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DVDEF

Runaway Jury

Critique
Synopsis/présentation
Il y avait longtemps qu’une œuvre de John Grisham n'avait pas fait l'objet d'une adaptation au cinéma. Non pas qu'on s’en ennuyait. Les films tirés de ses romans se sont succédés si rapidement au grand écran que les cinéphiles se sont rapidement lassés. D'autant plus que, dans le soucis de profiter de l’intérêt suscité par The Firm, la toute première adaptation d'un livre de Grisham, les producteurs ont souvent négligés la qualité de l'adaptation au profit d'une production et d'une distribution rapide. Tel est la formule à Hollywood : on presse le citron rapidement pour ensuite passer à autre chose. On croyait bel et bien l'intérêt envers Grisham réduit à néant lorsque Francis Ford Coppola lui-même réalisa The Rainmaker, un succès plus que mitigé aux guichets. Mais c'était sans compter sur The Runaway Jury, l'un des premier romans de John Grisham. Depuis une dizaine d'années déjà un scénario était en cours de développement, mais le projet a ultimement été abandonné lorsque la rentabilité du film fut remise en question suite à l'échec de Rainmaker. Six ans plus tard, la Fox jugea que le moment était opportun pour tenter de ranimer l'intérêt envers les œuvres de l'auteur, et Runaway Jury vit (enfin ?) le jour.

Au moment de distribuer le film en salles, la Fox misait beaucoup sur la réunion de Dustin Hoffman et de Gene Hackman dans le même film pour promouvoir Runaway Jury. Pas étonnant, puisqu’il s’agit là de l’un des principaux attrait de ce film. Hoffman et Hackman, deux amis de longue date et deux monstres sacrés du cinéma hollywoodien, n'avaient tout simplement jamais partagés l'écran. Et même s’ils se confrontent uniquement dans une seule mais très intense scène, de voir les deux comédiens exceller dans le même film est franchement fascinant. Un peu comme l'avait été la réunion de Al Pacino et Robert DeNiro dans Heat d'ailleurs.

Mais au-delà de la présence de ces deux légendes en tête d’affiche, Runaway Jury s’avère être un thriller conventionnel. La thématique anti-armes à feu abordée dans le film est actuelle et bien exploitée. Certains se souviendront d'ailleurs que le roman traitait à l’origine d'un procès contre les compagnies de tabac. Les scénaristes du film ont cependant jugé bon de remplacer les producteurs de cigarettes au banc des accusés pour les producteurs d'armes à feu. Tout d'abord, le fantastique Insider de Michael Mann avait déjà exploité l'idée de l’attaque juridique contre les compagnies de tabac. Et ensuite, la réglementation des armes à feu est aujourd’hui un sujet chaud aux États-Unis, surtout depuis la parution du Bowling for Columbine de Michael Moore. Le choix de ce sujet était donc judicieux et fait de ce Runaway Jury un film engagé et très critique envers l'industrie des armes à feu. Les bonzes de cette industrie sont clairement montrés du doigt comme étant en partie responsables du fléau d’armes qui circulent chez nos voisins du sud et qui conduisent chaque année à plus d'une dizaine de milliers de meurtres. Qui plus est, le film ne manque pas non plus d’écorcher le système judiciaire. La vision qui nous est offerte du processus de sélection des jurys ainsi que la prétendue impartialité de tout le système est pessimiste à souhait. Et si cette vision relève de la fiction, elle n'en demeure pas moins crédible et assez inquiétante. On est bien loin du portrait très noble, intègre et droit de la justice généralement dépeinte dans les longs-métrages hollywoodiens. En fait, si la structure du film est très classique et n'apporte absolument rien de neuf à l’univers des films judiciaires, Runaway Jury s’avère fascinant parce que qu'il n’hésite pas à critiquer de front deux sujets assez tabous chez les Américains : la corruption du système judiciaire et la réglementation des armes à feu. Ne serait-ce que pour cette raison, ainsi que pour assister à la réunion de Dustin Hoffman et Gene Hackman, ce film en vaut certainement le coup d’œil.


Image
L'image est offerte au format respecté de 2.35:1 et d’après un transfert 16:9. Dans l.ensemble, la qualité d’image est excellente.

L'interpositif employé pour le transfert était dans état optimal qui ne trahi absolument aucune anomalie, peu importe laquelle. La définition générale est d'un excellent niveau. Il en résulte une image parfaitement nette et bien texturée. Les moindres détails, même les plus subtils, sont finement reproduits. Les couleurs profitent d’un rendu tout aussi impeccable. Elles sont riches, très saturées et parfaitement restituées. Il n'y a ni dominante ou débordement chromatique involontaire. Les tons de peau sont naturels. L'image est correctement contrastée et le niveau des noirs paraît bien ajusté. Les noirs sont purs, profonds et solides. Il n’y a nulle trace de fourmillement. Les parties sombrent affichent des dégradés subtils et bien détaillés, une bonne nouvelle considérant les nombreuses zones sombres et les éclairages très rasants.

Il serait également difficile de reprocher quoi que ce soit à la partie numérique. Celle-ci ne souffre pratiquement d'aucun défaut de compression ou de numérisation. De même, la sur-accentuation des contours est minime et rarement distrayante.


Son
Cette édition propose un choix de trois bandes-son différentes. Il y a la bande-son originale anglaise mixée au format Dolby Digital 5.1, ainsi que des doublages français et espagnol au format Dolby Surround 2.0. Il est d’autant plus dommage que la Fox ait à nouveau négligé d’offrir aux francophones un mixage multi-canal que la bande-son anglaise en est une de très bonne qualité...

