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DVDEF

Saving Private Ryan (D-Day 60th Anniversary Commemorative Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, l'opération Overlord, la plus ambitieuse opération militaire de tous les temps, fut lancée. Des milliers d'avions et de bateaux partirent des côtes de la Grande-Bretagne pour prendre d'assaut les côtes de la Normandie, alors occupée par les forces Nazies. Après des parachutages de nuit, c'est à l'aube du 6 juin, jour qu'on a appelé "Jour J" (D-Day) qu'eut lieu le débarquement des troupes alliées en cinq endroits. Les noms de code des cinq plages étaient Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword. Les troupes américaines débarquèrent à Utah beach et Omaha beach, les anglais et les canadiens sur les trois autres plages. L'histoire de ce jour a été le sujet de nombreux films, dont le plus connu est sans doute le très romantique The Longest Day de Ken Annakin.

Si les troupes américaines rencontrèrent peu de résistance à Utah beach, il n'en fut pas de même à Omaha. Un endroit de la plage était en effet surplombé par une pointe rocheuse, la Pointe du Hoc, où étaient placés des bunkers allemands équipés de mitrailleuses lourdes encore en service, les bombardements côtiers de la nuit ayant raté la plupart des cibles autour du site d'Omaha Beach. La prise de cette pointe fut un vrai massacre, les mitrailleuses allemandes taillant en pièces les soldats avant même qu'ils aient fait un pas en-dehors de leurs barges de débarquement. Après d'intenses combats constellés d'actes de bravoures inouïs et un nombre effrayant de victimes, la Pointe du Hoc fut prise. Les vingt premières minutes de Saving Private Ryan (si l'on omet la scène d'ouverture, qui a lieu au Cimetière Américain de Colleville-sur-Mer) nous font vivre cette bataille en temps réel et dans les moindres détails. Cette scène à elle seule a fait la réputation du film. Jamais la violence absurde de la guerre n'avait été rendue avec autant de détails. Cette scène -comme de nombreuses autres dans le film- est d'un réalisme à donner la nausée au plus endurcis des va-t-en-guerre. Il ne s'agit pas ici de violence sublimée comme dans Kill Bill, ni d'une scène de bataille épique comme dans Lord of the Rings. Il s'agit de la guerre, la vraie, où des êtres humains se sont vraiment entretués, qui nous est ici relatée avec une précision chirurgicale jamais vue. Aucun détail ne nous est épargné, des explosions qui éventrent et démémbrent les soldats jusqu'à l'eau de la mer rendue rouge par le sang des morts sur plusieurs mètres, tout est d'un réalisme purement glaçant. Sans rien retirer à l'héroïsme des soldats venus participer à la Libération de la France et l'Europe, ce film montre en détail l'horreur, la folie et la stupidité de la guerre.

L'histoire est celle d'un détachement de huit hommes envoyé à la recherche du soldat Ryan (Matt Damon), seul survivant de quatre frères, les trois autres ayant perdu la vie lors des opérations alliées en Normandie et en Afrique du Nord. Constatant que leur mère va recevoir les avis de décès de trois de ses fils simultanément, un général ordonne que le soldat Ryan soit retiré des opérations et ramené chez lui. Le probléme c'est que personne ne sait exactement où il se trouve, hormis le fait qu'il a été envoyé dans une zone de combats particulièrement dangereuse en Normandie, ni même s'il est encore en vie. Cette histoire est inspirée d'une histoire vraie, celle des frères Nilan, dont trois sont morts en l'espace d'une semaine alors qu'ils étaient dans trois unités différentes. Le quatrième, parachuté derrière les lignes allemandes avec le 101e, fut retiré du service actif et renvoyé dans sa famille.

Si la scène reconstituant Omaha Beach est la plus impressionnante du film, ce n'est pas, et loin de là, la seule scène insupportablement violente du film. Malgré la succession de faits d'armes héroïques et de lâchetés abominables, et cette dépiction chirurgicale et dépourvue de toute complaisance de la guerre, on a parfois du mal à s'intéresser à la mission du Capitaine Miller (Tom Hanks) et de ses hommes. L'évolution de Miller lui-même, et sa recherche de dignité dans l'enfer de la guerre, est en fait nettement plus intéressante que la mission en tant que telle, dont on se doute bien de l'issue. Il est à noter que comme à son habitude, Tom Hanks nous livre là une interprétation magnifique et très juste, et que le reste de la distribution a aussi fait un travail très honorable, contribuant à l'ambiance et au réalisme de ce film hors du commun.

