Dark Knight, The

Critique
Synopsis/présentation
Il devient très difficile après le succès monstre (et le mot est faible) et les critiques dithyrambiques d’essayer de convaincre que The Dark Knight est LE film évènement de l’année. Que son succès public (530 millions au box-office nord-américain) et critique est tout à fait justifier que vous avez probablement déjà tout lu ce qu’il y avait à lire sur le film : déchirure d’un héros qui est ici présenté de façon extrêmement réaliste, performance hallucinante d’un certain Heath Ledger et surtout, confirmation que le scénariste et réalisateur Christopher Nolan s’est dignement rapproprié cette figure mythique du célèbre homme chauve-souris. Au même titre que le film n’a nullement besoin de présentation de son histoire. Nous nous garderons plutôt de profiter du recul que nous permet la sortie DVD par rapport à la sortie en salle pour digérer notre enthousiasme face à une telle œuvre et tenter d’en dresser le portrait, tant dans ses défauts que ses qualités, car oui, The Dark Knight possède quelques faiblesses.
Tout comme dans Batman Begins, Christopher Nolan et son co-scénariste Jonathan Nolan revisitent la mythologie du héros en la transposant dans un univers ultra-réaliste, du moins pour un monde de superhéros. Le personnage de Bruce Wayne ici mis en scène fait preuve d’une humanité et surtout d’une dualité peu commune aux superhéros. C’est d’ailleurs dans cette thématique que les frères Nolan travaillent leurs personnages, la dualité : Wayne qui n’assume plus son statut de sauveur de la ville de Gotham malgré un sentiment d’obligation qu’il semble entretenir; Harvey Dent, alias Two-Face, bien évidemment en lutte contre le bien et le mal, mais aussi contre sa vie privée et sa vie publique; Rachel Dawes, déchirée entre ses deux hommes, et même Alfred, qui sera affronter le dilemme de la vérité ou du mensonge. Seul le Joker semble se tenir bien loin de cette ligne. En dépit de son penchant très affirmé pour le Mal et d’un égoïsme qui lui permet de s’en sortir constamment, il est certainement le personnage le plus intéressant. Peut-être parce que comme tout grand méchant du cinéma américain, il provoque à la fois peur et fascination. Mais sinon, dualité aussi chez les citoyens de Gotham et chez les spectateurs. Le tout est cristallisé dans une scène à inscrire dans le panthéon des scènes les plus angoissantes du cinéma : la scène des bateaux pris en otage par le Joker. Deux bateaux, deux groupes de gens. L’un des deux groupes doit faire sauter le bateau de l’autre groupe pour pouvoir ainsi survivre. Les passagers doivent donc décider s’ils se sacrifient ou s’ils préfèrent la vie. Choix facile ? Loin de là. D’autant plus que Nolan renvoie en plein visage du spectateur ce choix moral à savoir : quel groupe sauver ? Des criminels peuvent-ils trouver le pardon ou la rédemption à travers le sacrifice ? Qui mérite de vivre ? Alors que cette séquence semblait être le symbole parfait de la corruption qui s’est installée dans la ville de Gotham, elle nous annonce plutôt une vérité toute autre : il y a l’espoir.
C’est d’ailleurs dans cette seule et unique séquence que l’on peut trouver un peu de lumière. The Dark Knight, comme son titre l’indique, est sombre, très sombre. Non seulement notre héros subit une torture intérieure qui le ronge peu à peu, mais surtout, rien d’optimiste ne sort du film. Non pas que ce soit une mauvaise chose, bien au contraire. Les évènements, les conflits et les personnages tendent vers le pôle du soleil, mais sont rapidement ramenés vers les ténèbres pour rappeler tant au héros qu’au spectateur que la vie est loin d’être une bande-dessinée. C’est ainsi que Nolan dirige son travail, dans une idée d’obscurité. Très peu de couleurs vives, une majorité de scènes se déroulant dans l’obscurité et surtout des personnages (et un héros) partagés entre un Bien et un Mal. Nolan inscrit son œuvre dans un réalisme (il faut voir la scène d’introduction, sobre, mais d’une exemplaire efficacité ou tout simplement les scènes d’action qui peuvent être comptées sur les doigts d’une seule main), certes, mais aussi dans un pessimisme beaucoup plus cérébral qu’émotionnel. Car il faut le dire, The Dark Knight est d’abord et avant tout une œuvre pour la tête (et les yeux) plutôt qu’un film pour le coeur (l’ambiguïté des personnages concernent des choix moraux).