Le mixage anglais est d'une dynamique franchement impressionnante et manifeste une belle présence. L'environnement sonore profite d’une belle spatialité favorisant une totale immersion. Le positionnement des éléments sonores est précis, fluide et sans bavure. Le champ-sonore se déploie agréablement depuis tous les canaux. Les enceintes arrières sont judicieusement mises à contribution pour créer une ambiance subtile et crédible. Des effets d'ambiophonies localisés donnent tout l'impact nécessaire à certaines scènes. La scène de fusillade en ouverture du film en est un bel exemple, d'autant plus que l'efficacité de cette scène repose entièrement sur le son vu la grande retenue dans le traitement visuel. On remarque également quelques transitions de canaux très réussies dont la plupart brillent par leur subtilité. La trame-sonore se déploie de tous les canaux et est plutôt fidèlement rendue. Les dialogues, quant à eux, sont toujours naturels et intelligibles.

Les basses sont pour le moins profondes, présentes et ici bien reproduites. Le canal .1 (LFE) est lui aussi mis à contribution pour ajouter efficacement de l'impact aux quelques moments de tension du film.

Il est à noter que des sous-titres sont offerts en anglais et en espagnol seulement.


Suppléments/menus
Cette édition propose un grand nombre de suppléments dont la qualité est malheureusement inconstante.

Vous retrouverez tout d'abord une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Gary Fleder. Il s'agit d’une bonne piste, Fleder étant manifestement un homme articulé à défaut d'être un réalisateur hors pair. Il aborde plusieurs aspects de la production du film, particulièrement la scénarisation, le tournage et le montage. Il explique ses idées, ses techniques et ses intentions avec cohérence et assurance. Ses propos sont toujours pertinents et intéressants.
Vous retrouverez ensuite deux scènes coupées avec piste de commentaires audio du réalisateur en option. Ces deux brèves scènes sont d'un intérêt très moyen, mais les commentaires de Fleder sont plutôt intéressants.

Dustin Hoffman et Gene Hackman offrent leurs commentaires pour deux scènes clés du film respectivement. Hoffman commente la scène de la salle de bain, où il jouait face à face avec Hackman pour la première fois. Il raconte comment les deux acteurs ont abordé cette scène ainsi que sa joie de travailler avec son ami pour la première fois. Quant à Hackman, il commente l’une des dernières scènes du film. Il analyse son personnage, la signification de la scène ainsi que son jeu et celui de ses collègues. Ces deux scènes commentées nous font presque regretter une piste de commentaires audio complète avec les deux acteurs. Cet exercice aurait certainement été des plus fascinant.

Un total de sept courts documentaires est offert avec cette édition. Le premier, et certainement le plus fascinant, est intitulé Exploring the Scene: Hackman and Hoffman Together (14 mins.). Il s’agit d’une analyse de cette fameuse scène de la salle de bain. On y explique comment cette scène a été scénarisée à la dernière minute pendant le tournage, comment les acteurs s’y sont préparés ainsi que de l’importance de la scène dans le film. Le tout est ponctué de nombreuses scènes filmées en coulisses qui nous montrent les deux comédiens en action. Fascinant.

Le deuxième documentaire est intitulé Off the Cuff : Hackman and Hoffman (9 min). Il s’agit d’une entrevue dans laquelle les deux acteurs expliquent les circonstances de leur rencontre, en 1956, et comment les deux hommes ont débuté leur carrière respective. Les admirateurs des deux comédiens apprécieront.

The Ensemble : Acting (4 min) apparait être un segment beaucoup plus banal que les deux premiers. Il s’agit essentiellement d’une description sommaire des personnages principaux ainsi que d’une séance complaisante de félicitations collectives dans laquelle les acteurs se louangent tous les uns les autres. Plutôt agaçant. Pis encore est The Making of Runaway Jury (12 min), un segment promotionnel classique faisant d’avantage la promotion du film que l’analyse du tournage. On y résume l’histoire, aborde les thèmes principaux très en surface, et félicite les talents de chacun.

Les trois derniers documentaires s’attardent à des éléments précis de la production et s’avèrent beaucoup plus intéressant que les deux précédents. Shadow & Light : Cinematography (6min) est un segment qui analyse la photographie du film. Le directeur photo Robert Elswit et le réalisateur expliquent leur méthode de travail et leurs intentions quant à la conception de la photographie. A Vision of New Orleans : Production Design (5 min) nous offre une visite guidée des décors où l’on explique les particularités de plusieurs éléments de ceux-ci. Finalement, Rythm : The Craft of Editing (5 min) décortique le processus de montage du film.

Finalement, une bande-annonce pour le film Man on Fire est également disponible, mais pas celle de Runaway Jury… étrange…



Conclusion
Runaway Jury ne réinvente certes pas le genre, mais il offre une critique intéressante du système judiciaire et du contrôle des armes à feu. Techniquement, cette édition livre la marchandise. La qualité d’image est excellente, le mixage multi-canal anglais est une réussite, et les suppléments sont fort nombreux. Seule ombre au tableau, la qualité de ces derniers est plutôt inégale.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-02-11

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Runaway Jury

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
127 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, deux scènes commentées par Dustin Hoffman et Gene Hackman, scènes coupées avec commentaires optionnels, 5 courts documentaires.

Date de parution:
2004-02-17

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