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DVDEF

Interstella 5555 Limited Edition

Critique
Synopsis/présentation
Après leurs débuts dans un groupe de rock alternatif qui leur a valu d'être qualifiés de Daft Punk (punks idiots) par un critique musical Anglais, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont décidé de donner ce nom à leur duo lorsqu'ils sont commencé à faire de la musique électronique. Daft Punk, groupe phare de la techno/house Française, était né.

Si leurs premiers simples parus sous le label Soma les ont fait apprécier dans les milieux techno Européens (on pense notamment à l'excellent Da Funk / Rollin' and Scratchin'), leur premier album, Homework, paru en 1996 chez Virgin/EMI, les a fait connaître du grand public à travers le monde. En ce qui concerne les vidéoclips de leurs morceaux, les Daft Punk se sont toujours entourés des plus grands noms. On retrouve ainsi Michel Gondry (Human Nature) et Spike Jonze (Being John Malkovich, Adaptation), entre autres, à la réalisation des clips qui se retrouvent dans leur premier DVD, D.A.F.T.: A story about Dogs, Androids, Firemen and Tomatoes, paru en 1999.

En 2000 paraît One More Time, un morceau qui marque un réel tournant musical. Un son plus disco et funk vient remplacer le son techno/hard house du premier album. Ce morceau est en fait le premier de leur second album, Discovery, paru en 2001. Le nom de cet album est un jeu de mots stupide, il s'appelle Discovery car il est en fait very disco, comme le confirme le nom d'un des morceaux, Veridis Quo.

Ayant grandi comme de nombreux Français de leur génération avec les dessins animés de la compagnie Japonaise TOEI Animation, les Daft Punk eurent l'idée de contacter l'artiste le plus connu de cette compagnie, l'immortel Leiji Matsumoto, créateur entre autre de la série Albator. Séduit par leur musique, celui-ci accepta de collaborer à la mise en images de l'album Discovery. Le projet Interstella 5555, première comédie musicale house animée, était lancé. Les trois premiers clips, One More Time, Aerodynamic et Digital Love malgré une animation approximative pour les deux premiers, créèrent une agréable surprise (à l'époque les jeunes adultes Français redécouvraient avec nostalgie les dessins animés de leur jeunesse dans une émission-culte appelée Génération Albator) et une attente très forte. Malgré la discrétion légendaire des Daft Punk, le fait qu'il s'agissait là du début d'un long-métrage était visible.

Après plus de deux longues années d'attente, Inetrstella 5555 : The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem est enfin disponible en DVD. L'histoire racontée par ce film musical n'est pas d'un intérêt grandiose, mais elle a le mérite d'exister et d'être cohérente. Un producteur diabolique, Earl de Darkwood, enlève un groupe de musiciens extra-terrestres et, après avoir remodelé leur apparence et leurs souvenirs, en fait le plus grand groupe du monde, les CrescenDolls. Voilà une intrigue qui apporte un changement après toutes les histoires d'extra-terrestres enlevant des terriens qu'on a pu voir jusqu'à présent. Heureusement pour les quatre musiciens extra-terrestres, Shep, un pilote de vaisseau spatial, a réussi à suivre le vaisseau de Darkwood jusqu'à la Terre et va tenter de les sauver.

Sans doute parce qu'ils ont eu plus de temps que pour les deux premiers, les animateurs japonais ont nettement plus soigné les segments suivants, qui mélangent parfois animation et effets traditionnels avec un peu d'image de synthèse 3D. Servi par un efficace remixage multicanaux de l'album, ce film original est un divertissement agréable qui ravira les fans de Daft Punk et les amateurs de dessins animés de la TOEI, leur offrant une manière de redécouvrir l'album et de retrouver l'univers graphique des dessins animés de leur enfance. De nombreuses références s'adressant à cette génération parcourent le film, notamment un clin d'oeil à la série Goldorak. La parution tardive de ce DVD par rapport à la sortie de l'album risque de nuire à son succès, ce qui est dommage car il s'agit là d'un agréable produit qui répondra sans doute aux attentes des fans.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.33:1 d'après un transfert 4:3.

Encore une fois, pour des raisons que la raison ignore, nous avons droit à un produit Européen transcodé en NTSC par la fameuse méthode du frame blending (fondu d'images) qui consiste à obtenir 30 images/seconde à partir de 25 en effectuant des séries de fondus. Si le résultat est loin d'être le pire qu'on a vu, on notera tout de même qu'il existe des alternatives à cette méthode, surtout lorsqu'une source cinéma existe. Peut-être que EMI a préféré ne pas avoir à retoucher la piste son de la version Européenne du DVD, ce qui est compréhensible pour un DVD musical et rend ce choix excusable.

Malgré cette méthode de conversion, l'image est d'une belle définition, et offre un bon niveau de détail, surtout dans les décors, et des textures satisfaisantes. Les couleurs sont riches, fidèles et pures, sans qu'aucun débordement ne soit à déplorer. Le contraste et le niveau des noirs sont parfaitement ajustés et constants, nous permettant de profiter des nombreux effets spéciaux de lumières qui parcourent le film. Les parties sombres de l'image offrent des noirs profonds et des dégradés fluides.

