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DVDEF

In the Valley of Elah

Critique
Synopsis/présentation
Paul Haggis est aujourd’hui considéré comme une valeur sûre du cinéma américain. Il faut dire que le désormais cinéaste canadien jouit d’un très beau curriculum vitae. Ce qui brille surtout sur ce dernier, ce sont ses talents d’écriture qui n’ont pas manqué d’intéresser l’acteur et réalisateur Clint Eastwood. En 2004, Haggis signe le scénario de Million Dollar Baby et voit ainsi s’ouvrir à lui la grande porte de Hollywood. Eastwood lui fait à nouveau confiance pour scénarisé ses deux nouveaux projets Flags of Our Fathers et Letters From Iwo Jima alors qu’il est aussi appelé à co-scénarisé les films de Zach Braff (The Last Kiss) ainsi que le dernier James Bond, Casino Royale. Mais surtout, Haggis a obtenu le feu vert pour réaliser son premier film, Crash. L’œuvre est un chassé-croisé entre divers personnages de différentes races et de différents milieux de Los Angeles. Ces êtres devront évidemment apprendre à vivre les uns avec les autres au fil de leurs rencontres. Relativement bien reçu par la critique, c’est lors de la soirée des Oscars que le long-métrage de Haggis est consacré meilleur film, à la grande surprise de tous. Bien que très bien réalisé et faisant preuve d’un propos fort louable, Crash demeure néanmoins, à nos yeux, une œuvre fort surestimée, en raison principalement du manque de subtilité du réalisateur dans ses idées. Ce qui nous incite à être particulièrement réticent lors du visionnement de l’œuvre ici en question, In the Valley of Elah.

Pour ce deuxième long-métrage (duquel Haggis est aussi le scénariste et producteur), le cinéaste décide de s’attaquer, tout comme Brian DePalma avec son Redacted, au thème délicat de la guerre en Irak. Sauf que Haggis ne traite pas explicitement et directement du conflit. Il nous en fait parvenir les échos à travers le personnage de Hank (Tommy Lee Jones), un père de famille qui est sans nouvelle de son fils depuis que celui-ci est de retour de son service en Irak. Impatient et surtout perplexe face à l’inaction des supérieurs de son fils, Hank se dirigera vers les bureaux de la police pour solliciter l’aide d’une jeune déetctive, Emily Sanders (Charlize Theron). Avec son aide, il tentera de découvrir ce qui est arrivé à son fils tant physiquement que psychologiquement durant son service en Iraq.

Contrairement à Sam Mendes dans Jarhead, qui épousait la psychologie des soldats entraînés lors de la guerre du Golfe, Haggis opte pour un point de vue extérieur au conflit irakien, soit celui du personnage de Hank. Ce point de vue profite notamment d’un certain voile de mystère quant à la situation, mystère concrétisé par l’intrigue policière, mais aussi, profite d’un certain regard sur les effets de l’envoi de ces jeunes soldats au combat sur leur entourage. À ce titre, c’est exclusivement par le personnage de Hank que cette réflexion se pose. C’est à travers la quête de ce personnage que Haggis pose son constat. Au fur et à mesure que Hank découvre les indices et apprend les faits quant aux circonstances de la disparition de son fils, Hank remet progressivement en doute son insistance à avoir voulu laisser son fils partir en service.

Évidemment, comme dans Crash, tout dans le scénario de Haggis est calculé. L’intrigue policière est d’ailleurs là pour nous le rappeler. Mais Haggis force particulièrement la note en venant appuyé son récit par un symbolisme qui devient parfois très lourd. On pensera tout simplement à Hank et à son rapport avec le drapeau américain ou encore à la légende de David et Goliath qui sera reprise par le personnage de Charlize Theron à la fin du récit pour mettre en parallèle la relation qu’elle a réussit à établir avec ses comparses de travail misogynes. De plus, malgré toute la bonne volonté de Haggis et son propos fort honnête, on le sent incroyablement réticent à vraiment s’interposer au conflit américano-iraquien, plus particulièrement à vouloir dénoncer le gouvernement américain. Il n’y a qu’à voir ce cadre comportant la photo du président George Bush judicieusement accroché dans le bureau du personnage de Charlize Theron pour s’en convaincre.

Ce n’est vraiment qu’avec son dénouement final livrant la vérité quant au séjour du fils de Hank en Irak que Haggis réussit à viser juste et ce, de façon incroyablement efficace. Le véritable message que voulait passer Haggis, il est là et il passe à travers la quête personnelle du personnage torturé de Hank. Et non pas dans cette intrigue policière menée par une détective obstinée et orgueilleuse. Non pas que cette intrigue soit inintéressante, c’est simplement qu’on perd beaucoup de temps avec cette enquête qui, au final, se résout de façon plutôt simplette. Alors que plusieurs personnages (notamment celui de Charlize Theron) auraient mérité plus de profondeur.

