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DVDEF

War of the Roses, The

Critique
Synopsis/présentation
The War of the Roses se veut un conte de fée moderne, une fable pour adultes dont la morale fut troquée pour la triste réalité. En fait, War of the Roses reflète le versant opposé des comédies romantiques; celui du divorce, de la discorde et de la vengeance. Bien que quelques films eurent l'audace d'aborder le sujet de la guerre des sexes, notamment les comédies de Spencer Tracy et Katherine Hepburn (Adam's Rib, 1949) et, plus récemment, American Beauty (1999), aucun ne décrivit une haine aussi vicieuse entre deux personnes jadis amoureux.

The War of the Roses débute dans un cabinet d'avocat (!), celui de Gavin (DeVito), un ami et partenaire-associé du couple. Afin d'aider un client dans sa requête de divorce, Gavin lui raconte la déplorable histoire passée du couple Roses, formé de Oliver (Douglas) et Barbara (Turner)... Après avoir rapidement survollé les belles années du couple (Oliver et Barbara se rencontrent dès les premières minutes du film, font l'amour à la neuvième minute et sont mariés et ont deux enfants à la onzième...), Gavin amorce la narration du déclin du couple. La guerre entre les Roses débuta dans un cabinet d'avocat et escalada progressivement les échelons de la violence, de la dégradation et du mépris. Les deux parties refusant de se séparer de leur maison de rêve, Oliver et Barbara préféreront attaquer les biens et valeurs de l'autre afin de le faire abdiquer. Cependant, ni Barbara, ni Oliver, ne présentera le drapeau blanc; ils choisiront plutôt la voie de la vengance. Et par vengance, nous entendons Barbara qui piétine la voiture de Oliver avec son camion, et Oliver qui urine dans le plat de poisson de Barbara...

Seconde production du réalisateur Danny DeVito, The War of the Roses confirme l'attrait certain du cinéaste pour la comédie noire grinçante (DeVito avait réalisé précédemment Throw Momma From the Train (1987)). Bien que DeVito ait connu une carrière inégale en tant que réalisateur, The War of the Roses représente incontestablement sa meilleure oeuvre cinématographique. Tout d'abord, DeVito misa sur le duo Douglas / Turner, dont la chimie avait déjà fait ses preuves dans Romancing the Stone (1984) et Jewel of the Nile (1985). Le réalisateur sélectionna également une nouvelle de l'auteur américain Warren Adler et la fit scénariser par Michael Leeson, ancien collègue avec qui il travailla sur la télésérie Taxi. Le scénario de Leeson constitue d'ailleurs une leçon de structure et de style. The War of the Roses est en fait une comédie romantique écrite à l'envers; plutôt que de parcourir le canvas classique (deux inconnus se rencontrent et forment un couple parfait), le film opte plutôt pour une version opposée (le couple amoureux se tranforme progressivement en deux étrangers qui cohabitent ensemble). Et contrairement à ce même canvas, la zone de turbulence que connaît le couple ne les mènera pas, bien au contraire, à un conclusion heureuse où l'amour rennaît...

Le style du film est brillant puisqu'en aucun moment, le scénario sombre dans le mélodrame ou la dépression, ce qui aurait occasionné une empathie pour les personnages et donc, anihiler toute chance de faire rire. Leeson se débarasse rapidement des enfants et de la bonne, laissant ainsi toute la place aux démences du couple et évitant, dès lors, de diminuer le scénario.

Avec The War of the Roses, DeVito prouve ses talents en tant que réalisateur. La capacité du cinéaste à s'entourer d'artisans de renom n'est pas non plus a ignorer. On retrouve à l'élaboration unique du générique d'ouverture Saul Bass (North by Northwest, Psycho), une trame sonore signée David Newman tandis que la photographie fut exécutée par Stephen H. Burum (Rumble Fish, Carlito's Way).

Comme le souligna le magazine britannique Empire au sujet de The War of the Roses, "It's as if Frank Capra's evil twin turned up and made a movie" (C'est comme si l'antithèse de Frank Capra se décidait soudainement à réaliser un film)...


Image
La présente édition de War of the Roses propose l'oeuvre en format original de 1.85:1 et ce, d'après un transfert anamorphique. Curieusement, Fox a opté pour une certification de qualité THX, probablement afin de rendre cette édition plus attrayante. Ce fait demeure tout de même surprenant, puisque l'importance du titre ne semble pas, à lui seul, justifier l'injection des sommes additionnelles pour le contrôle de qualité THX.

Ceci étant dit, cette édition de War of the Roses constitue probablement une autre preuve évidente que l'ajout du logo THX sur le boîtier n'est point un gage de perfection. Du moins, pas tout à fait. Bien que la facture visuelle de ce disque demeure de bonne qualité, quelques défauts réussissent tout de même à transparaître, rendant une fois de plus questionnable tout le processus d'approbation THX.

La définition générale de The War of the Roses est bonne mais sans plus. Certaines scènes bénéficieraient nettement de plus de raffinement dans la reproduction des détails. Bien que la qualité de l'interpositif utilisé soit très bonne (peu de grain ou artéfacts), le manque de piqué et de définition trahit en partie les dix ans passés du matériel source. Le rendu des couleurs est également satisfaisant, les tons demeurent saturés et stables sans toutefois débordés. Les couleurs de peau laissent cependant parfois à désirer, tirant fréquemment sur le rouge et jaunâtre. Le traitement de la pellicule fut fait par DeLuxe, ce qui explique facilement ce manque de naturalité dans les tons de peau. Pour ce qui est de la brillance et du contraste, ceux-ci demeure juste et sans reproches à l'exception près d'un plan particulier situé à la trentième minute du film. Alors que Kathleen Turner se trouve en contre-champ au bout de la table à dîner, l'arrière-plan au-dessus de ses épaules démontre une inconsistance flagrante de la densité. Ce problème est évident et nous nous expliquons donc mal comment l'équipe THX ayant vérifié ce matériel n'a-t-elle pas pu remarquer cette variation, faissant ainsi passer cette section de l'image de sombre à très lumineuse... Les parties sombres, quant à elles, se dégradent parfaitement, alors que les noirs sont une profonds et purs.