Cependant, lui-même déchiré entre ses divers personnages humains, Nolan en néglige un de taille : celui de la ville de Gotham. Alors que dans Batman Begins, Gotham transpirait la ville pourrie, ici elle ne devient qu’un arrière-plan futile qui sert à faire valoir les Wayne et Dent de ce monde. Elle ne devient qu’un prétexte, qu’une présence, qu’une référence alors que dans l’opus précédent de Nolan, elle faisait partie intégrante du récit et de l’action. Pas de la même manière que Tim Burton l’avait gothiquement filmée dans ses Batman et Batman Returns, mais Gotham avait une âme. Corrompue, certes, mais néanmoins ressentie. Autre ombre au tableau, le jeu de Christian Bale en Batman. Ou plutôt sa voix. Si dans Batman Begins, cette voix rauque et ténébreuse pouvait sembler justifiée, elle devient ici royalement agaçante, voire même quelques fois totalement risible. Peut-être parce que l’acteur en met beaucoup trop comparativement au film précédent. On pourrait finalement s’interroger sur l’inexplicable changement de casting pour le rôle de Rachel Dawes. Non pas que Maggie Gyllenhaal soit mauvaise, mais Katie Holmes ne l’était pas non plus. Il y a ainsi période d’adaptation à ce changement et lorsque le drame frappe, le spectateur sent qu’il devrait être plus affecté qu’il ne l’est. Peut-être est-ce parce que le personnage n’est en fait pas très intéressant et qu’un pendant féminin pour Batman (Catwoman ?) ne serait pas de trop. D’ailleurs, les fans incorruptibles y auraient décelé quelques indices indiquant cette venue féminine dans un prochain opus (voir la séquence finale entre le commissaire Gordon et son assistante).
Il n’y a plus aucun doute, The Dark Knight est assurément le film de superhéros le plus intéressant, le plus nuancé, le plus humain, le plus cérébral, le plus sombre et donc, le plus réussi. Les intentions du réalisateur sont claires lors du visionnement et son exécution penche pertinemment dans sa vision réaliste (et pessimiste, voire apocalyptique) du héros qu’est Batman. Tant et aussi longtemps que Batman alias Bruce Wayne devra affronter ses démons intérieurs et que Christopher Nolan sera là pour nous le montrer, Batman sera le superhéros le plus intéressant à voir évoluer à l’écran. The Dark Knight est en la preuve singulière et indéniable, malgré ces quelques et minimes défauts.
Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 et de 1.78 :1 (pour les séquences filmées en IMAX) À une résolution de 1080p.
S’il y a une édition Blu-Ray qui doit vous faire passer définitivement du DVD à ce format, et bien, c’est celle-ci. L’image est absolument magnifique. Dans un premier temps, les séquences filmées en 35 mm ont été reproduites avec une définition absolument irréprochable. Le matériel source étant récent, il n’est donc pas surprenant de constater que les défauts se veulent très rares et que l’image soit composée de textures riches et de détails faisant preuve d’une précision hallucinante. Le visage du Joker en est d’autant plus terrifiant de même que le travail d’effets visuels pour le visage de Two-Face. Le rendu des couleurs fait preuve de tout autant de richesse. Ces dernières demeurent constantes et reproduisent admirablement les différents tons du film. On ne dénote non plus aucun problème de débordement. Le niveau des noirs est parfaitement réglé. Les contrastes évitent ainsi tout effet de brillance. Les dégradés sont également à niveau faisant preuve de fluidité et de précision. Enfin, les noirs sont d’une pureté et d’une intensité rares.
