Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Scarface Deluxe Gift Set

Critique
Synopsis/présentation
Brian De Palma et Howard Hawks sont deux cinéastes aux styles et qualités diamétralement opposés, comme en témoignent les différences frappantes entre leurs deux versions cinématographiques de la même histoire. Dans le scénario de Ben Hecht (1930), on suit l'ascension fulgurante d'un jeune italien à l'ambition démesurée, Tony Camonte (Paul Muny), dans les milieux criminels de l'époque, en pleine prohibition sur l'alcool. Il est au service d'un caïd local, Johnny Lovo (Osgood Perkins), en compagnie de son inséparable et impassible compagnon, Guino Rinaldo (George Raft). Camonte est impétueux et ne voit aucune raison valable, du fait de sa puérilité et de son absence totale de valeurs morales, pour lesquelles il ne devrait pas s'emparer du territoire de ses adversaires. Les ordres de son patron ne semblent pas plus l'atteindre que la peur de mourir. Il opérera donc une véritable vendetta dans le milieu du crime organisé, supprimant tous ses adversaires, y compris son propre chef auquel il volera même sa petite amie Poppy (Karen Morley). Mais Camonte est totalement déconsidéré par sa mère et amoureux transi de sa jeune soeur au caractère explosif, Cesca (Anne Dvorak). Après cette ascension fulgurante, sa chute le sera tout autant.

Ben Hecht, qui était un journaliste bien infiltré dans les milieux criminels de l'époque, profita de sa bonne connaissance d'Al Capone et de son style de vie pour brosser un portrait très réaliste des gangsters de l'époque. Curieusement ceux-ci firent un accueil triomphal à ce film, qui les montre pourtant comme des grands enfants tuant avec insouciance (la scène où Camonte découvre les premières mitraillettes est d'ailleurs très significative sur ce point). Ils se reconnurent dans le portrait établi par Hecht et Hawks et furent impressionnés par l'authenticité des faits montrés à l'écran (Capone en bon mégalomane adorait le film et en possédait même sa propre copie).
La mise en scène de Hawks s'accorde avec le scénario sur le plan de la simplicité et de l'économie de moyens, choisissant de faire appel à l'esprit déductif de ses spectateurs pour combler les informations non explicitées clairement plutôt que de tout détailler afin être plus commercial.

Ce sens de l'économie fait merveille une fois associé à la maîtrise du rythme de Hawks et lui permet de signer un film trépidant qui défile à toute vitesse sans laisser le temps de se poser trop de questions, étant donc totalement en phase avec le sujet traité.
De plus, Hawks fait passer tout ce que la censure lui interdit par le biais d'une mise en scène novatrice (plans-séquence d'introduction de 3 min 10 s). A ce titre, il faut noter le symbole récurrent du X qui apparaît à chaque mort sous des formes diverses souvent intégrées dans l'action (une case cochée sur une feuille de résultat de bowling, les bretelles d'une robe ou des montants en bois). Ainsi, plutôt que d'uniquement mettre l'action et la violence en avant, Hawks joue également avec le subconscient de son spectateur.
Paul Muni, George Raft (qui était un authentique porte-flingue pour le mileu avant de devenir acteur), Ann Dvorak et Karen Morley interprètent leurs personnages de façon très moderne, même si leur jeu reste dans le style de l'époque. Il font passer de façon subtile tous les sous-entendus voulus par Hecht et Hawks tout en offrant l'intensité et la détermination nécessaires à leurs rôles.
La censure obligea tout de même Hawks à tourner une fin alternative (présente sur le DVD) qui montre Camonte arrêté, jugé puis exécuté, ce qui ne concorde pas du tout avec le personnage et le reste du film.

