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DVDEF

Almost Famous (Untitled : The Bootleg Cut - Director's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Il y a quelques années, le studio Dreamworks relevait un défi ambitieux, voir téméraire. À cette époque, le studio naissait à peine, sa production cinématographique débutait en 1997 avec la sortie de Peacemaker. Sa notoriété, à l'époque, n'était justifiée que par la renommée de ses trois propriétaires et fondateurs, Spielberg en tête de liste. Cette situationn'a pas empêchée le studio d'allouer plus de 60 millions de dollars US à la production d'un petit film d'auteur sans aucun effet spéciaux. Le pari ne fut relevé qu'à moitié, car malgré d'excellentes critiques et un Oscar en poche pour le scénario, le film fut un échec aux guichets.

Le film en question est Almost Famous, œuvre écrite et réalisée par Cameron Crowe. Sans être autobiographique, le scénario d'Almost Famous est très intimement lié au passé de Crowe lui-même : alors qu'il n'avait que 16 ans, ce dernier était recruté par le magazine Rolling Stone pour suivre sur la route un groupe de musique en pleine ascension. De ce récit véridique et personnel, Crowe ne conserve que les grandes lignes et s'empresse de donner à ses personnages des noms fictifs, dans le but de se distancer des événements de son scénario et ainsi conserver une approche critique plutôt que complaisante.

En réalisant ce film, l'auteur et réalisateur s'était donné comme objectif de créer une ultime œuvre sachant recréer le climat, l'ambiance et le contexte du début des années 70 et de l'influence du Rock 'n Roll sur les moeurs nord-américaines. Or, si Crowe a choisi d'y raconter son histoire, c'est d'avantage pour tirer profit de son expérience comme témoin que par prétention. Le personnage qui le représente dans le film, interprété avec justesse et sensibilité par le jeune Patrick Fugit, agit justement comme témoin et sa présence, parfois très effacée, laisse en fait toute la place aux membres du groupe de musique et aux groupies qui l'accompagnent. C'est à travers ce groupe de jeunes individus frivoles et désinvoltes que le réalisateur nous dresse son portrait bien personnel et nostalgique d'une époque révolue.

Malgré le succès critique remporté par le film, Cameron Crowe s'est toujours avoué insatisfait par la version d'Almost Famous projetée sur les écrans de cinéma. Tout d'abord, le titre original que l'homme avait en tête n'était pas Almost Famous, mais bien Untitled. Jugeant ce titre difficilement commercialisable, les producteurs du film ont demandé à ce qu'il soit changé. Du même coup, ils ont suggéré au réalisateur de raccourcir la durée initiale du film (162 minutes) à un 123 minutes moins exigeant pour le spectateur moyen, et ainsi plus rentable pour le distributeur. L'auteur a accepté ces changements tel un compromis, en obtenant l'assurance que sa version originale soit distribuée en format DVD. La promesse a été honorée, voici donc le film dans sa version allongée de plus de 35 minutes. Essentiellement, les scènes supplémentaires ajoutées au montage ne proposent aucune altération majeure au récit, mais contribuent à développer d'avantage les personnages. Ceux-ci sont mieux cernés, mieux définis que dans la version écourtée (qui est aussi présente sur cette édition DVD soit dit en passant) via l'inclusion de nombreux dialogues. Le rythme du film n'en perd pas pour autant, les ajouts ont été soigneusement dosés pour que la structure scénaristique du récit demeure intact.

Version allongée ou pas, une question se pose : où diable Crowe a-t-il investi ses 60 millions de dollars ? Difficile à dire. Le film n'a aucune vedette (ce qui rendait d'ailleurs le pari encore plus risqué pour les producteurs), les effets spéciaux se limitent à quelques turbulences à l'intérieur d'un avion, et les lieux de tournages sont plutôt communs. Pour se porter à la défense du réalisateur, mentionnons néanmoins que la reconstitution d'époque est excessivement minutieuse (les moindres détails, enseignes, boîtes postales, etc., ont été respectés) et qu'un nombre incalculable de figurants ont été recrutés pour donner vie aux nombreux concerts et autres soirées. Cette extrême minutie justifiait-t-elle un investissement de cette ampleur? À vous de juger…



