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DVDEF

Wes Craven's The People under the Stairs

Critique
Synopsis/présentation
People under the Stairs marqua le retour de Wes Craven sur le devant de la scène du cinéma fantastique/horreur au début des années quatre-vingt dix.

On y suit un jeune noir du ghetto voisin, Fool (Brandon Adams), se faire entrainer dans un cambriolage afin d'éviter la mise à la porte de leur logement car sa mère et sa soeur ne sont plus en mesure de payer le loyer. C'est le petit ami de sa soeur, Leroy (Ving Rhames), qui lui propose d'aller cambrioler ces mêmes propriétaires afin de pouvoir payer ce loyer. Mais lorsqu'ils s'introduisent dans la maison en compagnie d'un complice, ils s'aperçoivent vite que celle-ci n'est pas une demeure ordinaire. Dad (Everett McGill) et Mom (Wendy Robie) sont un frêre et une soeur dégénérés et anthropophages, qui maintiennent en captivité dans leur sous sol d'étranges créatures auxquelles va se retrouver confronté le courageux Fool. Il rencontrera, lors de sa tentative d'évasion de cette maison qui se revèle être une véritable forteresse, Alice (A.J. Langer), une jeune fille terrorisée qui se présente comme la fille du couple de fous, ainsi qu'un curieux garçon qui vit dans les murs de la maison. Il promettra alors à la jeune fille de revenir la sauver.

Craven a, suivant son habitude, construit un curieux scénario hybride qui fait le grand écart entre ses débuts cinématographiques violents et psychologiquement très gênants, et sa future réalisation de Scream où il s'adresse clairement au grand public en délaissant l'aspect malsain de son cinéma. C'est cette volonté de toucher un public le plus large possible tout en restant fidèle à ses premières amours qui fait de lui un cinéaste intéressant mais marque également les limites de son système. Traité de façon réaliste et méchante, People under the Stairs aurait pu être un des films les plus effrayants et traumatisants qui soient et sa volonté de le relier à une certaine conscience sociale et d'intégrer des éléments totalement incohérents et grand public (la révolte finale du ghetto) font que le film perd de son efficacité pour gagner en audience.
Heureusement, la folie fascine toujours autant Craven et son couple de frêre et soeur complêtement déjantés, adultères et anthropophages est une veritable réussite. Mais il ne traite qu'en surface les personnages pourtant fascinants et véritablement mystérieux des habitants de leur cave, ainsi que celui de leur fille qu'ils torturent psychologiquement de la façon la plus horrible possible.
Toute l'attention de Craven est reportée sur son jeune héros qui est heureusement incarné de brillante façon par Brandon Adams. Toutes les scènes extérieures à la maison sont beaucoup plus banales et convenues que celles se déroulant à l'intérieur. Cependant, la dernière demi-heure est une succession constante de retournements de situations peu crédibles qui ternissent un peu la réussite évidente de la première heure et du climat qu'avait réussi à instaurer Craven.

Quelques grands moments de folie furieuse sont présents dans un film par ailleurs plutôt sage sur l'horreur graphique, tels les déambulations du fabuleux Everett McGill en tenue sado-maso arrosant les murs de décharges de fusil à pompe et hurlant des insanités sans raison apparente. De même, la folie non dissimulée de Wendy Robie font de ce couple peu recommendable l'un des plus incroyables vus à l'écran.
Il ne manque à ce film qu'une véritable direction qu'aurait dû conserver Craven sans tenter de plaire à tout le monde, ce qui fait qu'au bout du compte, le film est plaisant mais n'enthousiasmera ni les fans d'horreur par son côté édulcoré, ni vraiment le grand public du fait de l'aspect malsain de la plupart des situations présentées à l'écran.
Heureusement, le second degré et un humour bien senti viennent au secours du film. S'ils atténuent encore la peur qu'aurait pu générer celui-ci, il l'entrainent dans une direction réjouissante qui ce coup-ci contentera toutes les catégories de spectateurs pour peu qu'ils goûtent l'humour noir et saignant.

