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DVDEF

Cabin Fever (édition Christal Films)

Critique
Synopsis/présentation
Cabin Fever est le premier long-métrage de Eli Roth, un jeune acteur (qu'on a pu voir dans Citizen Toxie : The Toxic Avenger IV du célèbre studio Troma) et réalisateur de courts-métrages (dont on retrouve certains sur le disque DVD). Il s'agit d'un film d'horreur Gore dans la grande tradition de la série B.

Cinq jeunes décident de passer une semaine de vacances dans le chalet de la mère de l'un d'entre eux. Le groupe est composé de trois garçons et deux filles : un couple sexuellement actif, un couple plus platonique (qui se connaissent évidemment depuis l'enfance) et le crétin de service (James DeBello, impeccable dans ce rôle ingrat). Evidemment, le chalet se trouve au mileu d'une forêt, dans une campagne tellement reculée que les gens communiquent entre eux par radio. La composition du groupe, le décor, les voisins carrément bizarres et xénophobes tels qu'on imagine les Etats-Uniens du sud, tous les ingrédients de base sont là pour que l'histoire bascule comme prévu dans la violence et dans le sang.

L'horreur commence lorsqu'un vagabond, atteint d'une étrange infection qui fait saigner sa peau, vient leur demander de l'aide. Effrayés, il le repoussent et s'enferment dans le chalet. Le vagabond essayant de leur voler leur camion utilitaire, ils sortent pour essayer de l'effrayer. Dans le chaos qui s'ensuit, l'un d'eux met accidentellement le feu au pauvre hère qui s'enfuit. Les jeunes se croient alors en sécurité, même si le malheureux a recouvert leur véhicule de sang. Mais après avoir bu de l'eau contaminée, une des filles du groupe est atteinte de cette fièvre mangeuse de chair qui entraîne progressivement des blessures assez repoussantes sur toute la surface du corps.

Par la suite, la cohésion du groupe est évidemment mise à mal, la peur de la contamination entraînant des réactions irrationnelles chez certains d'entre eux. La suite va bien sûr les amener de Charybde en Scylla, leurs tentatives pour obtenir de l'aide se soldant à chaque fois par une nouvelle catastrophe. Après la montée progressive de la première moitié du film, et les morts violentes et particulièrement sanguinolentes se suivent à un rythme tout à fait réjouissant dans la seconde.
Le scénario, plutôt bien écrit et sans grande prétention, est servi par une réalisation efficace, un découpage rythmé et une musique omniprésente et à l'insistance parfois presque parodique. Il est à noter qu'Angelo Badalamenti (auteur du thème immortel de Twin Peaks) a composé quelques thèmes intéressants pour ce film.

Les acteurs, pour la plupart parfaitement inconnus, offrent une prestation tout à fait en rapport avec le type de film. Les jeunes sont parfaits dans le rôle de la bande de crétins dont on se doute dès le départ du destin funeste, avec toujours ce sens de l'exagération qui fait qu'on n'oublie jamais que ce film n'est pas à prendre très au sérieux. Les acteurs interprétant les habitants du coin perdu où se déroule l'histoire incarnent parfaitement les stéréotypes des sudistes américains.

Avec tout ce qu'il faut de scènes sanglantes, de morts violentes, de sexe et de mauvais goût, ce film atteint parfaitement sa cible. C'est horrible, totalement idiot et parfois très drôle (la scène du "Pancake !" restera dans les annales comme une des plus stupides de l'histoire du cinéma). Cabin Fever arrive bien entendu trop tard pour atteindre le statut de culte de Night of the Living Dead ou de Bad Taste, mais on sent que Eli Roth a révisé ses classiques avant de travailler sur cette oeuvre. On attend avec impatience de voir ce dont il est capable dans un genre plus sérieux : son prochain film, The Box, tiré d'une histoire de Richard Matheson, sera un film d'horreur nettemnt plus axé sur l'ambiance que sur l'hémoglobine.


Image
Cette édition offre une image au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La qualité d'image est tout à fait dans les standards actuels, ce qui est étonnant pour un film à petit budget comme celui-ci. Le rendu est d'une netteté satisfaisante et d'une grande propreté, offrant un très bon niveau de détail et des textures convaincantes. Les couleurs sont riches, et fidèles à ce qu'on a pu voir en salles. Le rendu général est assez chaud, faisant souvent la part belle aux tons beiges et orangés de la forêt, avec des rouges parfois bien vifs pour le sang (et pour quelques plans traités en bichromie noir et rouge). Aucun débordement n'est à déplorer de ce côté.
La brillance (niveau des noirs) et le contraste sont eux aussi impeccablement réglés, et ne subissent aucune variation durant le film. Les zones sombres offrent un niveau de détail comparable au reste de l'image, des dégradés fluides et des noirs profonds, avec un grain légèrement plus présent que dans les parties claires sans que cela soit gênant.

