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DVDEF

Intolerable Cruelty

Critique
Synopsis/présentation
Les frères Coen ne sont plus des cinéastes à présenter tant ils ont su depuis vingt ans de carrière imposer leur style inimitable comme le haut du panier de la production cinématographique américaine.
Leur carrière a pris une direction un peu différente depuis la sortie de O'Brother (2000), dopé par le succès de leur fabuleuse comédie The Big Lebowski (1998). Une orientation clairement plus commerciale leur permet de connaître un succès public amplement supérieur à ceux de leurs oeuvres précédentes pourtant plus ambitieuses.

Intolerable Cruelty (2003) s'inscrit parfaitement dans cette tendance et offre aux deux frères l'occasion de se frotter à un genre de plus, la comédie sentimentale à tendance satirique.
On y suit Miles Massey, (George Clooney), un jeune avocat specialisé dans les procés matrimoniaux alors qu'il rencontre la superbe Marilyn Rexroth, sa future cliente souhaitant divorcer d'un mari infidèle immensément riche. Massey a tellement de succès dans son métier que malgré sa fortune et sa réussite, il est désabusé et s'ennuie. La beauté et la férocité sans égales de sa nouvelle cliente vont lui redonner le goût de vivre et de travailler, alors que sans le savoir il va au devant de graves ennuis. Les deux prédateurs joueront chacun toutes leurs cartes avant de succomber (peut-être ?) à leurs charmes respectifs.

Les Coen ont toujours eu le génie des introductions marquantes qui font immédiatement rentrer le spectateur dans le film et celle d'Intolerable Cruelty ne déroge pas à la règle. Geoffrey Rush est époustouflant durant cette scène qui laisse augurer d'une comédie hilarante au plus haut point. Nous n'irons pas jusqu'à dire que le reste du film fait déchanter mais il faut bien avouer que si cette première scène pourtant très classique dans son schéma retrouve l'humour décapant de The Big Lebowski, le reste du film est plus proche d'une oeuvre comme O'Brother, c'est à dire d'un humour qui fait mouche mais plus policé. Ainsi, George Clooney va s'appuyer sur une certaine attitude et ressemblance qui rappellent Cary Grant pour nous offrir un hommage remarquable à cet immense acteur, mais paradoxalement limiter également la portée et l'évolution de son personnage. Le film aura donc un très agréable goût de "déja vu" pour les habitués des grandes comédies américaines, mais malheureusement il ne tentera jamais d'embrayer sur cette base formidable pour développer une réflexion ou un humour propres.

De même, la mise en scène des frères s'est bien assagie et il faut bien avouer qu'en tant qu'amateurs de leur première période nous regrettons leurs mouvements de caméra audacieux, leur mise en place de scènes hautement improbable. Cependant et afin de ne pas faire prendre ce film pour une oeuvre ratée, le classicisme leur sied bien même si du coup ils ont perdu une partie de leur personnalité. Ils ont su retenir les leçons des grands maîtres de la comédie et nous offrent ainsi un film au tempo soutenu parsemé de scènes hilarantes (Clooney et ses dents) et de passages plus calmes. Les dialogues sont eux aussi parfaitement écrits, se déroulant comme une mécanique bien huilée et venant souvent apporter un contrepoint humoristique à des images ne l'étant pas.

La photographie très travaillée de Roger Deakins offre une tonalité surprenante qui colle parfaitement bien à l'aspect superficiel et tranchant des personnages, grâce à un travail audacieux sur la saturation poussée des couleurs et un jeu sophisitiqué sur les contrastes, donnant une image plate.

La musique, et son utilisation décalée, est une autre des spécialités des Coen qui utilisent ici un ensemble plus discret que par le passé mais qui apporte néanmoins son lot de contrepoints savoureux.

Les frères Coen voguent donc vers des horizons cinématographiques plus grand public, essayant clairement de s'intégrer dans le système hollywoodien classique avec cette comédie fort sympathique dont le seul défaut est d'arriver après une série de films plus cullotés, inventifs et irrévérencieux qui font un peu regretter leur changement de politique.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de bon niveau mais on aurait espéré mieux pour un film aussi récent. L'interpositif est vierge de tous traits ou rayures mais s'avère par moments assez granuleux, ce qui est sans doute une volonté du directeur de la photographie.
Le rendu des couleurs est fort étrange à l'instar de celui de O'Brother des même frères Coen, qui ont visiblement voulu à nouveau triturer l'image et son rendu dans tous les sens possibles. Roger Deakins a donc sursaturé la plupart des couleurs qui en conséquence et malgré les techniques actuelles sont à la limite de déborder en permanence et souvent très peu naturelles.
Le contraste paraît souvent beaucoup trop poussé, n'évitant pas toujours toutes les brillances. Il est néanmoins difficile de blâmer uniquement le transfert lorsque l'on connaît le goût des Coen pour les images "bizarres".
Le rendu des scènes sombres est quant à lui de très bon niveau grâce à des noirs vraiment purs et profonds. La qualité des dégradés est bonne sans être exceptionnelle, du fait de la sursaturation volontaire des couleurs.