Une oeuvre hybride qui ne trouve jamais vraiment son ton mais que la perfection technique imposée par Craven ainsi que la folie des situations et interprêtes permet d'apprécier sans véritable retenue.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.
La définition générale est de bon niveau et surtout très constante. L'interpositif est très propre et seuls quelques rares traits ou poussières font discrètement leur apparition en cours de film.
Les couleurs sont bien gérées, toujours naturelles et constantes et ce malgré les nombreuses scènes très sombres.
Le contraste est lui aussi d'un niveau très appréciable et évite toutes les brillances.
Les parties sombres sont fort bien rendues et ce grâce à des noirs purs et profonds. L'excellente qualité des dégradés permet une restitution impeccable de la photographie torturée de Sandi Sissel.
La partie numérique est un peu plus faible, laissant regulièrement voir une sur-accentuation des contours mais dans des limites non gênantes, et quelques traces de compression.
Un transfert d'une qualité globale correct ce qui est l'essentiel pour un film comme celui-ci, surtout que la photographie sombre et les nombreux passages nocturnes n'ont pas facilité les choses.


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 2.0 surround) et Espagnol (Dolby Digital 1.0 mono).
La dynamique de la bande-son anglaise est plus que correcte surtout pour un mixage Dolby Surround de 1991. Sa présence et sa spatialité sont d'un niveau équivalent, valable pour l'époque mais limité par le format de la bande-son.
La musique est impeccablement rendue et plutôt bien intégrée au reste de la bande-son même si elle a parfois tendance à être plus forte en volume que les autres éléments de la bande-son.
Les enceintes arrières sont très peu utilisées mais le sont généralement de belle façon (malgré la réponse limitée en fréquence des enceintes arrière en Dolby Surround) et surtout pour quelques effets ponctuels.
Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et les traces de distortions ou parasites sont très limitées et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sont elles parfaitement bien gérées pour une bande-son sans canal dédié et cela renforce grandement l'impact de ce film sur le spectateur comme dans tout bon film d'horreur qui se respecte.
La bande-son espagnole est vraiment anecdotique car très limitée par son format et le fait qu'elle soit doublée.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son qui n'a strictement rien de révolutionnaire mais qui remplit néanmoins parfaitement son office en l'état. Il est certain qu'un remixage 5.1 aurait été souhaitable mais nous sommes satisfaits de cette bande-son en l'état.


Suppléments/menus
Aucun supplément n'est disponible sur cette édition hormis une simple recommendation pour deux autres films de Wes Craven : Shocker et The Serpent and the Rainbow.
Cela est en accord avec la politique de l'éditeur sur ses éditions économiques. On aurait néanmoins bien aimé en savoir plus sur les secrets de fabrication de ce film et les véritables intentions de Craven.



Conclusion
Une édition malheureusement complètement vide de suppléments mais cette absence est compensée par une qualité audio et vidéo correcte même si l'ensemble n'atteint pas des sommets pour autant.
Un film curieux comme la plupart de ceux de son auteur, curieux par sa capacité à passer d'éléments graphiquement et psychologiquement très violents à des scènes beaucoup plus grand public, à la limite de la naïveté totale.
A l'instar de Shocker, on a l'impression que Craven est passé à côté de nombre d'éléments passionnants juste effleurés par son traitement, mais en revanche il nous offre des scènes d'une violence, d'une sauvagerie et d'une folie tout à fait salutaires pour le cinéma grand public.
L'intrigue se tient plutôt bien, les acteurs sont très convaincants et la réalisation épouse la folie de ses protagonistes.
Un petit film d'horreur intelligent qui passe peut-être à côté de son vrai sujet mais nous réjouit par de nombreux passages irrévérencieux.


Qualité vidéo:
3,3/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-12-29

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
People under the Stairs, The

Année de sortie:
1991

Pays:

Genre:

Durée:
103 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
aucun

Date de parution:
2003-10-07

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