Dans un deuxième temps, les séquences filmées en IMAX. Le cinéaste Christopher Nolan ayant voulu les garder pour les transferts DVD et Blu-Ray, celui offert ici contient d’abord les séquences du film au format 2.40 :1. Il est donc tout à fait normal d’apercevoir les « barres noir » en haut et en bas du téléviseur (même en 16:9). On notera la démarcation entre ces séquences et celles filmées en IMAX lorsque ces « barres noir » disparaissent pour laisser place à la splendeur du rendu IMAX. En effet, si le rendu de l’image impressionnait déjà, les séquences IMAX, elles, laissent carrément bouche-bée. Les possibilités du matériel sont ici rendues avec une effrayante perfection. Les couleurs, les textures, les détails font d’une tous preuve richesse et d’une précision inégalable. Évidemment, ces séquences sont souvent des plans d’ensemble (ville de Hong-Kong ou de Gotham) et contribuent encore davantage au plaisir du visionnement. Bref, des séquences au rendu d’image absolument inouï.
Son
Cinq bandes sons sont disponibles sur cette édition. Trois sont offertes en version originale anglaise aux formats Dolby TrueHD 5.1, Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0. La quatrième est offerte en version française (doublée au Québec) au format Dolby Digital 5.1 et la cinquième en version espagnole elle aussi au format Dolby Digital 5.1.
Le mixage TrueHD a très peu à se reprocher lui aussi, même si les attentes étaient hautes Film d’ambiance autant sinon plus qu’il est film d’action, The Dark Knight permet ici d’exploiter le plein potentiel d’un mixage multicanaux TrueHD. Et c’est chose faite. Autant ces scènes d’action spectaculaires que les séquences regorgeant de détails sonores plus subtils (les voix, par exemple, sont reproduites dans une perfection et une précision rare) sont rendues de façon parfaite. La dynamique du mixage est ainsi spectaculaire et l’immersion atteint des sommets difficilement égalables. En effet, le champ sonore est exploité de façon optimale. Les effets d’ambiophonie sont nombreux et réussis et procurent le plein plaisir de l’écoute du film. Les différentes fréquences font preuve de fidélité et de grande qualité. Une mention spéciale aux basses fréquences qui n’auront sans doute jamais grondées avec une telle profondeur. Supportant à plusieurs reprises la trame sonore de Hans Zimmer et James Newton Howard en plus des différentes scènes d’action, elles feront trembler votre plancher, c’est garanti. Même chose pour les extrêmes graves qui se manifestent avec autant d’efficacité et surtout de tremblements. Vraiment, un grand mixage.
Il y a option de sous-titrage en anglais, français et espagnol.
Suppléments/menus
Sur le premier disque nous retrouvons « Gotham Uncovered : Creation of a Scene (1:04:10)». Il s’agit d’une sorte de documentaire interactif pouvant être accédé lors du visionnement du film. D’ailleurs, ce disque n’offre pas de menu à proprement parlé. Le film débute automatiquement et si vous appuyez sur la touche « menu », une barre d’options apparaît au bas de l’écran. Disponible aussi dans son intégralité, le documentaire fait un pertinent et complet tour d’horizon sur la production du film et tout ce qui l’entoure. Il remplace convenablement la classique piste de commentaires audio.
Sur le deuxième disque, nous retrouvons trois documentaires. Le premier, « Batman Tech (46:00)» se concentre d’abord sur l’aspect technologique et scientifique de la mythologie Batman. Il fait un survol historique de ses utilisations au cours des années (à travers les bandes-dessinées et les films). Un documentaire au ton très « sérieux », pertinent et extrêmement intéressant. Le deuxième, « Batman Unmasked : The psychology of the Dark Knight (46:02)» s’attarde, comme son nom l’indique, à la psychologie du superhéros. Dans le même ton exacte que le précédent, ce documentaire propose de faire un historique du personnage (son enfance jusqu’à son affrontement avec le Joker) pour mieux cerner sa dualité, ses tourments. Encore une fois, absolument passionnant. Le troisième et dernier documentaire est le plus fascinant. « Gotham Tonight (46:29) » est un faux bulletin de nouvelles du réseau nation de Gotham (le GNN) et rapporte les faits entourant le mystère de Batman. Composé de différentes interventions des personnages du film ou encore de « spécialistes », ce segment nous offre un point de vue différent et surtout très amusant sur les évènements du film. Rapporté tout de même avec sérieux, les interventions font sourire et le résultat, lui, est digne de tout reportage télévisuel.
