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DVDEF

Last House on the Left, The

Critique
Synopsis/présentation
Wes Craven a connu la célébrité comme réalisateur grâce à deux oeuvres qui, à 12 ans d'intervalle, ont raflé les premières places au guichet et donné lieu à des suites en nombre : A Nightmare on Elm Street (1984) et Scream (1996).

Au départ ce professeur en sciences humaines et en littérature ne se destinait pas à la réalisation, et c'est après avoir rencontré Sean S. Cunnigham (futur réalisateur de Vendredi 13), qu'il sautera le pas avec The Last House on the Left (1972). Il continuera dans la même veine (car contre toute attente son premier film eut du succès), avec The Hills have Eyes (1977), dans lequel on suit une famille de dégénérés anthropophages kidnapper des touristes sur un thème très proche du chef d'oeuvre absolu du genre : The Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper (1975). Il se dirigera ensuite vers un cinéma moins extrémiste et plus commercial, avec deux oeuvres interessantes : Swamp Thing (1982, qui renvoie à Dr Jekyll et Mr Hyde) et Deadly Blessing (1981). Il connaîtra son premier véritable succès avec Nightmare on Elm Street (1984), grâce au mythe de Freddy qui réussit à implanter l'horreur dans le quotidien, surtout dans une zone incontrolable, les rêves. Le succès phénoménal du film engendrera huit suites dont Mr Craven ne s'occupera pas.

Son film suivant est un désastre et l'on se demande toujours pourquoi il décida de filmer The Hills have Eyes Part 2(1984) tant le film est raté et loin de l'original, qui trouvait sa force dans les images sales des petits budgets horrifiques des années soixante-dix. Ses deux films suivants (Deadly Friend, 1986, et Chiller, 1987) s'avèrent sans grand intérêt et on à l'impression qu'il a perdu son inspiration, tant ces films sonnent impersonnels. Par contre, il réussira avec The Serpent and the Rainbow (1987) à créer un portrait terrifiant du phénomène vaudou et renouera ainsi avec un vrai cinéma fantastique accrocheur et éprouvant, tout en restant dans ce circuit commercial qu'il cherche tant à intégrer. A nouveau, son oeuvre suivante (Shocker, 1989) contient des idées trés intéressantes (tout de même proches du concept des Freddy), mais elles sont gachées par une réalisation plate et un script brouillon.

Heureusement pour nous, il reviendra en pleine forme en 1991 avec People Under the Stairs, film farfelu et terrifiant où un couple (frère et soeur) de dégénérés kidnappent des enfants et les retiennent prisonniers dans leur grande maison. Craven réussit, comme avec The Serpent and the Rainbow, l'osmose entre un cinéma commercial classique et l'horreur pure et la transgression.

Il signera ensuite le dernier épisode des Freddy avec Wes Craven's New Nightmare (1994), où la mise en abime (les acteurs et W. Craven lui-même jouent leur propre rôle et Freddy s'échappera du film pour sévir dans la réalité) deviendra le maître mot et sa marque de fabrique pour tous ses films futurs. Une fois de plus, des bonnes idées sont un peu gâchées par une trop grande volonté de faire grand public avec un sujet qui ne l'est pas.

Depuis, Wes Craven a entamé une seconde carrière où il réussit à rentrer parfaitement dans le cadre commercial mais au détriment de la vraie folie qui faisait le prix de ses meilleurs films. A Vampire in Brooklyn (1995) est un produit banal comme il s'en tourne beaucoup à Hollywood, dans lequel Eddy Murphy vient tenter de donner un nouvel essor à sa piteuse carrière en s'essayant au fantastique : sans intérêt, ni drôle, ni effrayant. Par contre, Scream (1996) est plus intéressant. Il joue de la mise en abime de façon très habile et propose des variations autour des films d'horreur et de leur public (les ados). Sa mise en scène efficace et ses bonnes idées référentielles (Halloween de John Carpenter, 1978) sont malheuresuement gâchées par un traitement trop grand public et ouvertement destiné aux adolescents. Wes Craven donne l'impression d'avoir perdu toutes velléités artistiques et se contente d'exploiter son dernier filon en réalisant Scream 2 (1998) et Scream 3 (2000). Entre temps, il a commis Music of the Heart (1999) un effroyable mélo sirupeux et larmoyant, mettant en scène de façon désespérément banale la grande actrice qu'est Meryl Streep.

