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DVDEF

Big Fish

Critique
Synopsis/présentation
Tim Burton a donné la frousse à bon nombre de ses admirateurs en réalisant la futile reprise de Planet of the Apes en 2001. Non pas que le film était foncièrement mauvais, mais on avait peine à distinguer la signature si particulière du réalisateur. La mise en scène était techniquement réussie, mais très peu inspirée en comparaison des œuvres antérieures de Burton. Un peu comme si l’ampleur du projet et la pression du studio Fox avaient eu raison de l’imaginaire débridé du cinéaste, qu’on redoutait travesti pour de bon à la formule aseptisée des méga-productions hollywoodiennes. Mais c’était mal connaître le cinéaste. À voir aujourd’hui son dernier né, Big Fish, on constate non sans soulagement que Planet of the Apes n’était qu’un malheureux faux pas au sein d’un filmographie qui n'en comportait jusqu’alors aucun.

Big Fish, c’est le récit plus grand que nature d’Edward Bloom, un homme dont l’ambition n’avait d’égale que son imagination. Telle qu’il la raconte, sa vie est digne d’un conte de fée où s’enchaîne les péripéties les plus extraordinaires. Si extraordinaires en fait, que le propre fils de Bloom ne sait plus en discerner les faits de la fiction. Pour lui, son père est un inconnu. Il tentera de remédier à la situation en lui rendant une ultime visite, à son chevet, tandis que le vieux Bloom est mourrant.

Quoique très linéaire, l'intrigue de Big Fish est racontée principalement en « flashbacks ». Les moments les plus marquants de la vie d’Edward Bloom sont retracées et racontées en voix hors champ. Chaque « flashbacks » est entrecoupé de scènes en temps réel plus intimistes dans lesquelles le fils tente de percer le mystère qu'est son père. Très touchantes, ces scènes ont le mérite de rester relativement sobre et de ne jamais insister sur les éléments mélodramatiques. Soulignons également la conclusion franchement satisfaisante du film, qui ne tente non pas d’offrir une résolution logique aux interrogations du fils de Bloom (et, par identification, aux spectateurs) mais qui laisse au contraire libre cours à l’imagination de chacun.

Du propre aveu de son réalisateur, Big Fish est le film le plus personnel, le plus humain et le plus terre-à-terre de Tim Burton. On pourrait même en rajouter en disant qu’il s’agit de l’œuvre la plus classique et la plus conventionnelle du réalisateur à ce jour. La construction narrative et la prémisse du récit en font foies. Cependant, ce classicisme narratif n’a certes pas restreint le cinéaste dans ses inspirations visuelles éclatées, loin de là ! En fait, Big Fish représente en quelque sorte un aboutissement dans la carrière de Tim Burton. En effet, le film propose une thématique chère au réalisateur et récurrente dans la plupart de ses œuvres précédentes. L’apologie de l’imagination et de ses effets bienfaisants (voir thérapeutiques) n’a jamais eu si grande portée, cela grâce au caractère très humain du récit. Voilà en quoi tient cet aboutissement dans la filmographie du réalisateur. Si ses œuvres antérieures portaient un discours assez similaire, l’aspect résolument ludique et fantaisiste de ces films en atténuait du même coup la portée, ce qui n’est pas le cas ici. Visuellement, Burton a rarement pu profiter d’autant de liberté dans l’expression de son imaginaire. Ce qui n’aurait eu aucune logique dans tout autre film est ici parfaitement crédible au sein de l’univers des personnages. Chaque segment raconté en « flashback » est marqué d’un sens évident pour le merveilleux et le fantaisiste. Il faut dire que Tim Burton a pu compter sur une solide direction artistique. Burton n’est pas uniquement attentif à ses personnages, qu’il affectionne contagieusement, mais également à tous les éléments qui composent les environnements dans lesquels ils évoluent.

Après l’échec de Planet of the Apes, le moins que l’on puisse dire est que Tim Burton a repris le droit chemin.


