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DVDEF

30 Days of Night

Critique
Synopsis/présentation
David Slade est un jeune réalisateur à suivre après le passionnant et surprenant Hard Candy. Il confirme un talent visuel impressionnant mais également un univers cruel et âpre qui le place clairement au dessus du tout venant des réalisateurs provenant du monde des vidéos musicales.
Comme dans Hard Candy, Slade ne choisit jamais la facilité même si cette fois-ci il est clairement plus « entravé » du fait qu’il s’agit d’une adaptation voulue fidèle d’une graphic novel à succès. Conformément à son modèle, 30 days of night et totalement linéaire et premier degré, ne cherchant jamais à offrir une réflexion sur les vampires ou l’humanité.

L’aspect simpliste de l’histoire et la narration compacte en font un pur film de genre d’une efficacité comme on en avait plus ressenti depuis longtemps. La contrepartie de ces choix narratifs est que si le spectateur n’est pas amateur ou familier du folklore vampirique ou de deux heures d’ultra tension il n’y trouvera clairement pas son compte. En dépouillant son film de tout artifice extérieur, humour ou intrigues parallèles, David Slade prend clairement des risques d’autant que la bande dessinée malgré son potentiel cinématographique plus qu’évident semble très légère pour un film de presque légère.
Et ses risques paient puisque malgré quelques baises de régimes et répétitions inhérentes au genre et à cet exercice de style, la tension ne retombe jamais.
L’efficacité du style visuel très contrasté et stylisé choisi par Slade fait tout le prix du film. Epoque moderne oblige, et de façon paradoxale les vampires sont ici montrés dans toute leur monstruosité et de façon très nette et ce malgré l’obscurité quasi-totale du film.
Il réussit souvent une transposition extrêmement efficace et cinématographique du style très âpre et exigeante de cette bande dessinée pour adulte. La principale faiblesse du film réside dans la sensation du temps qui passe puisque la durée du film s’étale sur 30 jours comme l’explique si clairement le titre et qu’en tant que spectateur l’on ne peut s’empêcher de se demander comment les habitants vont bien faire pour résister à une attaque de la part de créatures si puissantes et supérieures.
En ne réussissant pas vraiment a contourner ce problème, Slade ne fait que reproduire ce défaut qui était déjà le point faible de la bande dessinée. Certes cela n’en rend pas moins cet aspect du film dommageable mais au moins la fidélité au matériau d’origine est possible à invoquer. Une fois de plus le même problème que lors des adaptations presque littérales de chefs d’œuvre de la bande dessinée pour adultes précédentes se présente. Le réalisateur doit il trahir le matériau d’origine pour l’adapter à son média ou bien le respecter à la lettre quitte à prendre le risque d’une œuvre qui ne fonctionne pas sur tous les plans ?
David Slade à tranché et se range du côté de Steve Niles, l’écrivain de la bande dessinnée d’origine et ainsi se pose donc la question des limitation de 30 Days of Night le film. Puisque la BD n’impose pas un rythme de lecteur mais au contraire offre cette liberté à son lecteur, le film qui lui est inscrit dans le temps et la durée doit il contourner ce point ou non ?

Notre réponse se placerait du côté de la seconde suggestion dans l’absolu mais force est de reconnaître que malgré les défauts du film, cette adaptation cinématographique de David Slade doit tout son prix à ce respect forcené des intentions d’origine. Cependant malgré tous les points précédemment soulevés, la personnalité visuelle du cinéaste transparaît comme remarquable et clairement à suivre lorsque son prochain lui laissera plus la possibilité de démontrer ses talents de conteurs comme dans Hard Candy.
Espérons donc que ce très bon et stressant film de vampire tourné sans la plus totale liberté dont il avait disposé sur son film précédent lui offrira justement la possibilité de revenir vers un tel système avec plus de moyens du fait du succès justifié de 30 days of night.

Une œuvre donc hybride entre cinéma et bande dessinée d’une efficacité rare et d’un premier degré réjouissant donc nous vous conseillons vivement le visionnement.









Image
L’image est proposée au format respecté de 2.35 :1 et encodé en 1080p/24p au moyen du codec MPEG4.

