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DVDEF

Hills Have Eyes, The

Critique
Synopsis/présentation
Wes Craven démontre enfin des qualités de réalisateur assez évidentes après le désastreux La Dernière Maison sur la Gauche, dont on ne peut retenir qu'une structure originale et une capacité incroyable à générer des ambiances malsaines. The Hills have Eyes conte l'histoire, basique mais au pouvoir métaphorique très fort, d'une famille d'Américains moyens qui se perd au beau milieu de nulle part et va se retrouver dans la délicate position de nourriture pour une famille de cannibales dégénérés décimant cette région désertique. Sur ce canevas aussi simple que celui de The Texas Chainsaw Massacre (la référence du genre "survival"), Craven va mettre en place une thématique assez différente mais fort efficace. Son scénario contient beaucoup moins d'implications politiques que celui de Hooper, mais critique tout de même de façon sévère l'American way of Life. En effet, la famille des "gentils" est désorganisée et sujette aux tensions les plus diverses. Le personnage du père notamment fait preuve à plusieurs reprises d"une bétise caractérisée (et ce malgré les conseils répétés et insistants du vieil homme), qui souligne bien la sensation de supériorité qu'avaient la plupart des Américains à cette époque. De même, la famille de cannibales dégénérés est là pour signifier la peur profonde d'une nation effrayée par certains de ses propres habitants, qui se sont développés en autarcie totale et dont personne ne sait ce dont ils sont capables. Il est d'ailleurs amusant de noter que comme dans le film de Hooper, les dégénérés sont à nouveau des habitants du Sud profond des Etats-Unis. Le cannibalisme et beaucoup d'autres tabous sont abordés de front par Craven, ce qui concourt à donner à son film un véritable goût de souffre qu'il aura l'intelligence d'exploiter à des fins commerciales. Il faut bien avouer que si le film s'avère moins choquant de nos jours, il est tout de même un pot-pourri de transgressions diverses et il paraît bien impossible de pouvoir reproduire une oeuvre aussi radicale et sans concessions que celle-ci dans le système de production actuel. La ligne narrative est très tendue et malgré le peu d'évènements que le film a à raconter, il faut bien avouer que l'attention du spectateur est en permanence maintenue par des détails et la pression générale qu'exercent sur eux ce long métrage où tous les actes semblent imaginables. Nous sommes bien loins du cinéma d'horreur américain actuel, qui se complait soit dans un second degré destructeur soit dans un travail de remake permanent qui ne fait que confirmer le talent formidable des cinéastes des années 70. Les facies absolument répugnants des membres de la famille cannibale sont pour beaucoup dans le premier choc causé par leur découverte, mais il semble que Craven aurait pu exploiter encore plus leurs spécificités physiques. De même, malgré leurs dehors beaucoup plus engageants visuellement, les assaillis se révèlent être souvent aussi pervers que leurs adversaires, n'hesitant pas à employer un cadavre tout frais pour servir d'appât pour un de leur piège. Certes ils ne font que se défendre mais qui aurait pu dire au début du film qui'ils seraient capables de telles réactions amorales si rapidement. Ainsi la ligne entre les dégénérés et les "normaux" n'est plus aussi tranchée qu'elle paraissait l'être, d'autant plus que le récit des origines de la famille de cannibales explique en partie leurs comportements. La dureté des images est aussi due en grande partie au traitement naturaliste de la photographie et à l'absence de mise en scène distanciatrice, procédé qui faisait déja merveille dans The Texas Chainsaw Massacre. Wes Craven nous plonge au beau milieu de l'horreur, à la place des victimes, et ne nous laisse jamais la possibilité de respirer par le biais de digressions, bien au contraire. Le titre donne une excellente idée de la tension qui rêène dans le film où à tout moment un danger peut surgir dans le cadre. Si de nombreuses copies de ce type d'oeuvre peuvent permettre au spectateur actuel de savoir à quoi s'attendre, la mise en scène et les situations dépeintes pas Craven sont si intelligement gérées qu'il paraît bien impossible de pouvoir se détacher totalement de la sensation de malaise que le film crée immanquablement chez ses spectateurs. The Hills have Eyes est donc à réserver à un public averti ne craignant pas d'être malmené physiquement et psychologiquement par le film qu'il va voir. Ce spectateur doit avoir conscience du fait qu'il ne s'agit point d'horreur gothique ou distanciée mais bel et bien d'une version exagérée d'actes pouvant avoir lieu, et qui plus est qui possède une force en tant que métaphore de la situation du pays dans les années 70.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16/9. La définition générale est moyenne, ce qui est logique au vu des conditions de tournage, mais malgré ses fluctuations elle ne descend jamais en dessous d'un certain niveau. L'interpositif a été remarquablement nettoyé et si il reste tout de même beaucoup d'imperfections visibles (points, traits verticaux et poussières), il s'agit là d'une véritable aubaine de pouvoir redécouvrir ce film dans de telles conditions. Seul le grain important vient nous rappeler qu'il s'agit d'une oeuvre au faible budget tournée en 16 mm. Le rendu des couleurs est correct et elles sont relativement justes, constantes et correctement saturées. Le contraste est géré de façon acceptable et évite toutes les brillances. Les parties sombres sont plutôt bien rendues en partie grâce à des noirs plus profonds que ce à quoi on aurait pu s'attendre. La qualité des dégradés n'est pas le point fort de ce transfert qui peut tout de même s'enorgueillir de proposer une version tout à fait acceptable de cette oeuvre si difficile à bien retranscrire en vidéo. La partie numérique du transfert est de bon niveau, ne générant que très peu de défauts artificiels par la présence de fourmillements sur certaines scènes et d'un peu de surdéfinition sporadique. Voila un transfert que l'on ne pourra certainement pas qualifier de superbe de façon objective, mais il s'agit là d'une restauration d'un niveau de qualité très impressionnant, qui partait d'un matériau originel absolument irregardable. Une fois de plus Anchor Bay est à féliciter pour avoir sauvé un film culte de l'oubli et de lui avoir rendu une seconde jeunesse.


