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DVDEF

Legend (Ultimate Edition)

Critique
Synopsis/présentation
La création d'une oeuvre cinématographique est un travail de longue haleine. Le film, tel qu'il nous est présenté en salle, est le résultat final de labeurs venant d'une multitude d'artisans dans le but de mettre en images la pensée d'un artiste : le réalisateur. Il arrive quelques fois qu'une oeuvre, même au moment où elle est livrée au public, ne soit pas réellement ce qu'elle devait être initialement. Parfois le réalisateur doit changer en cours de route sa vision afin de rendre le film plus accessible. Le format DVD permet aujourd'hui aux artistes de revenir sur leur travail et d'offrir leurs films tels qu'ils l'avaient imaginé initialement. Voilà exactement ce que nous offre Ridley Scott avec la nouvelle édition d'une oeuvre de 1985, Legend.
Le film nous raconte la sinistre mission du prince des ténèbres (joué avec brio par Tim Curry) qui a entrepris d'éliminer les deux dernières licornes du monde afin que son grand ennemi, le jour et sa lumière, ne se lève plus jamais. Au passage, le prince des ténèbres tentera de conquérir la princesse Lili (Mia Sara) et d'unir leurs destinées afin de concrétiser sa victoire sur le monde.
Seul un guerrier au coeur pur pourra sauver les licornes et ramener le lever du soleil. L'élu est un jeune aventurier du nom de Jack (Tom Cruise). Le jeune garçon, accompagné d'un groupe hétéroclite composé d'elfes, de nains et même d'une fée, tentera de sauver le monde du terrible prince des ténèbres. Pour ce faire il devra traverser de terribles obstacles jusqu'à la forteresse des ténèbres où se jouera l'acte final.
Cette édition nous permet de visionner Legend dans un tout nouveau montage (premier disque), telle qu'imaginé initiallement par Ridley Scott. Ce montage dure une vingtaine de minutes de plus que la version présentée en salles lors de la sortie du film. Ce montage de Ridley Scott est plus nuancé. Les différents personnages et l'univers que propose le réalisateur semblent avoir plus de profondeur sans pour autant modifier le fil narratif.
Ce nouveau montage ramène également à l'avant-plan la trame sonore créée à l'origine pour le film par Jerry Goldsmith. Rappelons qu'après les présentation du film aux publics test, Scott avait été contraint de demander au groupe de musique électronique Tangerine Dream de produire une trame sonore qui serait plus appropriée à un jeune public. N'en déplaise aux puristes, la musique de Jerry Goldsmith ne semble en effet pas appropriée au film, même dans ce nouveau montage. Les changements de rythme et de thème semblent trop fréquents et l'orchestration trop limitée.
Le principal attrait de Legend vient de l'univers mis en scène par le cinéaste. Le monde créé par Ridley Scott est noir et obscur, à l'image de ses autres oeuvres, dont Alien et Blade Runner. Malgré également d'évidentes ressemblances avec des titres comme Labyrinthe et Willow, le film se distingue par cette atmosphère parfois sombre. Contrairement aux oeuvres habituelles opposant le mal et le bien, même les protagonistes de Legend sont difficiles d'accès. Il en résulte une dualité intéressante qui rend cette oeuvre intriguante malgré une structure narritive empruntée au conte.
On peut toutefois reprocher un élément à l'oeuvre de Ridley Scott : le manque de rythme. La première partie du film est en effet plutôt lente, l'intrigue ne se développant surtout qu'après une soixantaine de minutes.
Plus anecdotiquement, notons finalement que l'oeuvre a laissé derrière elle beaucoup plus que ce que Ridley Scott aurait pu imaginer. En effet, selon les aveux même de son créateur, Shigeru Miyamoto, la série de jeux vidéo Legend of Zelda est inspirée de l'univers de Legend. Les ressemblances entre les deux mondes, ainsi qu'entre les protagonistes, sont effectivement bien présentes une fois qu'on s'y attarde un peu...


Image
Cette édition présente les deux montages du film en format original (2.35:1) d'après des transferts anamorphosés. C'est toutefois là que s'arrête les ressemblances entre les deux présentations.
La nouveau montage du film (114 mins.) profite d'un excellent transfert fait à partir d'un interpositif de bonne qualité exempt de toute égratignure et de grain. La définition de l'image est excellente offrant un niveau de détail plus que satisfaisant. Les couleurs sont reproduites avec justesse. Leur rendu est tout à fait naturel et crédible et ce même dans les scènes obscures où la colorimétrie est plus limitée. On dénote également aucune fluctuation de la brillance et des contrastes parfaitement ajustée. On aurait toutefois tendance à croire que ce transfert est légèrement trop dense par moments. Malgré cela, on dénote des parties sombres offrant de riches dégradés et ce sans aucun fourmillement.
Ce transfert ne souffre d'aucun défaut relié à la numérisation à l'exception d'une très légère sur-définition des contours.
À l'opposé, le transfert présentant le montage originale du film souffre de plusieurs problèmes. On remarque tout d'abord la présence de grains et d'égratignures. La définition de l'image laisse à désirer. L'image semble effectivement beaucoup trop douce et n'a pas le mordant souhaité. Les couleurs de leur côté semblent parfois délavées et fades. On doit finalement déplorer la présence de problèmes reliés à la compression.