Image
Big Fish nous est présenté au format respecté de 1.85:1 et d’après un transfert 16:9. Voilà un transfert dont la qualité décoit et ne rend pas nécessairement justice à la splendide facture visuelle du film. Non pas que le transfert sois désastreux, au contraire, mais les standards du marché nous ont habitué à beaucoup mieux.

Le plus grand défaut de ce transfert est son manque de constance. La plupart du temps, la définition est excellente et présente une image nette dont les détails sont reproduits avec une grande précision. Cependant, il arrive occasionnellement que certains plains aient une apparence douce (soft) et granuleuse qui réduit le niveau de détail. Étrange… Le rendu des couleurs est à tout le moins sans faille. La saturation est bien ajustée et on ne remarque aucun débordement. Les teintes sont vives et très riches, tandis que les tons de peau ont une apparence naturelle, sinon légèrement trop chaude (ce qui n’est pas un défaut en soit). Le contraste semble également bien ajusté et les gammas de fluctuent jamais. Le niveau de noir est cependant un peu plus problématique puisqu’il fluctue à quelques occasions. Globalement le niveau reste stable autour des 7.5 IRE bien que certains plans paraissent un peu délavés. De façon générale, les noirs sont purs et profonds, mais il n’est par rare qu'un léger fourmillement soit visible. Les parties sombres présentent des dégradés bien étalés qui ne bloquent jamais.

L’interpositif employé pour le transfert était dans un état remarquable dont la seule véritable anomalie est un grain visible en quelques occasions. La partie numérique est sans réel problème, aucun macrobloc ou défaut de numérisation ne sont à déplorer. La sur-accentuation des contours est limitée au minimum et n’est jamais vraiment agaçante.


Son
Cette édition ne propose des bandes-son anglaise et française, mais seule le mixage anglais est mixé au format Dolby Digital 5.1. Vu la qualité de ce dernier, il est vraiment dommage et déplorable que la Columbia/Tristar n’ait pas offert le même mixage multicanal en français. Des sous-titres anglais et français sont également offerts.

Si la qualité du transfert laisse quelque peu à désirer, il n’en est rien du mixage anglais. Tout d’abord, la dynamique est franchement étonnante. Toute la hauteur du spectre sonore est exploitée ce qui donne beaucoup de vigueur au mixage. L'espace sonore est d'une présence et profondeur remarquable. Le champ-sonore se déploie de tous les canaux disponibles, tandis que le positionnement des éléments sonores y est d'une précision exemplaire. L’utilisation soutenue des canaux d’ambiophonies contribuent à créer un environnement immersif et très vivant; de subtils sons d'ambiance à des effets sonores localisés évident.
Les transitions sont fluides et crédibles.
Les dialogues sont toujours parfaitement nets et intelligibles. La trame-sonore de Dany Elfman, fidèle collaborateur de Tim Burton, est intégrée avec fidélité et profondeur. Les basses sont profondes, tandis que le canal .1 (LFE) manifeste sa présence de façon récurrente et, surtout, très agressive. Voyez par exemple la séquence où le géant parle de l’intérieur de sa caverne… votre caisson d’extrême-grave combiné aux canaux ambiophoniques auront tôt fait de vous décoiffer !


Suppléments/menus
Cette édition simple disque offre un nombre tout à fait satisfaisant de suppléments. Cela n’empêchera probablement pas la Columbia/Tristar d’offrir une « super special deluxe 4-discs edition » dans un coffret en forme de poisson dans un avenir rapproché…

Le supplément le plus intéressant et le plus pertinent d’entre tous est sans doute la piste de commentaires audio animée par le réalisateur. En fait, cette piste ressemble d’avantage à une longue entrevue qu’à des commentaires proprement dit. Un collaborateur et ami de Tim Burton est présent tout au long de la piste pour poser une multitude de questions au réalisateur, qui répond toujours de façon posée et articulée. Les informations n’ont dont pas nécessairement de rapport avec l’action qui se déroule à l’écran, mais le ton est beaucoup plus constant est les propos sont bien plus pertinents que dans une piste conventionnelle. Très intéressant.