La définition générale est absolument frappante tant elle est poussée et on peut dire que nous sommes en présence de référence. L’interpositif est pour une fois totalement vierge de tous défauts. Le grain est fort heureusement présent et si il pourra en déranger certains du fait que beaucoup en ont perdu l’habitude entre les tournages en numérique et l’abus régulier de réducteurs de bruits sur de nombreuses éditions de films, il est fort agréable au final et rappelle que le film a été tournée en 35mm et reste donc un bien un pur film de cinéma sur pellicule.
Les couleurs hivernales et sombres sont superbement rendues et ce juste dans les scènes les plus sombres. Elles ne sont certes pas très réalistes étant donné la stylisation extrême du film mais sont en revanche totalement fidèles à la version cinéma, constantes et logiquement parfaitement saturées.
Le niveau de contraste est proprement sidérant et ne génère aucune brillance et ce malgré des conditions on ne peut plus propice à ce défaut.
Les scènes sombres, soit la plus grande partie du film, sont impeccablement grâce à des noirs d’une profondeur abyssale et d’une pureté sidérante.
La partie numérique n’est pas en reste puisque elle est presque parfaite. La noirceur générale associée à un contraste extrême font que l’on peut tout de même apercevoir quelques traces de surdéfinition et un peu de fourmillements toujours très discrets et jamais gênants.

Bravo à Sony pour nous proposer ici l’un des meilleurs transferts qu’il nous ait été donné de voir tous supports confondus et ce alors même que paradoxalement il s’agit d’une œuvre extrêmement difficile à bien restituer en vidéo. La Haute Définition montre ainsi les sommets qu’il est possible d’atteindre et ne nous donne malheureusement pas envie de découvrir le résultat sur DVD car même si ce dernier est de très bonne qualité, il n’arrivera certainement à la cheville de ce transfert Blu ray exceptionnel en tous points.






Son
Les cinq bandes-son proposées sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby True HD 5.1), Français (Dolby True HD), Espagnol (Dolby Digital 5.1), Portugais (Dolby Digital 5.1) et Thailandais (Dolby Digital 5.1).

Les deux bandes-son en Dolby True HD étant de qualité équivalente, nous ne mentionnerons que celle en Anglais mais les commentaires qui suivent s’appliquent aussi à la bande-son française.
La dynamique est phénoménale et si mon système la retransmet sans soucis il n’est à pas douter que mes pauvres voisins ont du avoir quelques frayeurs de leur côté. Sa présence et sa spatialité sont du même acabit et le résultat est une des bandes-son les plus immersives que nous ayons entendus.
La musique est rendue à la perfection sans aucune limitation que ce soit dans le haut ou le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée à la bande-son.
Les enceintes arrières sont utilisées au maximum de leur potentiel sans pour autant que le rendu soit excessivement agressif (même si il ne faut pas se le cacher il s’agit bien la d’un des plaisirs du film induit par son concept même). L’intelligence et la subtilité sont également de mise même si il ne s’agit bien sur du rendu général.
Les dialogues sont logiquement toujours parfaitement intelligibles et aucune trace de parasite ou distorsions ne sont audibles. Une note cependant sur le niveau sonore qui du fait des écarts de volume très tranchés et de la phénoménale dynamique pourront non seulement causer des simili arrêts cardiaques chez les spectateurs, les facher avec leur voisins mais aussi endommager un matériel qui ne serait pas assez solide pour encaisser le déluge sonore du film.
Les basses fréquences sont tout particulièrement impressionnantes et nous renvoient enfin au bon vieux temps du laserdisc ou le salon et le canapé tremblait comme au cinéma. Mais les années ayant passées et les évolutions techniques aidant, la maîtrise des basses fréquences est ici absolument confondante ne révélant jamais une quelconque faiblesses, offrant des subtilités incroyables et ce malgré un grande quantité d’autres informations sonores.

Les trois bandes-son en Dolby Digital sont très nettement en dessous. Et c’est la que l’on se rend compte de l’écart technique qu’a creusé la HD. En effet ces trois bandes-son sont parmi les plus efficaces qui soient pour un format « SD » et pourtant l’écart avec les bandes-son True HD est tel que l’on se demande bien comment les éditeurs pourront proposer mieux par la suite et si l’on va encore acheter des éditions DVD de films récents.

