Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Ticker

Critique
Synopsis/présentation
Juste au moment où nous pensions en avoir fini avec Steven Seagal suites au succès relatif d' Exit Wounds, son tout dernier film (Ticker) aura tôt de rectifier la situation et de rassurer les cinéphiles : Seagal a atteint le fond du baril pour y rester. Ticker a été réalisé avant Exit Wounds (la queue de cheval de Seagal est là pour en témoigner !), mais le film a croupi sur les tablettes du distributeur, Artisan, pendant plusieurs mois avec que la compagnie ne décide de distribuer le film directement sur vidéocassette et DVD. Visiblement, Artisan était conscient de la valeur du produit qu'ils avaient entre les mains, et ont par conséquent jugés qu'une distribution en salles était trop risqué. Honnêtement, nous aurions tous pu se passer d'une quelconque parution de ce titre...
Ticker raconte l'histoire d'un détective aigri (Tom Sizemore) et d'un démineur zen (Seagal) qui traquent un poseur de bombes fou à lier (Dennis Hopper) qui s'amuse à faire exploser plusieurs secteurs de San Francisco dans l'espoir de passer à l'histoire. Il n'est manifestement pas tombé sur le bon film !
Vous avez une sensation de déjà-vu ? C'est parfaitement normal. Tout d'abord, Ticker reprends une formule qui a déjà été racontée plus brillamment des dizaines de fois. Ensuite, Dennis Hopper y tient presque exactement le même rôle qu'il avait déjà incarné dans Speed, tandis que Steven Seagal reprend quant à lui tous ses rôles… la seule et unique différence étant du point de vue de la longueur de ses cheveux. Évidemment, le manque d'originalité du scénario n'est pas seul responsable du dérapage complet du film. Le récit est si confus et les rebondissements si absurdes que vous aurez peine à en croire vos yeux. Dans l'art de prendre le spectateur pour un imbécile, le scénariste de Ticker est roi ! Comme si ce n'était pas suffisant, ce dernier a ponctué les dialogues de phrases philosophiques et moralisatrices absolument infectes. Sortant de la bouche de Seagal, ces paroles en deviennent irrésistiblement loufoques ! Quant au réalisateur, Albert Pyun, on dit de lui dans sa biographie présente sur cette édition qu'il a déjà été l'apprenti du légendaire cinéaste japonais Akira Kurosawa. Et bien tout ce que Pyun semble avoir retenu de son apprentissage est l'utilisation d'un trépied ! En effet, ce dernier se contente de filmer platement les scènes que le scénario lui propose, sans aucune vision, originalité, ou dynamisme. Évidemment, la mise en scène qui en résulte est confuse (on à peine à se retrouver dans les scènes d'action) et incapable d'insuffler un rythme ou une tension au film. Et dire qu'on vous épargne les détails d'une utilisation abusive des gros plans ainsi que l'insertion de flash-back indigestes…
Finalement, au bout du compte, on est à se demander ce qu'est allé faire dans cette bouillie sans nom l'acteur Tom Sizemore, lui qui est déjà apparu dans plusieurs productions de premier ordre tels Saving Private Ryan ou Strange Days pour ne nommer que ceux-là. Espérons qu'il s'agisse là d'un simple égarement, à l'inverse du jadis prometteur Dennis Hopper qui ne cesse d'aligner les navets depuis quelques temps.


Image
Ticker nous est offert en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphique. La définition générale est acceptable, sans plus. Plusieurs scènes démontrent un manque de piqué apparent, laissant percevoir une image manquant de finesse, surtout au niveau des arrières-plans. Les couleurs sont par contre fort bien saturées, elles conservent avec constance une apparence riche et naturelle du début à la fin. Les teintes de peau sont adéquatement rendues, leur aspect est naturel en tout temps. La brillance nous est apparue juste et bien balancée, par contre les contrastes ont parfois été trop accentués. Le principal défaut de ce transfert se situe au niveau des parties sombres, qui manquent singulièrement de subtilitées dans les dégradés. Les noirs sont peu profonds et laissent entrevoir un fourmillement omniprésent.
Notons en dernier lieu que l'interpositif utilisé pour ce transfert est de bonne qualité et ne présente aucun défaut ou parasite apparent. Les défauts de compressions sont inexistants sur ce transfert, par contre une sur-définition des contours est souvent perceptible.



Son
Seules deux bandes-son anglaises sont offertes sur cette édition, soit une de format Dolby Digital 5.1 et l'autre de format Dolby Surround 2.0.
Règle générale, le mixage Dolby Digital 5.1 présente un dynamisme somme toute appréciable, à défaut de présenter une spatialité adéquate. En effet, cette dernière est fort limitée, mal définie et manque de profondeur. Les quelques effets d'ambiophonies utilisés lors des scènes d'action ont un certain impact, tandis que quelques transitions de canaux, quoique grossières, ajoutent quelque peu au dynamisme global de ce mixage. Curieusement, les éléments sonores nous sont apparues d'une intégration douteuse. La trame-sonore manque parfois de puissance et d'impact et est ainsi souvent noyée par les effets sonores. Les dialogues sont tout aussi problématiques. En plus d'un manque de fidélité, le volume d'enregistrement varie souvent, résultant de dialogues parfois trop prédominants, mais surtout souvent enterrés par le montage-sonore. Les basses sont bien employées lorsque nécessaires, elles ponctuent avec profondeur certaines scènes d'action. Le canal .1 (LFE) nous est par contre apparue sous-utilisé, un tel film aurait certainement bénéficié de plus de mordant au niveau des extrêmes-graves.
À noter que seuls des sous-titres espagnols sont offerts sur cette édition.



Suppléments/menus
Étonnamment, Artisan ont pris la peine d'inclure un supplément pour un tel film… Le supplément en question est une médiocre piste de commentaires audio animée par le réalisateur et le producteur du film. À l'instar du film lui-même, l'écoute de cette piste s'avère un exercice des plus ennuyeux. Les silences sont incalculables, et lorsqu'ils parlent, les deux interlocuteurs se contentent de donner leur opinion sur des détails tels la beauté d'une horloge ou la température extérieure. Visiblement, les deux hommes n'avaient strictement rien à raconter et, pour être honnête, on les comprends !
Une bande-annonce du film est aussi offerte, ainsi qu'une galerie de biographies plutôt élaborée.




Conclusion
Le film ne mérite certainement pas qu'on lui accorde plus d'une heure et demi de notre temps, mais ceux qui ont le goût du risque ne découvriront qu'une édition DVD acceptable, sans plus. Les transferts vidéos et sonores ne répondent certainement pas aux standards de qualité actuels, mais tout deux présentent certaines qualités. Quant aux suppléments, autant dire qu'il n'y en a aucun tellement leur intérêt est nul. Pour un film de premier ordre, une telle édition DVD aurait été difficilement pardonnable. Mais pour un tel film de série B, l'éponge peut être passée plus facilement.



Qualité vidéo:
2,9/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
2,5/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-11-30

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Ticker

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
92 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Artisan

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio et bande-annonce

Date de parution:
2001-11-13

Si vous avez aimé...