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Serpent and the Rainbow, The - Wes Craven's

Critique
Synopsis/présentation
Wes Craven signe avec The Serpent and the Rainbow (1988) peut-être son meilleur film, en tout cas le plus éprouvant pour les nerfs car il a choisi un ton sérieux et abandonné le second degré de Nightmare on Elm Street (1984).

On y suit Dennis Allan (Bill Pullman), un scientifique aventurier qui part à Haïti pour le compte d'un grand laboratoire pharmaceutique afin de tenter d'en ramener les secrets de la poudre qui transforme certains haïtiens en zombies. Sur place, il se heurtera aux brutales forces de l'ordre locale, les tontons macoutes, et à leur chef Dargent Peytraud (Zakes Mokae), un puissant prêtre vaudou. Il sera aidé dans ses recherches par une jeune et jolie médecin, Marielle Duchamp (Cathy Tyson), et un autre prêtre vaudou très respecté sur l'île, Lucien Celin (Paul Winfield).

Le scénario est inspiré du livre éponyme de Wade Davis et joue très habilement sur un mélange de réalisme (Haïti et ses problèmes) et de situations purement fantastiques liées au culte vaudou.
Les personnages ne sont pas très développés au niveau psychologique mais leur évolution et leurs traits de caractère bien définis en font des héros de film fantastique classiques. Par contre, la situation locale particulière d'Haïti est très travaillée, cela ayant d'ailleurs posé des problèmes à Wes Craven lors du tournage sur place. De même, la spécificité de ce peuple au carrefour de plusieurs cultures mais en premier lieu relié au vaudou est très bien exploitée.

La mise en scène nerveuse de Wes Craven rend à la perfection la tension permanente de la situation de cet Américain venu en Haïti même pour voler les secrets du vaudou. Il instille un climat très tendu et cela uniquement en se préoccupant de décrire la vie sur l'île et sa situation politique. Lorsqu'il a recours à de brefs mais extrêmement efficaces scènes mettant en jeu des éléments purement fantastiques, il cloue littérallement le spectateur à son fauteuil. Il a eu l'intelligence de changer la représentation classique du vaudou à l'écran (gri-gris ou autre poupées). Au contraire de cela, il crée des images glaçantes et terrorisantes car elles s'adressent directement à nos peurs profondes. Son sens du montage et son habileté à ne montrer que ce qui est nécessaire est un autre des atouts du film.

Les acteurs nous offrent tous de solides prestations, rendant leurs personnages crédibles. Une mention spéciale doit être donnée à Zakes Mokae qui campe un des méchants les plus effrayants du cinéma fantastique, sachant utiliser son visage si particulier pour créer des images d'horreur. De même, Bill Pullman est un scientifique tourné vers le paranormal tout à fait réaliste et sa spécificité en tant qu'Américain en plein Haïti est bien restituée.

Il est donc dommage que Craven ait comme à sa malheureuse habitude cédé aux sirènes du grand public et incorporé des éléments amoindrissant l'impact du film. Le personnage de Louis Mozart (Brent Jennings) est en effet inutilement blagueur et décrédibilise l'ensemble car il est un personnage important du film. Mais cela n'est rien comparé au final qui malheureusement abandonne toute la mécanique d'équilibriste (entre fantastique et réalisme) mise en place durant tout le film, pour se contenter d'un final des plus convenus qui n'est malheureusement qu'un classique happy end "à l'américaine" qui n'a rien à voir avec la noirceur du reste du film.

Hormis les défauts susmentionnés, voila un film fantastique pur jus qui nous offre une vision réalsite du phénomène vaudou et de la situation en Haïti dans les années 80. Craven y démontre son talent de réalisateur de films effrayants qui ont malheureusement du depuis se frotter au cynisme en vogue qui a depuis détruit la credibilité et l'impact de tant de films qui n'en réhaussent que plus le prix de ce "petit" film.



