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DVDEF

Andromeda Strain, The

Critique
Synopsis/présentation
Robert Wise est un cinéaste courageux et ecclectique (cf critique de The Day the Earth stood still pour sa carrière). Il le prouve une fois de plus avec The Andromeda Strain (1971), un film de science-fiction réaliste, tourné sans vedettes, dont le sujet et le traitement sont novateurs.

Un satellite d'observation retombe sur Terre près d'un village du Nouveau Mexique. Ses habitants sont alors décimés par un mal mystérieux. Seuls un enfant et un vieil homme alcoolique ont survécu. La sonde et les survivants sont alors amenés par les autorités au sein d'un laboratoire secret. Ce lieu, à la pointe de la technologie, est profondément enterré et permettra à une équipe de savants triés sur le volet de tenter d'isoler, comprendre et éradiquer cette mystérieuse infection qui pourrait menacer la Terre entière en cas d'échec de leur part. Ce scénario peut paraître classique à notre époque, mais il est en fait l'ancêtre de films plus connus sur le sujet (Outbreak, 1995, et Twelve Monkeys, 1995, pour ne citer que ceux-là). L'accuité de Michael Crichton sur le problème, et le traitement sec et clinique que Robert Wise en tirera, font que cette oeuvre paraît (et de loin) la plus réaliste et plausible sur le sujet. Le film est construit à la fois comme un thriller et comme un documentaire, c'est cette dualité et sa véracite sur le plan scientifique qui le rendent aussi passionnant et poignant. Une telle situation est parfaitement envisageable et les solutions qui y sont etudiées sont sans doute très proches de celles qui seraient sélectionnées dans une telle hypothèse. De plus, les fabuleux décors et effets spéciaux créés par le génial Douglas Trumbull (qui signa les effets spéciaux de 2001, a Space Odyssey, 1968, et Blade Runner, 1982 ; cf critique de Silent Running) renforcent et entérinent le côté réaliste et scientifique du film. R. Wise décida de n'engager aucune vedette, mais plutôt d'excellents acteurs peu connus et donc parfaitement crédibles dans leurs rôles respectifs. Son utilisation du split-screen dans la séquence d'introduction du film est absolument remarquable, renforçant le sentiment d'incompréhension et de peur vécus par les protagonistes.

Tout au long du film, sa mise en scène restera d'un style froid et observateur, mais penchant subtilement du côté du suspense, permettant ainsi à un film qui aurait pu être très aride de maintenir constamment l'intérêt et la tension chez le spectateur. Quelques passages manquent de rythme et pourront perdre les moins intéressés d'entre vous, mais ces flottements sont toujours rattrappés par les rebondissements d'un scénario bien tenu et fort bien dialogué. A noter un générique absolument génial et novateur dans son utlisation des images et de la musique, mais dont le côté agressif pourra destabiliser certains spectateurs.
Robert Wise, comme à son habitude, s'est entouré d'excellents collaborateurs qui lui permettent de proposer un film absolument remarquable du point de vue technique. La photographie de Richard H. Kline réussit la gageure d'être à la fois documentaire et d'une subtilité digne d'oeuvres beaucoup plus stylisées. Ces options trouvent leur équivalent dans le choix de R. Wise d'utiliser le format Cinémascope pour un film qui se veut documentaire dans son approche. La combinaison de ces deux choix permet à ce film de rester cohérent malgré le fait qu'il traite son sujet de deux façons a priori inconciliables.

La musique expérimentale de Gil Melle (mélange de sons froids et de mélodies simples et glacées) apporte une étrangeté parfois destabilisante.

Ce film marqua les esprits de beaucoup de spectateurs et que cette nouvelle façon d'envisager le cinéma de science-fiction marquera nombre de cinéastes qui reprendront ces recettes à leur compte, sans pour autant arriver à une telle maîtrise. Certes ce film est trop différent et typé années soixante-dix pour toucher le grand public, mais tous les amateurs de science-fiction trouveront leur compte dans cette oeuvre quasiment sans concession. En effet, seule la scène finale revient vers un suspense classique et sans grand intérêt au regard du reste de l'oeuvre. Malgré cela, le film est homogène et propose une hypothèse absolument glaçante en cas de problèmes similaires dans la réalité. Une oeuvre à découvrir ou redécouvrir, ne serait-ce que pour réaliser les différences majeurs entre la façon de concevoir le cinéma des années soixante-dix et l'approche actuelle, et de confirmer que Robert Wise est un grand metteur en scène.