Il est curieux de voir à quel point il a alterné le bon et le mauvais tout au long de sa carrière. Il reste néanmoins un cinéaste à suivre et il est impératif pour ceux qui n'en ont jamais fait l'expérience de découvrir un vrai film de Wes Craven. Les sensations ressenties au visionnement de The Hills have Eyes, The Serpent and the Rainbow ou People Under the Stairs sont uniques et indispensables pour tout amateur de fantastique.

Le film qui nous intéresse aujourd'hui : The Last House on the Left fait malheureusement partie de ses moins bons. Son argument de départ, tiré d'une légende suédoise (déja adaptée de façon magistrale par Ingmar Bergman dans La Source, 1959), annonçait un film limite. Une jeune fille est kidnappée par une bande de truands violents et dépravés. Elle sera humiliée psycholgiquement, physiquement puis violée et tuée. Ses agresseurs se retrouverons par hasard chez les parents de le jeune fille qui se vengeront de façon encore plus atroce. Le problème de ce film est que les faibles moyens se font beaucoup sentir et que, là où dans d'autres oeuvres du même genre cela permettait au cinéaste et aux artisans de se surpasser (The Texas Chainsaw Massacre ou The Night of the Living Dead de George Romero en 1968), on a ici l'impression que Craven ne sait pas quoi faire des moyens qu'on lui a offerts, à part être le plus méchant possible. La gratuité de la violence n'est pas contrebalancée par un message ou une quelconque critique de la société, mais rendue encore plus initeressante à cause du contrepoint prétendument comique fourni par les personnages des deux policiers stupides sur fond de musique joyeuse. L'impact malsain du film s'en trouve fortement amoindri et du coup on en vient à se demander où est l'intérêt d'un tel film. Les acteurs sont mauvais (on ne peut pas trop leur en vouloir car visiblement ils font de leur mieux), la mise en scène totalement incohérente (il s'agit de la première réalisation de Wes Craven), la musique insupportable tout au long du film (elle est souvent en désaccord total avec les images), les dialogues sans queue ni tête, et l'on se dit que le crédit de film culte a sauvé cette oeuvre totalement périssable de l'oubli. Il faut tout de même reconnaître le talent de l'acteur pricipal David Hess qui, grâce à un jeu convulsif et une grande intensité du regard, imprime un climat vraiment malsain et dérangeant à certaines scènes. En somme ce film doit être vu car il a ouvert la voie du cinéma extrème et en constitue la grossière matrice, que Wes Craven paufinera trois ans plus tard avec The Hills Have Eyes qui lui sera vraiment dérangeant (mais cohérent).

Nous n'avons pas apprécié ce film dont nous avions beaucoup entendu parler, mais nous ne cherchons pas à en éloigner les amateurs, surtout que cette édition DVD le présente sous son meilleur jour et dans sa version la plus complète. Attention tout de même pour les jeunes spectateurs ayant apprécié Scream et ses suites, car les débuts de Wes Craven ne sont pas à mettre devant tous les yeux et sont radicalement différents des films qui ont fait son succès.



Image
Cette édition anamorphosée proposée par la MGM respecte le format initial de 1.85:1. Ce transfert est a priori le meilleur qu'il était possible de réaliser à partir de la copie de départ en 16 mm gonflée en 35 mm pour son exploitation cinéma.

La définition générale est d'un niveau totalement hors de propos vu les standards actuels du DVD. Cependant, si l'on passe par dessus sa première impression, ce transfert demeure regardable. Le niveau de détails est proche de zéro, mais l'interpositif est relativement propre. Les couleurs sont fades et délavées même si elles restent sans débordements majeurs. Le contraste est chose curieuse, relativement correct. Les parties sombres s'avèrent regardables (lorsque l'on s'est habitué à la qualité générale de ce transfert) malgré des noirs peu profonds et des dégradés quasi absents. Il est difficile de juger la part des défauts liée à la copie et celle liée à la partie numérique de ce transfert. L'image est bruitée et bouge en permanence, les fourmillements sont également présents sur quasiment toute la durée du film. Il nous a semblé déceler quelques soucis de compression mais encore une fois, ils sont difficiles à indentifier précisément étant donné la qualité générale de l'image.

