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DVDEF

To Catch a Thief

Critique
Synopsis/présentation
Unique oeuvre d'Hitchcock dont les droits d'exploitation appartiennent au studio Paramount, To Catch a Thief (La Main au Collet) est, il faut bien le reconnaître, une déception, une comédie policière habilement mise en scène mais trop souvent superficielle. Néanmoins, To Catch a Thief demeure une oeuvre centrale du répertoire hitchcockien américain; il s'agit de la troisième oeuvre dans laquelle Hitchcock dirige la ravissante Grace Kelly (actrice-fétiche du maître), de même que le sex-symbol masculin des années 50/60, Cary Grant.
S'inspirant librement de la vie d'Albie Baker, un voleur de bijoux et auteur d'une autobiographie intitulée Stolen Sweets, To Catch a Thief s'ouvre sur les palaces de la Côte d'Azur, alors qu'une succession de vols de bijoux conduit la police à s'intéresser à nouveau à John Robie (Grant), surnommé "le chat", un ex-cambrioleur devenu héros de la résistance durant la guerre. Aujourd'hui viniculteur et jardinier à ses heures, John voit les soupçons se tourner contre lui, les vols étant commis avec une technique identique à celle qu'il utilisait autrefois. Aux accusations policières s'ajoutent les reproches des anciens membres du réseau de résistance auquel appartenait John et chez qui il avait trouvé refuge dans un restaurant de Monte-Carlo. Décidé à retrouver le véritable malfaiteur, John sera dès lors conduit à Cannes, puis à Nice, où il rencontrera H.H. Hughson, un ami assureur qui lui refilera la liste de ses clients ayant les plus beaux bijoux, et où le criminel pourrait bientôt frapper. À cette quète de vérité se greffera la charmante Frances (Kelly), fille de la richissime Mrs. Stevens, celle-ci étant loin d'être insensible au charisme de John, bien qu'elle le soupçonne, elle aussi, d'être le coupable des vols. Lorsque les bijoux de Mrs. Stevens disparaîtront mystérieusement après une nuit dans les bras de John, et que la presse annoncera la mort suspecte d'un ancien camarade de John, Frances décidera dès lors de s'impliquer personnellement afin de disculper définitivement le pauvre John. C'est au cours d'une soirée costumée, où se retrouvent policiers, collègues de la résistance, Hughson, Mrs. Stevens et bien sûr, le recherché John Robie déguisé en rat d'hôtel, que le véritable coupable sera surpris en plein action et surtout, démasqué...
Comme s'il avait pressenti que ce film serait peut-être le dernier qu'il tournerait avec Grace Kelly (c'est durant le tournage du film qu'elle y rencontra son futur époux, le Prince de Monaco), Hitchcock dirigea celle-ci avec une admiration évidente. La grâce de Kelly, sa beauté et ses costumes confèrent un véritable charme à l'oeuvre cinématographique. Aussi admiratif de Grace Kelly que pouvait l'être Hitchcock, Cary Grant déclarait à propos de sa partenaire: "Grace jouait comme Johnny Weissmuller nage ou Fred Astaire danse. Avec elle tout paraît facile."
Sans être impersonnel, ce n'est que par moments que l'on sent la marque d'Hitchcock dans cette réalisation. Le personnage de Frances est probablement le plus révélateur. Celle-ci semble fasciné par l'idée que John soit le véritable voleur recherché par la police. Par exemple, les dialogues à double sens lors des nombreuses conversations entre Frances et Grant (improvisées par les deux acteurs lors des répétitions) ou cette scène, alors que la jeune femme, qui connaît à peine John, lui dit bonsoir en l'embrassant soudain à pleine bouche. Cette fascination culpabilisante pour le crime se veut un thème central de l'oeuvre d'Hitchcock, et les exemples en sont nombreux. La séduisante Pamella (Madeleine Carroll) de The 39 Steps n'est-elle pas attirée sexuellement par le présumé malfaiteur (Richard Hannay interprété par Robert Donat) auquelle elle est enchaînée? L'étrange impression qu'un meurtre a été commis chez ses voisins d'en face ne stimule-t-elle pas le photographe L.B. Jefferies (James Stewart) a les épier nuit et jour (Rear Window)? Et que penser que cette passion enivrante que ressent le pauvre Mark Rutland (Sean Connery) pour cette voleuse avouée qu'est Marnie (Tippi Hedren)...
Après avoir tourné Rear Window l'année précédente, Hitchcock voulait aussi, en quelque sorte, produire un film moins inquiétant et dramatique. Le réalisateur fit preuve d'un peu d'humour (très british) et ponctua son film de clins d'oeil moqueurs (par exemple, lorsque John laisse tomber par exprès une plaque dans le corsage d'une joueuse au casino).
Malgré le côté cabotin de certaines scènes, la séquence où Frances roule vite, trop vite, au volant de sa voiture sur la route de la corniche est d'une sinistre prémonition. C'est à cet endroit exact où Frances et John prennent le goûter en bordures de la route, que la Princesse Grace connut une fin tragique en 1982 après un accident de voiture...
Contrairement à la majorité de ces films tournés principalement en studio, Hitchcock manifesta le désir de filmer plusieurs scènes en extérieur. La photographie de To Catch a Thief est probablement une des plus lumineuses du répertoire hitchockien. Robert Burks et Wallace Kelley, les deux directeurs photo, furent d'ailleurs récompensés d'un Oscar pour celle-ci.


