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DVDEF

Escape from New York (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Escape from New York est le film qui verra la deuxième création d'un mythe cinématographique tenace par John Carpenter, après Halloween et Michael Myers, ici Snake Plissken deviendra l'anti-héros rebelle le plus célèbre et le plus imité après Clint Eastwood dans ses rôles pour les films de Sergio Leone.

En 1981, l'année 1997 était un futur encore lointain et heureusement les prévisions de Carpenter et Nick Castle ne se sont pas révélées exactes. Ainsi, l'île de Manhattan à New York est encerclée d'un haut mur de sécurité et surveillée par la police de New York, alors devenue une véritable armée. Elle sert de pénitencier géant et autonome où les prisonniers sont totalement livrés à eux-mêmes. Le célèbre hors la loi Snake Plissken (Kurt Russell) est capturé et doit être transféré dans cette prison au moment même où l'avion du Président des États-Unis (Donald Pleasance) est crashé au beau milieu de l'île par les terroristes qui l'ont détourné.
Le directeur de la prison, le peu commode Bob Hauk (Lee Van Cleef), voyant ses manoeuvres pour récupérer le Président vaine, est contraint de passer un marché avec Plissken. Il prend soin de lui injecter deux bombes minuscules dans le corps avant de lui offrir 23 heures pour ramener le Président et sa précieuse malette hors de la prison, dans laquelle il sera livré à lui-même. Plissken accepte, se sachant de toute façon condamné à passer le reste de ses jours dans cette même prison s'il refuse. Commence alors une très étrange et mouvementée aventure pour cette légende que tout le monde connaît et croyait mort.

Sur ce canevas basique de Western matiné d'anticipation, Carpenter en bon artisan du cinéma brode une série B inaltérable (si ce n'est par son aspect visuel) et ce malgré les faibles moyens à sa disposition. Plissken est un héros extrêmement charismatique, dépositaire d'une attitude "cool" et rebelle héritée des grands héros du Western, habilement modernisée par Carpenter et impeccablement interprétée par un Kurt Russell qui visiblement s'amuse beaucoup.
Carpenter ne cherche jamais à gonfler artificiellement les ambitions de son film, et cela est agréable en ces temps d'oeuvres boursouflées de suffisance. Les tenants et aboutissants sont simples et définis dès le début du film, ainsi c'est à un véritable film d'ambiance que nous assistons, et quelle ambiance. Malgré son très faible budget, Carpenter réussit à nous faire croire à un Manhattan dévasté et livré aux individus de la pire espèce qui gèrent leur détention de façon totalement autonome. Le fait d'avoir filmé de nuit lui permet de nous offrir des images superbes dans un scope éclatant mais aussi de procurer une dimension fantastique à son film (la séquence où Plissken est poursuivi par les "fous" vivants dans l'ancien métro).
Les personnages sont tous visiblement d'inspiration bande-dessinée et cela confère un second degré réjouissant à tout le film tout en réussissant l'exploit de ne pas détruire l'ambiance oppressante si savamment mise en place par Carpenter par le biais de sa mise en scène et de sa musique.

Il n'y a pas d'enjeu à proprement parler dans le film, ni aucune leçon à en retirer et c'est cela qui lui a permis de bien passer l'épreuve du temps. En effet, à part l'aversion plus qu'évidente de Carpenter pour toute forme d'autorité, le film se résume à des scènes d'action entrecoupées de scènes plus statiques où l'ambiance des lieux prend le dessus.
Grâce à ses interprètes ayant tous décidé de jouer le jeu de la série B musclée mais intelligente, Carpenter remporte son pari risqué et le film se tient grâce à son talent naturel pour composer un fragile équilibre entre les divers éléments le composant.

C'est en étudiant les classiques des grands maîtres et en retirant des leçons de mise en scène et d'efficacité dans la progression dramatique que Carpenter arrive à un tel résultat. De plus, sa modernisation réussie des mythes du Western (le héros mythique que tout le monde croyait disparu) lui permet de se réapproprier totalement son matériau et de donner naissance à un héros de cinéma inoubliable de par son charisme et son nihilisme forcené.