La partie numérique du transfert est au diapason de l'ensemble. Les problèmes de compression sont rarissimes et ont tendance à se confondre avec le très léger grain photographique de l'image. La sur-accentuation des contours reste très discrète, voire presque invisible la majorité du temps.


Son
Le film est proposé en version originale Anglaise ou en Français, les deux versions de la bande-son étant au format Dloby Digital 5.1. Des sous-titres sont proposés en Anglais, Espagnol et Allemand.

Comme pour l'image, le son de cette édition est de très bonne qualité. La dynamique est importante, sans être débordante, et le champ sonore est assez immersif et réaliste. La spatialité est soutenue par une utilisation judicieuse des canaux d'ambiophonie, aussi bien pour les ambiances que pour certains effets sonores. Les effets de transition sont réalistes, les mouches qu'on entend voler durant le générique d'ouverture en sont une belle illustration.
L'intégration des éléments composant cette bande-son est impeccable. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles, et la trame sonore, parfois très insistante (il s'agit là d'un effet de style qui colle tout à fait à l'esprit du film), offre fidélité et profondeur. Les effets sonores sont parfois un peu exagérés (sans atteindre les délires d'Underworld), mais là aussi cela contribue style du film.

Les fréquences en bas du spectre sont évidemment de la partie, de façon généralement judicieuse, soutenues lorsque nécessaire par le canal .1 (LFE).


Suppléments/menus
Fait assez rare pour être mentionné, les menus de cette édition sont uniquement en Français. Et au niveau des suppléments, le moins qu'on puisse dire est que nous sommes servis.

Pour commencer, le disque propose pas moins de cinq (oui, 5) pistes de commentaires audio. Il est à noter que la dernière n'est pas proposée dans les menus, et devra donc être sélectionnée pendant la lecture du film. Les quatres premiers commentaires sont, dans l'ordre, celui du réalisateur, celui des acteurs, celui des actrices et enfin celui des artisans. Le dernier met en vedette l'acteur Rider Strong. Le réalisateur, Eli Roth, est présent dans chacun d'entre eux, et sert en quelque sorte d'animateur pour les quatre où il n'est pas tout seul. Le début du commentaire avec les actrices est amusant, Eli Roth essayant de draguer la blonde Jordan Ladd avec la subtilité d'un bulldozer. De ces commentaires multiples et un peu potaches, le plus intéressant est celui des artisans, où aux explications du réalisateur viennent s'ajouter celles des producteurs et autres spécialistes qui ont travaillé sur ce film.

Le supplément le plus original est la version familiale du film. Si vous vous demandez a quoi peut bien ressembler la version familiale d'un film d'horreur gore mêlant sang, violence et un peu de sexe, voilà la réponse.
Une autre option dans le menu des suppléments, Chick-vision, permet de visionner le film amputé des scènes les plus horribles, pour ne pas traumatiser les spectatrices adolescentes.

Sous la peau (28:56) est un documentaire "making-of" assez complet et plutôt drôle. Bien des aspects sont couverts, de la pré-production du film aux effets spéciaux dégoûtants, et l'ambiance régnant sur le tournage est plutôt bien rendue. Il est amusant de constater que certains acteurs ont tendance à plus prendre le film au sérieux que le réalisateur lui-même. Des sous-titres Anglais et Espagnols sont proposés pour ce documentaire dont le son est proposé uniquement en Anglais.

Pancakes (1:46) est un clip hilarant montrant le jeune héros de la fameuse scène "pancake" en train d'enchaîner des mouvements de kung-fu.

The Rotten Fruit permet d'accéder à trois courts-métrages d'animation plutôt déjantés(trois épisodes d'une série) réalisés par Eli Roth. Une option permet de les regarder à la suite les uns des autres, pour une durée totale de 12:28.

La bande-annonce du film (1:30) est disponible en sélectionnant le logo Lion's Gate dans le menu principal.



Conclusion
Pour un film loin d'être inoubliable, nous avons droit à une édition d'un très bon niveau technique, agrémentée de suppléments pas toujours sérieux mais plutôt sympathiques. Les amateurs de films gore passeront un bon moment avec ce film drôle et sans prétention, avant d'enchaîner avec les suppléments les plus idiots (pancakes !). Ceux qui s'attendent à un film d'horreur traumatisant dans la lignée de Ring risquent d'être très déçus.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-02-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, Lecteur DVD Panasonic S25 / PC avec GeForce FX et WinDVD, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Cabin Fever

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
92 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Christal Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
5 commentaires audio, version familiale du film, documentaires, courts-métrages

Date de parution:
2004-01-20

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