Le film de Brian de Palma est brillamment scénarisé par Oliver Stone qui réussit une adaptation fidèle mais remise au goût du jour du travail de Ben Hecht. Tony Montana remplace Tony Camonte en devenant un immigré cubain, joué de façon mémorable par Al Pacino. L'alcool est remplacé par la cocaïne et Miami remplace Chicago.
A part ces détails, la trame de l'histoire est absolument identique, De Palma et Stone ayant adapté leur mise en scène et dialogues à l'époque. En 1983, le film fit le même effet que celui de Hawks en 1932, à savoir qu'il choqua une partie du public et porta le degré de violence et d'obscénités proférées à un niveau jamais connu jusqu'alors dans le cinéma dit "grand public". Il le fit simplement de manière beaucoup moins subtile, cherchant à tout montrer et à tout faire entendre là où le film de Hawks prenait la tangente du fait de son style et du poids de la censure.
Le nombre de "fuck" prononcés dans le film, dont la plus grande partie l'est par Tony Montana, oscille entre 180 et plus de 200 selon les sources mais s'avère toujours inégalé aujourd'hui sauf peut-être par les films de Martin Scorcese comme Goodfellas ou Casino.
Certains passages sont remarquablement orchestrés par De Palma qui utilise alors son style emphatique de façon fort efficace et éprouvante pour le spectateur. Ainsi, la scène de la tronçonneuse où rien n'est réellement montré véhicule un sentiment d'horreur et de tension résolument incroyable par l'action combinée du montage image (dilatation du temps et dissimulation des actes), du montage son (le bruit de la tronçonneuse) et par la puissance du jeu des acteurs qui construisent toute la tension. De même, la scène où Tony Montana revient chez son chef après la fusillade est remarquable, créant une tension extrême sans rien montrer de vraiment significatif, jouant sur la connaissance qu'ont les spectateurs du caractère des divers personnages.

Certains autres passages subissent cette façon de procéder plus qu'ils n'en profitent et cela ralentit le rythme déja très étiré, conférant à l'oeuvre une dimension qu'elle ne possède pas et ce de façon artificielle. Ainsi la plupart des scènes de transition s'avèrent inutilement longues et détaillées, la scène où Montana doit assassiner un opposant menaçant de dénoncer ses fournisseurs de cocaïne insiste trop longuement et lourdement sur le dilemme moral du "héros", rendant cet adoucissement trop artificiel pour être efficace et crédible.
Le personnage de Montana est l'un des plus détestables qui soient et malgré cela, il déclenche une admiration sans bornes chez la plupart des spectateurs. En cela, le film est devenu l'objet d'un véritable culte, atteignant même le statut de phénomène sociologique tant ce personnage est devenu le symbole de la jeunesse défavorisée de bien des pays (en cristalisant leur propre envie d'arriver au "sommet" coûte que coûte), et ce malgré l'âge du film et les tentatives de copie qui en ont été faites depuis. Le paradoxe de la fin est que grâce à son côté opératique plus qu'outré et à son étirement interminable, la plupart des spectateurs pris dans le film ont tendance à y voir comme une victoire de Montana alors qu'il s'agit du dernier acte de sa déchéance.

La comparaison entre ces deux oeuvres éloignées de soixante-trieze ans (le film de Hawks ayant été tourné en 1930 mais sorti en 1932 pour des raisons de censure) est lourde de sens quant à l'évolution du medium cinéma et surtout quant à l'efficacité de ses techniques. Le film de Hawks raconte de façon plus discrète mais moins marquante la même histoire que le film de De Palma qui met le double du temps pour y parvenir (93 mins contre 170 mins). Le film de Hawks a révolutionné le cinéma par son audace et le fait qu'il ait créé un genre (le film de gangsters), celui de De Palma poussa le concept jusqu'à ses limites extrêmes et marqua son temps et les générations futures en incarnant une certaine idée du rêve américain. Au final, si le film de 1983 a autant marqué les spectateurs c'est par la volonté de son réalisateur (qui met tout en oeuvre pour faire de Montana une idole) et la formidable performance de Pacino. Ce que le film y gagne en impact est équivalent à ce qu'il perd en finesse et en efficacité par rapport à la version de 1932.

Nous vous conseillons vivement le visionnage simultané de ces deux oeuvres dans l'ordre chronologique, qui vous permettra d'apprécier deux excellents films mais également de remarquer à quel point la façon de faire du cinéma a évolué en soixante-dix ans. Le 7ème art a évolué mais ne s'est pas forcément amélioré sur tous les plans et ce genre de comparaison permet pour des jeunes spectateurs de réaliser à quel point les "vieux films" sont importants et surtout que, dès les années trente, une grande partie des ressources cinématographiques étaient déja exploitées.


Image
L'image du Scarface de 1983 est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.
La définition générale est correcte mais régulièrement en dessous de ce que l'on était en droit d'attendre pour une telle édition d'un film aussi populaire. L'interpositif est très propre et seuls quelques points et traits sont parfois visibles. Le rendu des couleurs est d'un bon niveau permettant à tout le mauvais goût de cette époque de ressortir comme jamais. Elles sont constantes, naturelles, sans débordements et bien saturées.
Le contraste est bien géré, évitant les brillances. Les parties sombres sont correctement rendues mais leur luminosité un peu faible provoque des baisses de détails. La profondeur et la pureté des noirs est d'un niveau satisfaisant. La qualité des dégradés est bonne, permettant de bien rendre le travail effectué sur la photographie.
La partie numérique du transfert est satisfaisante même si à plusieurs reprises, une sur accentuation des contours vient gâcher le spectacle.