Image
Les deux montages d'Almost Famous réunies sur cette édition nous sont présentés dans en format de 1.85:1 et ce, d'après des transferts anamorphiques d'excellente qualités. Il est à noter que malgré l'inclusion de nouvelles séquences la version allongée du film propose la même qualité d'image, il n'y a pas d'inconsistance.
Plusieurs filtres ont été utilisés lors du tournage d'Almost Famous; l'image est douce (sans contraste excessif) et la balance chromatique tend légèrement vers des teintes dorées. Ces transferts respectent parfaitement ces deux traits de la photographie; la colorimétrie est précise et la définition générale plus qu'adéquate. On observe un très bon niveau de détail et des textures finement reproduite. Malgré l'utilisation des filtres et les légères dominantes, les couleurs conservent une apparence naturelle et n'affichent aucun débordement. Brillance et contraste sont tout deux correctement ajustées et aucune fluctuation distrayante n'est à déplorer. Les parties sombres sont dégradées avec précision. Les noirs, quant à eux, nous sont apparus solides et purs, à peine est-il possible d'y remarquer un léger fourmillement à quelques rares occasions.
Les interpositifs utilisés pour l'un ou l'autre de ces transferts ne sont pas parfait, on remarque a l'occasion un peu de grain. Toutefois ce problème n'est réellement agaçant. La sur-définition des contours a été réduite au minimum tandis qu'aucun défaut relié à la compression n'est perceptible.


Son
Plusieurs bandes-son différentes sont incluses sur cette édition, par contre chacune ne sont pas nécessairement incluses sur chaque version du film. Ainsi, sur l'un ou l'autre des montages vous retrouverez des bandes-son anglaises Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0. Par contre, seule la version écourtée présentée en salles propose également une bande-son DTS 5.1 ainsi qu'un doublage français en format Dolby Digital 5.1. Comme les 35 minutes de métrage supplémentaire n'ont jamais été traduites, il est normal, ou à tout le moins compréhensible, qu'aucune bande-son française ne soit offerte sur la version allongée du film.
Les mixages Dolby Digital 5.1 des deux versions présentent une spatialité étonnante. Celle-ci est ample et bien définis, tandis que les éléments sonores y sont incorporés avec intelligence et cohérence. Le champ sonore tend à se déployer un peu plus des enceintes avants, mais cela n'empêche pas les canaux d'ambiophonies d'appuyer efficacement l'ambiance, en plus de fournir un impact et un dynamisme soutenu lorsque cela est nécessaire. La trame-sonore, élément clé du film, a été très efficacement intégrée à travers tout le champ sonore, et ce avec fidélité et parfois même beaucoup d'impact. En ce sens, la scène du concert donne véritablement à être entendue. Les dialogues sont également mixés avec netteté et naturalité, et ils demeurent intelligibles en tout temps. Les basses sont profondes, souvent mordantes. En outre, elles appuient judicieusement la trame-sonore. Le canal .1 (LFE) est également actif lorsque nécessaire, sans pour autant qu'il y ait abus.

La bande-son DTS 5.1, qui malheureusement n'est pas disponible sur la version allongée du film, propose un mixage très similaires aux mixages Dolby Digital 5.1 tout en offrant des basses mieux définies ainsi qu'une spatialité plus ouverte, plus subtile. À noter que des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles sur chacune des deux versions.


Suppléments/menus
D'après les aveux mêmes du réalisateur Cameron Crowe, cette nouvelle parution d'Almost Famous se veut être la version définitive du film. Ainsi, tout le matériel supplémentaire disponible aurait été regroupé pour former cette édition. C'est tant mieux, mais les résultats ne sont pas nécessairement à la hauteur des attentes.
Par contre, la première chose qui surprend agréablement en terme de suppléments est l'inclusion d'un CD de musique contenant les six chansons originales chantées par le groupe fictif Stillwater dans le film. Sans être particulièrement excellentes, ces pièces se révèlent être un compagnon des plus intéressant au film. Une charmante idée, bien exploitée par un enregistrement impeccable.

Le reste des suppléments ont été répartis sur les deux disques qui forment cette édition. Le premier disque, qui contient la version longue du film, offre également une très bonne piste de commentaires audio animée par le réalisateur Cameron Crowe, sa mère Alice Crowe (!) ainsi que quelques autres invités (trois producteurs et un ami de la famille). Le ton de cette piste est clairement convivial. Les interlocuteurs discutent tels des amis et partagent leurs impressions sur différents aspects du film. Les aspects purement techniques du tournage ont été mis de côtés, les animateurs préférant y aller de sentimentalisme et de nostalgie. Le ton décontracté de cette piste compense largement pour le manque d'information technique, car la bonne humeur du groupe devient vite contagieuse. Très agréable.

