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DVDEF

Salvador (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Bien avant d'atteindre la reconnaissance avec le succès de Platoon en 1986, Oliver Stone avait atteint une certaine notoriété à Hollywood en scénarisant plusieurs films à succès, remportant même un oscar pour le scénario de Midnight Express. À l'inverse, sa carrière de réalisateur stagnait depuis un bon bout de temps, après avoir réalisé deux drame d'horreur inconnu et quelconque. Quand le journaliste Richard Boyle lui présenta les écrits de ses expériences au Salvador, alors aux prises avec une sanglante guerre civile, Oliver Stone y vit l'opportunité d'enfin réaliser un film sérieux et engagé qui, peut-être, lui apporterait la reconnaissance du milieu. Il mit tout en œuvre pour financer le projet, allant même jusqu'à vendre sa maison et ses biens pour financer le film, qui fut tourné dans des conditions absolument misérables. Mission plus ou moins accomplie : le film passa en coup de vent aux guichets, mais il donna néanmoins à Stone assez de crédibilité pour qu'à peine quelque mois plus tard il obtienne le financement pour un film qui depuis longtemps lui tenait à cœur, Platoon.
Salvador s'inspire donc en partie d'une histoire véridique, celle de Richard Boyle, un journaliste qui se rendit au Salvador en 1980 pour y couvrir la guerre civile de l'intérieur, pensant ainsi atteindre notoriété et richesse. Sur les lieux, témoin des massacres et des injustices politiques, l'homme froid et passif en quête de richesse fait graduellement place à un être plus sensible et engagé, soucieux de faire connaître la vérité, soucieux de libérer un peuple dans la misère.
Salvador marquait les premiers pas d'Oliver Stone dans un cinéma engagé, un cinéma quasi-vérité qui dénonçait des injustices politiques mais surtout, les maladresses et les bassesses du système américain, ouvertement blâmé dans le film pour avoir fourni aveuglément des subventions et de l'armement aux diplomates salvadoriens, qui n'hésitaient pas à s'en servir pour mener un régime de terreur sur le pays. Certes, le message ni le traitement ne sont aussi appuyés que dans ses films suivants, tels Born on the fourth of July ou Nixon par exemple, mais on reconnaît néanmoins le type de cinéma que le réalisateur à privilégié durant les quinze années qui suivirent. La mise en scène, à des années lumières des extravagances de ses projets plus récents, Natural Born Killers en tête, apparaît comme appliquée et sensible au sujet, et présente même plusieurs scènes d'une intensité foudroyante qui laissent encore une fois présager la tangente que prendra Stone dans ses projets futurs. Le film aurait par contre bénéficié d'un scénario plus solide et détaillé, certains aspects du conflit demeurant plutôt obscurs. Les personnages secondaires, en particulier ceux de Jim Belushi et de John Savage, auraient aussi gagnés à être approfondis. Mais dans les circonstances difficiles dans lesquelles fut tourné le film (manque de fonds, hostilité des autorités du pays où fut tourné le film, nombreuses chicanes, etc…), le film s'avère tout de même un effort tout à fait honorable, grâce à la ténacité de Stone et à l'interprétation hors pair de James Woods, chacun décrochant d'ailleurs une nomination aux Oscars (meilleur scénario pour Stone) en 1986, l'année même où Platoon raflait toutes les récompenses.


Image
MGM nous offre Salvador dans son format original de 1.85:1 et ce d'après un transfert anamorphique des plus satisfaisant. La qualité d'image y est surprenante, en considérant non seulement l'âge du film, mais surtout les conditions misérables dans lesquelles il fût tourné (Oliver Stone s'exprime d'ailleurs sur ce point dans sa piste de commentaires audio). La netteté est fort honorable, les détails de la photographie sont présentés avec une belle finesse. La colorimétrie est également présentée avec justesse. Les couleurs sont riches mais naturelles, déployées sans débordement. Les teintes de peau sont toutes aussi convaincantes, présentés avec naturalité, sans dominante. Les noirs sont offerts avec profondeur et pureté, rares sont les scènes affichant ne serait-ce qu'un léger fourmillement. En sommes, bien qu'un légère sur-définition des contours soit perceptible à quelques reprises, le transfert est généralement exempt de distractions reliées à des défauts de compression ou à la présence de parasites.