Image
L'image est proposée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de bonne qualité variant un peu selon les scènes mais restant toujours correcte (sauf pour la scène d'ouverture). L'interpositif est propre laissant tout de même passer un grain excessif lors de certaines scènes (l'introduction).
La finesse des détails est elle aussi variable, ne descendant jamais en dessous d'un certain niveau, mais atteignant une excellente qualité par moments.
Les couleurs sont bien restituées, éclatantes ou atténuées selon les besoins du film. Elles sont naturelles, constantes et bien saturées.
Le contraste est impeccablement géré, évitant toutes les brillances.
Les scènes sombres sont impeccablement rendues grâce à des noirs suffisamment profonds et purs. La qualité des dégradés est souvent excellente, permettant de bien restituer les détails du décor et le travail sur la photographie.

La partie numérique du transfert est irréprochable, ne générant aucun défaut artificiel digne d'être relevé.
Un transfert surprenant de qualité pour un "petit" film et qui malgré ses quelques scories (grain excessif en début de métrage), propose une image très agréable qui rend bien justice à l'oeuvre.


Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby 2.0 surround), Français (Dolby 2.0 surround) et Espagnol (Dolby 2.0 surround).

La dynamique est naturellement limitée par le format des trois bandes-son mais dans ce cadre elle s'avère bonne. La présence et la spatialité sont d'excellent niveau pour du Dolby Pro-Logic.
La musique est impeccablement rendue mais parfois mixée un peu trop fort par rapport au reste de la bande-son sans pour autant que cela ne devienne jamais vraiment gênant.
Le déploiement du champ sonore est très efficace par moments et plus mitigé sur le reste du film. Les enceintes arrières sont peu utilisées mais toujours de façon fort efficace lors des passages "chocs". Le reste du temps, c'est la musique qui en profite le plus.
Les dialogues restent toujours intelligibles malgré des scènes où la musique peut les couvrir un peu. Hormis cela, ils ne sont jamais parasités ou distordus et ce même à fort volume.
La gestion des basses fréquences est correcte mais forcément limitée par le format, faisant regretter l'absence d'une bande-son multicanal avec un canal dédié.
Les deux versions doublées ont un rendu plus étouffé et leur doublage amoindrissent considérablement la crédibilité du film et donc son impact.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son de qualité qui n'atteint cependant pas le même niveau que l'image. De plus, un remixage 5.1 aurait permis d'offrir à cette bande-son un plus non négligeable en punch et en grave ce qui est un élément important en matière de films fantastiques. Néanmoins, nous sommes satisfaits du résultat présent qui est à lier au fait qu'il s'agit d'une édition minimaliste et "économique".


Suppléments/menus
Une section malheureusement déserte à l'exception d'une bande-annonce de qualité moyenne et de recommendations pour d'autre films de Wes Craven.
Ce film appelle pourtant un commentaire audio de son auteur, ne serait-ce que pour le replacer dans son contexte historique et politique ou raconter un tournage qui a du être pour le moins épuisant.



Conclusion
Une édition plutôt réussie car la bonne qualité de l'image compense les petits défauts, la bande-son et l'absence regrettée de suppléments.
Un vrai film fantastique réalisé dans le but de faire sursauter et trembler ses spectateurs et qui y réussit admirablement. Il est d'ailleurs dommage de voir que Wes Craven s'est depuis adonné plus que de raisons à l'utilisation du second degré et de la dédramatisation de ses oeuvres fantastiques ultérieures et que celles-ci ont fortment perdu en impact et efficacité.

Donc, The Serpent and the Rainbow est une oeuvre fort efficace qui ne fait de concessions que sur sa toute fin et par conséquent nous le conseillons vivement à tous les amateurs de fantastique et à tous ceux qui ont été déçu par Wes Craven.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,1/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-01-29

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Serpent and the Rainbow, The

Année de sortie:
1987

Pays:

Genre:

Durée:
108 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce, recommendations

Date de parution:
2003-09-23

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