Image
L'image est offerte au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de bon niveau, sans toutefois atteindre la qualité de celle des meilleures transferts. L'interpositif est par moments assez sale et tout au long du film, des poussières et points blancs font régulièrement une apparition. La finesse des détails est elle d'un bon niveau permettant d'apprécier les magnifiques décors et effets spéciaux de Douglas Trumbull. L'étalonnement des couleurs est tout à fait adéquat assurant une belle homogénéité (scènes de descente dans le laboratoire). Le contraste est bien géré et évite les sur-brillances. Les scènes sombres du film sont bien restituées grâce à un subtil rendu des dégradés et à des noirs suffisament profonds. Il est cependant à noter que lors de ces scènes, du grain a tendance à ressortir, sans qu'il gêne pour autant le rendu général.

La partie numérique manque un peu de constance et des fourmillements sont à déplorer durant tout le métrage. La remarque est la même que pour le grain présent lors des scènes sombres. Aucuns défauts de compression ou de surdéfinition ne sont présents sur ce transfert.

Une présentation correcte mais sans plus. Les défauts relevés auraient pu être aisément évités.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby 2.0 stéréo).

Celle-ci fait preuve d'une dynamique surprenante pour un film de 1971. Sa présence est étonnante, conférant un côté encore plus réaliste à l'oeuvre. Le déploiement du champ sonore à par moment un certain impact, bien que ce film ne se prête pas aux débordements de décibels. La très étrange musique de Gil Mellé est fort bien reproduite et bien intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en toujours parfaitement intelligibles et sans aucune trace de saturation ou de parasites. Les basses fréquences sont présentes et effectives tout au long du film renforcant l'impact du film.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.


Suppléments/menus
Une section fort correcte pour une édition simple. Elle se compose d'un documentaire sur le tournage, un portrait de Michael Crichton, une bande-annonce et de recommandations.

Le documentaire de trente minutes , intitulé : The Making of the Andromeda Strain est à nouveau une réussite de la part de Laurent Bouzzereau. Robert Wise, Nelson Gidding (scénariste), Michael Crichton (auteur du roman) reviennent avec grand plaisir et intérêt sur la génèse de l'oeuvre, leurs intentions et motivations. L'alternance d'interviews, d'images du film et de diverss documents (photos, scénario original) maintient un niveau de qualité constant et l'attention du spectateur n'est jamais perdue par des digressions inutiles ou de l'auto-congratulation (sauf à la fin). Un documentaire passionnant qui permet d'éclairer et de mettre en valeur certains aspects du film qui auraient pu être ignorés autrement. De même, le documentaire suivant : A Portrait of Michael Crichton (12 min 34 s), présente de façon claire et précise le personnage et son oeuvre, permettant ainsi de mieux saisir quelques implications du scénario (qui resta relativement fidèle à son roman).

Sont également présents une bande-annonce (3 min 18 s) de qualité technique très moyenne, qui exagère le côté lent et confus du film et le dessert plus qu'elle ne donne envie de le voir, et une section recommandations qui conseille plusieurs films du studio Universal en DVD. A noter cependant, une iconographie générale et des menus curieusement fades. Aucun de ces suppléments n'est sous-titré.



Conclusion
Une édition de bonne facture technique dont certains petits défauts auraient pu aisément être évités. Il faut cependant savourer le plaisir de redécouvrir ce film dans d'excellentes conditions à défaut de parfaites. Cette édition reste perfectible mais est certainement supérieur à celle offerte par Image Entertainment en 1998.

Une oeuvre de science-fiction importante et passionnante, brillament interprétée et mise en scène. Cependant, le rythme est très typique des années soixante-dix et certains enjeux du film mettent longtemps à être mis en valeur, et cela pourra décontenancer certains spectateurs habitués au rythme et au côté plus explicatif d'oeuvres récentes. Pour les autres, il s'agit d'un film novateur aux effets spéciaux incroyables mais discrets et au service de l'histoire, qui rajoutent une part supplémentaire de crédibilité à l'oeuvre. A voir absolument par tous les amateurs de science-fiction !



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-04-11

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Andromeda Strain, The

Année de sortie:
1971

Pays:

Genre:

Durée:
131 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaire sur le tournage du film, documentaire sur M.Crichton, bande-annonce

Date de parution:
2003-04-01

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