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DVDEF

Underworld Beauty A Film by Seijun Suzuki

Critique
Synopsis/présentation
Seijun Suzuki a souhaité rendre hommage aux films de gangsters américains et dans le même temps proposer sa vision personnelle du genre avec Underworld Beauty (1958).

On y suit l'histoire de Miyamoto alors qu'il sort de prison et s'avère bien décidé à compenser l'accident à la jambe d'un de ses anciens complices Mihara (prenant une balle à sa place lors du casse), par la vente du butin qu'il avait caché avant son arrestation. Pour ce faire, il contacte un membre de son ancienne organisation, Oyane, mais ce dernier le double lors de la transaction et tue Mihara qui vient d'avaler les diamants. Oyane voudra récupérer les diamants, et Miyamoto venger son ami et s'occuper de la jeune soeur de celui-ci, Akiko une jeune femme au tempérament fort qui n'a pas froid aux yeux. S'ensuivra une course poursuite entre tous les protagonistes pour récupérer les précieux diamants, chacun pour un motif bien différent.

Suzuki paye donc son tribut aux si célèbres films de gangsters américains, qui ont visiblement beaucoup compté pour lui tant il met d'application à réaliser ce film étrange car à la croisée de deux mondes qui ont peu en commun et s'accordent assez difficilement.
Certains éléments sont très classiques, tel le scénario qui paraît directement inspiré du film noir américain tant il ressemble à ceux des meilleures heures du genre. Et c'est peut-être là que la bât blesse, que Suzuki n'ait pas osé prendre plus de liberté avec sa source d'inspiration et en tirer un scénario que se serait plus adapté à son rythme, comme il saura le faire 9 ans plus tard avec La Marque du Tueur (1967).

Le film manque donc de rythme pour arriver à captiver le spectateur avec une intrigue aussi classique que celle-la, et il faut bien avouer que la prestation de l'acteur principal manque singulièrement d'énergie et de charisme. Si les autres acteurs remplissent parfaitement leurs rôles, Michitaro Mizushima paraît à côté de la plaque et dès lors qu'il est notre guide dans l'intrigue, cela handicape le film. Il tente de donner une prestation dans un style très américain et malgré ses efforts, ne parvient qu'à une parodie involontaire (Bogart) alors que les autres acteurs ont su conserver leurs spécificités.

La mise en scène de Suzuki ainsi que la mise en musique sont les deux points d'intérêt majeur du film et sont à nouveau très réussis. Suzuki n'a pas son pareil pour évoquer l'ambiance des années 1960 grâce à des images parfaitement cadrées, une musique originale et bien dans l'air du temps, imposant par là même un style définitivement reconnaissable comme appartenant aux années 1960.
La noirceur du scénario est un élément qu'il choisit de laisser en retrait et bien lui en prend car du fait de la "faiblesse" de son héros principal, le public aurait sans doute décroché totalement si celui-ci avait du faire passer des sentiments plus violents.

Peut-être les personnages auraient-ils du être plus fouillés de façon à donner un autre ton au film et justifier sa relative lenteur en comparaison de ses homologues américains ? Il est en tout évident que si ce film ne parvient pas à égaler ses modèles de référence, il se suit avec intérêt et offre même des scènes passionnantes qui sont souvent les plus "japonaises" du film.


Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est plutôt moyenne, alternant entre le bon et le limite regardable. L'interpositif est relativement propre mais laisse tout de même apparaître de façon régulière des points blancs et un fort grain sur toute la durée du métrage.
Le contraste est dans l'ensemble correctement géré mais ses fluctuations régulières provoquent des brillances non négligeables.
Le rendu des scènes sombres est dans la moyenne et ce grâce à des noirs relativement profonds mais fluctuants. La qualité du rendu de l'échelle de gris permet d'apprécier de bonne façon les options stylistiques prises par Suzuki et son directeur de la photographie.

La partie numérique ne génère heureusement aucun défaut artificiel notable et cela permet à ce transfert de rester agréable à regarder. Un transfert assez abimé mais au vu de sa rareté, de son âge et de l'excellent travail effectué par Home Vision Entertainement sur le reste de la collection, il est à parier qu'il s'agit-là de la meilleure version possible pour ce film.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Japonais (Dolby Digital 1.0 mono).

Sa dynamique est relativement limitée mais reste dans une moyenne acceptable. Sa présence et sa spatialité sont elles aussi restreintes mais suffisantes pour une telle oeuvre.
La musique est correctement restituée mais marque des limites évidentes dans le haut du spectre. Malgré tout, elle s'avère bien intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues souffrent de distortions assez conséquentes dans le haut du spectre ainsi que des parasites qui ont parfois tendance à gêner leur bonne compréhension, mais vu que la piste est en Japonais, cela s'avère moins gênant (sauf pour les gens parlant la langue).
Les basses fréquences sont naturellement très limitées, d'autant plus que la bande-son ne fait vraiment appel à elles.

Les sous-titres sont disponibles uniquement en Anglais.
Une bande-son qui malgré ses défauts évidents reste agréable à écouter et remplit tout à fait son office même si une remasterisation plus poussée aurait été souhaitable.


Suppléments/menus
Une section vide à l'exception de la filmographie de Seijun Suzuki et un excellent livret de Tatsu Aoki qui retrace l'histoire du film de Yakuza et de gangsters au sein de l'industrie cinématographique japonaise, cela permettant de mieux situer le film et d'en apprécier les spécificités par rapport aux productions occidentales de l'époque.



Conclusion
Une édition de qualité correcte mais qui présente un transfert et une bande-son en moins bon état que les autres films de la même collection chez Home Vision Entertainement. La qualité technique demeure toutefois acceptable et il est impossible de faire vraiment la fine bouche étant donné la rareté de cette oeuvre.
Un film de gangsters au scénario relativement classique, traité "à la japonaise" par le grand Seijun Suzuki qui se démarque de ses illustres confrères occidentaux de l'époque. Si le film ne parvient pas au même degré de classe ou de cohérence, il offre une héroine passionnante et un style visuel différent, permettant au film de passer l'épreuve du temps de fort belle façon malgré son manque de rythme et d'enjeux réels.


Qualité vidéo:
2,9/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-03-07

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Underworld Beauty

Année de sortie:
1958

Pays:

Genre:

Durée:
87 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Home Vision Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Filmographie et Livret

Date de parution:
2004-01-20

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