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Goodfellas

Année de sortie:
1990

Pays:

Genre:

Durée:
145 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
2 commentaires audio, 4 documentaires

Date de parution:
2004-08-17

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