Son
Les quatres bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (DTS ES 6.1), Anglais (Dolby Digital 5.1 EX), Anglais (Dolby Digital 2.0 surround) et Anglais (Dolby Digital 1.0 mono). Les deux pistes multicanal offrent un rendu quasi identique et il est évident qu'au vu de la qualité du matériau de départ, il n'était peut-être pas nécessaire de mettre sur pied une telle débauche de moyens. Leur dynamique est limitée de façon évidente par le matériau de départ et paraît donc faible pour de tels procédés sonores. Leur présence et leur spatialité sont en revanche beaucoup plus agréables et surprenantes (surtout si on les compare avec la bande-son mono d'origine présente sur le disque). L'angoissante musique est parfaitement restituée et bien intégrée au reste de la bande-son. Les enceintes arrières sont très peu utilisées, servant surtout la musique et quelques effets ponctuels alors bien rendus. Les dialogues sont toujours intelligibles même si certaines répliques paraissent un peu étouffées. Les parasites et distortions dans le haut du spectre sont présentes mais limitées au maximum. Les basses fréquences restent relativement anecdotiques mais sont d'un niveau supérieur à nos attentes, apportant un vrai surplus d'assise à une bande-son dont l'impact s'en trouve du coup sérieusement renforcé. La bande-son en Dolby Surround paraît bien inutile à coté des deux pistes multicanal, alors que la piste monophonique a valeur de témoignage quant à la qualité de la bande-son avant que les ingénieurs du son ne se penchent dessus à des fins de restoration. Aucune option de sous-titres n'est malheureusement proposée et cela restera toujours un des défauts majeurs d'Anchor Bay qui se refuse systématiquement à inclure des sous-titres, pourtant la plupart du temps existants et peu gourmands en terme de place. Des bandes-son de qualité (à l'instar de l'image) qui font du mieux qu'elles peuvent avec un matériel de départ en bien piteux état et réussissent à renforcer l'impact de l'oeuvre sans trahir ses intentions originelles.


