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DVDEF

High Sierra

Critique
Synopsis/présentation
Raoul Walsh est un des piliers de l'industrie hollywoodienne qui réalisa pas moins de 133 films sur un période de 52 ans, de 1912 à 1964. Sa personnalité truculente et ses multiples frasques en font un cinéaste à part, qui a contribué pour beaucoup de par son talent et son attitude à la grande légende d'Hollywood, ayant travaillé pour tous les grands studios. Il ne faut pas en oublier pour autant ses grandes réussites cinématographiqes telles : They Drive by Night (1940), High Sierra (1941), They Died with their Boots on (1941), Gentleman Jim (1942), Objective Burma (1945), Pursued (1947), Colorado Territory (1949), White Heat (1949), Captain Horatio Horn blower (1951), Distant Drums (1951), The Tall Men (1955), The Naked and the Dead (1958), pour ne citer que les plus connus.

Toutes ses qualités en tant que réalisateur et les composantes de son univers sont présentes dans High Sierra (1941). On y suit le parcours d'un gangster de la grande époque, Roy "Mad Dog" Earle (Humphrey Bogart), alors qu'il sort de prison grâce à un commanditaire qui souhaite le voir diriger un casse. Il devra diriger deux jeunes apprentis malfrats qui sont accompagnés de Marie Garson (Ida Lupino), ce qui est contre les règles d'Earle mais il finira par l'accepter. Sous ses airs de brute, Earl dissimule en fait un coeur d'or et le démontre en s'occupant d'une famille en difficulté et plus particulièrement de leur fille, Velma (Joan Leslie), qui est handicapée par un pied bot dont il financera l'opération espérant ainsi conquérir son coeur. Bien évidemment rien ne va se passer comme Earle l'avait prévu, malgré son expérience, et le conduira vers un final déchirant et grandiose.

Le scénario est signé de John Huston et W.R Burnett d'après son propre roman. Les deux hommes nous offrent une histoire relativement classique de gangster en fin de carrière souhaitant raccrocher et n'y parvenant point, mais la sortent du contexte classique en plaçant cette histoire en pleine nature et offrant surtout à leur héros une face cachée. Pour une fois, cette face cachée n'est pas négative (il s'occupe de la famille en difficulté) mais elle le conduira à sa perte comme le veut la tradition. Roy Earle est donc un gangster au grand coeur, autant préoccupé par la famille qu'il aide que par le vol qu'il doit superviser, ce qui offre à ce film une dimension nouvelle et plus humaine. La fatalité est toujours de la partie et il faut bien reconnaître qu'il est très aisé de s'attacher à Roy Earle et d'être donc ému par toutes les malchances successives dont il est victime. Marie Garson est elle aussi une "garce" dans la tradition du film noir mais cet aspect est tempéré par sa gentillesse et sa sincérité envers Earle, qui nous est tout de même présentée comme éventuellement feinte au début du film. La famille Baughman est à l'inverse une famille bien sous tous rapports mais leur fille a priori faible et handicapée se révèlera le caractère le plus déterminé.
Les quelques facilités scénaristiques prises à travers le personnage d'Algernon, l'homme de couleur benêt de service, et du chien porte malheur n'entachent en rien les autres qualités du scénario mais ont tendance à amoindrir légèrement l'impact de l'oeuvre.

Walsh se montre fidèle à ses principes de mise en scène et nous offre un film au rythme soutenu, savant mélange d'action et de scènes dramatiques fortes qui fonctionne toujours efficacement 60 ans plus tard. Il sait tenir le spectateur en haleine grâce à son légendaire sens de l'action, signant une scène de hold-up suivie d'une poursuite automobile digne de toutes les éloges de par leur nervosité, le sens du rythme et du cadrage dont il y fait preuve. Walsh démontre qu'il est un grand cinéaste par le fait qu'il est également capable de parfaitement réussir ses scènes plus intimistes ou dramatiques avec un brio égal. La rencontre avec la famille et les visites successives qu'y fera Earle, sa relation tendre avec Marie ou bien ses espoirs d'une nouvelle vie avec Velma sont finement traitées et sont aussi importantes pour la réussite de l'oeuvre que les magistrales scènes d'action. Le final est un grand moment de démesure et dont l'intensité dramatique ne retombe jamais.

