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Kill Bill: Vol. 1

Critique
Synopsis/présentation
Comme l'indique l'affiche du film, Kill Bill : Vol. 1 est le quatrième film de Quentin Tarantino, après les célèbres Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Jackie Brown. Ce volume 1 est en fait la première partie d'un très long film, tellement long que Tarantino a préféré le sortir en deux parties (le volume 2 est sorti en salles la semaine de la sortie de ce DVD) plutôt que de devoir faire des coupes dans son oeuvre.

L'histoire du film se résume à peu de chose : il s'agit de la vengeance d'une femme (Uma Thurman), une ex-assassin connue simplement sous le nom de the Bride (la mariée), ou son nom de code au sein du Deadly Viper Assassination Squad, Black Mamba (les rares fois où son nom est prononcé, il est masqué dans la bande-son, son identité ne devant être révélée que dans le volume 2, sauf pour les plus observateurs). Elle cherche à se venger de son ancien patron, Bill (David Carradine, qu'on ne voit que par morceaux à l'écran), qui avec le reste du Deadly Viper Assassination Squad, s'est invité à son mariage dans le but de massacrer tout le monde, terminant par une balle dans la tête de la mariée, alors enceinte de quelques mois. L'idée du film est venue à Tarantino durant le tournage de Pulp Fiction, le personnage de The Bride et le synopsis ayant été développés par lui-même et Uma Thurman durant ce même tournage. Il en est d'ailleurs fait mention lors du générique de fin, où l'on peut lire Based on the character of 'The Bride' created by Q and U (basé sur le personnage de 'La Mariée', créé par Q et U), Q et U signifiant évidemment Quentin et Uma.

Alors qu'habituellement les films d'action laissent un peu de temps au spectateur avant de rentrer dans le vif du sujet, la scène pré-générique s'avère assez directe, il s'agit d'un plan presque fixe sur le visage tuméfié de La Mariée accompagné d'un effrayant monologue de Bill se terminant par la balle dans la tête de la mariée. La violence graphique extrême continue ainsi à travers tout le film, avec force meurtres et démembrements, culminant dans une scène incroyable de combat de sabre d'une durée de 20 minutes au cours de laquelle la mariée se trouve opposée à 88 ennemis dans un restaurant chic. Chorégraphiées par l'incontournable Yuen Wo-Ping (Matrix, Tigre et Dragon, Il était une fois en Chine), ces scènes de combat sont un vrai délire visuel extrêmement réussi, accompagné de nombreux hectolitres d'hémoglobine faisant presque oublier ceux du Dracula de Coppola.

Car s'il sagit d'un film extrêmement violent, Kill Bill n'est pas que cela. C'est aussi un hommage de Tarantino à tout ce qui a influencé son oeuvre, des bandes dessinées aux films d'action Hong-Kongais, en passant par les westerns et les dessins animés Japonais. Notons au passage la séquence animée sur la jeunesse de O-Ren Ishii (Lucy Liu), réalisée par le studio Japonais IG (Ghost in the Shell), qui est un petit chef d'oeuvre.

Les références innombrables présentes dans ce film en font presque un jeu. Que ce soit au niveau visuel ou dans les dialogues, Kill Bill est truffé de clins d'oeil aux classiques des genres cinématographiques chers à Tarantino, ainsi qu'aux films auquel il a pu participer (que ce soit ceux qu'il a réalisés ou d'autres auxquels il a participé comme acteur ou scénariste, comme From Dusk Till Dawn de Robert Rodriguez). L'accent de ce volume 1 est avant tout mis sur les films et autres séries télévisées mettant en scènes des samouraï. Sonny Chiba reprend ainsi le rôle de la nouvelle génération de Hattori Hanzo, qu'il avait tenu à plusieurs reprises (à chaque fois en étant un Hattori Hanzo d'une génération différente) lors des différentes saisons de la série Hattori Hanzô: Kage no Gundan (Shadow Warriors en anglais).

L'alchimie entre violence graphique et références culturelles innombrables, grâce à la maîtrise de Tarantino, fonctionne en fait très bien. L'interprétation est tout à fait appropriée, grâce à un casting comme toujours impeccable et au fait que manifestement, même s'il s'agissait d'un tournage très physique avec un réalisateur d'une exigeance démesurée, les acteurs ont pris plaisir à jouer dans ce film. L'ensemble ne risque de plonger personne dans des abymes de réflexion philosophique, bien au contraire : il s'agit là d'un pur divertissement, qui doit être pris comme tel, et s'avère franchement réussi dans le genre.


Image
L'image proposée par cette édition (au format respecté de 2.35:1 avec transfert 16:9) est tout à fait au niveau de ce qu'on attend d'un film à succès récent comme celui-là, c'est à dire très bonne.

