Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Quatermass and the pit / Quatermass 2

Critique
Synopsis/présentation
Val Guest et Roy Ward Baker sont deux réalisateurs anglais de très grande classe, ayant à plusieurs reprises oeuvré pour la compagnie Hammer Films.

Quatermass 2 (1957) reprend le personnage du Professeur Quatermass (créé pour le premier film de la série, The Quatermass Experiment, du même Val Guest, 1955) et le confronte à un nouveau péril qu'il saura mettre en échec une fois de plus. Nous suivons donc le professeur Quatermass (Brian Donlevy) alors que son projet de base lunaire vient de lui être refusé et que celui-ci capte des entrées régulières de petits météorites sur son radar et qu'aucune des autorités compétentes ne semble s'en inquiéter. Il mênera lui-même l'enquête et sa surprise sera immense lorsqu'il découvrira une réplique en taille réelle de la maquette de son projet de station lunaire. Il tentera d'en savoir plus mais sera éconduit par de curieux soldats jusqu'à ce que, grâce à sa persévérence, la surprenante et inquiétante vérité au sujet de ce projet éclate.

Val Guest réussit avec très peu de moyens et son sens de la mise en scène, à rendre crédible les théories extravagantes de son héros et à maintenir ainsi le spectateur en haleine sur toute la durée de son métrage. Malgré le côté maintenant éculé de son intrigue, il parvient à susciter le mystère surtout lorsqu'au lieu de tout expliquer au moment de la grande révélation, il sait rester vague et ses images expliquent très peu de choses tangibles, perpétuant le climat d'angoisse paranoïaque qu'il avait su installer jusque-là.
Ce film n'est d'ailleurs pas sans rappeler la géniale série de Rod Serling, The Twilight Zone, avec toutefois une différence assez importante dans le fait que le film de Val Guest est porté par une vision tout à fait britannique, alors que la célèbre série de télévision s'affirmait comme le fer de lance de la sensibilité américaine (dans le meilleur sens du terme).
Il est ainsi agréable de voir à quel point malgré son budget limité, le film ne craint pas d'aborder une menace à échelle planétaire sans jamais tomber dans un style de pacotille grandiloquent comme cela est très souvent le cas dans les films de science-fiction à petit budget.
La superbe photographie au style très tranché et à la précision chirurgicale sait donner un aspect réaliste et donc crédible à cette histoire, dont une fois qu'on a assimilé les extravagances, ne peut qu'intriguer (même si des années de science-fiction ont depuis usé le concept jusqu'à la corde). Porté par un casting impeccable, une musique inquiétante à souhait et un sens du montage dynamique surprenant pour l'époque, voila un "petit" film d'une qualité distrayante rare qui vous ravira à coup sur d'autant plus si vous êtes amateur de productions Hammer ou du genre science-fiction de façon plus générale.

Quatermass and the Pit (1967) retrouve le personnage du célèbre professeur 10 ans plus tard et en couleurs, pour d'autres aventures absolument déterminantes quant à la survie et les origines de l'être humain. Lors de fouilles effectuées par des anthropologues dans le métro londonien, un étrange objet évoquant d'abord une bombe est découverte par le Professeur Matthew Roney (James Donald). Les militaires plaident en faveur d'une bombe expérimentale des Allemands alors que le Professeur Quatermass (Andrew Keir), détaché sur place afin d'assister les militaires, se range à l'avis de son collègue et considère cet objet comme beaucoup plus ancien et beaucoup plus important. Lorsque les expériences commenceront sur l'objet dégagé, il deviendra rapidement évident que les deux hommes avaient raison. A partir de ce moment là, l'objet commencera à avoir des réactions étranges qui vont mettre à jour des informations susceptibles de bouleverser les connaissances et croyances concernant les origines de l'humanité et son futur.