La partie numérique du transfert souffre évidemment de la méthode de conversion utilisée, mais pas trop. Si quelques fourmillements apparaissent parfois autour des contours (traits de cerné) des personnages et quelques bandes de Mach (discontinuitée) et autres macroblocs viennent parfois troubler les dégradés (notamment sur certains effets de lumière), il n'y a rien là de réellement distrayant.


Son
Trois bandes-son sont proposées sur cette édition : Dolby Digital 5.1, DTS 5.1 et Dolby Digital 2.0 stéréo. Les audiophiles auraient certainement préféré que la version stéréo soit en LPCM non compressé, sa qualité aurait alors dépassé celle du CD original. La version analysée ici est le mixage DTS.

Le remixage 5.1 de l'album est très agréable. Certains morceaux bénéficient d'une spatialisation accrue apportée par une utilisation intéressante des canaux d'ambiophonie, d'autres restent plus fidèles à la version stéréo en restant principalement sur les voies avant. Les choix en la matière sont toujours judicieux, jamais l'utilisation des canaux arrière n'est exagérée et ne vient trahir l'ambiance des morceaux. La séparation des canaux, parfaite en DTS (format permettant d'avoir des canaux réellemet discrets), sert parfaitement ce remixage multicanaux qui permet en fait de redécouvrir un album déjà fort bien enregistré à l'origine, en y ajoutant des effets tridimensionnels qui plongent l'auditeur dans la musique.

Les effets sonores qui viennent parfois appuyer la narration sont d'un bon niveau général, sans plus, à l'exception de celui du début, un effet hyperspatial décoiffant qui vient nous confirmer qu'on n'est pas en train d'écouter un vieux 45 tours sur un mange-disques mono. Les basses sont correctement rendues, appuyées çà et là, pour les effets, par une utilisation parcimonieuse du canal LFE (.1). Il n'y a rien à dire sur les dialogues, ce film n'en comportant aucun.


Suppléments/menus
La jaquette du DVD affirme que les menus sont disponibles en Français et en Anglais. C'est exact, et louable, mais en fait cela ne concerne presque que le menu principal, les autres, surtout le menu des suppléments, étant nettement plus ésotériques car dépourvus de texte.

Le premier carré du menu des suppléments permet d'accéder à une Lecture interactive du film. Il s'agit en fait de symboles apparaissant durant la lecture du film (à la Follow the White Rabbit) qui permettent d'accéder à des mini-segments vidéo sur les décors ou les personnages.

Le second carré permet d'accéder aux Fiches Personnages. Il s'agit en fait d'écrans animés montrant des croquis au trait et en couleur des différents personnages. Ces segments sont aussi disponibles par la lecture interactive.

Le troisième nous montre juste l'image se trouvant au milieu du livret accompagnant le DVD, et permet en fait de changer l'image se trouvant au-dessus des carrés dans le menu des suppléments.

Le quatrième permet d'accéder au Montage Animation Digital Love (4:23), un montage du quatrième clip mélangeant scénarimages, line-tests (tests d'animation au trait), décors seuls et images finales. Cela permet de comprendre l'ampleur du travail nécessaire à la fabrication des différents éléments d'un dessin animé.

Le cinquième mène à un jeu interactif complètement abscons permet d'explorer différents décors du film à la recherche d'accessoires. Incompréhensible, mais très joli.

Le sixième permet d'accéder à trois clips tirés du film en version karaoke. On peut ainsi chanter sur One More Time (5:00), Harder Better Faster Stronger (3:40) et Face to Face (3:57).

Le septième carré propose la bande-annonce du film (0:57), qui nous apprend que le film est sorti en salles France le 28 mai 2003.

Les deux derniers carrés, enfin, permettent d'accéder aux biographies respectives de Leiji Matsumoto et des Daft Punk.

Ces suppléments sont dans l'ensemble plutôt amusants et parfois très jolis, sans être réellement informatifs (il n'y a pas de réel documentaire). C'est surtout le côté ludique de l'interactivité qui a manifestement primélors de la confection de ce titre DVD.

Cette édition comporte, en plus du DVD, un CD audio, Daft Club, comportant de nombreux remixes de morceaux des Daft Punk effectués par de grands noms de la dance tels que Basement Jaxx, Boris Dlugosh et Jess&Crabe, entre autres, ainsi qu'un nouveau morceau, Aerodynamite. Ce CD est sans doute le "supplément" le plus intéressant proposé par cette édition limitée.



Conclusion
Plus de deux ans après la sortie de l'album Discovery, voici enfin l'attente créée par les premiers clips récompensée. Interstella 5555 permet aux fans de redécouvrir l'album le plus populaire des Daft Punk dans un spectacle total, mélangeant son multicanaux et dessin animé psychédélique. Malgré un traitement vidéo discutable, cette édition livre la marchandise de façon efficace, avec des bandes-son de qualité, des suppléments ludiques et un CD audio, formant un ensemble qui plaira aux fans de musique électronique Française (tendance disco) et de dessins animés Japonais (tendance Albator).


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-11-24

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, Lecteur DVD Panasonic S25 / PC avec GeForce FX et WinDVD, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Interstella 5555 : The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
65 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
EMI

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Dolby Digital 5.1
DTS
Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Lecture interactive, Fiches personnages, Animatique, Jeu interactif, Karaoke, Bande annonce, Bande annonce, Biographies, CD audio de remixes

Date de parution:
2003-11-18

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