Le reste des suppléments consiste en une série de brefs documentaires dont l’intérêt varie de l’un à l’autre. Ces segments sont répartis sous deux sections : « Characther’s journey » et « Filmaker’s path ». Dans la première section, vous retrouverez un total de trois segments. Le premier s’intitule Edward Bloom At Large (8:45) et fait la description du personnage principal du film. À l’aide d’extraits du film, d’images filmées en coulisses et d’entrevues, on y décortique la personnalité et les actions du personnage en question. Ewan McGregor y partage également le plaisir qu’il a eu à interpréter le rôle. Si ce segment se laisse regarder avec un certain plaisir, le contenu n’en demeure pas moins assez superficiel. Très similaire, le segment intitulé Amos At the Circus (4:37) décris le personnage interprété par Danny DeVito. L’intérêt est encore moindre que pour le segment précédent. Fathers and Sons (7:20) est composé essentiellement d’entrevues dans lesquelles plusieurs artisans et comédiens nous offrent leur opinion sur la relation père-fils au cœur du film. Distrayant, sans plus.

Beaucoup plus intéressante est la section « Filmaker’s Path », qui s’attarde aux aspects créatifs et techniques de la production. Tim Burton : Storyteller (6:44) nous dresse un portrait peu exhaustif mais relativement intéressant du cinéaste. Les artisans du film ainsi que les comédiens partagent leur expérience de travail en sa compagnie, tandis que lui-même explique ce qui l’attire dans ses projets.

A Fairytale World (9:32) explique comment l’univers du film a été créé via la direction artistique, la création des costumes, les effets spéciaux et la photographie. Il s’agit certainement du segment le plus approfondi du lot. Les informations sont pertinentes, élaborées et bien démontrées par des exemples précis et concrets. Très intéressant. Creature Features (3 min) s’attaque à la conception et à la réalisation des quelques créatures présentes dans le film. Ici encore, les informations sont concises et intéressantes, tandis que les images filmées en coulisses appuient efficacement les propos des artisans.

Finalement, Author’s Journey (222) nous offre des entrevues avec l’auteur du roman à l’origine du film ainsi que le scénariste qui en a fait l’adaptation. L’auteur raconte la genèse de son livre tandis que le scénariste élabore d’avantage sur le défi que représentait l’adaptation. Les deux hommes expliquent ensuite les différences et similitudes entre les deux œuvres. Intéressant.

En plus d’une multitude de bandes-annonces, un jeu questionnaire testant vos connaissances sur la filmographie de Tim Burton est également offert. Le jeu en soit est très peu amusant, mais à la fin de celui-ci on vous offre un court segment de 2 minutes traitant des effets spéciaux derrières la scène du cirque où le temps s’arrête.

Il est à noter qu’il est possible de visionner tous les segments pendant que vous regardez le film, et ce en sélectionnant l’option Fish Tales. Vous verrez ainsi apparaître à l’écran des icônes qui vous conduirons aux segments en question si vous appuyez sur la touche Enter de votre télécommande.



Conclusion
Ceux qui ont perdu la foie envers Tim Burton suite au décevant Planet of the Apes feraient mieux de se raviser! Big Fish est peut-être un point culminant dans la carrière du cinéaste, un heureux amalgame de ses thèmes de prédilections et de son univers visuel fantaisiste, le tout réunis sous un récit humaniste et touchant. Burton ne s’était jamais aventuré si loin dans l’exploration du pouvoir de l’imaginaire, et le résultat est concluant.

Dommage toutefois que la splendide facture visuelle n’ait pas été mieux desservie par le transfert vidéo, qui n’arrive certes pas à la hauteur des standards du marché actuel. Heureusement, le mixage anglais est très réussis et les suppléments sont au mieux intéressants, et au pire simplement distrayant.


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-04-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Big Fish

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
125 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, jeu questionnaire, bandes-annonces

Date de parution:
2004-04-27

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