Nous retrouvons ensuite la section « Galleries », où peuvent être contemplées des cartes animées du Joker, des illustrations conceptuelles, des illustrations d’affiches ainsi que des photos de production.
Enfin, ce sont des bandes-annonces et des publicités télévisées (TV Spots) qui concluent cette peu nombreuse, mais riche et très satisfaisante section.
À noter qu’il y option de sous-titrage en anglais, français et espagnol pour cette section.
Conclusion
Après un deuxième volet qui ne demande qu’à être admirer et qui, heureusement, l’a largement été (merci au bouche à oreille et plus malheureusement au décès de Heath Ledger), Christopher Nolan peut officiellement s’inscrire comme le grand sauveur de son héros, Batman. Si sa cinématographie s’inscrivait à l’origine dans une tendance très auteuriste (n’oublions pas qu’il a nous offert les Memento, Following et Insomnia de ce monde), le réalisateur a réussi à intégrer le monde du cinéma populaire avec succès. Non seulement il a redonné un souffle inespéré à un superhéro qui en avait grandement besoin, mais de plus, il a réussi à offrir avec Batman Begins et surtout The Dark Knight, un grand divertissement. Rien que pour cela, Nolan fait maintenant partie des grands.
Une édition colossale. Une édition évènement. Juste à temps pour Noël (!), cette édition est royalement idéale et s’impose comme une édition de référence. Du moins techniquement. L’image vidéo est d’une richesse inégalée et le transfert des images tournées en IMAX est absolument sublime. La bande son est excitante et risque de faire vibrer puissamment votre plancher. Les suppléments à défaut d’être nombreux sont extrêmement intéressants, originaux et pertinents. De toute façon, comme nous, vous n’aviez besoin de personne pour vous convaincre de courir acheter cette édition. Immédiatement !
Il devient très difficile après le succès monstre (et le mot est faible) et les critiques dithyrambiques d’essayer de convaincre que The Dark Knight est LE film évènement de l’année. Que son succès public (530 millions au box-office nord-américain) et critique est tout à fait justifier que vous avez probablement déjà tout lu ce qu’il y avait à lire sur le film : déchirure d’un héros qui est ici présenté de façon extrêmement réaliste, performance hallucinante d’un certain Heath Ledger et surtout, confirmation que le scénariste et réalisateur Christopher Nolan s’est dignement rapproprié cette figure mythique du célèbre homme chauve-souris. Au même titre que le film n’a nullement besoin de présentation de son histoire. Nous nous garderons plutôt de profiter du recul que nous permet la sortie DVD par rapport à la sortie en salle pour digérer notre enthousiasme face à une telle œuvre et tenter d’en dresser le portrait, tant dans ses défauts que ses qualités, car oui, The Dark Knight possède quelques faiblesses.
Tout comme dans Batman Begins, Christopher Nolan et son co-scénariste Jonathan Nolan revisitent la mythologie du héros en la transposant dans un univers ultra-réaliste, du moins pour un monde de superhéros. Le personnage de Bruce Wayne ici mis en scène fait preuve d’une humanité et surtout d’une dualité peu commune aux superhéros. C’est d’ailleurs dans cette thématique que les frères Nolan travaillent leurs personnages, la dualité : Wayne qui n’assume plus son statut de sauveur de la ville de Gotham malgré un sentiment d’obligation qu’il semble entretenir; Harvey Dent, alias Two-Face, bien évidemment en lutte contre le bien et le mal, mais aussi contre sa vie privée et sa vie publique; Rachel Dawes, déchirée entre ses deux hommes, et même Alfred, qui sera affronter le dilemme de la vérité ou du mensonge. Seul le Joker semble se tenir bien loin de cette ligne. En dépit de son penchant très affirmé pour le Mal et d’un égoïsme qui lui permet de s’en sortir constamment, il est certainement le personnage le plus intéressant. Peut-être parce que comme tout grand méchant du cinéma américain, il provoque à la fois peur et fascination. Mais sinon, dualité aussi chez les citoyens de Gotham et chez les spectateurs. Le tout est cristallisé dans une scène à inscrire dans le panthéon des scènes les plus angoissantes du cinéma : la scène des bateaux pris en otage par le Joker. Deux bateaux, deux groupes de gens. L’un des deux groupes doit faire sauter le bateau de l’autre groupe pour pouvoir ainsi survivre. Les passagers doivent donc décider s’ils se sacrifient ou s’ils préfèrent la vie. Choix facile ? Loin de là. D’autant plus que Nolan renvoie en plein visage du spectateur ce choix moral à savoir : quel groupe sauver ? Des criminels peuvent-ils trouver le pardon ou la rédemption à travers le sacrifice ? Qui mérite de vivre ? Alors que cette séquence semblait être le symbole parfait de la corruption qui s’est installée dans la ville de Gotham, elle nous annonce plutôt une vérité toute autre : il y a l’espoir.
