Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Taxi 3

Critique
Synopsis/présentation
Après le succès des deux premiers épisodes, Luc Besson, comme tous les producteurs américains qu'il essaye d'imiter, a décidé de tourner un troisième épisode aux aventures de Daniel (Samy Naceri), chauffeur du taxi le plus rapide de Marseille, et Emilien (Frédéric Diefenthal), le policier sympathique mais un peu idiot.

Si les deux premiers épisodes étaient assez drôles, ce dernier manque totalement la cible, pour toutes sortes de raisons. La caricature des policiers devient franchement grotesque : ils sont tous totalement stupides, parfois malhonnêtes, toujours bornés. Le mépris viscéral de Luc Besson pour la Police Nationale Française (ou peut-être s'agit-il juste de démagogie "jeuniste" et donc d'un certain mépris pour son public) est apparente dans tous les films qu'il a produit, et ça devient franchement lassant. Le scénario est le même que celui des deux films précédents, des Chinois déguisés en Pères Noël ayant remplacé les Allemands et les Japonais, et toutes sortes de véhicules ont remplacé les Mercedes et les Mitsubishi. Il s'agit encore d'une histoire de braqueurs de banques, qui empêchent encore Emilien de dormir, et qui vont encore se faire pincer à la fin grâce à l'intervention de Daniel et de son beau-père, le Général Bertineau (Jean-Christophe Bouvet, égal à lui-même).

Le scénariste (Luc Besson lui-même, qui a aussi écrit les épisodes précédents) semble s'être lassé lui-même, ce qui est un exploit. Evidemment, le réalisateur et les acteurs sont eux aussi manifestement démotivés, et manquent cruellement de conviction. Les acteurs ne semblent pas prendre du tout l'entreprise au sérieux, et manquent totalement de crédibilité. Alors que Gérard Krawczyk avait réussi à donner un réel souffle au second épisode (comparativement au premier, dont le découpage était un peu mou), il semble s'être endormi derrière sa caméra, ce qui fait que même les séquences d'action sont plutôt ratées, et manquent cruellement de punch.

Le générique, qui pastiche ceux des James Bond, aurait pu paraître original si celui de La Vérité si je Mens ! 2 n'avait pas fait la même chose de façon nettement plus drôle. Seule l'apparition de Sylvester Stallone dans la séquence d'ouverture parvient à décrocher un sourire au spectateur, qui peut ensuite s'endormir avec la conviction justifiée que rien de surprenant n'arrivera avant le générique de fin à part une molle succession de gags consternants et de situations déjà vues.

Luc Besson a dit lors d'une entrevue qu'il avait arrêté de réaliser des films parce qu'il n'avait plus rien à dire. S'il n'a plus rien à raconter, pourquoi persiste-t-il à écrire des scénarios ? Celui-ci, cousu de fil blanc, démontre un mépris du public digne des pires productions hollywoodiennes. Ce film est inutile, son auteur-producteur le sait, et cela ne l'a pas empêché de le sortir, sans doute à cause du succès inattendu du second opus de la série. Espérons qu'il n'osera pas sortir un quatrième épisode de cette série manifestement épuisée.


Image
L'image est proposée au format recadré de 1.78:1 d'après un transfert 16:9, alors que le film était au ratio de 2.35:1. C'est d'autant plus visible que le générique, lui, est au format respecté. Cette adaptation du Pan & Scan au format 16:9 est peut-être destinée aux gens qui se demandent pourquoi ils ont encore des bandes noires sur leur support 16:9, mais certainement pas aux cinéphiles qui se voient floués de 25% de l'image.

L'image offre une belle définition, avec des textures détaillées. Comme on peut s'y attendre pour un film récent, aucun parasite ni poussière ne viennent entacher la propreté de l'image. La balance des couleurs semble par contre pencher un êu trop vers le vert, surtout au niveau des tons moyens et des ombres. Le contraste et la brillance sont par contre correctement ajustés et parfaitement constants sur toute la longueur du film. Les noirs sont profonds, mais les parties sombres de l'image souffrent d'une courbe de gamma légèrement trop prononcée qui a tendance à "casser" les dégradés et rend le grain un peu trop présent dans ces mêmes zones.

La partie numérique du transfert n'est pas facilitée par le fait que le DVD n'est pas encodé en 24 images/secondes, comme c'est l'habitude pour un film, mais en 30 images/seconde, la transformation du pas de cadre 3:2 ayant été faite avant l'encodage (alors qu'habituellement c'est le lecteur DVD qui s'en charge). Quelques fourmillements et macroblocs sont visibles ça et là, mais rien de réellement gênant. Si l'image ne semble pas avoir été soumise à trop de filtres de réduction de bruit, la sur-accentuation des contours est par contre bien visible.

S'il ne s'agit pas là de la pire image qu'on ait eu pour un film européen, on ne peut pas dire que les standards habituels de qualité soient ici atteints.


Son
L'unique version disponible est la version originale Française, aux formats Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0. Des sous-titres anglais sont proposés.

La bande-son multicanaux offre une présence relativement convaincante et une dynamique d'un bon niveau. Sans être totalement immersif, le champ sonore est plutôt réaliste, servi par une très bonne séparation des canaux. Les canaux d'ambiophonie sont mis presque constamment à contribution, et les nombreux effets de transition avant-arrière et latéraux sont tout à fait convaincants.

La trame sonore, composée comme d'habitude de rap marseillais, est superbement intégrée au mixage, et utilise tous les canaux, tout en faisant preuve de profondeur et de fidélité. Les dialogues sont eux aussi très bien intégrés et parfaitement intelligibles. Les très nombreux effets sonores soutiennent bien l'action et utilisent bien entendu assez souvent les basses fréquences du spectre, soutenus par une utilisation adéquate du canal LFE (.1).

Sans être une référence en la matière, cette bande-son est tout de même d'un très bon niveau et est de loin le point le plus positif de ce disque.


Suppléments/menus
Les deux seuls suppléments offerts sur cette édition sont un documentaire (51:56) et la bande-annonce du film (1:32).

Le documentaire, appelé de façon très originale Le "Making-of" de Taxi 3 s'intéresse principalement au tournage des scènes d'action, qui sont, sans être réellement bonnes, un des éléments les moins mauvais du film. Le ton est bien entendu extrêmement complaisant, comme on pouvait s'y attendre, mais ce documentaire saura tout de même intéresser quelque peu les fanatiques de cascades et ceux qui ont aimé ce film.



Conclusion
Voilà un popcorn movie raté assez peu représentatif du cinéma Français. Ce mauvais film nous est ici livré dans une édition moyenne. L'image est corrrect mais sans plus, le son d'une bonne facture, et les suppléments sont très moyens. Le genre de disque que l'on loue lorsque tous les autres films d'action ont disparu des tablettes du vidéoclub.


Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,3/5

Note finale:
3,1/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-12-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, Lecteur DVD Panasonic S25 / PC avec GeForce FX et WinDVD, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Taxi 3

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
88 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Christal Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:

Date de parution:
2003-12-02

Si vous avez aimé...