In the Valley of Elah ne risque certainement pas de connaître le même destin rayonnant que Crash. Le deuxième long-métrage de Haggis n’est malheureusement pas pleinement assumé et l’intrigue policière qui sert de trame au récit est finalement plutôt banale. Malgré tout, le film de Haggis possède un propos ambitieux et relativement percutant étant donné la situation conflictuelle qui ne peut que résonner dans notre actualité.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est très bonne. L’interpositif employé était dans un excellent état puisque aucune anomalie n’est perceptible. L’image affiche donc une netteté remarquable en plus d’un niveau de détails et de textures des plus adéquats. Le rendu des couleurs est également irréprochable. Ces dernières demeurent riches, précises et ne souffrent d’aucun problème de saturation ou de débordement quelconque. Idem pour les tons de peaux qui demeurent naturels. Pour ce qui est de la luminosité, on remarquera que le niveau des noirs est correctement géré évitant ainsi tout effet de brillance. Quant aux dégradés, ils sont fluides et précis offrant ainsi de superbes parties sombres. On notera également que les noirs demeurent purs et profonds.

Par contre, ce transfert perd énormément de points dans la partie numérique où, il semble maintenant que ce soit de mise avec Warner, on observe des signes de compression évidents (fourmillements, notamment) et qui deviennent assez gênants à la longue. Sinon, règle générale, un bon transfert.



Son
Trois bandes sons sont disponibles sur cette édition : l’une en version originale anglaise, l’une en version française et l’autre en version espagnole, toutes trois offertes au format Dolby Digital 5.1.

Film misant davantage sur les dialogues et sur les ambiances, In the Valley of Elah profite ici d’un mixage adéquat. Le dynamisme est donc adapté au type de films et la présence est des plus convaincantes. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon élégante, malgré les limites qu’offre le film présenté ici. Les ouvertures frontale et latérale sont donc claires et précises alors que les enceintes arrière sont employées à des fins presque exclusives d’ambiance. Les effets d’ambiophonie se veulent donc plutôt rares, mais quelques uns sont ressentis à quelques occasions (la scène d’arrestation en extérieur plus particulièrement). Les dialogues sont évidemment parfaitement et totalement intelligibles alors que la trame sonore très appuyée de Mark Isham est intégrée avec efficacité au mixage. Les basses fréquences sont employées à quelques reprises également, mais lorsque c’est le cas, elles grondent avec une certaine profondeur et une belle efficacité. La même chose s’applique pour le canal d’extrêmes graves qui gronde de façon anecdotique, mais qui néanmoins réussit à se faire efficacement ressentir.

Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
Du côté des suppléments, cette édition nous offre un documentaire « In the Valley of Elah : Documentary » qu’il est possible de visionner en deux segments, soit « In the Valley of Elah : After Iraq (27:37) » et « In the Valley of Elah : Coming Home (15:20) ». Le premier segment nous présente la préparation (physique et mentale) des jeunes acteurs incarnant des soldats revenant du front en plus de proposer plusieurs commentaires de la part des acteurs et des figurants sur la question du service militaire. Certains témoignages paraissent superficiels alors que d’autres se veulent assez émouvants. Le deuxième segment se concentre davantage sur le tournage du film en plus de contenir toujours plusieurs témoignages des comédiens et de quelques artisans sur le sujet du film. Nous retrouvons également une scène supprimée (07:47) qui présente un entretien entre Hank et un soldat de sexe féminin. Cette scène, bien que proposant quelques informations intéressantes sur le personnage de Mike, le fils de Hank, n’apporte rien de vraiment neuf au montage final.



Conclusion
In the Valley of Elah est un film qui laisse plutôt perplexe. Le cinéaste canadien Paul Haggis ne semble pas assumer pleinement son propos, même si celui-ci demeure fort louable en plus d’être bouillant d’actualité. De plus, l’intrigue policière n’est qu’un pur prétexte pour plonger dans les tourments, les peurs et les doutes du personnage de Hank, admirablement joué par Tommy Lee Jones. Il s’agit donc d’une œuvre qui pourrait éveiller votre curiosité si vous aviez apprécié Crash, mais sinon passez votre chemin. D’autres cinéastes ont fait beaucoup mieux et surtout plus novateur sur le sujet.

Warner nous offre une édition correcte. Le transfert vidéo est très beau, mais les nombreux signes de compression gâche une bonne partie du visionnement. La bande son est adéquate et répond parfaitement au genre de film présenté ici. Quant aux suppléments, ils sont honnêtes, mais relativement dispensables. Ce qui fait donc de cette édition qu’elle est recommandable uniquement à ceux qui ont appréciés l’œuvre ou qui sentent que ce film est pour eux. Les autres, une location s’impose d’abord.



Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2008-03-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
In the Valley of Elah

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
121 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaire, scène supprimée

Date de parution:
2008-02-19

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