À noter à la décharge de la MGM que les différentes copies du film ont été à l'époque censurées à la guise des divers exploitants de salles de cinéma, et que le travail fourni pour retrouver ces bouts de pellicules a du être titanesque. Ceci explique aussi en partie les grosses fluctuations dans la définition tout au long du film.

Une autre copie en 4:3 et recadrée est disponible sur l'autre face du disque, mais son rendu étant encore pire que celle en 16:9, elle ne mérite pas que l'on s'y attarde.

Une copie qui est la meilleure disponible à ce jour et permettra aux amateurs de l'apprécier dans des conditions raisonnables ; quant aux autres le rendu global de cette édition ne facilitera pas l'appréciation de ce film par ailleurs peu aisé d'accès.



Son
La seule bande-son disponible est en Anglais (DD 1.0 mono). Celle-ci propose une qualité à peu près équivalente à celle de l'image, et donc malgré le fait qu'elle soit la meilleure disponible, s'avère vraiment d'un niveau très largement en dessous des standards actuels.

La dynamique est complètement tassée et naturellement la spacialité est très faible. Les dialogues sont souvent sifflants même s'ils restent intelligibles. Les effets peu nombreux sont correctement intégrés à la trame générale. La musique offre un rendu relativement distordu mais qui, comme pour l'image, ne choque pas une fois que l'on s'est habitué au niveau de qualité de cette édition DVD.

Les circonstances atténuantes dues à l'age du film et à son état de conservation sont encore invoquées. Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.


Suppléments/menus
Il s'agit ici de la section qui sauve cette édition car elle est très complète et plutôt intéressante.

Les supplements sont répartis sur les deux faces du DVD. Sur la face en 16:9 sont présents un documentaire et le commentaire audio du film. Sur l'autre face sont donc réunis les scènes oubliées, des rushes, une bande annonce et à nouveau le même commentaire audio.

Le documentaire est intitulé "It's Only a Movie", il dure 29 mins et réunit (apparemment pour leur plus grande joie) les artisans du film. Ils reviennent ensemble sur sa génèse et toutes les anecdotes du tournage puis de sa sortie. Ce documentaire est intéressant et bien mené, il constitue le supplément le plus digne d'intérêt de cette édition. Un commentaire audio réunissant Wes Craven et Sean S. Cunningham est proposé sur les deux faces du DVD. Les deux hommes s'entendent manifestement très bien et reviennent avec beaucoup de bonne humeur et d'humour (peut-être trop car les entendre rire sur les scènes censées être les plus horribles s'avère déconcertant, surtout que si l'on revoit le film après, l'effet gênant de ces scènes disparaît totalement) sur ce film qui marquait leurs débuts au cinéma. A notre goût le commentaire manque d'indications sur leurs intentions et le sens de leur film.
Sur l'autre face sont donc disponibles des scènes oubliées du film (8 mins) présentées par Wes Craven et miraculeusement conservées par un amateur. Elles présentent un interêt certain pour les fans du film de même que les rushes muets (15 mins) présentés par Wes Craven. Une bande annonce est également diponible, même si d'un intérêt plus que moyen.
Il s'agit sans doute ici de l'édition ultime de ce film, du moins au niveau des suppléments, et cet effort peut être souligné car il est rare de trouver des petits films aussi bien traités.



Conclusion
Une édition DVD correcte, malgré un rendu normalement intolérable, pour laquelle il faut prendre en compte l'age du film et les conditions de production relatées de façon intéressante dans les suppléments. Nous n'avons pas apprécié ce premier essai de Wes Craven (même si quelques idées sont dignes d'intérêt) mais nous le recommandons quand même aux amateurs de films violents et méchants car il en constitue la matrice.



Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
2,0/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-09-12

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Last House on the Left, The

Année de sortie:
1972

Pays:

Genre:

Durée:
84 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-10 (double face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1 et 1.33:1 (cadre ouvert)

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Introduction au film par Wes Craven, un commentaire Audio de Wes Craven et Sean S Cunnigham, documentaire sur la fabrication du film, scènes oubliées, rushes et une bande annonce.

Date de parution:
2002-08-27

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