C’est d’ailleurs dans cette seule et unique séquence que l’on peut trouver un peu de lumière. The Dark Knight, comme son titre l’indique, est sombre, très sombre. Non seulement notre héros subit une torture intérieure qui le ronge peu à peu, mais surtout, rien d’optimiste ne sort du film. Non pas que ce soit une mauvaise chose, bien au contraire. Les évènements, les conflits et les personnages tendent vers le pôle du soleil, mais sont rapidement ramenés vers les ténèbres pour rappeler tant au héros qu’au spectateur que la vie est loin d’être une bande-dessinée. C’est ainsi que Nolan dirige son travail, dans une idée d’obscurité. Très peu de couleurs vives, une majorité de scènes se déroulant dans l’obscurité et surtout des personnages (et un héros) partagés entre un Bien et un Mal. Nolan inscrit son œuvre dans un réalisme (il faut voir la scène d’introduction, sobre, mais d’une exemplaire efficacité ou tout simplement les scènes d’action qui peuvent être comptées sur les doigts d’une seule main), certes, mais aussi dans un pessimisme beaucoup plus cérébral qu’émotionnel. Car il faut le dire, The Dark Knight est d’abord et avant tout une œuvre pour la tête (et les yeux) plutôt qu’un film pour le coeur (l’ambiguïté des personnages concernent des choix moraux).
Cependant, lui-même déchiré entre ses divers personnages humains, Nolan en néglige un de taille : celui de la ville de Gotham. Alors que dans Batman Begins, Gotham transpirait la ville pourrie, ici elle ne devient qu’un arrière-plan futile qui sert à faire valoir les Wayne et Dent de ce monde. Elle ne devient qu’un prétexte, qu’une présence, qu’une référence alors que dans l’opus précédent de Nolan, elle faisait partie intégrante du récit et de l’action. Pas de la même manière que Tim Burton l’avait gothiquement filmée dans ses Batman et Batman Returns, mais Gotham avait une âme. Corrompue, certes, mais néanmoins ressentie. Autre ombre au tableau, le jeu de Christian Bale en Batman. Ou plutôt sa voix. Si dans Batman Begins, cette voix rauque et ténébreuse pouvait sembler justifiée, elle devient ici royalement agaçante, voire même quelques fois totalement risible. Peut-être parce que l’acteur en met beaucoup trop comparativement au film précédent. On pourrait finalement s’interroger sur l’inexplicable changement de casting pour le rôle de Rachel Dawes. Non pas que Maggie Gyllenhaal soit mauvaise, mais Katie Holmes ne l’était pas non plus. Il y a ainsi période d’adaptation à ce changement et lorsque le drame frappe, le spectateur sent qu’il devrait être plus affecté qu’il ne l’est. Peut-être est-ce parce que le personnage n’est en fait pas très intéressant et qu’un pendant féminin pour Batman (Catwoman ?) ne serait pas de trop. D’ailleurs, les fans incorruptibles y auraient décelé quelques indices indiquant cette venue féminine dans un prochain opus (voir la séquence finale entre le commissaire Gordon et son assistante).
