Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Last Samurai, The

Critique
Synopsis/présentation
Lors de l’annonce des nominations pour la dernière cérémonie des Oscars, en janvier 2004, plusieurs se sont montrés surpris de voir le film Last Samourai absent de la plupart des catégories. Aux côtés du Cold Mountain d’Anthony Mingella, Last Samouraï fut qualifié sur toutes les tribunes de « grand oublié » de la course aux Oscars. Grand oublié ?!? Le film n’a pas du tout été oublié ou négligé puisqu’il ne méritait tout simplement pas de nomination autre que celles qu’il a reçues, c’est à dire pour l’acteur de soutien Ken Watanabe, la direction artistique, les costumes et le son. Sinon, The Last Samourai n’était tout simplement pas de taille à compétitionner pour le titre de meilleur film, ni même son auteur Edward Zwick comme meilleur cinéaste. Non pas que le film soit foncièrement mauvais, mais certainement n’est-il pas à la hauteur de ses prétentions. Ce qui est bien dommage d’ailleurs, considérant le potentiel du sujet et le talent de tous les artisans impliqués.

Dans le Japon du XIXe siècle, le capitaine Nathan Algren (Tom Cruise), vétéran de la guerre civile, est affecté par l’empereur nippon pour former et commander la première armée moderne du pays. Son mandat sera de combattre et d’anéantir une bande de Samouraïs dissidents qui se soulèvent contre l’occidentalisation et la modernisation de leur pays. Le premier combat entre les deux clans se solde par un massacre des troupes de l’empereur, malgré une force de frappe dévastatrice en leur faveur. Le capitaine Algren, lui, est fait prisonnier par les Samouraïs qui l’emmènent dans leur village. Rapidement, Algren sera séduit par le mode de vie, les valeurs et la noblesse de ce peuple en voie de disparition. Il finira lui-même par prendre part à la révolte de ces Samouraïs, qui considèreront l’américain comme l’un des leurs.

Co-scénarisé et réalisé par Edward Zwick, The Last Samourai n’est pas sans rappeler le film qui a consacré le réalisateur en 1989, le remarquable Glory. En fait, le premier acte entier des deux films est très similaire. Dans Glory, un capitaine un peu désabusé se voyait donner le mandat d’entraîner et de commander le premier régiment afro-américain lors de la guerre de sécession. Dans The Last Samurai, un capitaine est placé à la tête du premier régiment guerrier moderne de l’empire japonais. Le réalisateur s’est même auto-plagié à quelques reprises puisque certaines scènes de Last Samourai sont presque identiques à d’autres de Glory. Par exemple, cette scène où Tom Cruise pousse un soldat à recharger son arme et à tirer le plus rapidement possible… La comparaison entre ces deux films nous amène un autre constat, celui-là plus déplorable. Ed Zwick n’est plus le réalisateur qu’il était à ses débuts. Tandis que Glory brillait par la retenue, la subtilité et la sensibilité, The Last Samourai apparaît rapidement comme un film un peu pompeux, insistant et parfois même grossier. Les vingt premières minutes du film sont en ce sens particulièrement agaçantes. Le réalisateur insiste tellement sur l’aliénation du capitaine Algren que le personnage apparaît vite caricatural. Plutôt que compter sur l’intelligence du spectateur pour cerner les tribulations du personnage, le réalisateur n’hésite pas à intégrer des flashbacks plutôt ratés et des effets sonores agaçants pour nous forcer à saisir ses intentions. Dommage, puisqu’une scène comme celle où Algren observe sa réflexion dans un miroir tandis qu’il arbore son uniforme aurait été beaucoup plus puissante s’il elle n’avait pas été entrecoupées d’images saccadées d’indiens mourants. Et que dire de cette séquence où le samouraï Katsumoto observe Algren se battre avec un bâton orné d’un fanion à l’effigie d’un tigre… Le réalisateur insiste tellement sur la comparaison du tigre avec Algren qu’elle en devient risible. Et justement, si la représentation des valeurs et croyances ancestrales nippones est respectueuse et même fascinante, elle n’en est pas moins naïve et hollywoodienne.

