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DVDEF

Thelma & Louise (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Ridley Scott est un bon réalisateur, mais plutôt inégal, capable du meilleur (The Duellists, 1977 ; Alien, 1979 ; Blade Runner, 1982), comme du pire (GI Jane, 1997 ; Hannibal, 2001).

Depuis 2000, il est devenu l'homme qui a réalisé Gladiator qui lui permit de renouer avec l'énorme succès d'Alien et par la même occasion, de réintroduire le Peplum à Hollywood. Son talent visuel est absolument indéniable et les publicités qu'il réalisa avant de devenir metteur en scène figurent parmi les plus belles jamais tournées. Il est également doué d'un excellent sens du suspense et de l'atmosphère, qui combiné à un penchant certain pour la violence, réussit à sauver quelques une de ses oeuvres aux scénarios légers et bancals (Legend, 1985 ; Someone to watch over me, 1987 ; Black Rain, 1989). Depuis Gladiator (2000), il a changé de style de mise en scène et ce qu'il y a gagné en efficacité (montage moderne plus hachuré), il l'a perdu en grâce. On ne peut réellement déceler d'univers personnel chez Scott mais plutôt des thèmes de prédilection. En fait, les constantes dans son oeuvre sont plutôt esthétiques. Qui a oublié les couloirs suintants et sombres du Nostromo dans Alien, ou la magnifique ambiance distillée par la ville de Blade Runner (le personnage principal du film ?). Il serait intéressant de voir R. Scott renouer avec des projets plus novateurs comme ceux précités grâce auxquels il marqua de son empreinte le cinéma de science-fiction.

Dans Thelma et Louise (1991), le registre et l'ambiance sont radicalement différentes. On y suit Louise (Susan Sarandon) et Thelma (Geena Davis), qui partent en week-end sans leurs mari et ami respectifs. Elles ont décidé de s'amuser et lorsque qu'un arrêt dans un bar tourne mal, elles n'ont d'autre choix que de prendre la fuite. S'ensuit une cavale effrénée qui les verra à la fois réellement se libérer et exprimer leur vraie nature, mais également perdre toutes leurs chances de pouvoir en profiter. Susan Sarandon et Geena Davis sont résolument formidables car elles emportent totalement l'adhésion du public alors que leurs personnages commettent de plus en plus d'actes répréhensibles. Leur complicité paraît parfaitement naturelle et les transformations de caractère de leurs rôles, rendues jubilatoires grâce à l'excellence de leur interprétation. Scott les suit au plus près et axe tout son film autour d'elles. Le scénario est le point le plus faible du film. S'il recèle de bonnes idées, il sombre également plusieurs fois dans la facilité (malgré l'émotion réelle qui s'en dégage, la fin paraît tout de même télégraphiée) ou la caricature un peu trop outrée (le mari de Thelma, le personnage de Thelma au tout début du film, le personnage du policier bon samaritain).

La qualité technique est impeccable et une fois de plus, les images d'un film de R. Scott sont splendides et magnifient les paysages. La structure classique du Road-Movie est bien exploitée et permet de donner un ton résolument énergique au film. De plus, le message féministe du film est diffusé de façon sympathique à défaut d'être toujours légère (la scène avec le camionneur un peu vulgaire mais amusante).

Si l'émotion dégagée par le film est parfois déclenchée par des ficelles un peu grosses, il faut se laisser gagner par le souffle libertaire des deux héroïnes et profiter du grand bol d'air frais qu'elles nous offrent. Un film déja à classer parmi les classiques qui une fois quelques reserves mises à part, s'avère être une oeuvre vraiment recommandable, distrayante, dépaysante et regardable par beaucoup (à partir d'un certain age tout de même, les sous entendus sexuels et la violence étant tout de même présents).



Image
L'image est offerte au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé.

La définition générale offerte par ce transfert est tout bonnement excellente. L'interpositif a été bien nettoyé et seuls quelques minuscules parasites sont éventuellement visibles. Les couleurs elles aussi sont fort bien rendues et toujours très constantes. Elles respectent au mieux le travail de Adrian Biddle à la photographie. Le contraste est bien géré n'évitant cependant pas toutes les brillances. Les noirs sont plutôt profonds mais ont parfois tendance à se boucher lors des scènes très sombres qui sont dans l'ensemble bien traitées.

