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DVDEF

Good bye, Lenin! (édition canadienne)

Critique
Synopsis/présentation
Good Bye, Lenin!, le troisième long-métrage de Wolfgang Becker, connut un succès incroyable en Allemagne (réussissant à dépasser the Return of the King au box-office de ce pays) avant de connaître une enviable carrière internationale.

L'histoire est celle de la famille Kerner, des Est-Berlinois, en 1989-90, au moment de la chute du Mur et de la réunification de l'Allemagne. Voyant son fils Alex (Daniel Brühl) dans la manifestation du 7 octobre 1989 (qui marquait le début de la fin de la séparation des deux Allemagnes), Christiane Kerner (Katrin Sass) fait un infarctus et tombe dans le coma. Malgré le diagnostic pessimiste des médecins, elle revient à elle huit mois plus tard. Les médecins préviennent alors sa famille de lui éviter tout choc émotionnel. Or, pendant son coma, le Mur est tombé, et la République Démocratique Allemande, à laquelle elle a tant cru, est en train de disparaître et de se faire envahir par le style de vie capitaliste et consumériste.

Pour lui éviter le choc que la découverte de ces changements révolutionnaires occasionnerait, Alex crée pour elle, dans sa chambre qu'elle ne doit pas quitter, un monde où tout est resté tel quel. Il doit très vite redoubler d'efforts pour retrouver un semblant de produits Est-Allemands, et va jusqu'à réaliser de faux journaux télévisés avec un de ses amis, afin de préserver l'illusion d'une Allemagne de l'Est toujours vivante et communiste. En fait, il finit par créer l'illusion d'une RDA telle que lui et sa mère la rêvaient. La collaboration de tout l'entourage est bien entendu nécessaire, ce qui ne va pas sans poser certains problèmes, notamment avec Lara (Chulpan Khamatova), l'infirmière Russe devenue la petite amie d'Alex, et avec Adriane (Maria Simon), la soeur d'Alex, qui a dans sa vie une petite fille et un père adoptif pour cette dernière.

Ce film repose à la fois sur une excellente distribution et sur l'incroyable niveau d'exigence du réalisateur Wolfgang Becker. Certains des acteurs du film, et notamment Kartin Sass, sont nés en République Démocratique Allemande, et ont donc vécu les événements historiques servant de toile de fond à l'histoire d'une manière bien particulière, et très proche de ce que vit la famille Kerner durant le film. Globalement, toute la distribution nous offre ici une performance d'un excellent niveau, les trois acteurs principaux (Daniel Brühl, Katrin Sass et la belle Chulpan Khamatova) étant particulièrement excellents, jouant leurs rôles avec une conviction et une subtilité qui fait plaisir à voir.

Wolfgang Becker réalise ici, avec des moyens certes importants mais limités si l'on compare son budget à ceux des films hollywoodiens, une reconstitution historique extrêmement impressionnante. De par son exigence, il a su tirer le meilleur des artistes ayant travaillé sur ce film afin de faire revivre le Berlin de 1989 (Berlin est une des villes qui a le plus radicalement changé dans les années qui viennent de s'écouler). La narration et le découpage sont assez fluides, le film prenant un dernier virage vers la fin, juste avant de risquer de devenir ennuyeux.

Cette comédie douce-amère, qui réussit le tour de force de créer de la nostalgie autour d'une illusion (l'Allemagne de l'Est reconstituée par Alex pour sa mère est totalement idéalisée, et n'a pas grand rapport avec les réalités du régime communiste sous le règne du sercétaire général Erich Honecker), est une réussite. Ce film a remporté de très nombreuses récompenses, dont six prix aux European Film Awards et neuf aux German Film Awards (dont à chaque fois le prix du meilleur film et du meilleur réalisateur), et une nomination aux Golden Globes en 2004 (dans la catégorie meilleur film en langue étrangère, la récompense étant allée au film Afghan Osama).


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

Le transfert en lui-même a manifestement été réalisé dans les règles de l'art, et révèle toutes les qualités et les défauts du matériel source. La définition est assez bonne, même si l'image présente parfois un grain très prononcé. Certaines scènes utilisent des images vidéo d'époque, et présentent donc une définition visuelle nettement moindre que le matériel tourné en 35mm. Pour les scènes d'extérieur, pour lesquelles des films plus lents et au grain plus fin ont pu êre utilisés, le niveau de détail est très bon, atteignant presque les limites du format DVD.

Les couleurs chaudes et riches du film sont fidèlement reproduites, faisant honneur à un très beau travail d'étalonnage. Aucun débordement n'est à déplorer de ce côté. La scène de la manifestation, avec ses dominantes vertes, rouges et jaunes très marquées, en est un bel exemple, tout comme elle est un exemple de la qualité des parties sombres de l'image, qui offrent des noirs bien purs et profonds ainsi que des dégradés fluides et sans blocage. Les réglages de brillance (niveau des noirs) et de contraste sont impeccables, et ne subissent aucune fluctuation sur toute la durée du film.

La partie numérique du transfert ne présente aucun défaut flagrant. Les parasites de compression ont une nette tendance à se perdre dans le grain photographique, à part certains échos autour des contours les plus marqués, et la surdéfinition des contours est quasi-absente. Il est agréable de voir un film indépendant bénéficier d'un aussi bon traitement pour une édition DVD.