Heureusement, le film n’est pas dépourvu de qualités, bien au contraire ! Les séquences se déroulant dans le village des samouraïs (c’est à dire plus de la moitié du film) sont saisissantes par leur beauté, leur rythme et leur onirisme. La mise en scène d’Edward Zwick devient épurée de tout artifice pompeux et se limite à une représentation très sensible et contemplative des décors et des personnages. La splendide photographie de John Toll est d’ailleurs magnifiquement exploitée pour traduire un climat envoûtant. La trame-sonore de Hans Zimmer devient également plus subtile et immersive, abandonnant les effets appuyés et agaçants entendus dans la première partie du film. La relation entre Algren et Katsumoto, interprétée avec sensibilité et nuance par Ken Watanabe, est fascinante et constitue le cœur du récit. En effet, le caractère humain de leur rencontre relègue au second rang les intrigues politiques et guerrières, qui malheureusement reprennent le dessus en fin de parcours. Zwick ne parvient pas à résister très longtemps à la tentation du surenchérir. Ainsi donc, après nous avoir offert un deuxième acte fascinant et inspirant, le réalisateur sombre à nouveau dans la lourdeur dans le dernier tiers du récit, pour culminer dans la plus improbable des conclusions en faisant du Dernier Samouraï un soldat américain…


Image
Le film est présenté au format respecté de 2.35:1 et d’après un transfert 16:9. La qualité générale du transfert est excellente et rend parfaitement justice à la somptueuse facture visuelle du film.

L’interpositif employé pour le transfert était de toute évidence dans un état optimal puisqu’il ne souffre d’absolument aucune anomalie. La définition générale est pratiquement irréprochable et présente une image parfaitement nette. Les détails ainsi que les textures sont toujours rendus avec grande précision. Le rendu des couleurs apparaît lui aussi sans faille. Les superbes couleurs résultant de la magnifique photographie de John Toll sont parfaitement étalonnées. La palette de couleur est vive, riche et bien saturée. Les tons de peau ont une apparence naturelle, et on ne remarque aucun débalancement dans la chrominance. Il n’y a aucun débordement à déplorer. L’image est toujours bien contrastée et le niveau de noir y est bien ajusté du début à la fin. Les noirs eux-mêmes sont purs, profonds et très nets. Nulle trace de fourmillement n’y fait sont apparition. Les parties denses sont bien définies et présentes des dégradés subtils et très précis.

La partie numérique du transfert est également de très bon niveau. On ne remarque aucun défaut de compression et la numérisation est parfaite. Le seul petit défaut remarqué dans ce transfert est une légère sur-accentuation des contours.


Son
Cette édition propose deux bandes-son de format Dolby Digital 5.1 : l’une anglaise et l’autre française. Des sous-titres dans les deux mêmes langues ainsi qu’en espagnol sont également offerts.

Dans l’ensemble, la qualité de ces mixages est très bonne mais pas nécessairement excellente. Commençons d’ailleurs par noter l’une des (rares) faiblesses de cette bande-son, à savoir la dynamique. Celle-ci n’est manifestement pas aussi étendue qu’on l’aurait espérer. Les basses fréquences sont un peu en retraits. Les mixages ne manquent cependant pas de présence ni de profondeur pour autant. Le champ-sonore se déploie agressivement à travers tous les canaux disponibles pour créer un environnement immersif qui ne manque pas de vigueur. Le positionnement des éléments sonores y est précis, fluide et sans bavure. Les canaux d’ambiophonies sont constamment sollicités pour créer une ambiance subtile et crédible mais également pour nous bombarder d’effets localisés tapageurs durant les scènes d’action. Et c’est justement dans ces scènes guerrières que le mixage est le plus stimulant et le plus réussi.

L’ensemble des éléments sonores apparaît bien intégré. Les dialogues sont toujours nets, naturels et parfaitement intelligibles. La trame-sonore de Hanz Zimmer n’est pas toujours très subtile (et finie même par agacer parfois) mais son intégration ne manque certes pas de profondeur. Les basses sont bien rendues mais nous aurions souhaité d’avantage de profondeur et d'intensité. Telles quelles, elles manquent de mordant. Il en va de même pour le canal .1 (LFE) qui se manifeste aux moments opportuns mais pas nécessairement avec toute l’agressivité voulue pour un tel film.


Suppléments/menus
Les suppléments sont ici très nombreux et sont répartis sur deux disques. Il est par ailleurs important de mentionner que tous les suppléments (excepté la piste de commentaires) sont sous-titrés en français.