Il n’y a plus aucun doute, The Dark Knight est assurément le film de superhéros le plus intéressant, le plus nuancé, le plus humain, le plus cérébral, le plus sombre et donc, le plus réussi. Les intentions du réalisateur sont claires lors du visionnement et son exécution penche pertinemment dans sa vision réaliste (et pessimiste, voire apocalyptique) du héros qu’est Batman. Tant et aussi longtemps que Batman alias Bruce Wayne devra affronter ses démons intérieurs et que Christopher Nolan sera là pour nous le montrer, Batman sera le superhéros le plus intéressant à voir évoluer à l’écran. The Dark Knight est en la preuve singulière et indéniable, malgré ces quelques et minimes défauts.
Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 et de 1.78 :1 (pour les séquences filmées en IMAX) À une résolution de 1080p.
S’il y a une édition Blu-Ray qui doit vous faire passer définitivement du DVD à ce format, et bien, c’est celle-ci. L’image est absolument magnifique. Dans un premier temps, les séquences filmées en 35 mm ont été reproduites avec une définition absolument irréprochable. Le matériel source étant récent, il n’est donc pas surprenant de constater que les défauts se veulent très rares et que l’image soit composée de textures riches et de détails faisant preuve d’une précision hallucinante. Le visage du Joker en est d’autant plus terrifiant de même que le travail d’effets visuels pour le visage de Two-Face. Le rendu des couleurs fait preuve de tout autant de richesse. Ces dernières demeurent constantes et reproduisent admirablement les différents tons du film. On ne dénote non plus aucun problème de débordement. Le niveau des noirs est parfaitement réglé. Les contrastes évitent ainsi tout effet de brillance. Les dégradés sont également à niveau faisant preuve de fluidité et de précision. Enfin, les noirs sont d’une pureté et d’une intensité rares.
Dans un deuxième temps, les séquences filmées en IMAX. Le cinéaste Christopher Nolan ayant voulu les garder pour les transferts DVD et Blu-Ray, celui offert ici contient d’abord les séquences du film au format 2.40 :1. Il est donc tout à fait normal d’apercevoir les « barres noir » en haut et en bas du téléviseur (même en 16:9). On notera la démarcation entre ces séquences et celles filmées en IMAX lorsque ces « barres noir » disparaissent pour laisser place à la splendeur du rendu IMAX. En effet, si le rendu de l’image impressionnait déjà, les séquences IMAX, elles, laissent carrément bouche-bée. Les possibilités du matériel sont ici rendues avec une effrayante perfection. Les couleurs, les textures, les détails font d’une tous preuve richesse et d’une précision inégalable. Évidemment, ces séquences sont souvent des plans d’ensemble (ville de Hong-Kong ou de Gotham) et contribuent encore davantage au plaisir du visionnement. Bref, des séquences au rendu d’image absolument inouï.
Son
Cinq bandes sons sont disponibles sur cette édition. Trois sont offertes en version originale anglaise aux formats Dolby TrueHD 5.1, Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0. La quatrième est offerte en version française (doublée au Québec) au format Dolby Digital 5.1 et la cinquième en version espagnole elle aussi au format Dolby Digital 5.1.
Le mixage TrueHD a très peu à se reprocher lui aussi, même si les attentes étaient hautes Film d’ambiance autant sinon plus qu’il est film d’action, The Dark Knight permet ici d’exploiter le plein potentiel d’un mixage multicanaux TrueHD. Et c’est chose faite. Autant ces scènes d’action spectaculaires que les séquences regorgeant de détails sonores plus subtils (les voix, par exemple, sont reproduites dans une perfection et une précision rare) sont rendues de façon parfaite. La dynamique du mixage est ainsi spectaculaire et l’immersion atteint des sommets difficilement égalables. En effet, le champ sonore est exploité de façon optimale. Les effets d’ambiophonie sont nombreux et réussis et procurent le plein plaisir de l’écoute du film. Les différentes fréquences font preuve de fidélité et de grande qualité. Une mention spéciale aux basses fréquences qui n’auront sans doute jamais grondées avec une telle profondeur. Supportant à plusieurs reprises la trame sonore de Hans Zimmer et James Newton Howard en plus des différentes scènes d’action, elles feront trembler votre plancher, c’est garanti. Même chose pour les extrêmes graves qui se manifestent avec autant d’efficacité et surtout de tremblements. Vraiment, un grand mixage.
