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DVDEF

Thirteen Days (Platinum Series)

Critique
Synopsis/présentation
Thirteeen Days est sûrement le film le plus ambitieux du réalisateur Roger Donaldson. Au cours des années quatre-vingt dix, le cinéaste a mis en scènes les Dante's Peak, Species et White Sands. Des oeuvres sommes toute moyennes, dont les scénarios, étaient la plus grande faiblesse. Ici le réalisateur s'attaque à un sujet d'envergure; la crise des missiles d'octobre 1962. Au début des années soixante Cuba est isolé politiquement, seul le bloc soviétique soutient ce pays. Les Etats-Unis n'ont toujours pas digéré la révolution de Castro qui a renversé le régime corrompu de Battista, un régime qui soutenait les activités américaines sur l'île. En octobre 1962 un avion de reconnaissance américain survole Cuba, des photographies sont prises. Une analyse des clichés a vite fait de démontrer que des bases lance-missile ballistiques sont en contruction par les Russes sur Cuba. Pour les Etats-Unis jamais ces bases lance-missile ne doivent devenir opérationelles, les Russes auraient un avantage stratégique trop grand. Le gouvernement américain, alors dirigé par John F. Kennedy, doit réagir au plus tôt; mais comment? Des vues divergentes s'affrontent. C'est ce que Thirteen Days explore.
Dans ce film la crise est vue de l'intérieur, dans les coulisses de la Maison-Blanche. Nous suivons Kenny O'Donnell (Kevin Costner) un conseiller du président Kennedy tout au long du développement de cette crise. Un des enjeux de de Thirteen Days est la lecture de l'histoire qui est faite, est-elle juste ou orientée politiquement? Dans ce film de Roger Donaldson la crise est décrite d'un point de vu américain; l'amérique réagit à un geste soviétique dont les enjeux sont presque éludés voir ignorés. Cette approche rend subtilement irrationelle l'action ennemie, ce qui est un peu agaçant. Heureusement David Self, le scénariste du film, c'est bien documenté. Notes, entrevues et enregistrements audio ont servi comme base de travail au scénariste ce qui évite toute interprétation hasardeuse de l'histoire. En ce sens Thirteen Days est juste et pertinent. Comme pour beaucoup de films Hollywoodien on ne peut s'empêcher de glorifier quelques peu le mythe Kennedy et d'exhulter les valeurs américaines. Un plan est particulièrement révélateur; alors que John F.Kennedy songe aux impacts de la crise, il regarde ses enfants jouer dans les jardins de la Maison-Blanche...
Une question s'impose: pourquoi le personnage de Kenny O'Donnell (Kevin Costner), conseiller politique du président, occupe-t'il une si grande importance dans le film? Kenny O'Donnell n'était certe pas le moins influent des conseillers de l'entourage présidentiel, mais jamais il n'a eu l'importance qu'on lui donne dans ce film. Peut-être s'agit-il seulement d'un hasard mais le fils de Kenny O'Donnell, Kevin O'Donnell, est un des producteurs de Thirteen Days.
Il serait injuste ici d'ignorer les performances d'acteurs. Le réalisateur a le mérite ici d'avoir choisi des acteurs relativement peu connus qui s'effacent derrière les personnages historiques. Bruce Greenwood (John F. Kennedy) et Steven Culp (Robert F. Kennedy) livrent des performances étonnament crédibles compte tenu de l'envergure des deux hommes.