Le premier disque ne comprend qu’un seul et unique supplément, à savoir une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Edward Zwick. Les propos du réalisateur sont toujours pertinents et très intéressants. Zwick est manifestement un homme articulé et passionné par le sujet de son film. Il partage avec nous son intérêt pour l’histoire, son expérience sur le plateau et quelques trucs de mise en scène. Il est un orateur posé et bien préparé puisqu’il n’y a aucun temps mort à déplorer. Une très bonne piste.

L’essentiel des suppléments du deuxième disque sont présentés sous la forme de courts documentaires. Tom Cruise : A Warrior’s Journey (13 min) aurait pu être un segment intéressant si ce n’avait été du temps perdu à résumer l’intrigue du film et à décrire la psychologie du personnage principal. L’intérêt augmente substantiellement en cours de route lorsque l’acteur partage sa fascination pour la culture nippone en plus de décrire l’entraînement par lequel il a du passer pour répondre aux besoins de la production. Ses propos sont également soutenus par d’autres intervenants tels que le réalisateur et ses collègues comédiens.

Edward Zwick : Director’s Video Journal (26 min) est un montage de séquences filmées en coulisses du tournage. On y voit le réalisateur en plein travail tandis qu’il communique avec la plupart des artisans du film ou qu’il dirige les acteurs sur les plateaux. Le montage en entier est commenté par Ed Zwick qui nous explique en détails ce que l’ont voit à l’écran. Il s’agit d’une visite guidée absolument fascinante d’un plateau de cinéma.

Making an Epic: A Conversation with Edward Zwick and Tom Cruise (18 min) est une conversation entre les deux hommes qui fut filmée quelques temps après la fin du tournage. Cruise et Zwick se remémorent leur première rencontre ainsi que quelques souvenirs reliés à la production du film. Cette conversation est entrecoupée de quelques scènes filmées en coulisses.

History vs. Hollywood: The Last Samurai (22 min) est un documentaire produit par le History Chanel. Voilà peut-être le supplément le plus intéressant et le plus fascinant d’entre tous. On y explique avec une belle rigueur le contexte socio-politique dans lequel vivaient les japonais du XIXe siècle. Ce segment contribue à remettre les événements du film en perspective tout en nous permettant de mieux cerner les enjeux du film. À ne pas manquer.

Les quatre prochains segments s’attardent à des aspects techniques de la production du film. Chaque segment est composé d’entrevues avec les artisans et d’images filmées en coulisses. Le contenu de chacun est détaillé, concis et pertinent. A World of Detail: Production Design with Lilly Kilvert (7 min) s’attarde évidemment à la direction artistique, tandis que Silk and Armor: Costume Design with Ngila Dickson (6 min) explique le processus de création des costumes. Imperial Army Basic Training (6 min) nous montre brièvement l’entraînement qu’ont dû subir les comédiens pour le tournage des scènes de combat, et finalement From Soldier to Samurai: The Weapons (5 min) nous dévoile les secrets derrière l’artillerie des guerriers.

Bushido: The Way of the Warrior est un supplément textuel dans lequel les sept principes du Bushido (sorte de doctrine abordée dans le film) sont expliqués. S’ensuivent deux scènes coupées plus ou moins intéressantes. La première scène est suivie d’un court segment expliquant les effets spéciaux employés pour le tournage de cette scène. Une piste de commentaires animée par le réalisateur est également offerte en option pour ces deux scènes. Le réalisateur y explique évidemment la raison derrière le retrait de ces scènes.

En plus d’une bande-annonce, cette édition offre également un segment nommé Japan Premieres (7 min). Ce segment est un montage d’images filmées lors de la grande première du film au Japon. Il est franchement fascinant de voir la réaction des acteurs japonais face aux public nippon en délire…







Conclusion
The Last Samourai est un film imparfait qui n’arrive pas à la hauteur des possibilités offertes par le sujet, mais cela n’en fait pas moins un film spectaculaire et magnifique visuellement. Le film a visiblement bénéficié de moyens techniques imposants, et le résultat est magnifiquement reproduit avec cette édition DVD. La qualité d’image est franchement excellente et rend parfaitement justice à la splendide photographie. Le mixage sonore est lui aussi de très bonne qualité, et ce malgré quelques faiblesses tout à fait pardonnables. Les suppléments sont quant à eux très nombreux et devraient ravir les amateurs de ce film. Leur contenu est généralement pertinent et intéressant, malgré une complaisance parfois agaçante.


Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-05-11

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Last Samurai, The

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
154 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, neuf documentaires, scènes coupées, notes textuelles et bande-annonce.

Date de parution:
2004-05-04

Si vous avez aimé...