Humphrey Bogart trouve avec ce rôle la chance de sa vie qui lui permettra de passer du stade d'acteur de seconde zone au statut d'icone cinématographique qui est le sien depuis ce film. Il est un Roy Earle émouvant, capable de passer de vrais moments de tendresse (très fleur bleue) à des éclairs de violence ou de nervosité en un clin d'oeil. Il incarne en cela une nouvelle race de gansters cinématographiques souvent décrits jusque là comme des brutes dont la sensibilité est montrée comme une faiblesse. Le rôle ayant été decliné successivement par Paul Muni et George Raft, il échoue naturellement à Bogart, partenaire habituel des deux hommes, et lui n'aura pas peur d'incarner ce gangster sensible et bien lui en prit.
Il nous offre une prestation magnifique dans ce qui restera comme l'un des plus beaux rôles de sa carrière, combinant force et sensiblité comme peu d'acteurs en sont capables. Face à lui, Ida Lupino est une gentille femme fatale qui exprime magnifiquement le desarroi de son personnage et son envie de trouver refuge et protection auprès d'un homme qui la rassure.
Le reste du casting est impeccable comme dans les productions Warner de l'époque.

Voici donc un grand classique qui restera à jamais dans les annales de par la qualité de son scénario, de sa mise en scène et de son interprétation. Il restera également comme le film qui créa la légende Bogart mais verra aussi le début d'une collaboration/amitié frucutueuse et légendaire avec John Huston, alors scénariste et qui dans la même année passera à la réalisation avec The Maltese Falcon qui inscrira définitivement Bogart au panthéon des vedettes légendaires du 7ème art


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.33:1 d'après un transfert 4:3.

La définition générale est d'un très bon niveau pour un film de 1941 même si bien logiquement quelques passages s'avèrent un peu moins nets (sans que cela ne soit jamais gênant).
La qualité de l'interpositif est bonne et ce ne sont pas les quelques poussières et traces présentes qui pourraient distraire le spectateur. Le niveau de grain se situe à l'exacte limite entre celui d'un transfert trop lisse et trop granuleux. La finesse des détails est également d'un niveau plus que satisfaisant pour un tel film.
Le contraste est plutôt bien géré malgré quelques passages où son niveau général a tendance à chuter et il a su éviter la présence de brillances toujours néfastes au plaisir du visionnage.
Les parties sombres sont bien rendues grâce à des noirs d'une pureté et d'une profondeur étonnante pour une oeuvre de cette époque.
La partie numérique est du même acabit ne laissant qu'à quelques rares moments un peu de fourmillement et une légère sur-accentuation des contours faire leur apparition sans que cela ne s'avère jamais gênant.

Un superbe transfert qui permet d'apprécier ce classique dans d'excellentes conditions. Une restauration plus poussée aurait sans doute permis d'obtenir une qualité supérieure mais en l'état (et au vu du prix de cette édition), il serait fort mal venu d'insister sur ce point.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

Sa dynamique est d'un niveau raisonnable, tout à fait en accord avec ce que l'on est en droit d'attendre d'un classique de 1941. La même remarque s'applique en ce qui concerne sa spatialité et sa présence.
La musique est impeccablement rendue (dans les limites exprimées plus haut) et parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et les parasites et distortions sont limitées à leur minimum tant que l'on reste à des niveaux sonores raisonnables.
Les basses fréquences sont anecdotiques mais remplissent honnêtement leur rôle lorsque nécessaire.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son solide sans qualités ni défauts particuliers, qui rend parfaitement justice au film et permet de le redécouvrir dans d'excellentes conditions.


Suppléments/menus
Une section qui a le mérite d'exister sur un type de DVD qui en est habituellement dépourvue.
Le seul segment de cette section se nomme Curtains For Roy Earle : The Story Of High Sierra, et dure 15 minutes.
Leonard Maltin propose une fois de plus un excellent travail en amont du film par sa description de la carrière de Bogart et de la situation cinématographique de l'époque. Il propose également nombre d'anecdotes passionnantes (notamment sur le début de l'amitié de Bogart et Huston sur le plateau) mais malheureusement ce segment s'avère beaucoup trop court tant il est agréable d'écouter Maltin nous parler de cette époque.



Conclusion
Une édition correct qui propose des sections vidéo et audio d'un bon niveau ainsi qu'un documentaire passionnant (même si trop court) et le tout à prix avantageux.

Un film qui est responsable de la naissance cinématographique du personnage de Bogey qui à partir de ce moment deviendra la vedette incontestée du studio Warner grâce à son interprétation juste et intense d'une héros comme on n'en écrit plus.
Raoul Walsh en cinéaste talentueux et confirmé ne signe pas là son oeuvre la plus importante mais une sorte d'apogée du film de gangsters (dont l'époque touchait à sa fin), à la fois classique et novateur dans le traitement du héros. Sa mise en scène est très efficace mais le film souffre de quelques "tics" scénaristiques de l'époque (le personnage du noir simplet et l'omniprésence du chien Part) qui en alourdissent un peu le déroulement.
Une oeuvre mythique à juste titre, que tout cinéphile ou amateur de Bogart se doit de visionner et d'apprécier à sa juste mesure.



Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-12-14

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
High Sierra

Année de sortie:
1941

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaire, Bande-Annonce

Date de parution:
2003-11-04

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