Si ce film mérite sans aucun doute d'être vu, par la qualité de la reconstitution historique qu'il propose, il ne s'agit vraiment pas du genre de film que l'on revoit avec plaisir. Si l'interprétation et la réalisation sont de tout premier ordre, l'histoire en elle même n'est malheureusement pas passionnante, et la violence de certaines scènes, proprement traumatisante, ce qui fait que pour la plupart des spectateurs, un visionnement est amplement suffisant. D'autant plus que la morale très Spielbergienne (pro-américaine) finit par agacé.

Ce film a remporté cinq Oscars en 1999 (meilleur réalisateur, meilleure photgraphie, meilleur montage, meilleur montage sonore, meilleur son). A la suite de son succès, Spielberg et Hanks se sont associés avec HBO pour produire une série télévisée sur les exploits de la 101e aéroportée, Band of Brothers.


Image
L'image est proposée au format presque respecté de 1.78:1 (le film a été tourné en 1.85:1) d'après un transfert 16:9. Pour l'anecdote, il semblerait que Ridley Scott, alors en train de préparer Gladiator, aurait trouvé que le format 1.85:1 apportait tellement un aspect documentaire au film qu'il aurait voulu modifier son choix de tourner Gladiator en 2.35:1. La production aurait refusé, car il eut alors fallu rajouter l'équivalent de deux étages aux décors existants.

La définition générale de l'image est très bonne, l'interpositif utilisé pour le transfert étant manifestement de tout premier ordre, comme on pouvait s'y attendre. Aucun parasite tel que rayure ou poussière ne vient gâcher le transfert, qui malgré le grain présente un bon niveau de détail et des textures assez fouillées. Le travail du directeur de la photographie (l'incontournable Janusz Kaminski) est totalement respecté par ce transfert. Le grain, le contraste et le gamme un peu exagérés, les couleurs délavées, tout concourt à donner à ce film le même aspect que s'il avait réellement été tourné en 1944 pendant la Bataille de Normandie. Les couleurs respectent totalement ce qu'on a pu voir en salles, et évidemment aucun débordement n'est à déplorer.

La brillance et le contraste sont parfaitement réglés, là encore en respectant totalement l'image telle que présente sur la pellicule, et ne subissent aucune variation sur la durée du film. Les noirs sont profonds, et les parties sombres de l'image offrent des dégradés dépourvus du moindre blocage et un niveau de détail comparable au reste.

C'est au niveau purement numérique que le bât blesse. Si la compression semble très bien maîtrisée, n'entraînant aucun parasite visible (il faut dire qu'avec le grain présent sur le matériel d'origine, les éventuels fourmillements ont nettement tendance à passer inaperçus), que dire de la surdéfinition des contours. Ce transfert révèles des halos autours des contours à fort contraste à la limite du supportable. Le problème, c'est que des contours à fort contraste, il y en a presque constamment dans le film. Il serait temps que les studios cessent d'utiliser ce genre d'artifice et nous donnent une image non traitée, plus proche de celle de la pellicule.


Son
Les deux bandes-son proposées sur cette éditions ont la version originale en anglais et le doublage en français. Toutes deux sont au format Dolby Digital 5.1. Des sous-titres dans les deux mêmes langues sont proposés.

Si on peut regretter l'absence de bande-son DTS sur cette version du coffret (elle est disponible dans une édition livrée au sein d'une collection World War II collection, comprenant en plus les films Price for Peace et Shooting War) la présence d'une version française en 5.1 est appréciable. C'est la version originale qui est ici critiquée.

La présence offerte par cette bande-son multicanaux est à couper le souffle. La dynamique est, comme il se doit pour un film de guerre, énorme, et le champ sonore totalement immersif, se déployant réellement sur 360 degrés. La qualité exceptionnelle de ce mixage participe à l'immersion du spectateur dès la fameuse scène de débarquement à Omaha Beach, participant par là-même à la nausée de celui-ci. Les canaux d'ambiophonie sont superbement utilisés, le positionnement des effets sonores étant d'une précision diabolique, avec des effets de transitions extrêmement réalistes et variés (bruis d'armes automatiques suivant les mouvements de caméra, survols d'avion particulièrement réussis et surtout bruit des balles sifflant partout autour du spectateur).