La partie numérique du transfert laisse apparaître une tendance à la sur-définition des contours et quelques parasites intempestifs. Rien de bien gênant cependant.

Un transfert de qualité fort appréciable pour un film vieux de 12 ans. Ses quelques faiblesses sont compensées par un rendu général trèsnet (malgré la présence de fumée dans beaucoup de plans).



Son
Les bandes-son disponibles avec cette édition sont respectivement en Anglais (DD 5.1 surround), Français (Dolby 2.0 surround) et Espagnol (Dolby 2.0 surround).

Si la dynamique de la bande-son en multicanal est agréable, en revanche on peut être un peu déçu par une spatialité plutôt faible. La musique s'en tire bien et s'avère fort bien intégrée au reste de la bande-son. Par contre, les enceintes arrières ne sont quasiment jamais actives et restreignent ainsi la présence générale de la bande-son. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles malgré d'éventuelles sifflantes à fort volume. Le niveau des basses fréquences s'avère un peu faible et cela a pour conséquence de tirer la tonalité de l'ensemble vers le haut.

Les doublages français et espagnole en Dolby surround présentent un déficit en dynamique et un son un peu plus sourd que la bande-son multicanal.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Espagnol et Portugais.
Une bande-son un peu décevante, mais tout de même satisfaisante en l'état. Il est juste dommage que sa restauration ne soit pas aussi réussie que celle de l'image.



Suppléments/menus
Une section impeccable, comme on aimerait en voir plus souvent !

Sur la première face du disque se trouve un excellent commentaire audio de R. Scott, très analytique et rempli de détails. Se trouve aussi un autre commentaire audio enregistré pour la sortie de cette édition. S. Sarandon, G.Davis et l'écrivain Callie Khouri y sont moins structurées que R. Scott, et s'orientent plus vers une discussion sur la controverse provoquée par le film. Est également disponible une fin alternative avec ou sans commentaire audio de R. Scott. Il y a encore seize scènes coupées qui se répartissent sur l'ensemble du film pour une durée de quarante minutes. Une option interessante est proposée où l'on peut visionner ces scènes seules ou replacées dans le contexte du film (une scène entière avec les morceaux coupés signalés). Cela permet de se rendre compte que le film est bien monté et a su se débarasser de passages agréables, mais qui auraient compromis son bon équilibre.

Sur l'autre face du disque se trouve un nouveau documentaire de 47 mins Thelma & Louise The last Journey, intéressant et très informatif, qui comporte beaucoup d'intervenants revenant sur le film avec le recul nécessaire pour être objectifs, et qui est découpé en plusieurs parties. Un supplément plus classique est présent sous la forme d'un segment promotionnelle de 5 mins et sans intérêt. Vient ensuite les scénarimages en multi-angles, un comportant les dessins et l'autre faisant dans le même plan la comparaison scénarimage/film. <

Vous pouvez encore naviguer à travers douze sections différentes pour y découvrir des photos de qualité.

Ensuite viennent la bande-annonce du film, celle de Hannibal (R. Scott), un segment promotionnel pour la sortie vidéo et un clip vidéo de G. Frey : " Part of You, Part of Me".
Vous pouvez constater que pour une fois, le terme édition spéciale n'est pas usurpé et que, comme qui plus est, l'ensemble est de haut niveau de qualité.




Conclusion
Une édition de bonne qualité technique, bien que perfectible au niveau sonore, solidement épaulée par une batterie d'excellents suppléments. Cette édition devient donc sans soucis celle de référence pour cette oeuvre. Un prix de vente raisonnable vient s'ajouter à tout le reste pour justifier une recommandation inconditionnelle. Une interprétation hors-pair et une mise en scène maîtrisée compensent aisément les quelques faiblesses et facilités du scénario. Une édition DVD indenspensable pour tous les amateurs de ce film déja devenu un classique !



Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
2,9/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-01-28

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Thelma & Louise

Année de sortie:
1991

Pays:

Genre:

Durée:
129 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
2 commentaires audio, 4 documentaires, 30 minutes de scènes coupées, une fin alternative commentée, les storyboards en multiangle un clip vidéo

Date de parution:
2003-02-04

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