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DVDEF

Planet of the Apes (35th Anniversary Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Franklin J. Schaffner est un cinéaste "classique", n'ayant jamais brillé par une originalité ou un talent hors normes mais se posant plutôt comme un artisan aux compétences sures qui réalisa nombre de films divertissants et intelligents, souvent des adaptations de best-sellers :The Double Man (1967), Planet of the Apes (1968), Patton (1970), Papillon (1973) ou The Boys from Brazil (1978).

Planet of the Apes est son film le plus célèbre grâce à ses qualités intrinsèques, à la formidable imagination du romancier français Pierre Boulle, et au fait qu'il marqua le début (mais aussi le sommet artistique) d'une série de films et de produits dérivés extrapolant sur le film original sans grand intérêt.
On y suit l'épopée d'un astronaute, George Taylor (Charlton heston), dont le vaisseau s'écrase sur une étrange planète lors de son retour sur Terre. Avec ses deux compagnons, ils vont tenter de croiser un habitant de cette planète à l'environnement peu accueillant. Lorsqu'ils arrivent enfin dans une région plus clémente, ils s'aperçoivent avec horreur que ce sont des primates qui contrôlent cette planète et qu'ils considèrent les Hommes comme des êtres inférieurs ne sachant ni parler ni écrire et ne pouvant même pas être domestiqués.
Les trois hommes sont capturés par les singes puis séparés. Taylor est rapidement repéré par deux scientifiques singes, Zira (Kim Hunter) et son compagnon Cornelius (Roddy Mc Dowall), pour ses tentatives de communication. Il ne peut parler ayant été bléssé à la gorge lors de sa capture. Le responsable scientifique et religieux des singes, le Dr Zaius (Maurice Evans), réfutera les thèses progressistes de ses jeunes collègues sur les Hommes car il tient plus que tout à la cohésion des légendes du peuple singe. Les deux jeunes scientifiques seront déchus de leur fonction et aideront Taylor à s'évader afin d'aller explorer la zone interdite de la planète, censée contenir des vestiges d'une civilisation passée pouvant détruire les bases mêmes de la culture du peuple singe.

Le formidable roman de science-fiction de Pierre Boulle a été remarquablement adapté pour le cinéma par Rod Serling et Michael Wilson. Rod Serling est le créateur de la série Twilight Zone et les évènements dépeints dans le film auraient tout à fait pu constituer la base d'un épisode de la fameuse série. Les deux hommes ont su utiliser intelligemment le postulat fantastique de départ et ne pas se contenter de s'en servir comme gimmick.
Ainsi les singes sont à travers leur organisation sociale un miroir peu agréable de ce dont les hommes eux-mêmes sont capables dans la réalité. Cela permet d'ouvrir une quantité phénoménale de questions sur notre civilisation, ses possibles dérives et sa "sectarité".
Les personnages sont à la juste limite entre cinéma de divertissement et cinéma plus intellectuel. Taylor est donc par moments un héros hollywoodien tout ce qu'il y a de plus classique, mais il est aussi présenté comme un individualiste forcené au début du film et l'évolution de son personnage par la suite évite la plupart des clichés, ne gardant que ceux nécessaires à la progression d'une intrigue cinématographique traditionnelle.
La société des singes est montrée sous ses bons et mauvais aspects et le fait d'avoir su leur donner cette dualité en fait une critique d'autant plus efficace de nos propres qualités et défauts.
Les moyens de conserver le pouvoir et l'éviction des esprits progressistes sont décrits de façon très juste, évitant la caricature et permettant une exposition claire et non vexante de la critique souhaitée par Boulle, les singes étant suffisamment proches de nous pour que le grand public puisse faire le rapprochement, et assez éloignés pour que le film ne vexe pas les personnes visées.

La mise en scène de Schaffner si elle n'est en rien révolutionnaire démontre aisément les qualités de conteur de l'homme et l'efficacité indéniable du système narratif classique hollywoodien. Il est l'exemple type du cinéaste artisan, en contrat avec un studio, qui illustre le plus fidèlement consciencieusement possible les scénarios qu'on lui confie et cela lui réussit car cette Planète des Singes, comme Patton ou Papillon, sont des oeuvres très agréables à regarder, qui délivrent un message clair et important sans pour autant que la réflexion prenne le pas sur le divertissement et vice-versa.

Jerry Goldsmith signe ici une bande originale vraiment différente qui met superbement en valeur le combat tribal et primitif qui oppose Taylor au système social des singes. L'aspect dissonnant de l'ensemble et ses envolées percussives originales renforcent considérablement l'impact de très nombreuses scènes et souligne parfaitement l'état de désorientation du héros ainsi que son retour à des valeurs plus sauvages.

Charlton Heston nous gratifie d'une interprétation parfois plus en finesse qu'à son habitude et cela prouve qu'avant d'être devenu une icône intouchable et propagatrice d'idéologie douteuse, il était avant tout un bon comédien au charisme indéniable. Roddy Mc Dowall, Kim Hunter et Maurice Evans composent des singes parlants tout à fait crédibles et les excellents maquillages de John Chamber leur permettent de restituer une très large palette d'émotions, malgré l'épaisse couche de latex qui recouvre leurs visages.

La Planète des Singes est donc à juste titre qualifié de classique de la science-fiction qui, grâce à son savant équilibre entre divertissement et réflexion critique, pourra intéresser toutes les tranches d'âge et prêter à de passionnantes discussions. On ne peut en dire autant des autres films de la franchise ou de la série télévisée qui en fut dérivée, et qui occulte souvent la réussite évidente de ce premier épisode qui aurait gagné à rester unique.


Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de très bonne qualité. L'interpositif a été vraiment bien nettoyé et il ne reste que quelques poussières et traits totalement insignifiants et un peu de grain lors des scènes incluant des matte-paintings, notamment le fameux plan de fin si marquant. La finesse des détails est vraiment appréciable sur un format 2.35:1 et permet d'apprécier l'excellent travail des décorateurs et costumiers.
Les couleurs sont superbement rendues, constamment justes, naturelles, très constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est lui aussi impeccablement géré, évitant toutes les brillances mais ayant à quelques reprises une légère tendance à la fluctuation, qui ne devient jamais gênante pour autant.
Les parties sombres sont très bien rendues grâce à des noirs purs et profonds. L'excellente qualité des dégradés fait que cette édition nous permet d'apprécier au mieux le travail à mi-chemin entre naturalisme et stylisation effectué sur la photographie.
La partie numérique du transfert est elle aussi digne d'éloges, ne générant aucun défaut artificiel suffisant pour être mentionné.
Un superbe transfert qui permet de découvrir ou redécouvrir ce film mythique dans des conditions idéales.


Son
Les quatre bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (DTS 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby 2.0 surround) et Espagnol (Dolby 1.0 mono).
Les deux bandes-son multicanal sont d'une dynamique inférieure aux possibilités de leur format respectif mais amplement satisfaisantes pour une oeuvre de 1968, avec un avantage audible pour le DTS. La présence et la spatialité de ces deux bandes-son sont bonnes mais pas aussi développées que ce à quoi on se serait attendu.
L'incroyable et expérimentale bande originale de Jerry Goldsmith est impeccablement rendue et s'avère parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont peu exploitées et c'est pricipalement le rendu musical qui en est le bénéficiaire. Cela est un gage de respect de la bande-son originale qui n'est par ailleurs pas présente sur le disque.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et sans aucunes traces de parasites ou distortions et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sont très bien gérées et comme pour les enceintes arrières viennent principalement prêter main forte à la musique mais aussi à quelques effets ponctuels dont l'impact se trouve grandement amélioré.
Les deux autres bandes-son sont plus limitées de par leur format et la qualité de leur doublage mais restent des bandes-son de qualité correcte.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais (close caption et normaux) et Espagnol.
Des bandes-son très appréciables qui n'atteignent pas le même niveau de qualité que l'image mais offrent une seconde jeunesse à l'une des bandes-son les plus surprenantes et efficaces qui soient et renforcent ainsi de façon notable l'impact du film.


Suppléments/menus
Voici une édition remplie à ras bords de suppléments de qualité très différente.
Sur le premier disque sont disponibles deux commentaires audio et un commentaire texte.
Le premier commentaire est un assemblage d'interventions d'acteurs et du maquilleur, qui s'avère assez décevant car de très longs silences parsèment cet exercice mais surtout personne ne semble vraiment enthousiaste.
Le second commentaire souffre aussi de longs passages de silence mais Jerry Goldsmith nous donne des informations passionnantes sur l'écriture de la bande-originale et ce malgré le fait qu'on le sente peu à l'aise dans cet exercice. L'intelligence a primé puisque Goldsmith ne parle que durant les passages sans musique et ainsi il est aisé d'entendre ce qu'il expliquait quelques minutes avant, théorie puis démonstration.
Le troisième commentaire est écrit et cette idée se révèle excellente. Le spécialiste de la serie la Planète des Singes, Eric Greene, nous abreuve d'informations toujours judicieuses et parfaitement placées. Il expose ses théories et ses conclusions sur le film et son impact de façon brillante, nous permettant ainsi de mieux appréhender le film et la série.

Sur le second disque est disponible un ensemble de documentaires appelé "Exploring the Apes", contenant des documents d'époque et d'autres plus récents.
Cet ensemble est malheureusement plus orienté sur l'ensemble de la série de films que sur le film de Schaffner lui-même. Cela est dommage car les films suiivants de la série seront bien loins d'être de la même trempe que celui-ci. Ainsi, sur plus de deux heures de reportages avec un grand nombre d'intervenants, très peu sont réellement consacrés au film lui-même et il faut vraiment être un inconditionnel de cette franchise pour regarder l'intégralité de ce documentaire dont le ton est très promotionnel.



Conclusion
Une superbe édition qui offre un rendu visuel et sonore de très grande qualité et une quantité impressionnante de suppléments dont certains sont vraiment passionnants, le tout dans un emballage au design du plus bel effet.

Planet of the Apes est une oeuvre importante du cinéma de science-fiction par le sériuex de sa reconstitution le traitement "réaliste" de ce futur cauchemardesque.
Le roman de Pierre Boulle est adapté de fort belle façon par Schaffner, aidé par les excellente maquillages et un traitement intelligent qui évite le sensationalismer et se concentre sur le ressenti des personnages. De plus la superbe et trés originale musique de Jerry Goldsmith apporte une ambiance sauvage et primitive qui renforce incroyablement l'impact du film.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-03-14

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Planet of the Apes

Année de sortie:
1968

Pays:

Genre:

Durée:
112 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
2 commentairezs audio, un commentaire texte, documentaires sur la saga de la Planète des Singes, Prises ratées et partie DVD-ROM

Date de parution:
2004-02-03

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