Image
Thirteen Days est présenté en format original 1.85:1 (Panavision, couleurs DeLuxe) d'après un transfert anamorphique et numérique.
La définition générale de l'image varie au long du film. Si, généralement, l'image est nette quelques scènes paraîssent un peu molles et n'ont pas le piqué voulu. Les éléments d'archives utlisés ont été retravaillé numériquement et s'intègrent particulièrement bien au film, malgré un grain plus qu'évident. Élément qui complique l'évaluation de l'image la qualité de quelques séquences récentes ont été réduites afin de les normaliser avec les scènes d'archives restaurées.
Il est difficile de parler de justesse des couleurs pour ce film puisque celles-ci ont été altérées. Désaturation, filtrage, acentuation du contraste; un évantail de techniques a été utlisé pour recréer une atmoshpère, un style qui rapelle une époque. Les couleurs restent cependant constantes et sans fluctuations. Les quelques scènes en noir et blanc ont une échelle tonale tout a fait satifaisante. Les tons de peau sont agréablement rendus et naturels. Les parties sombres sont, dans leurs ensemble, bien détaillées quoiqu'à certains moments plus de définition aurait été souhaitable. Les noirs sont profonds et exempt de dominante.
On remarque à l'occasion un peu de sur-définition. Quelques parasites visuels sont visibles lors de l'utilisation de séquences d'archives.



Son
La bande sonore anglaise Dolby Digital 5.1 est la seule et unique bande de cette édition. Le mixage a très intelligemment été fait et est solidement rendu sur cette édition DVD.
Le dynamisme de cette bande est à l'occasion percutant, par exemple lors d'explosions atomiques ou du passage d'avions réactés. Bien que ce film repose essentiellement sur des dialogues plusieurs éléments sonores d'ambiances, en plus d'une trame-sonore efficace, contribuent à créer une atmosphère tout a fait crédible et enveloppante. La spatialité de ce mixage n'a absolument rien à envier à certains films d'action.
Les effets d'ambiophonie sont généralement utlisés discrètement bien qu'à certaines occasions (lors de séquences d'action) des effets localisés et très dynamiques se font entendre. Les dialogues ont été superbement enregistrés et s'intègrent avec naturalité au mixage, ceux-ci restent en tout temps intelligibles. La trame-sonore de Trevor Jones affiche une fidélité exemplaire et se déploie parfois avec force des canaux avant. Les basses, lorsque nécessaires, sont intenses. Le canal d'extrême grave .1 (LFE) est utlisé avec clairvoyance et que pour accentuer l'intensité de certaines scènes.
Seuls des sous-titres anglais (cc) sont proposés sur ce titre.