Image
Comme il le fit subséquemment pour The Trouble with Harry (1955), Vertigo (1958) et North by Northwest (1959), Hitchcock tourna To Catch a Thief en VistaVision.
Ce procédé de prises de vues, apparu en 1954, fut destiné à fournir une image négative de grande taille, et donc de meilleur qualité. À la différence des procédés les plus communs utilisés à l'époque, la pellicule 35mm défilait horizontalement dans la caméra, avançant de 8 perforations par image. Après réduction en laboratoire de l'image, les films tournés en VistaVision pouvaient être projetés verticalement comme s'il s'agissait d'une pellicule conventionelle. Le procédé fut abondonné au cours des années soixante, et est aujourd'hui utilisé que pour la réalisation de certains effets spéciaux.
Contrairement à Vertigo qui avait bénéficié d'une superbe restauration, le matériel source ayant servi au transfert de To Catch a Thief demeure abîmé, essoufflé et ces marques sont nettement visibles (éraflures, parasites, grain envahissant, etc.).
Cette édition de To Catch a Thief est ici offerte en format respecté de 1.85:1, et ce d'après un transfert vidéo anamorphosé. Première problèmatique: une image parfois un peu molle et qui manque de précision. Si les détails et textures sont généralement bien rendus, certaines scènes semblent manquées de netteté, notamment celles se déroulant à l'intérieur. Les séquences extérieures, quant à elles, semblent moins affectées par ce manque de piqué. Toutefois, ces dernières présentent un contraste parfois excessif au point où des halos sont visibles dans les hauts contrastes. Le rendu des couleurs est toutefois sans problème. Celles-ci sont brillantes, pures et riches. La magnifique palette de couleurs des paysages et costumes est superbement reproduite. Les parties sombres sont correctement dégradées laissant deviner un niveau de détail correct (mais sans plus). Les noirs sont purs et profonds.
Du côté numérique on remarque de curieuse chose, notammment au cours de la séquence d'ouverture où quelques instabilités agaces. En somme, un transfert vidéo décevant; une restauration en bonne et due forme du matériel source aurait surement été de mise...



Son
To Catch a Thief offre deux bandes sonores, l'une anglaise (Dolby mono 1.0) et l'autre française (Dolby mono 1.0).
Il s'agit ici d'une bande-son monophonique typique des années cinquante et des techniques d'enregistrement de l'époque. La dynamique est limitée, mais acceptable. Les éléments sonores (bruitage, trame-sonore, voix) sont bien intégrés, malgré une fidélité limitée. La trame sonore signée Lyn Murray (Gilligan's Island, Daniel Boone) est souvent mince avec des pointes dans les haute-fréquences un peu stridentes. Comme il s'agit d'une bande-son monophonique 1.0, le son ne se déploie que du canal central avant.
Signe qu'un certain travail de nettoyage a été fait, aucun bruit de fond n'est audible. De plus les fréquences médianes ne glissent jamais vers les aigües. Aussi, les voix sont nettes et toujous intelligibles.
Il y a option de sous-titrage en anglais (cc).