Son
Les bandes son proposées sur cette édition, la version originale Allemande et la version Française sont toutes deux au format Dolby Digital 5.1. Des sous-titres Français et Anglais sont proposés pour le film, mais malheureusement les suppléments, tous en Allemand, ne proposent que des sous-titres Anglais. C'est la version originale qui est critiquée ici.

Pour un film indépendant, la qualité est surprenante. La présence est très convaincante, et la spatialité d'un très bon niveau. La plage dynamique offerte par le format est fort bien utilisée, et les canaux d'ambiophonie sont mis à contribution de manière très convaincante et adéquate, que ce soit pour des ambiances ou des effets sonores impressionnants. Les décollages de fusée et les bruits de chenilles lors du défilé militaire font faire aux systèmes ambiophoniques une gymnastique tout à fait surprenante pour un film de ce genre. Les effets de transition de canaux à canaux sont réalistes et fluides, les exemples cités précédemment en étant une belle illustration.

L'intégration des éléments composant cette bande-son est impeccable. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles, et s'intègrent parfaitement avec le reste. La trame sonore, composée par Yann Tiersen, fait irrésistiblement penser à celle du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (dont elle reprend d'ailleurs un morceau), mais se marie parfaitement à ce film à l'ambiance quelque peu nostalgique. On notera aussi la reprise de l'ouverture de Guillaume Tell, dans la version synthétique et accélérée utilisée dans une scène mémorable du film A Clockwork Orange. En plus de présenter des qualités musicales indéniables, cette trame sonore bénéficie d'une qualité technique irréprochable, faisant preuve de profondeur et d'une grande fidélité.

Les basses fréquences sont utilisées de façon judicieuse et pas timide du tout, soutenues avec brio par une utilisation adéquate du canal d'extrême-graves (LFE, ou .1). Les scènes de défilé et de feux d'artifice en sont un bon exemple.


Suppléments/menus
Les suppléments proposés sur ce disque sont à l'image du film, originaux et intéressants. Ils sont en plus nombreux, sans qu'on ait l'impression qu'il y ait eu remplissage.

Deux pistes de commentaires audio sont proposées dans le menu de sélection des langues. Dans la première, le réalisateur Wolfgang Becker nous raconte dans le détail la préparation du film, les décors, le tournage de certaines scènes etc... Il est rare d'entendre un compte-rendu aussi exhaustif, aucun sujet ne semblant être mis de côté. Ce sont des acteurs qui parlent dans la seconde, notamment Katrin Sass et Daniel Brühl. Leurs commentaires complètent agréablement ceux de Becker, les acteurs faisant part du niveau d'exigence de celui-ci, et comparant aussi leurs expériences personnelles avec l'histoire racontée par le film.

Deux documentaires sont proposés. Lenin learns to fly (20:30) porte sur les effets visuels, et plus particulièrement sur la fameuse séquence où Christiane voit la statue de Lénine se faire héliporter vers l'ouest. Il est intéressant de voir à quel point un film de ce genre peut nécessiter de tels effets, que ce soit de l'étalonnage, des matte paintings ou de l'animation 3D photoréaliste.

Deleted Scenes (44:00) est le plus surprenant. Là où on s'attend à trouver des scènes coupées mises bout à bout, et éventuellement commentées, nous avons ici droit à un documentaire complet, tourné dans la salle de montage avec Wolfgang Becker et le monteur qu'il a engagé pour raccourcir le film. Les deux expliquent très précisément le processus de remontage du film, imposé par une durée de départ bien trop importante (presque trois heures). Ce documentaire est en plus divisé en dix chapitres correspondant aux principales scènes coupées, le dernier étant consacré aux scènes qui finalement ne l'ont pas été.

Le segment suivant, (7:51) reprend, en trois chapitres, les trois faux journaux télévisés montés par Alex et son ami Denis dans le but de maintenir l'illusion.

Le dernier, Mini Making-Of (1:27) est un simple montage d'images de tournage sur de la musique.

Ces suppléments forment un ensemble solide et de grande qualité. Une des principales qualités de ceux-ci est que le ton emplyé ne tombe jamais dans la complaisance mièvre, les intervenants faisant preuve au contraire d'une franchise tout à fait bienvenue. On regrettera juste l'absence de bande-annonce (il aurait été intéressant de comparer les bandes-annonces Européennes et Nord-Américaines), et surtout de sous-titres Français surles suppléments proposés (qui sont tous en Allemand).



Conclusion
Ce film rafraîchissant nous est offert dans une édition de très grande classe. Techniquement, on passe pas loin du sans-fautes (les rares défauts de l'image sont tout à fait mineurs, et le son est tout à fait surprenant). La qualité technique de cette édition est franchement surprenante pour un film indépendant comme celui-ci.

Au niveau des suppléments, on arrive là encore à un quasi-sans fautes, ceux-ci étant à la fois en nombre conséquent et tout à fait originaux et passionnants. Voilà donc une édition qui devrait se retrouver sur de nombreuses étagères. L'absence de sous-titres Français sur les suppléments est tout de même extrêmement regrettable.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
4,2/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-08-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur 36'' NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E, Lecteurs DVD Panasonic S25 et LG DV7832NXC, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research / PC avec GeForce et WinDVD, moniteur 21'' Compaq P110

Le film

Titre original:
Good bye, Lenin!

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
121 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Allemand Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Pistes de commentaires audio, documentaires (Lenin Learns to Fly, Aktuelle Kamera), scènes indédites et court segment portant sur la réalisation du film

Date de parution:
2004-08-10

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