La définition est très bonne, le rendu des détails et des textures étant de grande qualité, malgré le grain photographique parfois très présent qui donne alors à l'image un aspect très organique. Ce grain est particulièrement bien rendu et naturel, et offre à ce transfert un aspect cinématographique très intéressant.
Le rendu des couleurs est excellent, respectant le travail du directeur photo et de l'étalonnage tels qu'on a pu les admirer en salle. Notons que l'étalonnage change complètement d'une séquence à l'autre, toujours dans le but d'avoir une image rappelant généralement au maximum le genre auquel la séquence est en train de faire référence. En un clignement d'oeil, l'image peut ainsi passer du noir et blanc à la couleur, avant de basculer dans un éclairage bleuté de nuit américaine. Le passage d'une scène extrêmement sanglante en noir et blanc contrasté (alors qu'elle a originellement été tournée en couleur) a sans doute évité au film une interdiction en salles aux moins de 17 ans.
Le contraste et la brillance sont parfaitement réglés, ce qui est crucial pour un film aussi stylisé ou la moindre erreur aurait totalement gâché l'image, et ne varient pas de tout le film. Les parties sombres de l'image offrent des noirs très profonds et des dégradés fluides, avec des détails parfois tout à fait étonnants.

C'est la partie purement numérique du transfert qui laisse hélas un peu à désirer. En effet, la sur-accentuation des contours manque parfois franchement de discrétion et de subtilité et entraîne des halos sur de nombreuses scènes parmi les plus contrastées, ce qui est bien dommage.


Son
Les bandes-son proposées par cette édition sont : Anglais Dolby Digital 5.1, Anglais DTS 5.1 et Français Dolby Digital 5.1. Des sous-titres Anglais (pour sourds et malentendants), Chinois, Japonais, Coréens et Espagnols sont proposés.

C'est évidemment la version originale en DTS qui est le sujet de cette critique. Disons le tout de suite, la qualité est globalement excellente. La dynamique est impressionnante, tout comme la présence dégagée par cette bande sonore. Le champ sonore est particulièrement immersif, grâce à une utilisation judicieuse des canaux d'ambiophonie, qui servent aussi bien à l'étonnante trame sonore qu'aux effets sonores et aux effets d'ambiance. Les effets de transition que ce soit d'avant en arrière ou latéraux, sont particulièrement fluides et naturels. Les transitions lors des voyages en avion de La Mariée au Japon en sont un bel exemple.

Les effets sonores sont très efficaces, on reprochera juste une exagération des bruits de lame fendant les airs, qui devient presque fatiguante lors de la fameuse scène où The Bride affronte les Crazy 88, l'armée personnelle de O-Ren Ishii. Cette exagération des bruits de lame semble être un phénomène de mode, on retrouve le même travers dans les combats à l'arme blanche des deux dernies Matrix. La trame sonore, surprenante comme il se doit pour un film du grand Quentin, est superbement bien intégrée. Les dialogues le sont aussi, restant toujours parfaitement intelligibles, que ce soit en Anglais ou en Japonais (certains dialogues sont en effet en Japonais), et que ce soit dans une scène calme ou au beau milieu d'un combat sanglant.

Les basses fréquences sont bien présentes, aussi bien dans la trame sonore que dans les effets, et fort bien gérées, avec une utilisation judicieuse du canal .1 (LFE).


Suppléments/menus
Si les suppléments offerts sur cette édition simple disque ne sont pas pléthore (on déplore notamment l'absence de commentaire audio), on peut cependant s'attendre à ce que les éditeurs se rattrapent lors de la sortie prévisible du coffret rassemblant les deux volumes de cette fresque vengeresse.

Le supplément le plus important est sans conteste The Making of Kill Bill (22:05), un documentaire relativement intéressant malgré un ton commercial et plutôt complaisant. Le documentaire étant principalement fait d'interventions de Quentin Tarantino et des acteurs, on a l'occasion d'apprendre quelques anecdotes amusantes sur le tournage du film.

Un supplément amusant est 5,6,7,8's perform "I Walk like Jayne Mansfield" and "I'm Blue" (5:50), une performance du groupe pop dans le décor même où l'on les voit jouer dans le film (peu avant une scène de massacre d'anthologie.

Un sous-menu Tarantino Trailers permet d'admirer différentes bandes-annonces de films du grand Quentin : Reservoir Dogs (1:36), Pulp Fiction (2:40), Jackie Brown (2:18), Kill Bill vol.1 Teaser (1:50), un intéressant Kill Bill vol.1 Bootleg Trailer (2:33) et enfin Kill Bill vol.2 Teaser (0:58). Il est intéressant de voir toutes ces bandes-annonces de films du même réalisateur, car cela permet de saisir à quel point l'art de la bande-annonce est volatil et sujet aux effets de mode.



Conclusion
Ce film extrêmement divertissant et truffé de références bénéficie d'une édition d'un bon niveau, sans être extraordinaire. L'image est de bonne qualité malgré quelques défauts numériques et le son de très grande classe. C'est au niveau des suppléments que l'on reste un peu sur sa faim, mais on peut parier sans grand risque de se tromper qu'un coffret rassemblant les deux volets de Kill Bill sortira peu de temps après le second volume en DVD, et que celui-là comportera nettement plus de suppléments divers et variés. L'achat de cette édition ne s'annonce pas vraiment indispensable, à part pour les gens pressés qui aiment avoir les nouveautés dès leur sortie (à la façon des Lords of the Rings où il vaut mieux attendre l'édition étendue plutôt que de se précipiter sur la première édition.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-05-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, Lecteur DVD Panasonic S25 / PC avec GeForce FX et WinDVD, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Kill Bill: Vol. 1

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
111 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Documentaire (The Making of Kill Bill vol 1), bandes-annonces, performance musicale

Date de parution:
2004-04-13

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