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DVDEF

Hud

Critique
Synopsis/présentation
Martin Ritt est un réalisateur à la carrière inégale, dont le film le plus célèbre est Hud (1963), qui fut parmi les premiers à engager le Western dans une direction plus psychologique et intellectuelle.
Hud (Paul Newman) est le fils rebelle d'un propriétaire de Ranch, Homer Bannon (Melvyn Douglas). Il est un écorché vif, suffisant mais séduisant, qui refuse tous les compromis et n'en fait qu'à sa tête. Sa tendance à l'autodestruction (alcoolisme, relation avec des femmes mariées) et sa conception très cynique de la vie le mettent en conflit avec son père.

La trame du film est beaucoup plus proche de celle d'un drame familial que de celle d'un Western classique. Pourtant les problèmes des Bannon et la bêtise stupéfiante de Hud découlent directement de leur situation de Cowboys et des conditions de vie et traditions liées à cette activité.
Ainsi Hud est un Western mais pourtant n'en est pas vraiment un. C'est d'ailleurs cela qui gêne dans ce film un peu bancal, l'indécision du réalisateur ne sachant dans quelle direction emmener son film. Les passages, esthétiquement réussis, concernant les grands espaces, les cheveaux et les boeufs sont réussis et s'avèrent intéressants au niveau dramatique, justifiant de façon efficace la colère et la haine de Hud. Dès lors que l'action retourne "en ville", le film se fait plus empesé, plus lourd et le comportement de Hud rappelle celui de beaucoup de petites frappes sans intérêt et toutes les justifications et les directions amenées par les scènes en extérieur volent en éclat.
Le personnage de Hud aurait pu être réellement passionnant et poignant, à l'instar de celui de James Dean dans Rebel Without a Cause (de Nicholas Ray, 1955), auquel son traitement et l'interprétation de Newman font d'ailleurs furieusement penser. Malheureusement le manichéisme le plus primaire vient parfois simplifier le personnage de Hud, lui retirant l'intérêt majeur qu'il aurait pu présenter, une tentative d'explication du malaise qui envahissait alors la jeunesse américaine.
Au lieu de cela, Hud est en rebellion contre son père, son métier et sa façon de concevoir la vie, et en conséquence il se conduit comme un idiot prétentieux et finira par payer le prix de sa bêtise (trop souvent considérée d'ailleurs comme une simple différence par les autres habitants de la ville qui tolèrent étonnamment bien ses frasques incessantes).
De même, les personnages de son père et de son neveu sont d'une unidimensionnalité vraiment regrettable tant leurs relations auraient pu nous offrir un drame familial des plus intenses et poignants. Hors, aucune surprise n'est présente et ce aussi bien dans leurs réactions personnelles que dans leurs interactions.
Seul le personnage de la bonne à tout faire, Alma Brown, incarnée par l'excellente Patricia Neal, est surprenant et apporte une touche novatrice au film. Sa relation avec la famille, son franc parler et ses manières libérées font qu'elle apporte un contrepoint vivant et insaisissable aux figures classiques et manichéennes du reste de la famille Bannon. Son refus de succomber au charme de Hud est surprenant mais ce qui l'est encore plus, c'est qu'elle lui avouera après coup son attirance très forte envers lui.

La mise en scène de Martin Ritt est plutôt conventionnelle et classique mais elle est heureusement mise en valeur voire même magnifiée par l'incroyable photographie de l'immense James Wong Howe. Ritt se contente en bon artisan d'illustrer son propos, et son absence de point de vue et de style auraient pu servir l'histoire si celle-ci ne présentait pas déja les mêmes caractéristiques. La photographie très contrastée de Howe offre un certain style au film et permet au spectateur d'admirer de superbes images.

Magré tous les reproches que nous venons de faire à ce film, il faut tout de même avouer qu'il n'est jamais ennuyeux et que les superbes performances de Newman et Neal compensent celles beaucoup moins intéressantes de Brandon de Wilde et Melvyn Douglas (handicapés par des rôles ingrats et manichéens). Le parcours de Hud se suit donc très aisément et l'on se surprend parfois à vouloir comprendre les raisons de ses problèmes qui le conduisent à agir aussi inconsidérément. Si le scénario fournit des justifications qui s'avèrent intéressantes sur le moment, le film n'est plus aussi solide lorsqu'on y repense après le visionnage.
Une oeuvre en demi-teinte qui bénéficie d'une excellente réputation aux Etats-Unis, que nous avons tempérée par nos remarques, mais il faut lui reconnaître sa qualité d'être parmi les premiers Westerns psychologiques qui revolutionneront le genre américain par excellence.


Image
L'image est présentée au format resppecté de 2.35:1.
La définition générale est d'un bon niveau même si l'on peut observer de grosses (mais furtives) fluctuations à ce niveau-là. Hormis la scène d'introduction qui s'avère très poussiéreuse, l'interpositif est propre, ne laissant passer qu'un peu de grain et quelques points et traits qui ne s'avèrent jamais gênants. La finesse des détails est par contre excellente et particulièrement sur les gros plans, marquant le pas sur les paysage filmés en scope.
Le contraste est remarquablement géré, évitant toutes les brillances.
Les scènes sombres sont impeccablement rendues grâce à des noirs suffisamment purs et profonds. L'échelle de gris est superbement rendue, permettant de profiter au maximum de la splendide photographie de James Wong Howe.

La partie numérique est à la hauteur, ne laissant échapper que de légers fourmillements sur le ciel. Un beau transfert qui se montre un peu juste au niveau définition sur certains plans mais assure une restitution mangifique de la photographie.


Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 1.0 mono) et Français (Dolby Digital 1.0 mono).

La dynamique de la piste multicanal est de bon niveau. Sa présence et sa spatialité sont indéniables mais apparaissent souvent suramplifiées par rapport au besoin du film et par conséquent il en résulte un rendu artificiel.
La musique est impeccablement restituée et parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont peu mises à contribution hormis pour la musique et quelques effets précis qui sonnent alors déplacés.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les parasites ou distortions réduits à leur minimum et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sont bien évidemment anecdotiques, n'apportant qu'un léger surplus d'assise à la musique du film lorsque nécessaire.
La bande-son monophonique anglaise est de loin préférable, sachant rester dans des limites raisonnables en terme de spatialité et se montrant moins aggressive et inutilement hypertrophiée que la bande-son multicanal.

La qualité du doublage français (Dolby mono) parvient à nouveau à diminuer l'impact du film par des doubleurs mal choisis et des traductions plus qu'approximatives.
Les sous-titres (cc) sont disponibles en Anglais uniquement.

Une bande-son multicanal qui dénature un peu le film par une restitution trop emphatique de celui-ci, mais heureusment la bande-son monophonique est là pour remonter le niveau et proposer un excellent rendu.


Suppléments/menus
Une édition totalement dépourvue de quelque supplément que ce soit.



Conclusion
Une édition minimaliste mais à la partie audio et vidéo adéquate.

Un curieux film qui hésite en permanence entre la dénonciation du style de vie et de comportement de son héros et sa glorification. Newman se montre absolument remarquable dans le personnage de Hud, mais se trouve handicapé par un rôle par trop manichéen. Ritt semble ne pas trop savoir où il veut mener ses spectateurs, mais la photographie est splendide et Patricia Neal un second rôle féminin passionnant.
Un Western qui n'en est pas vraiment un, un drame qui se cherche, ce "classique" mérite un visionnage pour les amateurs du genre.


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-01-11

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Hud

Année de sortie:
1963

Pays:

Genre:

Durée:
111 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Allemand Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Aucun

Date de parution:
2003-12-02

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