Les sous-titres sont offerts en Anglais, Anglais (cc), Français, Espagnol, Portugais, Thaïlandais, Chinois et Brésilien.

Une bande-son donc absolument phénoménale en tous points, mêlant subtilité (minoritaire), immersivité et déferlement sonore effrayants pour le plus grand plaisir du spectateurs. Une qualité qui ridiculise littéralement les pourtant excellentes bandes-son en Dolby Digital classique et montre à quel point la HD n’apporte pas que sur la qualité d’image.






Suppléments/menus
Une section très complète et de bonne qualité même si ce film ne se prête pas forcément tant que cela à ce petit jeu (comparativement aux éditions de grands films nécessitant beaucoup plus d’analyse et qui sortent pourtant presque vides de suppléments dignes de ce nom).

Le commentaire audio dont est curieusement et tristement absent le réalisateur David Slade, rassemble donc Josh Hartnett, Mellisa George et le producteur Rob Tapert. L’ensemble reste plaisant mais l’on sent clairement que Josh Hartnett n’est pas très intéressé, que Melissa George à finalement peu à dire mais fort heureusement le producteur se montre lui informatif et très sincère quand aux soucis rencontrés sur le tournage mais sur bien d’autres points aussi. Il est clair que l’absence du réalisateur se fait sentir mais dans l’ensemble il s’agit d’un commentaire digne qu’on y prêt une oreille.

Est ensuite proposé un documentaire en HD de 51 minutes intitulé « The making of 30 days of night ». Adoptant la forme d’un journal vidéo entrecoupé d’interviews et d’insert style comics, ce documentaire est surprenant d’intérêt et de qualité. Curieusement la parenté avec la graphic novel est juste survolée alors qu’il est d’habitude au centre des suppléments de ce genre d’adaptation. Voici donc le point central de ses suppléments que nous vous conseillons de visionner si vous avez apprécié le film mais sans vous attendre à une analyse en profondeur de l’œuvre vous en faisant découvrir le sens caché puisque le film n’est clairement pas de ce type.

Puis est offert un bonus exclusif à cette édition Bluray puisque ce « 30 images of night » propose des planches de la BD mise directement en parallèle avec leur recréation cinématographique à l’instar de ce qui avait été proposé sur Sin City et 300. Si le tout n’est pas d’un intérêt fondamental, cela reste amusant et plaisant au final.

Voici donc un ensemble au mieux de ce que l’on peut attendre sur un film récent aussi premier degré (a prendre de façon positive) et donc n’appelant pas à l’analyse. Nous ne soulignerons à nouveau que la regrettable absence du réalisateur David Slade sur le commentaire audio qui a n’en pas douter aurait été de bien meilleure qualité.











Conclusion
Une édition Blu ray au sommet des possibilités du format et ce aussi bien au niveau de l’image et du son qui sont ce que nous avons pu voir et entendre de plus impressionnant dans le domaine. Les suppléments sont de bonne qualité.

30 Days of Night est un film totalement premier degré pour le meilleur. La bande dessinée proposait une approche novatrice et impressionnante des vampires et le meilleur compliment que l’on puisse faire au film est de restituer la même sensation d’urgence et de tension. L’absence de second degré et d’humour ainsi que son aspect très gore en font une œuvre intense et stressante qui renvoie aux meilleurs films du genre du moins au plus effrayants et impressionnants, une sorte de déconstruction en creux du mythe du vampire. A réserver donc a un public averti et amateur du genre surtout en HD étant donné l’impact que réserve l’image et le son de cette superbe édition.



Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
4,5/5

Note finale:
4,3/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2008-02-21

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur hybride LG BH100, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
30 Days of Night

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
113 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Sony Pictures Home Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 DVD-14 (double face, simple couche/double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby TrueHD 5.1
Française Dolby TrueHD 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1
Portugaise Dolby Digital 5.1
Thailandais Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais
Thailandais
Chinois

Suppéments:
Commentaire audio, documentaire, comparatif BD/film, bandes-annonces

Date de parution:
2008-02-26

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