Suppléments/menus
Malgré certaines réserves à propos du transfert vidéo et audio, cette édition de To Catch a Thief se démarque, non pas par la quantité de suppléments, mais plutôt par la qualité de ces derniers. Sachant qu'il s'agit de l'unique œuvre d'Hitchcock dont les droits appartiennent à la Paramount, le studio semble avoir investit les sommes nécessaires pour la production de courts documentaires fort intéressant portant à la fois sur le film, le réalisateur ainsi que sur l'homme derrière la légende.
Ainsi, trois documentaires sont ici proposés, tous narrés par Pat et Mary Stone Hitchcock, fille et petite-fille du célèbre réalisateur. Le premier, intitulé Writing and Casting (environ neuf minutes), porte sur la pré-production de l'œuvre, de l'écriture du scénario au choix des comédiens. Puis, suit le documentaire The Making of To Catch a Thief (d'une durée de dix-sept minutes), celui-ci portant spécifiquement sur la production du film. Pat et Mary Stone Hitchcock évoquent quelques anecdotes personnelles de tournage, tout en se remémorant les techniques et approches lors du tournage. Le style propre à Hitchcock est ici bien décrit et cerné. Enfin, An Appreciation (près de 8 minutes) se veut un documentaire portant sur l'homme que fut Alfred Hitchcock. Via les souvenirs de Pat et Mary Stone et grâce à l'ajout de quelques vidéo-maison, ce segment offre un regard personnel et informatif sur le personnage (un peu comme le fit la seconde pièce de l'exposition Hitchcock et l'Art présentée au Musée des Beaux-Arts en 2001). Ensembles, ces trois documentaires se complètent et s'entre croisent, sans jamais devenir redondants. Un excellent effort qui ravira les amateurs d'Hitchcock.
Un autre documentaire est également offert avec cette édition: Edith Head - The Paramount Years. Ce segment vidéo de quatorze minutes rend hommage à la chef costumière de To Catch a Thief, Edith Head. Le propos porte sur sa carrière, les aspects créatifs de son oeuvre et ses réalisations.
Deux autres suppléments s'ajoutent à cette édition, soit la bande-annonce originale du film, ainsi qu'une section Photo and Poster Gallery (sept minutes). Cette dernière est une présentation d'images et photographies entourant le film, le tout accompagné des moments forts de la trame sonore.




Conclusion
Bien que qu'il ne s'agisse pas du film le plus achevé du réalisateur, To Catch a Thief demeure un incontournable, ne serait-ce que pour le jeu du couple Kelly / Grant qui crève l'écran. Malgré la facture technique décevante de cette édition DVD offerte par Paramount, les suppléments parviennent à sauver la mise, en faisant ainsi un excellent prétexte pour renouer avec les travaux d'un des plus grands cinéastes du XXe siècle, Alfred Hitchcock.

Note de l'auteur
En date du 5 novembre 2002, la quasi-totalité des oeuvres d'Hitchcock ont été édité en format DVD, et ce qu'il s'agisse des collections Laserlight, Ryko ou Image Entertainment (période britannique, pré-1940), ou celles des éditeurs Universal, Criterion ou Anchor Bay (période américaine, post-1940). Cependant, certains classiques demeurent toujours à paraître, dont Stage Fright, The Wrong Man, Dial M for Murder, Suspicion et I Confess. Notons que tous ces titres appartiennent à la Warner Bros. (exception faite de Lifeboat qui appartient à la Fox).




Qualité vidéo:
2,0/5

Qualité audio:
2,0/5

Suppléments:
3,9/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2002-11-05

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
To Catch a Thief

Année de sortie:
1955

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaires (3), galerie d'images et bande-annonce

Date de parution:
2002-11-05

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