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DVDEF

Score, The

Critique
Synopsis/présentation
Est-ce une simple coïncidence ou un réel regain de popularité ? Car en 2001, ce n'est non pas un, ni deux, mais bien trois films de "vol" (appelé Caper film en anglais) qui ont pris l'affiche sur les écrans de cinéma. Trois films différents dans leur forme mais ô combien similaires quant à leur sujet. Il y eut tout d'abord The Score, de Frank Oz, puis le Heist de David Mamet, et finalement la relecture de Ocean's Eleven réalisée par Steven Soderbergh. Chacun mettait en scène un vol audacieux aux risques élevés, et chacun de ces trois films s'attardait à la préparation minutieuse et détaillée du vol en question. Mais malgré cette similitude dans la construction narrative, les trois films ont le mérite de nous offrir une vision, une interprétation fort différente de ce sujet fort classique. Le film de Mamet misait avant tout sur l'action et les revirements de situations, tandis que le film de Soderbergh baigne dans un climat de comédie absolument savoureux et jouissif. Beaucoup plus sérieux, The Score, de Frank Oz, se contente de développer méticuleusement et le plus sérieusement du monde son intrigue et ses personnages, sans flafla et sans extravagance.
Nick Wells (Robert De Niro) est un vétéran cambrioleur. Il est méticuleux, prudent et ne fait confiance qu'à une personne, son ami et partenaire Max (Marlon Brando). Juste quand Nick décide de prendre sa retraite une bonne fois pour toute afin de vivre paisiblement et dans la légitimité, Max lui propose un dernier grand coup que Nick ne peut refuser : aider un jeune voleur novice et arrogant (Edward Norton) à dérober un objet précieux qui a été saisi et entreposé à la maison des douanes de Montréal. La paye est alléchante, et Nick fini par accepter l'offre malgré un niveau de risque élevé.
L'une des grande qualité de The Score peut aussi être considérée comme étant son plus grand défaut. En effet, les auteurs et le réalisateur s'attardent tellement au développement du récit et des personnages que le film finit par s'étirer quelque peu en longueur. La tension en est donc inévitablement diluée, et le spectateur impatient risque même de s'ennuyer avant même la séquence finale du vol. Cependant, les cinéphiles attentifs sauront certainement apprécier la subtilité et la minutie de la construction narrative. Les véritables enjeux de l'intrigue et des personnages nous sont dévoilés lentement et subtilement. La mise en scène, étonnamment sobre et attentive aux motivations des personnages, ne s'alourdie jamais d'effets tape à l'œil. Au contraire, le réalisateur a laissé le champ libre à ses interprètes, tous excellents, tout en sachant capter le moindre regard, la moindre expression corporelle significative. Cette minutie fait de The Score une œuvre lente mais très riche quant à la psychologie de ses protagonistes. De plus, les cinéphiles québécois apprécieront sans aucun doute l'utilisation de la ville de Montréal qui, pour une fois, ne sert pas de décor à une ville américaine (excepté pour un plan d'ouverture, sensé se dérouler à Boston). Le directeur photo a su admirablement bien capter certains des plus beaux atouts de la ville pour créer un environnement chaleureux, tandis que le fait français montréalais a été dépeint avec respect et fidélité. Ne serait-ce que pour ces raisons, The Score est un film qui se distingue de la production hollywoodienne.


Image
Le film nous est présenté en format original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphique. Première déception de ce transfert : la définition n'est que décente, sans plus. Quelques plans souffrent d'un certain manque de piqué, on perd quelques détails et les textures ne semblent pas toujours précises. Le rendu de la colorimétrie, par contre, nous est apparu impeccable. La saturation est parfaitement équilibrée, les couleurs sont riches, constantes et ne présentent aucun débordement. En tout temps, les teintes de peau conservent une apparence juste et naturelle. La brillance est constante et correctement balancée, mais les contrastes ont parfois une apparence trop accentuée, en particulier dans les séquences à faible luminosité. Autre déception, les parties sombres, plutôt nombreuses dans le film, affichent des dégradés parfois grossier. En contrepartie, les noirs sont profonds et purs et ne son aucunement entachés par un fourmillement indésirable.
Comme il se doit, l'interpositif utilisé pour ce transfert ne présente aucun défaut. Nous ne signalons aucun défaut de compression dans ce transfert, et la présence de sur-définition des contours est minime.