Bien que le film soit vraiment ancré dans son époque et que beaucoup de ses éléments soient aujourd'hui très datés, ou du moins symboliques d'une période, il fonctionne toujours aussi bien aujourd'hui pour peu que le spectateur sache faire abstraction de ces spécificités qui ont d'ailleurs plus tendance encore à renforcer le second degré.
Les faiblesses du scénario sont sans problèmes compensées par la maestria visuelle de Carpenter, et son habileté à créer des musiques simples (et répétitives) et efficaces est un des autres atouts du film.

Voila une oeuvre qui a besoin de la connivence des spectateurs pour fonctionner à plein régime et il est certain que si vous êtes réfractaire à un univers d'anticipation, aux films sombres, aux héros caricaturaux (mais cela est revendiqué) et à l'esprit série B, vous pouvez passer votre chemin.
Par contre, si vous appréciez d'un manière générale le cinéma de Carpenter, les Westerns et les qualités précitées, vous pouvez vous jeter sur cette superbe édition qui comblera sans soucis du néophyte jusqu'à l'amateur éclairé.



Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La défintion générale est de bien meilleur niveau que celui des précédentes éditions mais reste limitée par rapport à un film actuel du fait des procédés de tournage et d'éclairage. L'interpositif est presque immaculé et seul un peu de grain, à nouveau du aux conditions de tournage, se montre lors de quelques scènes. La finesse des détails est bonne sur les gros plans et plans rapprochés mais chute lors des plans larges de nuit, cela étant sans aucun doute imputable aux pellicules de l'époque alors moins efficaces en très basses lumière.
Les couleurs sont bien gérées, toujours constantes, relativement bien saturées et parfaitement naturelles. Seul un aspect très légèrement passé vient nous rappeler que nous sommes en présence d'un film des années quatre-vingt.
Le contraste est de haut niveau, évitant tous les brillances.
Le rendu des scènes de nuit est absolument excellent en partie grâce à des noirs vraiment purs et profonds. Les dégradés sont réellement de bonne qualité, ce qui permet d'apprécier la superbe et très travaillée photographie du fidèle collaborateur de John Carpenter, Dean Cundey.

La partie numérique du transfert est à la hauteur et seule une sur-accentuation des contours est visible sur quelques plans sans toutefois jamais devenir gênante. Cela est une performance étant donné la difficulté de bien rendre les films sombres sur support vidéo, d'autant plus lorsque leur budget était aussi petit que celui d'Escape from New York.
Un transfert de bonne qualité qui, s'il n'atteint pas une illusoire perfection, propose sans aucun doute la meilleure qualité possible pour un tel film.


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby Digital 1.0 mono).

La bande-son multicanal anglaise offre une dynamique assez limitée, ce qui paraît logique sachant que la bande-son dont elle est tirée était monophonique. Sa présence et sa spatialité sont correctes mais s'avèrent limitées de par l'origine de la bande-son.
La musique est fort bien rendue profitant d'un environnement surround pour prendre une ampleur qui lui réussit vraiment dans son rôle atmosphérique. Elle est par ailleurs impeccablement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont peu utilisées mais elles le sont de façon directionnelle et du coup réussissent toujours leur mission de surpise du spectateur lors de certains moments clés. Il est à noter que sans être exceptionnelle, une telle utilisation des surround pour un remixage provenant d'une bande-son monophonique de départ est plutôt réussie malgré l'aspect artificiel que cela peut donner parfois.
Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et les parasites et distortions sont totalement absents quel que soit le volume d'écoute.
Les basses fréquences sont plutôt bien gérées même si elles profitent beaucoup plus à l'efficacité de la musique minimaliste de Carpenter qu'aux effets ou à l'ambiance générale du film.

La bande-son monophonique française est de qualité mais le fait qu'elle ne soit pas en multicanal lui fait perdre beaucoup d'impact et la qualité du doublage est à nouveau à déplorer.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son plutôt réussie même si il apparaît que le résultat global aurait pu être plus travaillé au niveau de la dynamique et d'une certaine artificialité des effets qui n'en restent pas moins efficaces.


Suppléments/menus
Une section complète et plutôt intéressante répartie sur deux disques.