Il y a option de sous-titrage en anglais, français et espagnol.
Suppléments/menus
Sur le premier disque nous retrouvons « Gotham Uncovered : Creation of a Scene (1:04:10)». Il s’agit d’une sorte de documentaire interactif pouvant être accédé lors du visionnement du film. D’ailleurs, ce disque n’offre pas de menu à proprement parlé. Le film débute automatiquement et si vous appuyez sur la touche « menu », une barre d’options apparaît au bas de l’écran. Disponible aussi dans son intégralité, le documentaire fait un pertinent et complet tour d’horizon sur la production du film et tout ce qui l’entoure. Il remplace convenablement la classique piste de commentaires audio.
Sur le deuxième disque, nous retrouvons trois documentaires. Le premier, « Batman Tech (46:00)» se concentre d’abord sur l’aspect technologique et scientifique de la mythologie Batman. Il fait un survol historique de ses utilisations au cours des années (à travers les bandes-dessinées et les films). Un documentaire au ton très « sérieux », pertinent et extrêmement intéressant. Le deuxième, « Batman Unmasked : The psychology of the Dark Knight (46:02)» s’attarde, comme son nom l’indique, à la psychologie du superhéros. Dans le même ton exacte que le précédent, ce documentaire propose de faire un historique du personnage (son enfance jusqu’à son affrontement avec le Joker) pour mieux cerner sa dualité, ses tourments. Encore une fois, absolument passionnant. Le troisième et dernier documentaire est le plus fascinant. « Gotham Tonight (46:29) » est un faux bulletin de nouvelles du réseau nation de Gotham (le GNN) et rapporte les faits entourant le mystère de Batman. Composé de différentes interventions des personnages du film ou encore de « spécialistes », ce segment nous offre un point de vue différent et surtout très amusant sur les évènements du film. Rapporté tout de même avec sérieux, les interventions font sourire et le résultat, lui, est digne de tout reportage télévisuel.
Nous retrouvons ensuite la section « Galleries », où peuvent être contemplées des cartes animées du Joker, des illustrations conceptuelles, des illustrations d’affiches ainsi que des photos de production.
Enfin, ce sont des bandes-annonces et des publicités télévisées (TV Spots) qui concluent cette peu nombreuse, mais riche et très satisfaisante section.
À noter qu’il y option de sous-titrage en anglais, français et espagnol pour cette section.
Conclusion
Après un deuxième volet qui ne demande qu’à être admirer et qui, heureusement, l’a largement été (merci au bouche à oreille et plus malheureusement au décès de Heath Ledger), Christopher Nolan peut officiellement s’inscrire comme le grand sauveur de son héros, Batman. Si sa cinématographie s’inscrivait à l’origine dans une tendance très auteuriste (n’oublions pas qu’il a nous offert les Memento, Following et Insomnia de ce monde), le réalisateur a réussi à intégrer le monde du cinéma populaire avec succès. Non seulement il a redonné un souffle inespéré à un superhéro qui en avait grandement besoin, mais de plus, il a réussi à offrir avec Batman Begins et surtout The Dark Knight, un grand divertissement. Rien que pour cela, Nolan fait maintenant partie des grands.
Une édition colossale. Une édition évènement. Juste à temps pour Noël (!), cette édition est royalement idéale et s’impose comme une édition de référence. Du moins techniquement. L’image vidéo est d’une richesse inégalée et le transfert des images tournées en IMAX est absolument sublime. La bande son est excitante et risque de faire vibrer puissamment votre plancher. Les suppléments à défaut d’être nombreux sont extrêmement intéressants, originaux et pertinents. De toute façon, comme nous, vous n’aviez besoin de personne pour vous convaincre de courir acheter cette édition. Immédiatement !
Qualité vidéo:
4,9/5
Qualité audio:
4,7/5
Suppléments:
4,5/5
Rapport qualité/prix:
4,8/5
Note finale:
4,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard
Date de publication: 2008-12-12
Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30
Date de publication: 2008-12-12
Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30