Son
Il y a trois bandes-son sur cette édition, soit deux mixages anglais (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround) et un mixage français (Dolby Surround 2.0)
La bande-son Dolby Digital 5.1 anglaise brille par la subtilité de son mixage, ce dernier ne s'encombre pas d'effets tapageurs grossier ou d'un dynamisme disproportionné. Ceci étant dit, la spatialité n'a pas pour autant été négligée. Celle-ci est ample et fort bien défini. Les éléments sonores y sont incorporés avec minutie. La trame-sonore, entre autre, est agréablement et subtilement déployée dans tout le champ sonore pour créer l'ambiance adéquate. Les dialogues sont également fort bien mixés, ceux-ci sont en tout temps naturels et parfaitement intelligibles. L'utilisation des canaux d'ambiophonie propose une belle retenue, cette dernière se limitant surtout à quelques effets subtils appuyant l'ambiance et l'environnement sonore. Les basses sont solides et profondes et appuient convenablement, sans excès, les éléments qui le demandent. En particulier, remarquer l'utilisation des basses sur la trame-sonore lors des pièces Jazz : subtile et naturelle. L'usage du canal .1 (LFE) est très limité et seules quelques scènes, en particulier lors du climax du film, en font une utilisation modeste.
À noter qu'en plus des bandes-son Dolby Surround 2.0 anglaise et française (qui offrent une spatialité beaucoup moins ample et moins naturelle), cette édition propose des sous-titres anglais. Dommage que Paramount n'ait pas pris la peine d'inclure des sous-titres français pour les cinéphiles unilingue-francophone car le film propose une atmosphère linguistique fort intéressante où se mêle une petite dose de français à travers des dialogues majoritairement anglophone et que cette atmosphère propre est gâchée par le doublage français.



Suppléments/menus
Quelques suppléments sont offerts sur cette édition. Parmi ceux-ci, un seul mérite réellement votre attention. Il s'agit d'une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Frank Oz et le directeur de la photographie Rob Hahn. Plutôt que de nous offrir une piste purement anecdotique dénudée de toute information pertinente, comme il est si souvent la norme sur les pistes de commentaires enregistrées de nos jours, les deux intervenants s'attardent ici de façon explicite mais claire à plusieurs éléments techniques rattachées à la réalisation du film. Des différentes lentilles aux multiples caméras utilisées, en passant par l'emploi de filtre et des différents types d'éclairage, les deux hommes nous exposent de façon concise plusieurs informations franchement intéressante pour quiconque s'intéresse de plus près aux techniques de mise en scène. Frank Oz va aussi plus loin à l'occasion en nous exposant ses intentions derrière plusieurs éléments du langage cinématographique. Franchement, que voilà une piste qui en vaut certainement l'écoute.
Beaucoup moins intéressant est un court documentaire promotionnel de douze minutes simplement intitulé The Making of The Score. Comme il est pratiquement devenu la norme sur les éditions DVD récentes, cette vignette n'est qu'une longue bande-annonce agrémentée de quelques entrevues un peu prétentieuse vendant les immenses mérites du film. Il ne se dégage de cette vignette aucune véritable information pertinente, tout au plus serez-vous diverti par un montage rapide et tape à l'œil.
Suivent ensuite une série de trois scènes supposément additionnelles. Ces scènes ne sont pas réellement des scènes coupées, mais plutôt des séquences alternatives à celles présentées dans le film. Le seul véritable intérêt de ces scènes réside en une improvisation entre Robert De Niro et Marlon Brando, jouant la même scène à trois reprises mais de différentes manières.
La bande-annonce originale du film est également incluse sur cette édition.




Conclusion
Sans être un film parfaitement réussis, The Score n'en est pas moins une oeuvre intelligente et captivante pour quiconque a la patience de s'y attarder. Le film propose une alternative intéressante au cinéma d'action contemporain en ne proposant aucune violence gratuite et grossière, ne misant que sur une tension adroitement établie. La présentation de cette édition en laissera malheureusement quelques uns sur leur faim, la qualité de l'image n'étant que satisfaisante et les bandes-son n'étant pas d'un dynamisme assomant. Quant aux suppléments, la seule présence de cette excellente piste de commentaires audio mérite une attention toute particulière pour quiconque s'intéresse aux techniques du cinéma. Bref, cette édition ne fera pas l'unanimité, mais elle saura certainement trouver une clientèle.



Qualité vidéo:
3,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,1/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-12-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Score, The

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
124 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, scènes supplémentaires et bandes-annonces.

Date de parution:
2001-12-11

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