L'image du Scarface de 1932 est présentée au format respecté de 1.33:1 d'après un transfert 4:3.
La définition générale est faible mais cela est excusable vu l'âge du film. L'interpositif est sale, des traits, rayures et point étant présents sur toute la durée du film.
Le contraste souffre de problèmes de gestion réguliers et les brillances sont malheureusement bien présentes. Les noirs manquent de profondeurs et de pureté ce qui occasionne un rendu des scènes sombres souvent difficile. Les dégradés manquent de subtilité et de finesse. La partie numérique du transfert est plutôt faible, occasionnant des fourmillements constants qui demandent un temps d'adaptation afin de pouvoir profiter pleinement de l'oeuvre.

Le transfert de la version de 1983 est satisfaisant même si non exempt de reproches, et représente surtout un bond en avant significatif par rapport aux précédentes versions vidéo.
Celui de la version de 1932 est limite tant nous avons été habitué ces derniers temps à une qualité toute autre sur les transferts de vieux films. Il est vraiment dommage que la Universal n'ait jugé bon de restaurer ce chef d'oeuvre, en le considérant comme un simple supplément de le version de 1983.


Son
Les quatre bandes-son disponibles sur l'édition du Scarface de Brian de Palma sont respectivement en Anglais (DTS 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby 1.0 mono) et Espagnol (Dolby 1.0 mono).

La dynamique des deux bandes-son multicanal est d'un niveau satisfaisant mais on aurait souhaité une réponse plus étendue dans le haut comme le bas du spectre. Leur présence et leur spatialité est effective mais à nouveau, on aurait apprécié une ampleur plus prononcée.
La musique est bien rendue et parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont très peu utilisées mais toujours de façon efficace. Même la musique en profite peu et l'ensemble paraît surtout axé sur la voie centrale.
Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et sans traces de parasites ou de distortion tant le volume est gardé dans des proprtions raisonnables.
Les basses fréquences sont curieusement assez en retrait et cela se fait surtout sentir lors des scènes d'actions ou des explosions qui manquent d'impact.
Les deux bandes-son monophoniques sont d'un intérêt très limité tant elles semblent anecdotiques vis à vis de leurs homologues multicanal, et à nouveau la qualité des doublages influe de façon non négligeable sur le plaisir du visionnage.
Les sous-titres sont proposés en Anglais, Français et Espagnol.

La seule bande-son disponible sur l'édition du Scarface de Howard Hawks est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).
Sa dynamique est logiquement très limitée mais correcte pour un film de 1932. Sa présence et sa spatialité bénéficient des mêmes remarques.
La musique est correctement rendue et bien intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont intelligibles malgré la présence de parasites et de distortions significatives dès que le volume est un peu poussé.
Les basses fréquences sont inexistantes, ce qui reste logique pour un film aussi ancien.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.
La bande-son du film de 1983 est à l'instar de l'image, satisfaisante mais un peu décevante par rapport à ce que permettent les techniques actuelles de remixage.
Celle du film de 1932 souffre clairement du fait de ne pas avoir été retravaillée mais malgré ses défauts, offre une qualité acceptable pour une oeuvre aussi ancienne.


Suppléments/menus
Un deuxième disque DVD est spécialement dédié aux suppléments pour le Scarface de 1983 et seule une fin alternative est proposée pour celui de 1932.

L'absence d'un commentaire audio se fait cruellement sentir mais heureusement les trois documentaires concoctés par Laurent Bouzzereau sont là pour nous apporter un maximum d'informations sur le tournage, les acteurs et trop peu sur les intentions de De Palma.
Scarface : The Rebirth, Scarface : Acting, Scarface : Creating, composent un ensemble de 55 minutes qui présente une tendance trop appuyée à l'autocongratulation et se penche très peu sur les relations de cette reprise avec le film original. Certaines informations sont répétées plusieurs fois et Laurent Bouzzereau semble moins inspiré que dans d'autres de ses documentaires. Il n'en reste pas moins que cet ensemble permet de rentrer en profondeur dans la génèse et la fabrication du film, et comblera très certainement les fans.