L'intégration des différents éléments composant cette bande-son est particulièrement réussie, on peut même qualifier ce mixage d'exceptionnel. Il s'agit encore d'un petit chef d'oeuvre signé Gary Ryndstrom, le sorcier qui a mixé Jurassic Park. La trame sonore, évidemment composée par John Williams, est profonde et fait preuve d'une belle fidélité. Les dialogues sont parfaitement intégrés et restent toujours parfaitement intelligibles tout en gardant constamment un côté réaliste, même au coeur des scènes de combat les plus impressionnantes. Les fréquences en bas du spectre sont évidemment fort bien représentées, omniprésentes lors des scènes de bataille, et parfaitement soutenues par une utilisation enthousiaste du canal d'extrêmes graves .1 (LFE).

La version française proposée par cette édition est d'un niveau identique à celui de la version originale, si l'on fait abstraction du fait que l'on perd la décalage entre les dialogues en anglais des soldats américains et les quelques répliques en français dites par les quelques civils essayant de survivre dans les ruines de leurs villages.


Suppléments/menus
Les suppléments de cette édition sont tous rassemblés sur un second disque. Des sous-titres anglais, français et espagnols sont proposés sur tous les suppléments, ce qui est assez rare pour être souligné. Il n'est point ici question de commentaire audio, de galeries et autres jeux interactifs, les suppléments proposés ici sont tous des documentaires et autres segments composés d'interventions des artisans du film (surtout Spielberg et Hanks, évidemment), d'images du tournae et d'images d'archives.

An Introduction to the Film (2:35) est un segment d'introduction (comme son nom l'indique), où Steven Spielberg explique que son intérêt pour la seconde guerre mondiale date de son adolescence, époque à laquelle il tournait ses premiers films, dont deux sur le sujet.
Looking into the past (4:42) survole le travail de recherche effectué, sur la guerre en général et sur l'histoire des frères Sullivan (qui sont tous morts dans le naufrage d'un bateau, ce qui a entraîné l'interdiction que des frères soient dans la même unité) et Nilan en particulier.
Miller and his Platoon (8:25) porte sur le personnage du mystérieux Capitaine Miller (Tom Hanks), sur ce que ce dernier a apporté au film, et sur les autres acteurs incarnant la patrouille de Miller.
Boot Camp (7:38) évoque l'entraînement particulièrement pénible qu'ont subi la plupart des acteurs avant le tournage du film. Ce segment est assez intéressant, car il nous en apprend un peu plus sur le travail d'immersion que doivent faire les acteurs avant le tournage d'un film de ce genre.
Making Saving Private Ryan (22:05) est le gros morceau de ce disque de suppléments. Ce documentaire extrêmement bien fait couvre nombre d'aspects de la préparation et du tournage de ce film, tourné dans l'urgence, un peu comme les films des années 40.
Re-Creating Omaha Beach (17:58), illustré d'images d'époque, porte sur la reconstitution du massacre d'Omaha Beach. Ce documentaire est particulièrement intéressant car il porte sur la scène la plus marquante du film, en prenant le temps de détailler le travail nécessaire à la reconstitution réaliste d'une des batailles les plus sanglantes de la seconde guerre mondiale.
Music and Sound (16:00) est un documentaire sur le travail du compositeur John Williams et sur le son en général. On y apprend notamment que le travail d'effets sonores a demandé autant de recherches historiques que le reste, et en quoi cette bande sonore est bien différente des films de guerre hollywoodiens habituels.
Parting Thoughts (3:43) est un bref assemblage de réflexions de Tom Hanks et Steven Spielberg sur le film, sa portée et comment il s'inscrit aux côtés de Schindler's List dans l'oeuvre du cinéaste.

Si dans un aussi grand nombre de documentaires et de segments l'intérêt est forcément inégal, force est de constater qu'il y en a ici pour tous les goûts, car un grand nombre de sujets sont abordés, et que le niveau général est très bon.



Conclusion
En ce soixantième anniversaire du débarquement en Normandie, voici donc la troisième édition de ce film de guerre qui a tant marqué les esprits. Si la qualité du son est proche des limites de ce qui est possible en Dolby Digital (la version DTS est disponible dans une version alternative du coffret), l'image n'est pas au sommet de ce qu'elle aurait pu être.
Le disque de suppléments est par contre extrêmement bien fait, et justifie au moins l'achat de cette édition pour les personnes n'ayant pas encore ce film sur leur étagère.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-05-30

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, Lecteur DVD Panasonic S25 / PC avec GeForce FX et WinDVD, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Saving Private Ryan

Année de sortie:
1998

Pays:

Genre:

Durée:
170 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Dreamworks

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Une présentation du film par Steven Spielberg, segments (Looking In To The Past: The Research, the Screenplay and the Vision/The Making of the Platoon/Boot Camp for the Cast/Re-creating D-Day: Omaha Beach/Music And Sound)

Date de parution:
2004-05-25

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