Vous retrouverez par la suite une introduction audio de Cameron Crowe à la section des suppléments. Par ailleurs, une introduction audio spécifique à chaque suppléments est aussi accessible via l'icône d'un petit micro situé tout juste à la gauche du dit supplément. En cliquant sur le micro, vous entendrez le réalisateur vous décrire le supplément en question et l'objectif visé en incluant ce dernier. Que voici une façon de faire très originale et instructive.

Suit un entrevue de 2 minutes avec Lester Bangs, personnage incarné dans le film par Philip Seymour Hoffman. L'intérêt de cette entrevue est plutôt mitigé car il apporte très peu à l'univers du film. Tout au plus cette entrevue permet-elle de mettre en valeur le jeu de Hoffman dans le film…
Love Comes and Goes est un segment réunissant quelques scènes filmées en coulisse, montées tel un vidéoclip. Le fond musical est assuré par l'une des chansons du film. C'est bien réalisé, mais ce supplément ne nous apprend absolument rien sur le film et, placées hors contextes comme elles le sont, ces scènes de coulisses sont d'un intérêt très, très mitigé.

Un peu plus intéressant est B-Side, un montage de 5 minutes nous donnant un aperçu de diverses répétitions avec les acteurs. À nouveau, l'impact aurait été plus grand si le contexte avait été cerné pour chacune de ces auditions. Néanmoins, ce montage donne une bonne idée de l'ambiance qui régnait sur le plateau.
Vous retrouverez finalement une sélection de 7 articles écris par Cameron Crowe pour le magazine Rolling Stone ainsi que sa sélection des 10 meilleurs albums de 1973. Les articles prouvent hors de tout doute les talents d'écriture de Crowe, mais leur inclusions, en particulier le décompte des 10 meilleurs albums, donnent un léger arrière-goût de complaisance à l'ensemble.


En enchaînant sur le deuxième disque maintenant, vous découvrirez deux scènes inédites qui n'ont pas été incluses dans la version longue du film. La première, intitulée Small Time Blues, n'est en fait qu'une pièce musicale interprétée sur le plateau. La deuxième, beaucoup plus intéressante, est intitulée Stairway et sa durée excède les 12 minutes. Cette scène nous offre un moment clé de l'histoire du film et n'a été retirée du film que pour des questions de droit d'auteur. Pour combler ce manque de musique, les concepteurs de cette édition DVD ont trouvés un moyen pour le moins original !

Vous retrouverez ensuite une sorte de concert presque entier mettant en vedette le groupe du film, Stillwater. La durée n'est que de 15 minutes, mais très intéressant et distrayant pour tout ceux qui ont appréciés la musique de ce groupe dans le film. D'autant plus que la qualité et la fidélité sonore est indéniable.
Finalement, le scénario entier est offert sur ce disque (comme toujours, les difficultés de navigation d'une page à l'autre du scénario rendent la lecture particulièrement pénible), en plus de notes de production, de filmographies et de la bande-annonce originale. Étrangement, le vidéoclip et le segment promotionnel offert sur la précédente incarnation du film en DVD ont été retirés de cette édition. Il ne s'agit pas d'omissions majeures, mais pour une édition qui se voulait définitive nous sommes en droit de poser questions…




Conclusion
Voici donc la version définitive d'Almost Famous, telle que promise par Dreamworks il y a plusieurs mois déjà. Certainement, l'attente en aura value la peine à bien des niveaux. Le film lui-même bénéficie grandement de ses 35 minutes supplémentaire, tandis que sa présentation audio et vidéo est excellente malgré les altérations du montage. Un mixage DTS et une bande-son française auraient été les bienvenues sur cette version longue, mais leur absence est quelque peu justifiable et n'enlèvent rien à la qualité de la présentation. Les suppléments sont assez variés pour vous tenir occupés pendant quelques heures, cependant nous déplorons l'absence d'un véritable documentaire expliquant le processus de création du film. De tous les suppléments, seules les notes de production osent aborder le film sous un angle plus technique, ce qui est très, très peu.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-12-16

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Almost Famous

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
Bootleg Cut : 162 min.; Theatrical version : 123 min. minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Dreamworks

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, introduction par le réalisateur, entrevue, scènes en coulisses, Articles du magazines Rolling Stone, vidéoclip, concert, scènes coupées, scénario, bande-annonce.

Date de parution:
2001-12-04

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