Roy Ward Baker a choisi de façon très intelligente de situer le lieu quasi unique du film dans le métro londonien, ce qui lui permet de parfaitement maîtriser le rythme de son récit et la claustrophobie qu'il souhaite déclencher chez les spectateurs. Le travail des décorateurs dirigés par Ken Ryan est une fois de plus largement à la hauteur de la réputation de la Hammer en ce domaine, proposant des lieux parfaitement crédibles et un "objet" intriguant et suffisamment kitsch et différent pour incarner ce qu'il est censé être.
De même, la photographie d'Arthur Grant est résolument splendide, offrant des tonalités peu habituelles (marron, olive) qui sont en parfaite adéquation avec le sujet et l'ambiance de l'oeuvre tout en ayant un sens propre et s'avérant un réel régal visuel.
Baker transcende le sujet, les décors et la photographie par une mise en scène très précise, maîtrisant parfaitement l'espace restreint des fouilles dans le métro. Il parvient également à rendre dynamiques et haletantes nombres de scènes quasi statiques et à faire oublier le fait que le film se déroule dans un lieu pratiquement unique.
Les acteurs sont tous à nouveau impeccables, chacun incarnant avec conviction leur personnage et Andrew Keir ne déméritant pas Brain Donlevy, le précedent interprête du tenace Professeur Quatermass. Les deux acteurs ont su donner du corps à ce personnage plus complexe qu'il n'y paraît et dont l'avancée de la science semble être le seul moteur. Aisni, le professeur est clairement bourru et souvent désagréable bien qu'il soit le héros. Il ne s'agit pas là d'un trait de caractère déstiné à rendre le personnage plus complet mais bel et bien d'une véritable épaisseur psychologique par ailleurs bien développée dans cet épisode.
Le scénario est tout aussi délirant et distrayant que celui du précédent épisode, mais Baker traite les implications de son histoire de façon centrale dans le film et donne, à ce qui passe d'ailleurs pour des élucubrations, un caractère "plausible", ambitieux et pas aussi extravagant que ce qu'il pourrait paraître à prime abord.

Voici donc un vrai film de science-fiction ne prenant pas ses spectateurs pour des idiots, en les impliquant dans une histoire surprenante à la portée métaphorique évidente, et qui leur permettra de se distraire autant que de réflechir sur des questions primordiales.


Image
L'image de Quatermass 2 est présentée au format respecté de 1.37:1 d'après un transfert 4:3.
La définition générale est d'excellente qualité, une fois passé les deux premières minutes du film qui sont curieusement dans un état assez délabré. L'interpositif est extrêmement propre, seuls quelques passages plus granuleux et quelques très rares points et traits nous rappellent que nous sommes en train de regarder une oeuvre datant de 1957. Le contraste est remarquablement géré, évitant absolument toutes les brillances. Le rendu des scènes sombres est lui aussi remarquable grâce à des noirs étonnamment purs et profonds. L'échelle de gris est magnifiquement rendue et permet d'apprécier au mieux la belle photographie du film. La partie numérique n'est pas en reste, limitant au strict minimum (de très légers fourmillements sporadiques) les défauts qu'elle aurait pu générer.


L'image de Quatermass and the Pit est présentée au format respecté de 1.66:1 d'après un transfert 4:3.
La définition générale est d'un niveau absolument incroyable, rivalisant presque avec celui de productions récentes. L'interpositif est absolument vierge de tous défauts visibles et cela est résolumment exceptionnel pour un film datant de 1967. La finesse des détails est proprement incroyable et met en avant la parfection des décorateurs de la Hammer, comptant sans hésitation parmi les meilleurs que le métier ait compté.
Le rendu des couleurs est du même acabit. Elles sont toujours justes, constantes, sans aucuns débordements et parfaitement saturées.
Le contraste est lui aussi impeccablement géré et évite toutes les brillances.
Les parties sombres du film sont remarquablement rendues grâce à des noirs incroyablement purs et profonds pour une oeuvre de cette période et de ce budget. La qualité des dégradés est au diapason du reste du transfert et rend vraiment justice à la photographie aux tons si particuliers d'Arthur Grant. La partie numérique du transfert est largement à la hauteur, ne générant aucun défaut artificiel décelable dans des conditions normales de visionnage.

Voici donc deux transferts absolument maginifiques à mettre à l'actif d'Anchor Bay. Si ce n'était la présence des deux premières minutes très abimées de Quatermass 2 et l'absence de 16:9 pour Quatermass and the Pit, on pourrait aisément qualifier cette édition de parfaite tant le rendu transcende les oeuvres et permet de les découvrir dans des conditions idéales.


Son
La seule bande-son disponible pour Quatermass 2 est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).
Sa dynamique est limitée par son âge et son format mais s'avère plus que correcte au final. Sa présence et sa spatialité subissent exactement les mêmes remarques. La musique est vraiment bien restituée, sans les habituelles limitations audibles dans le haut du spectre. Elle est de plus parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence totalement intelligibles et ne présentent que des traces limitées et raisonnables de distortions et parasites.
Les basses fréquences sont elles aussi étonnamment présentes et efficaces pour une bande-son monophonique d'une oeuvre datant de 1957.
Malheureusement, comme à son habitude, Anchor Bay ne présente aucune option de sous-titres au grand désespoir de ses clients potentiels qui ne sont pas totalement anglophones.