Suppléments/menus
Une section très complète qui, à l'instar de l'édition de Day of the Dead chez Anchor Bay, propose également quasiment tout ce qu'il y a à savoir sur ce petit film indépendant. Sur le premier disque est disponible un commentaire audio qui réunit Wes Craven et son producteur Peter Locke. Les deux hommes réussissent l'exploit de proposer en permanence une conversation agréable à suivre et débordante d'élements passionnants et d'informations pertinentes. Voila un commentaire dont l'écoute ne vous apportera que du positif envers l'oeuvre, permettant de mieux la comprendre et d'en connaitre les difficultés de mise au point. Sur le second sont disponibles deux documentaires et une ribambelle de segments devenus habituels à défaut d'être toujours intéressants. Le premier documentaire d'une durée de 54 minutes est intitulé "Looking Back at The Hills Have Eyes". Il revient en détails sur le processus créatif qui mena au film, en prenant soin de bien détailler toutes les étapes. Il reprend nombre d'éléments du commentaire audio sans pour autant que cela soit gênant et son défaut majeur est d'accorder une place et une influence peut-être trop importante au film dans l'histoire du cinéma. Le second est issue de la célèbre série The Directors et propose durant 58 minutes un parcours rétrospectif sur la carrière surprenante mais souvent décevante de Wes Craven. Comme pour le premeir documentaire, le défaut est d'accorder trop facilement une importance énorme à l'oeuvre de Craven dans le panorama cinématographique mondial. Ce sont d'ailleurs les remarques de Wes Craven sur sa propre carrière qui viennent souvent conclure les chapitres. Ainsi, malgré un manque évident de recul, ce documentaire permet d'envisager la totalité de la carrière de Craven, qui semble à l'heure actuelle bien mal en point surtout lorsque l'on vient de revoir The Hills have Eyes. Sont également disponibles une fin alternative sans intérêt (se contentant d'inverser l'ordre des scènes), des bandes-annonces et des spots TV de qualité plus que moyenne, des galeries de photos, une galerie de matériel promotionnel, des dessins préparatoires au storyboard, et une biographie de Wes Craven. Sont offerts en sus une section DVDROM contenant des économiseurs d'écran plutôt ratés esthétiquement parlant ainsi que le script original de l'oeuvre, un documentaire sur la restauration de l'oeuvre (qui permet de prendre la mesure du travail effectué) et surtout un excellent livret de 12 pages contenant un texte intéressant de John Putnam et des posters du film. Voila donc une section très complète qui couvre quasiment tous les apsects de l'oeuvre et pêche seulement par un excè des considération de la valeur intrinsèque de l'oeuvre. Bravo donc à Anchor Bay d'avoir réussi à réunir autant de matériel intéressant sur un si petit film.







Conclusion
Voici une édition dont le rendu audio et vidéo s'avère juste digne des standards du DVD mais qui paradoxalement est une excellente édition tant la remasteraisation effectuée par Anchor Bay est de qualité. Les suppléments étant nombreux et intéressants, nous vous recommandons chaudement l'achat de cette édition seulement handicapée par l'absence complète de sous-titres. Une oeuvre viscérale qui démontre la capacité de Wes Craven à déranger et gêner son spectateur de façon parfois même traumatisante. The Hills have Eyes s'avère beaucoup plus abouti sur le plan formel que The Last House on the Left et sa limpidité de contruction n'en fait pas pour autant une oeuvre simpliste. Il est le reflet d'une époque où le cinéma américain était encore sauvage et se posait d'innombrables question sur son évolution et sur ses origines à travers des films d'horreur (The Texas Chainsaw Massacre), ce qui est bien symptomatique du constat tiré. Un film à ne pas mettre devant tous les yeux mais qui comblera les amateurs de "survival" qui en apprécieront la sauvagerie, l'efficacité et le sens.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-04-06

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Hills Have Eyes, The

Année de sortie:
1977

Pays:

Genre:

Durée:
89 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Anchor Bay

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX*
Anglaise DTS ES 6.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, fin alternative, bandes-annonces et filmographies.

Date de parution:
2003-09-23

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