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DVDEF

Fast Company

Critique
Synopsis/présentation
Fast Company est pour David Cronenberg une pure oeuvre de commande qui concerne néanmoins un sujet qui le passionne, l'univers des courses automobiles et plus précisément des courses de dragsters.

On y suit Lonnie Johnson (William Smith), un pilote de dragster à la grande renommée, alors qu'il teste une nouvelle voiture surpuissante et la casse à la grande déconvenue de son sponsor. Ce dernier, fou de rage et comptant enterrer le champoin va tout tenter, des manipulations financières vis à vis de l'équipe de Lonnie jusqu'au sabotage des voitures afin de le mettre hors circuit.

A cette intrigue classique et banale, digne d'un téléfilm quelconque, Cronenberg en bon professionnel qu'il est, greffe une mise en scène totalement conventionnelle et rien ne permet de repérer dans ce film les qualités qui feront de lui l'un des meilleurs cinéastes de sa génération. Seule une passion évidente pour l'univers automobile et la course transparait à travers de nombreuses scènes de courses et de véhicules en action où il est clair que Cronenberg connait son sujet et lui accorde vraiment de l'intérêt.
A part cela, il s'agit d'une oeuvre purement anecdotique qui ne présente aucun intérêt particulier que ce soit au niveau scénaristique, mise en scène ou jeu d'acteurs.

Cronenberg ne renie pas son film mais avoue de lui-même qu'il s'agit d'un exercice imposé, qu'il a d'ailleurs pris plaisir à tourner et on l'imagine volontiers le sourire aux lèvres tester lui-même les voitures avant une scène, et lorsque l'on sait que les cabines de téléportation de The Fly sont directement inspirées d'un bloc moteur Maserati et que l'on a vu Crash, on comprend que la passion pour l'automobile de Cronenberg est vraiment ancrée en lui.

Voici donc un film absolument dispensable mais pas forcément vraiment mauvais pour autant, juste d'un intérêt cinématographique et thématique très limités.

Par contre sont également offerts deux moyens métrages de début de carrière de David Cronenberg : Stéréo et Crimes of the Future.
Ces deux oeuvres sont pour le moins très déconcertantes au niveau de leur forme.

En effet, dans Stereo il n'y a pas de bande-son hormis une voix off brassant des concepts parfois assez fumeux de façon très condescendante par rapport au spectateur, qui en font une oeuvre très difficile à suivre malgré l'intérêt évident de son scénario.
C'est d'ailleurs cet aspect le plus intéressant de ces deux films d'une heure environ, et si Crimes of the Future est plus abordable formellement (quelques dialogues et un peu de musique mais toujours la même voix off pénible et récurrente), il n'en reste pas moins un film quasi expérimental et donc difficile à regarder jusqu'au bout, admettons-le.

Nous sommes à compter parmi les admirateurs inconditionnels du génial Canadien mais nous devons avouer notre déception face à ces films qui ne sont clairement que des galops d'essais stylistiques pour leur auteur, qui fort heureusement se tournera par la suite vers un circuit commercial qui le fera renoncer à ses prétentions intello-underground vraiment pénibles développées sur ces films.

Par contre, au niveau du fond, l'univers d'une cohérence incroyable de David Cronenberg est déja présent dès ses premiers scénarios. Il s'agit donc de façon évidente d'un véritable auteur au sens propre du terme, d'un artiste qui a un véritable message à faire passer, un univers à illustrer par le biais du médium cinéma.

Voici donc deux films à voir comme des curiosités pour les amateurs du cinéaste et qui permettent une étude en profondeur de ses thématiques complexes et incroyablement cohérentes tout au long de sa carrière. Ainsi le thème du virus, de sa propagation, de la science irresponsable, des mutations et bien d'autres sont déja mis en avant dans ces deux films parfois trop prétentieux (ce qui ne sera plus jamais le cas dans sa carrière), en filigrane ou bien même directement, et à ce titre nous voyons ces films comme l'attraction principale de cette édition et Fast Company comme un simple bonus.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est d'un excellent niveau assez étonnant pour ce type de productions. L'interpositif est très propre, ne laissant échapper qu'un peu de grain lors de rares scènes.
Les couleurs sont très typiques des années soixante-dix mais leur rendu est clairement au-dessus de tout soupçon tant elles sont justes, constantes et bien saturées.
Le contraste est lui aussi impeccablement géré et ne génère aucune brillance.
Les scènes sombres du film sont bien rendues grâce à des noirs suffisamment purs et profonds. La qualité des dégradés permet d'offrir un rendu cinéma à ce film qui ressemble pourtant plus à un téléfilm de luxe.

La partie numérique est largement à la hauteur du reste du transfert, ne générant que de très légères traces de surdéfinition qui ne sont jamais gênantes.
Un transfert de toute beauté, ce qui s'avère réellement surprenant pour un film des années 70 avec un tel budget, et nous ne pouvons que remercier Alliance Atlantis pour son travail remarquable de remasterisation sur ce titre.


Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 2.0 surround) et Anglais (Dolby 2.0 stéréo).