Sur le disque du film sont proposés deux commentaires audio. Le premier date de l'époque du Laserdisc et nous permet de suivre une longue conversation entre John Carpenter et Kurt Russell, qui se remémorent de nombreuses anecdotes à propos du tournage. Les deux hommes s'entendent à merveille et par conséquent, malgré un manque réel d'intérêt par moments, on ne s'ennuie jamais en écoutant ce commentaire du fait de la bonne humeur communicative des intervenants. L'ensemble est donc plaisant mais manque de réelle discussion sur le style ou les décisions stylistiques de Carpenter, préférant rester léger et en surface.
L'autre commentaire, réalisé par Debra Hill et Joe Alves, est bien évidemment beaucoup plus aride et conventionnel dans sa présentation mais offre l'avantage de donner plus de détails importants et de bien les intégrer au déroulement du film même si certains éléments sont redondants avec les explications de Carpenter.

Sur le second disque sont rassemblés des documentaires, une scène coupée, un galerie de photos, une galerie de bandes-annonces et une bande dessinée.
Le documentaire de vingt-quatre minutes intitulé "Return to Escape from New York" est relativement intéressant mais s'avère beaucoup trop guindé et classique dans sa forme. De plus, de nombreuses informations y sont redondantes avec celles delivrées dans les commentaires audio.
Cependant, il reste un documentaire agréable à regarder même si un peu trop court et parfois d'un ton autocongratulatoire certes sincère mais assez appuyé.
Vient ensuite la fameuse et mythique scène d'introduction du film dans sa durée intégrale (10 min 51 s) et proposée avec ou sans un commentaire de la part de Kurt Russell et John Carpenter. Suite à leurs explications, il est préférable que cette scène n'ait pas été intégrée dans le film par le biais d'un procédé d'aiguillage automatique (Seamless Branching) car elle ne correspond pas à la volonté de Carpenter et aurait amoindri l'impact du personnage de Snake Plissken.
Puis est proposé un texte qui concerne la création du "comic book" également proposé avec ce titre DVD ainsi qu'un curieux et à vrai dire inutile montage de scènes du film centré sur Plissken et agrémenté d'une nouvelle musique.
Pour finir est offert un ensemble plus classique composé d'une galerie photo, une galerie de bandes-annonce du film ainsi que d'autres films de la MGM (The Terminator, The Fog, Jeremiah).
Pour finir est proposé le premier numéro de la bande dessinée ayant pout héros Snake Plissken et produite par Carpenter lui-même.
Il faut souligner le magnifique emballage de cette édition, à la face avant en relief et permettant de ranger les deux disques DVD et la bande-dessinée, le tout dans un design superbe et totalement dans l'esprit du film. Il en est de même pour les menus très bien animés sur fond de la musique du film retravaillée et en 5.1.

Un ensemble un poil décevant par rapport à ce que l'on espérait (sans doute à tort), mais qui propose néanmoins un grand choix d'informations très intéressantes et un design général de l'édition absolument magnifique.



Conclusion
Une magnifique édition DVD pour une oeuvre qui n'en méritait pas moins. La qualité audio et vidéo a fait un réel bond en avant par rapport aux précédentes éditions, les suppléments sont complets et plutot bien faits et l'emballage s'avère tout simplement magnifique.

Un achat grandement recommandé aux amateurs de Carpenter et de son film qui ne regretteront absolument pas leur achat d'autant plus que le prix de vente est tout à fait correct au vu des prestations offertes.
Un film inspiré ouvertement du Western que Carpenter sut habilement et intelligemment mixer avec des éléments d'anticipation. Sa maestria habituelle lui permet de compenser son faible budget et son scénario psychologiquement léger et d'offrir une vraie série B, efficace et marquante.
Un achat obligatoire pour tous les amateurs du film et de Carpenter en général, qui permet enfin de redécouvrir le film dans les conditions souhaitées par le cinéaste.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
3,3/5

Rapport qualité/prix:
4,1/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-01-04

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Escape from New York

Année de sortie:
1981

Pays:

Genre:

Durée:
99 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
2 commentaires audio, un documentaire sur le film, un documentaire sur la BD, un exemplaire du premier numéro de la BD Snake Plissken, une scène coupée, montage d'images du film et galerie de bandes-annonces

Date de parution:
2003-12-16

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