Cette édition de The War of the Roses ne présente aucune sur-définition, ni fourmillement.


Son
Le film The War of the Roses ayant été réalisé en 1989 (donc avant l'avènement du Dolby Digital en 1991), il est normal de retrouver sur cette édition DVD la piste originale du film en format Dolby Surround (2.0). D'un dynamisme limité, cette bande sonore n'est pas toujours d'une grande naturalité, puisque le film fut en bonne partie post-synchroné, ce qui dégage une allure de "retravaillé". Le champ sonore se déploie essentiellement des enceintes avant; un usage limité est fait des canaux d'ambiophonie. Les compositions de David Newman sont les éléments sonores qui ressortent le mieux de ce mixage, rendues avec dynamisme et toujours agréable d'écoute. Pour ceux possédant un amplificateur compatible avec la technologie Pro-Logic II ou DTS Neo:6 (création d'un effet stéréophonique arrière à partir d'une bande Dolby 2.0 Surround), sachez que l'activation de cette fonction ne vous apportera aucune amélioration puisque peu d'effets arrières ne furent encodés sur cette bande-son. Les basses sont reproduites avec aisance mais sans jamais démontrer la puissance des mixages plus contemporains; elles servent surtout a appuyer la trame-sonore du film.

La présente édition de The War of the Roses offre également une bande-son française (Dolby Digital 2.0), ainsi que des sous-titres anglais et espagnols.


Suppléments/menus
Voyons maintenant si la mention Special Edition a bel et bien sa place au haut du boîtier.

Le premier supplément d'importance de cette édition de War of the Roses constitue une piste de commentaires du réalisateur Danny DeVito. Particulièrement loquaste, DeVito nous propose ici des propos articulés. De toute évidence, le comédien-cinéaste a su se préparer avant l'enregistrement; des informations recherchées, des détails de production, des défis à relever en tant que réalisateur, des anecdotes, le tout livré de façon fluide et vivante. Peu de temps morts assombrissent ces commentaires; DeVito semble même parfois lire des notes / texte tellement la piste est riche en informations. Une piste de commentaires à ne pas manquer, surtout si vous êtes un amateur du film ou de DeVito.

Le second supplément consiste en un montage d'une cinquantaine de scènes retranchées de la version finale du film et réparties sous quatre chapitres. Ce segment est d'ailleurs présenté par Danny DeVito lui-même qui en profite, bien sûr, pour nous amuser une fois de plus. Expliquant clairement pourquoi ces scènes furent retranchées (!), le réalisateur nous fait ensuite pénétrer au sein de la salle de montage afin de nous présenter les scènes en question. D'une durée de 24 minutes, ce segment fait réaliser que les bons choix ont été fait. Malheureusement, il n'y a aucune une piste de commentaires de DeVito pour ces scènes inédites. De plus, ces scènes étant présentées une à la suite des autres, il est parfois difficle de réaliser le positionnement prévu pour de ces extraits retranchés au sein du montage final du film. Un peu d'ordre aurait été souhaitable...

Quatre scénarimages regroupés sous forme de galerie (une image par page) s'ajoutent à la liste des suppléments. Il s'agit des scènes Dinner Party, Dog and Cat Chase, Sauna Sequence et Chandelier Sequence. De plus, quatre bande-annonces cinéma (A, C, D et E) et six publicités télévisées (Christmas Map, Going to War, Days of Christmas, Number 1 Movie, Countdown et Graphics) sont offerts sur cette édition. Les suppléments comprennent également des dessins (sketches) à la main ou à l'ordinateur (du style Window's Paint...) de la maison des Roses et de certaines pièces (sauna, chambre, hall, ...), le tout présenté sous forme de galerie. Enfin, vous retrouverez aussi le scénario du film (page après page) et trois galeries supplémentaires portant sur la production, les effets visuels et les affiches du film.

Cette édition de The War of the Roses souffre définitivement d'un manque de supplément pour une édition qualifiée de spéciale. Par exemple, pourquoi ne pas avoir réalisé quelques entrevues avec les acteurs et artisans ou bien offert un documentaire sur les comédies noires américaines?



Conclusion
Cette édition de The War of the Roses offre une image adéquate avec quelques légers défauts qui auraient pu, à la limite, être passer sous silence, si cela n'aurait été de la certification THX. De toute évidence, beaucoup d'autres titres DVD qui n'arborent pourtant pas le sceau THX présentent une image de qualité égale, sinon supérieure. La bande sonore originale est dans les normes de ce que l'on attend d'un mixage Surround.

DeVito a su mettre en scène une comédie satirique intelligente, tantôt hilarante, tantôt provoquante. Dérogeant des principes cinématographiques américains par son "Hate Conquers All" et sa conclusion abrupte, The War of the Roses prouve brillament que la ligne imaginaire entre amour et haine peut parfois être aussi mince qu'un contrat de mariage...


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2001-12-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
War of the Roses, The

Année de sortie:
1989

Pays:

Genre:

Durée:
116 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaire visuelle, Scènes retranchées, Scènes par ordinateur, Scénarimages, Galerie photos, Bande-annonces

Date de parution:
2001-12-18

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