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DVDEF

Sexy Beast

Critique
Synopsis/présentation
Dans la veine des Pulp Fiction, Snatch et autres films dérivés du genre, voici Sexy Beast. Disons-le d'amblée, n'eut été de la fantastique prestation de Ben Kingsley dans le rôle le plus vil, le plus malsain qu'il n'ait jamais eu à interpréter, il est peu probable que le film aurait atteint la visibilité ou la notoriété qu'il a aujourd'hui. Non pas que le film soit mauvais, bien au contraire, mais certainement Kingsley permet au film de se démarquer. Autrement, Sexy Beast n'aurait été qu'un simple produit bien à la mode, un dérivé d'une longue lignée de films branchés telle qu'inaugurée par Quentin Tarantino. Dans Sexy Beast, Kingsley incarne donc un mafieux vieillissant mais ô combien vil, insultant, et tout simplement dément nommé Don Logan. Ce dernier se rend en Espagne l'espace de quelques jours afin de rencontrer un gangster retraité nommé Gal (Ray Winstone, excellent) et de le convaincre de participer à un dernier grand coup des plus payants. Mais voilà, l'ouverture du film nous montre Gal tel un gamin profitant de la vie en plein soleil, entouré de sa femme qu'il aime et de ses amis. Il n'a aucune envie de sacrifier son paradis pour un vol. Mais ce qu'il semble oublier, c'est que Don Logan ne se laisse pas dire non aussi facilement, bien au contraire ! S'ensuivra donc entre les deux une véritable guerre des nerfs, où le gagnant sera réellement celui qui réussis à crier le plus fort !
Ce qui distingue le plus Sexy Beast des innombrables productions du genre, c'est forcément le fait que la majeure partie du film n'est constituée que d'une longue engueulade entre les deux personnages principaux. En effet, plutôt que de miser sur la situation classique du vol, le réalisateur préfère s'attarder longuement sur cette confrontation qui oppose deux personnages typés et fort bien campés. Les dialogues entre ces deux hommes sont certainement très vulgaires mais aussi réalistes et convaincants. Ils traduisent à merveille l'état d'esprit des personnages. Particulièrement, les scènes où Ben Kingsley perd littéralement la tête donnent à être entendues. Certains trouveront peut-être le niveau de langage offensant, mais soyez assuré que Kingsley livre la marchandise avec une conviction, avec une rage peu commune.
Malheureusement, après une première heure du tonnerre, le film s'égare quelque peu en changeant le lieu, l'action et surtout le rythme du film. La confrontation entre Kingsley et Winstone prend ainsi fin et le film bascule dans des situations banales et convenues. Quel dommage, les auteurs auraient réellement eut intérêt à continuer sur cette lancée prometteuse! Dommage aussi que le réalisateur, un novice du nom de Jonathan Glazer, se soit senti obligé d'insérer dans le film quelques éléments psychédéliques un peu gratuits qui ne sont pas sans rappeler le cinéma de Guy Ritchie. Ces éléments incongrus et hétérogènes étaient censés apporter un souffle moderne et novateur au film, mais leurs apports n'est nullement justifié et n'apporte strictement rien au récit. Reste finalement à apprécier le film pour l'incroyable duel d'acteur qui perdure pendant tout près de 60 minutes, une heure à savourer le talent de deux excellents interprètes, Kingsley en tête, qui livrent des dialogues juteux à souhait. Au diable le reste, ces deux acteurs volent la vedette de ce film qui, sans eux, aurait volé bien plus bas...


Image
Le film nous est présenté en format original de 2.35:1 (la pochette indique 1.85 :1, mais il s'agit d'une erreur) d'après un transfert anamorphosé de bonne qualité. Seule petite fausse note avant d'aller plus loin, l'interpositif utilisé pour le transfert n'est pas exempt de défauts et laisse paraître quelques égratignures en plus d'un léger grain. Quoique apparent, ces défauts sont néanmoins mineurs et très peu distrayants. L'image affiche une belle netteté; les détails et les textures sont rendus avec subtilité et finesse. Les couleurs sont pures et parfaitement saturées. La colorimétrie ne présente aucun débalancement et on ne note aucun débordement. Les tons de peau paraissent naturels. Les dégradés sont adéquats bien que parfois les régions les plus denses tendent à bloquer un peu rapidement. Les noirs sont purs, on note parfois un léger fourmillement dans ceux-ci.
Nous n'avons remarqué aucun défaut de compression quel qu'il soit, et la sur-définition des contours a été appliquée au minimum.



Son
Cette édition n'offre que deux bandes-son: anglaises (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround). L'absence d'un doublage français s'explique simplement : aucun doublage n'était disponible au moment de produire cette édition.
Le mixage Dolby Digital 5.1 en est un des plus intéressant, voir surprenant. Ce mixage est d'un dynamisme étonnant et doublé d'une spatialité convaincante.
Le champ-sonore se déploie de toutes les canaux. Les dialogues sont nets et précis. Le champ-sonore avant est articulé et la trame-sonore surprend par sa fidélité. Les effets d'ambiophonies sont judicieusement utilisés pour créer une ambiance mais aussi pour nous bombarder d'effets sonores localisés et de transitions de canaux à canaux. Les basses sont puissances, profondes et bien étalées tandis que le canal .1 (LFE) est utilisé de façon soutenu.
Il est bien dommage que seuls des sous-titres anglais et espagnols soient offerts avec cette édition. Comme d'habitude, Fox n'a pas pris la peine d'inclure des sous-titres français. Une situation d'autant plus déplorable vue l'absence d'une bande-son française...



Suppléments/menus
Fox ont investit peu d'efforts pour inclure des suppléments digne d'intérêt en vue de cette édition. Compte tenu du faible potentiel commercial de cette réalisation, cette situation est plutôt compréhensible…
Vous retrouverez tout d'abord une piste de commentaires audio animée par Ben Kingsley et le producteur Jeremy Thomas. Malheureusement, cette piste ne propose rien de particulièrement intéressant. Les propos sont vagues, anecdotiques et plus souvent qu'autrement les animateurs se contentent de nous expliquer l'action présentée à l'écran. On aurait pu s'en passer…
Suit ensuite une court segment promotionnel de 6 minutes. Comme tout bon segment promotionnel, les seules informations données se résument à un résumé de l'histoire et une justification sommaire des motivations des personnages. Bref, une longue publicité parsemée d'entrevues superficielles. Le reste des suppléments se limite à deux bandes-annonces ainsi qu'une publicité pour le film, en plus de trois bandes-annonces pour d'autres films produits par la Fox.




Conclusion
Il est important de le souligner, ce film n'est pas destiné à tout public. Mais les amateurs de dialogues cinglants devraient certainement savourer le superbe duel d'acteur de la première partie. Quant à cette édition DVD, elle offre ce que toute édition devrait offrir, c'est-à-dire une qualité d'image des plus honnête ainsi qu'une bande-son solide et convaincante. Dommage seulement que les suppléments aient été quelque peu négligés.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,3/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-03-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Sexy Beast

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
89 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, segment promotionnel et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-03-12

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