La partie numérique est de qualité mais n'arrive pas toujours à empêcher la présence de légers fourmillements et de quelques passages montrant un peu de sur-définition.

Un beau transfert qui apparaît néanmoins tout juste dans la moyenne de ce qui se fait à l'heure actuelle qualitativement parlant, et cela est autant imputable aux partis pris photographiques particuliers qu'au transfert.


Son
Les quatres bandes-son offertes sur cette édition sont respectivement en Anglais (DTS 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) et Espagnol (Dolby Digital 5.1).

La dynamique des bandes-son multicanal est d'un très bon niveau avec un avantage ténu pour le DTS. Leur présence et leur spatialité sont elles aussi d'un bon niveau mais la nature même du film fait qu'elles ne sont pas aussi développées que celles des meilleures bandes-son actuelles. A nouveau dans ce domaine le DTS fait légèrement mieux que ses concurrents.
La musique est parafaitement restituée et impeccablement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont toujours bien utilisées, offrant peu d'effets directionnels mais une ambiance quasi constante du plus bel effet. C'est la musique qui profite le plus de l'apport d'un environnement surround.

Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et ne montrent aucune trace de parasites ou distortions et ce quel que soit le volume sonore.
Les basses fréquences sont bien présentes, apportent un surprlus d'assise très appréciable et leur gestion est exemplaire.
Les bandes-son doublées sont pour une fois de qualité équivalente à celle d'origine mais à nouveau, le fait de remplacer la voix des acteurs est préjudiciable à la qualité globale.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Des bandes-son de qualité qui n'atteignent pas forcément des sommets (du fait de la nature du film) mais remplissent parfaitement leur office sans aucun défaut notable.


Suppléments/menus
Une section très décevante car uniquement orientée vers l'aspect promotionnel et autocongratulatoire, alors que le film aurait mérité des explications de la part de ses créateurs.

Le premier documentaire intitulé "A Look Inside Intolerable Cruelty" d'une durée de 12 minutes, est un segment sur la réalisation tout ce qu'il y a de plus conventionnel et ennuyeux. L'autocongratulation est de mise est cela est fort dommage de la part des frères Coen, eux qui jusqu'alors entretenaient une réputation d'originaux.

Le second intitulé "The Wardrobe" d'une durée de 5 minutes est aussi inintéressant, se contentant de vanter les louanges des costumiers, la beauté de Catherine Zeta-Jones et de rapprocher la garde robe de Clooney avec celle de Cary Grant.
Vient ensuite un segment aussi inintéressant mais fort curieux, composé de prises coupées assemblées par les Coen eux-mêmes (dixit le titre du segment). Il s'agit d'un tout totalement incohérent, ne présentant aucune prise supplémentaire valable et l'on voit mal ce que les frères Coen ont à voir là dedans.

Pour finir sont proposées les traditionnelles filmographies des acteurs et réalisateurs.
Voici donc un ensemble qui n'est pas à la hauteur du film, alors qu'il aurait été très appréciable d'entendre les frères Coen s'expliquer sur leur curieux choix dans la seconde partie du film ou d'avoir une comparaison entre le jeu de George Clooney et celui de Cary Grant.



Conclusion
Une édition réussie aussi bien au niveau audio et vidéo mais malheureusement loin d'être aussi parfaite que ce que l'on pouvait en attendre et de plus, vide de suppléments intéressants.

Les Coen remettent au goût du jour la comédie romantique acide et le font avec leur talent habituel, ce qui nous donne une comédie enlevée cynique et réjouissante qui finit malheureusement par une dernière partie beaucoup trop conventionnelle et cliché.
Il est étonnant de voir de grands créateurs comme les Coen commettre de telles erreurs et il paraît assez évident que le dernier tiers du film n'aurait pas été le même si le budget du film était plus faible.

Cela n'en fait pas pour autant une comédie ratée, loin de là, mais limite la portée et l'intérêt du film en en faisant un pur produit de divertissement, ce qui était peut-être leur intention de départ.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-04-19

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Intolerable Cruelty

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
documentaires, scènes coupées, filmographies

Date de parution:
2004-02-10

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