Les deux bandes-son disponibles pour Quatermass and the Pit sont en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Anglais (Dolby Digital 2.0 surround). La dynamique de la piste multicanal se révèle surprenante de par le fait que ses limitations dans le haut et le bas du spectre sont faibles. Sa présence et sa spatialité sont très effectives également pour un remixage.
La musique est remarquablement rendue et parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont utilisées régulièrement et à chaque fois avec un sens aigu du placement et un volume adéquat. A ce titre, ce remixage s'avère réellement exceptionnel, ne donnant jamais l'impression d'en faire trop et ne distrayant jamais le spectateur par des effets trop appuyés.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucunes traces sérieuses de parasites ou distortions ne sont à déplorer et ce même à fort volume.
Les basses fréquences surprennent par leur profondeur et leur impact pour une bande son remasterisée d'après un matériel de 1967, et cela est tout au bénéfice du consommateur.
La bande-son en Dolby Prologic peine à tenir la comparaison avec son homologue multicanal et ce malgré sa qualité déjà élevée.
A nouveau, nous nous devons de réellement déplorer l'absence de sous-titres quels qu'ils soient, qui auraient permis à cette édition de devenir sans aucun porblème celle de référence concernant cette oeuvre et ce pour le monde entier. A nouveau le système de zones restrictives conduit les éditeurs à de telles omissions.

Nous sommes en présence de bandes-son quasiment d'aussi bonne qualité que leurs transferts respectifs et cela est suffisament rare pour le souligner.


Suppléments/menus
Sur le disque de Quatermass 2 sont disponibles un commentaire audio et un épisode de la série World of Hammer consacrée à la science-fiction.
Le commentaire audio réunit le réalisateur Val Guest et l'auteur du scénario Nigel Kneale mais lors de sessions séparées. Les deux hommes nous fournissent donc à tour de rôle de nombreuses informations sur tous les stades d'élaboration de l'oeuvre et qui plus est d'une pertinence rare. Voila donc un supplément auquel on ne s'attendait pas sur une telle édition et qui permet de savoir quasiment tout ce qu'il y a à savoir sur ce film. L'épisode de la série World of Hammer aura du mal à combler les spécialistes des oeuvres de ce studio du fait d'une vision trop généraliste et peu explicitée des oeuvres de science-fiction produite par la Hammer. De plus, la présentation et la qualité d'image sont limites et heureusement que le narrateur a la superbe et agréable voix du regretté Oliver Reed. Pour finir est disponible une bande-annonce qui présente le film sous un jour "trop" américanisé.


Sur le disque de Quatermass and the Pit sont disonibles un commentaire audio, le même épisode de la série World of Hammer que sur l'autre disque et une série de bandes-annonces.
Le commentaire audio est à nouveau réussi car instructif et bien structuré, et reste un indispensable pour tous les amateurs du film et de la Hammer. Curieusement sont également offertes un nombre incroyable de bandes-annonces (pas moins de 7 segments dont un tv trailer) d'un intérêt très limité car ils présentent le film sous un jour totalement différent et pour tout dire abbérant (sauf la bande-annonce originale).

Un ensemble donc très fourni pour une petite édition pour laquelle on se serait contenté de beaucoup moins. De plus, la qualité des commentaires audio est à la hauteur et fournissent nombre d'anecdotes et informations passionnantes et trop rares pour de telles oeuvres.



Conclusion
Une double édition de très bonne qualité et ce aussi bien au niveau audio que vidéo. L'exceptionnelle qualité de reproduction vidéo de ces deux films est de plus rehaussée de suppléments intéressants. Au vu du prix de vente, de la qualité technique et de la qualité des films, nous ne pouvons que vous recommander l'achat de cette édition.
Quatermass 2 est un véritable régal, démontrant si besoin était les grandes qualités des oeuvres de la Hammer, l'intelligence et la maîtrise de la mise en scène de Val Guest. Un petit film de SF qui vous comblera à coup sur par son ambiance étrange et son rythme soutenu.
Quantermass and the Pit est lui un film d'une autre trempe, dont les ambitions sont bien supérieures au précédent film de la série. La mise en scène, le scénario, la photographie, le jeu des acteurs, les effets spéciaux en font l'un des tous meilleurs films de la Hammer et de Roy Ward Baker, qui fut avec Terence Fisher et John Gilling parmi les meilleurs réalisateurs du célèbre et indispensable studio anglais.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-03-29

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Quatermass and the Pit / Quatermass 2

Année de sortie:
1967

Pays:

Genre:

Durée:
98 / 85 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Anchor Bay

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2

Format d'image:
1.66:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:

Suppéments:
Commentaires audio, bandes-annonces, épisode de World of Hammer / Commentaire audio, bande-annonce, épisode de la série world of Hammer

Date de parution:
2003-11-25

Si vous avez aimé...