La dynamique de la bande-son muticanaux est d'un niveau tout à fait honnête pour un remixage d'une oeuvre de cette époque. Sa présence et sa spatialité sont par contre moins convaincantes, plus proches dans sa majeure partie d'une bande-son stéréo.
Les enceintes arrières sont finalement assez peu utilisées et malheureusement leur rendu des bruits des moteurs n'est pas toujours des plus convaincants de par une certaine artificialité. Cependant le rendu global est plus qu'honnête et il s'agit clairement d'un remixage de qualité.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et sans traces de parasites ou distortions et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sont bien gérées et apportent clairement leur appui au rendu sonore des courses, mais elles paraissent ne pas forcément descendre très bas dans le spectre et manquer un peu de dynamique.

Les deux autres bandes-son paraissent un peu faible en comparaison même si au final elles se défendent plutôt bien, mais un réel travail de remixage apporte clairement un plus indéniable.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais seulement.
Un remixage de qualité qui permet au film de retrouver une seconde jeunesse même si une certaine artificialité s'en dégage forcément.


Suppléments/menus
Une section très complète qui se répartit sur deux DVD.

Sur le premier disque est offert un commentaire audio de David Cronenberg qui s'avère aussi intéressant et chaleureux qu'à son habitude. Il est visiblement très amusé de revenir ainsi sur un film qui compte peu dans sa carrière, et fait preuve d'un humour réjouissant même si après l'écoute de ce commentaire le film ne prend pas vraiment plus d'intérêt.
Vient ensuite un documentaire de 7 minutes intitulé "Casting Call" et qui consiste en une interview croisée de William Smith et John Saxon, qui reviennent visiblement eux aussi avec plaisir sur le film dont le tournage fut apparamment une expérience plaisante pour tout le monde.
Vient ensuite un texte sur plusieurs pages qui propose une vision d'ensemble du phénomène des courses de dragsters dans les années 70 aux Etats-Unis et permet de mieux comprendre certains aspects du film.
Est également offert un glossaire complet qui explicite clairement chaque terme technique utilisé dans le film, segemnt vraiment destiné à ceux qui veulent tout apprendre de l'univers de la course de dragsters.
Enfin est disponible la première partie d'un long entretien avec le chef opérateur Mark Irwin intitulé "Behind the Camera part 1" (14 minutes) durant lequel il revient sur le tournage du film principalement du point de vue des problèmes de photographie.

Sur le second DVD sont disponibles deux surprises de taille avec la présence des deux moyens métrages de David Cronenberg, Stereo et Crimes of the Future.
La qualité audio et vidéo de ces moyens métrages produits avec très peu de moyens est tout bonnement incroyable et permet de découvrir ces oeuvres dans des conditions absolument idéales. Les oeuvres elles-mêmes sont extrêmement déroutantes mais nous en avons déja parlé dans la partie synopsis. Ce qui est certain c'est que sur ces deux oeuvres, un commentaire audio de David Cronenberg aurait à coup sur apporté des éclairages passionnants ou du moins plus révélateurs que le commentaire sur Fast Company.
Est également disponible la deuxième partie de l'entrevue de Mark Irwin qui parle ici avec le même sourire des autres films qu'il a éclairés et photographiés pour David Cronenberg, en se focalisant principalement sur le tournage de Scanners. Cette interview est intéressante pour tous les amateurs du cinéaste et arrive comme une bonne surprise.
Pour finir est offerte une biographie très complète de la carrière du réalisateur canadien.

Les menus sont assez hideux mais totalement dans l'esprit du film sur le premier disque tandis qu'il sont plus sobres sur le second. A noter que les bonus ne sont pas sous-titrés.

Voici donc un ensemble assez incroyable pour un tel film dont l'intérêt réside surtout dans la présence des deux moyens métrages et de l'interview de Mark Irwin.



Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo très surprenantes et ce même sur les deux moyens métrages en supplément et dont la partie bonus est loin d'avoir été laissée de côté.
Pour les amateurs acharnés de l'oeuvre de David Cronenberg, voici un achat que nous vous recommandons, plus pour sa qualité et son aspect historique que pour les qualités réelles des oeuvres qu'il contient (en comparaison avec les autres oeuvres du cinéaste).

Fast Company est un film totalement anecdotique dans la filmographie de David Cronenberg et dont la principale utilité pour le cinéaste a été de montrer sa capacité à réaliser un projet de commande, expérience qu'il ne recommencera que lorsque le sujet l'intéressera (The Fly).
Les deux courts métrages sont plus intéressants vis à vis de son oeuvre future mais n'en demeurent pas moins des oeuvres quasi expérimentales, dont on peut se demander si elles avaient vraiment volonté à trouver un public tant leur refus de toute forme de narration classique et de compréhensibilité est évident. Deux curiosités à découvrir pour les amateurs du Canadien, dont nous faisons partie, mais il ne faut pas non plus vous attendre à des révélations, juste à des galops d'essais dont heureusement Cronenberg ne gardera que les concepts par la suite


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-08-01

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Fast Company

Année de sortie:
1978

Pays:

Genre:

Durée:
90 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Commentaire audio, documentaire, texte, interview, deux moyens métrages, biographie

Date de parution:
2004-05-18

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