Vient ensuite un court segment intitulé : Scarface, The Television version, qui montre en quelques exemples comment De Palma dû édulcorer de façon importante la bande-son et le montage du film afin qu'il puisse être diffusé à la télévision.
Sont également proposées 22 minutes de scènes coupées de qualité correcte mais qui ne présentent que peu d'intérêt si ce n'est celui de pouvoir remarquer quelles directions De Palma et Stone avaient choisies puis abandonnées en cours de montage.
Puis est offert un segment à l'idée passionnante mais mal exploitée : "Def Jam presents : origin of a Hip Hop classic". Divers artistes du célèbre label de rap américain sont conviés à expliquer comment le film a influencé leur culture et leur musique. Curieusement, tous ces chanteurs d'habitude si loquaces et inspirés ne peuvent que crier leur amour pour le film comme n'importe quel fan le ferait. L'analyse socio-culturelle qui aurait pu en découler est délayée par un flot de banalités sans intérêt et un montage hachuré (style hip hop) qui rend l'ensemble plus risible qu'autre chose.

La fin alternative disponible sur le DVD du Scarface de 1932 est un segment important qui permet de mesurer combien la censure de l'époque avait peur du personnage de Tony Camonte et surtout peur de l'impact que pouvait avoir le film de Hawks. Cette fin fut imposée par le comité de censure comme condition sine qua non pour la distribution du film dans les cinémas.
Nous ne pouvons que regretter que la version de Hawks soit vraiment le parent pauvre de ce coffret, tant elle est supérieure en tous points à celle de De Palma et se prête aisément à l'étude cinématographique et à l'analyse socio-culturelle.
Enfin et principalement, il est dommage de ne pas trouver un documentaire pointant les grandes différences stylistiques et scénaristiques entre les deux oeuvres ainsi q'une partie les replaçant chacune dans leur contexte.

Un ensemble donc plutôt bien fourni mais qui pèche par manque d'analyse et de réelle mise en perspective du film de De Palma et par un injustifiable oubli pur et simple en ce qui concerne celui de Hawks.
A noter que le coffret s'accompagne de diverses babioles.

Aucun des suppléments n'est sous-titré ou doublé.




Conclusion
Un coffret deux DVD qui ne s'avère pas aussi réussi qu'on aurait pu l'espérer. La qualité technique des deux éditions est correcte mais manque de définition en vidéo et d'énergie au niveau sonore, ce qui déçoit au vu de l'importance des films. Les suppléments sont assez nombreux mais d'un intérêt moyen du fait d'un contenu un peu redondant et d'un manque d'analyse et de comparaison entre les deux films. Ils sont malheureusement quasi inexistants pour le film de Hawks malgré son importance et sa qualité.
Ce dernier est d'une importance capitale pour le cinéma en ce sens qu'il est la véritable matrice du film de gangsters et une oeuvre d'une modernité sidérante par son audace et son traitement novateur.

Le film de De Palma en est une reprise très cohérent qui a choisi l'emphase à tous les niveaux comme système de fonctionnement afin de se détacher de son prestigieux mais curieusement oublié modèle.
Les deux films, qui racontent pourtant la même histoire, sont différents quasiment sur tous les plans et l'avantage est clairement pour le film de Hawks qui paraît plus équilibré et plus intéressant que sa copie.
Néanmoins, l'actualisation du scénario de Ben Hecht par Oliver Stone est remarquable et le style de De Palma (malgré ses défauts évidents) est en parfaite adéquation avec l'ambiance des années 80 et la paranoïa récurrente des consommateurs de cocaïne.
Le film de Brian De Palma a profité de la grande permissivité de son époque pour marquer les esprits en intégrant de la violence extrème, du sang, des injures permanentes et faire de son Tony Montana et de son parcours une sorte de modèle pour une certaine jeunesse désenchantée.
Si le film de Hawks a pu choquer son époque, il est malheureusement vite retombé dans un certain anonymat du fait des coupures et changements imposés par la censure qui dénaturait le rythme, la structure et les intentions du film.
A l'opposé, celui de DePalma, en grande partie grâce à l'interprétation fiévreuse d'Al Pacino, est devenu un véritable phénomène sociologique mondial, symbolisant une certaine idée du rêve américain.
De façon pernicieuse, De Palma a tellement suramplifié la démesure de son final que le message sur la déchéance et la décadence de ce caïd passe mal et les spectateurs sont plus marqués par le baroque et l'aspect opératique du final, achevant de faire de T. Montana un véritable héros alors qu'il en est l'antithèse.
Les deux oeuvres sont donc opposées malgré leurs similitudes et l'original n'est plus considéré à l'heure actuelle que comme un supplément de son remake et cela est fort dommage.


Qualité vidéo:
3,3/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-11-06

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Scarface (1983)/Scarface (1932)

Année de sortie:
1983

Pays:

Genre:

Durée:
170/93 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
3 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby 2.0 stéréo
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Cinq documentaires, Scènes coupées / fin alternative

Date de parution:
2003-09-30

Si vous avez aimé...