Son
La nouveau montage du film est accompagnée de deux bandes-son, toutes deux anglaises en Dolby Digital 5.1 et DTS. De son côté, le montage originale n'offre qu'une bande-son anglaise Dolby 2.0 Surround, ainsi qu'une piste Dolby stéréo isolant la musique du groupe Tangerine Dream.
Les deux bandes-son accompagnant le nouveau montage sont de très bonne qualité. Le mixage offert est actif et puissant. L'image stéréophonique est bien articulée et offre une belle profondeur. L'environnement sonore se déploie de tous les canaux. Les enceintes arrières vient appuyer l'action à maintes reprises.
La trame sonore de Jerry Goldsmith, ressuscitée pour le nouveau montage du réalisateur, semble toutefois souffrir d'un manque de fidélité. Cette réalité peut être expliquée par la disparition des enregistrements initiaux. En effet, il a fallu refaire le montage à l'aide d'une copie numérique de la trame sonore enregistrée seulement sur deux pistes, contrairement aux huit de l'originale.
Les dialogues sont de leur côté naturels et superbement bien intégrés au mixage, ce qui est surprenant compte tenu du fait que chacune des répliques du film ont dû être post-synchronisées suite à des problèmes lors de la production. Les basses sont de leur côté bien étalées et on dénote une utilisation fréquente du canal .1 (LFE).
On démarque finalement un écart beaucoup moins grand qu'à l'habitude entre les bande-son DTS et Dolby Digital 5.1, qui sont presque identiques.
Le montage original du film souffre quant à lui de l'unique présence d'une bande-son Dolby 2.0 Surround. Le résultat est plutôt décevant et, à l'instar du transfert vidéo, on remarque une fidélité beaucoup plus limitée. Les dialogues sont également moins bien intégrés et moins intelligibles.
Déplorons en conclusion l'absence d'une banse-son française. Des sous-titres optionnels sont toutefois disponibles en français ainsi qu'en anglais.



Suppléments/menus
Cette édition de Legend est offerte par Universal sous la bannière Ultimate Edition et est accompagnée d'une quantité substantielle de suppléments.
Le premier disque offre en premier lieu une piste de commentaires audio animée par le réalisateur. Ridley Scott nous offre des informations intéressantes sur la production du film mais surtout sur sa refonte. On y apprend ainsi les motivations derrières les changements apportés tout au long de l'oeuvre. Scott nous livre aussi ses commentaires concernant la trame sonore du film, le choix des acteurs et une foule d'autres informations. Le réalisateur demeure toujours intéressant et soutient un excellent rythme.
En plus du montage original du film, le deuxième disque de l'édition présente une quantité satisfaisante de suppléments. Au coeur de cette section, on retrouve un tout nouveau documentaire d'une cinquantaine de minutes présentant les étapes de production du film. Aux antipodes des courts segments promotionnels auxquels nous sommes habitués, le documentaire présente des éléments captivants sur tous les aspects du film. On en apprendra ainsi plus sur cette laborieuse production qui a même été ponctuée d'un incendie détruisant la majorité des décors en plein milieu du tournage. Le documentaire offre également des entrevues pertinentes en compagnie du réalisateur Ridley Scott, des différents artisans et acteurs (à l'exception de Tom Cruise). Somme toute, il s'agit d'un segment très bien réalisé qui ajoute énormément à la valeur de cette édition.
On peut par la suite accéder à une section offrant deux scènes inédites. On y retrouve tout d'abord un générique d'ouverture envisagé pour le film d'une durée d'environ treize minutes. Il est intéressant de voir à quel point le ton de cette introduction est différent de celui de celle chosit. Le deuxième scène inédite, une séquence musicale, est présentée uniquement sous forme de scénarimage accompagné d'un l'enregistrement audio.
La section suppléments nous permet ensuite de visualiser trois séquences en scénarimage (Jack's Challenge, Lily and the Unicorns et Downfall of Darkness). Il est intéressant de voir ces éléments, mais il aurait été préférable d'offrir en comparaison multi-angles le résultat final des différentes séquences.
On retrouve également sur le disque plusieurs galeries d'images (photos de production et promotionelle), le vidéo-clip d'une pièce de Bryan Ferry, des notes de production et les bandes-annonces du film (présentées en format plein écran).




Conclusion
Attendue de pied ferme cette édition ne déçoit aucunement. On peut toutefois déplorer que si peu d'attention ait été portée au montage du film qui a quand même été l'instigatrice de cet engouement.

Note : Les notes audio et vidéo qui suivent correspondent au qualités techniques du nouveau montage et non au montage original du film.



Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Steve Tremblay

Date de publication: 2002-05-09

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 16:9 Samsung HCL5515W, Récepteur Harman/Kardon AVR310, Lecteur DVD Panasonic RP91, enceintes Cerwin Vega, câbles Accoustic Research

Le film

Titre original:
Legend

Année de sortie:
1985

Pays:

Genre:

Durée:
114 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires, documentaire sur la création, scènes inédites, maquettes-scénario, galeries de photos, vidéoclip, bandes-annonces

Date de parution:
2002-05-21

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