Suppléments/menus
Si l'on fait abstraction du problème des bandes-sonores françaises, absentes des éditions New Line, cet éditeur a toujours offert un produit DVD de très haute qualité. La bannière Platinum Series a établi des standards en terme de supplément. Que l'on songe aux éditions d'Austin Powers, Boogie Nights ou Se7en.
Avec la bannière infinifilm New Line c'est donné un nouveau défi; l'interactivité. C'est-à-dire intégrer directement au film des compléments d'information. Traditionellement les suppléments d'une édition sont dans une section bien distincte ou carrément sur un deuxième disque. Ici on nous offre la possibilité d'accèder aux suppléments (entrevues, biographies, etc.) directement pendant l'écoute du film. Comme le montre l'image ci-contre, apparaît au début de chaque chapître un espace où une sélection de suppléments est accessible. Une fois l'écoute du supplément faite on revient au film. Précisons ici que les suppléments sont courts, tous en deçà des 2 minutes 30 secondes.
Quelle est la valeur de cette option? Pour la personne qui n'a jamais vu le film il est inconcevable d'interrompre l'écoute du film fréquemment pour écouter un complément d'information. C'est dénaturer le septième art. Pour celui ou celle qui a déjà vu le film au cinéma ou déjà fait une première écoute du DVD (sans aucune interactivité) cette option peut être intéressante. Mais là encore nous avons une interrogation; pourquoi écouter un film pour avoir à accèder à des suppléments? Evidemment les suppléments infinifilm accessibles au début d'un chapître sont contextuels et se rapportent à la ptoduction, ou dans la cas de Thirteen Days, historiques. Dans ce sens et lorsqu'intelligemment utilisés, l'option infinifilm nous parait attrayante.
D'abord un mot sur le menu principal de navigation. Les options d'accès aux différentes parties du menu sont présentées sous forme circulaire. Bien que visuellement cela soit intéressant la navigation n'est pas intuitive, il faut porter attention aux touches pesées sur la télécommande. De ce menu vous pouvez entre autre démarrer la lecture du film (sans aucune interactivité) ou bien accèder à la section infinifilm. C'est de cette section que l'on peut voir le film sous sa forme interactive ou juste accèder aux suppléments.
Les suppléments ont été divisé en deux parties bien distinctes Beyond The Movie et All Access Pass. La partie Beyond The Movie est composée de tous les suppléments historiques se rapportant à Thirteen Days. En premier lieu une piste de commentaires audio de personnages historiques nommé Historical Figures Commentary. En fait il s'agit d'un montage audio d'entevues qu'ont donné John F. Kennedy, Kenneth O'Donnell, Pierre Salinger, Robert McNamara, Sergei Khrushchev, Ernest R. May et D. Zelikow à propos de la crise des missiles.
Suit un Historical Information Track. Ce supplément est en fait une option de sous-titrage qui, lors de l'écoute du film, apporte des précisions historiques sur les personnages ou situations. Ces sous-titres sont un bel ajout qui ne distrait pas trop de l'écoute principale, toutefois le rythme de leurs apparitions est inconstant. On retrouve ensuite des biographies (Historical Biographies) qu'on a divisé en cinq sections: Leaders, Advisors, Military, Diplomats et Press. Chacune des sections présente les principaux personnages historiques dont il est question dans le film. Ce qui est plaisant est que ces biographies ne sont pas une section de notes mais bien de courts segments vidéo. Finalement un documentaire de 48 minutes appelé Roots of The Cuban Missile Crisis conclu la partie Beyond The Movie. Ce documentaire, habilement réalisé, mélange extraits d'archives, entrevues et séquences du film. Roots of The Cuban Missile Crisis met bien en perspective les enjeux politiques et stratégiques qui ont mené à cette crise. S`il n'y a qu'un supplément à voir c'est celui-ci. Point final.
La partie All Access Pass regroupe tous les suppléments qui ont spécifiquement trait à la production du film. De là on peut sélectionner la piste de commentaires audio des artisans du film: Roger Donaldson (réalisateur), David Self (scénariste), Michael DeLuca (producteur éxécutif), Armyan Bernstein (producteur), Micheal McAlister (responsable des effets spéciaux) et Kevin Costner (acteur). Tous les commentaires n'ont pas été enregistré simultanément notamment les propos de Kevin Costner. Aucune ligne directrice ne régit cette piste; on y va de ses impressions sur la réalisation, ses souvenirs de la crise et de quelques anecdotes savoureuses.
Bringing History To The Silver Screen est un court segment sur la production du film. Ce segment de 11 minutes est divisé en 16 chapîtres qui chacun aborde un thème. A un tel rythme il est impossible d'aller dans le détail, ce qui est bien dommage puisque ce qu'on apprend dans ce supplément est pertinent. La section Visuel Effects propose une scène, celle d'un survol d'avions à basse altitude, en multi angle. Cette scène est présentée sous cinq angles ou plutôt dans cinq versions en montrant le développement. Une curiosité mais sans plus.
Suivent neufs scènes retranchées au montage dont les durées varient de 31 secondes à deux minutes cinquantes. Ces scènes peuvent être entendues avec le commentaire audio du réalisateur.
Suivent finalement des filmographies et la bande-annonce originale. Une partie ROM (scénarimage, site Internet) complète les suppléments.




Conclusion
Le mode de visionnement infinifilm ne plaira pas à tous, l'interruption de l'écoute pour le visionnement de suppléments en agaçera certains. Quoiqu'il en soit New Line a ici vraiment développé une nouvelle approche, fait reculer les limites du monde DVD. Une image acceptable, une bande-son intelligente et des suppléments généreux font de cette édition un incontournable. D'autant plus que le prix de ce titre a justement été fixé en deçà des 30$ CA.



Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
4,2/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2001-07-11

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Thirteen Days

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
145 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
New Line

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
Documentaire, piste de commentaires audio, biographies, scènes retranchées au montage, segment sur la réalisation, scène en multiangle, partie ROM

Date de parution:
2001-07-10

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