Son
Seules deux bandes-son anglaises sont incluses sur cette édition : la bande-son originale mono en format Dolby Digital 2.0 (présence nullement indiquée sur le boîtier…), ainsi qu'un nouveau mixage Dolby Digital 5.1. Des deux bandes, c'est certes le nouveau mixage qui donne le plus de satisfaction niveau dynamisme, bien que celui-ci soit plus restreint. Effectivement, la présence de cette bande est d'avantage axée sur les enceintes avants qu'arrières. Les enceintes arrières ne sont utilisés que de manière limité, surtout pour maladroitement optimiser le dynamisme des scènes de combat. Autrement, on a droit à une bande-son à la spatialité plutôt réduite aux rares effets d'ambiophonies . L'intégration de la trame-sonore est probablement l'élément qui bénéficie le plus de ce nouveau mixage, ce qui n'est pas nécessairement une bonne nouvelle… À plusieurs reprises, celle-ci est si insupportable qu'un peu plus de discrétion aurait fait le plus grand bien. Les basses sont quelque peu profondes, surtout dans les scènes d'action, mais auraient bénéficiés d'un peu plus de mordant. Quant aux nombreux dialogues, ils sont toujours présentés de façon claire et intelligible. La bande-son anglaise originale mono présente évidemment un dynamisme et une présente restreintes, mais simplement pour profiter des intentions originales des auteurs, son inclusion est la bienvenue.
Malheureusement, aucune bande-son française n'est disponible sur cette édition, une absence quelque peu compensée par la présence de sous-titres français (aussi offerts en espagnols). Par contre, il est à noter la piètre qualité des sous-titres en question, qui brillent notamment par l'absence fréquente de mots à travers les phrases ainsi que par la présence régulière de fautes d'orthographes ridicules et distrayantes. Un peu plus de soin devrait être apporté à l'écriture de ces sous-titres...


Suppléments/menus
Franchement, on aurait facilement pu s'attendre à moins pour un film aussi méconnu. Mais MGM surprend en ayant produit expressément pour cette édition un splendide documentaire, dont la durée dépasse de peu les soixante minutes, et réalisé par Charles Kiselyak, l'homme derrière les excellents documentaires présentés sur Wall Street et Platoon. À l'instar des deux exemples pré-mentionnés, ce documentaire brille par son professionnalisme et par l'approfondissement de son sujet. Ici, toutes les informations entourant la création du film sont dévoilées sans concession; d'informations purement techniques aux anecdotes. Le documentaire est composé de plusieurs segments d'entrevues avec les principaux artisans, de quelques extraits du film, ainsi que de véritables images (souvent dérangeantes…) tournées lors du vrai conflit. Le seul véritable défaut de ce supplément réside dans le fait qu'encore une fois aucun chapitre de sépare les sujets pourtant bien divisés du documentaire.
Pour cette édition, Oliver Stone nous offre à nouveau une piste de commentaires audio des plus intéressantes, lucide, variée et articulée. Les rares silences, son ton posé et sa voix reposante en font encore une fois une piste agréable à écouter durant la totalité du film. Vous trouverez aussi sur cette édition une série de scènes retranchées au montage totalisant plus ou moins 25 minutes. La plupart de ces scènes sont en réalité des séquences alternatives allongées de scènes se trouvant dans le film. Certaines scènes sont par contre plutôt intéressantes, montrant de toutes nouvelles interactions entre les personnages, ainsi que certaines scènes carrément explicites. On aurait d'ailleurs apprécié les commentaires du réalisateur pour expliquer le retrait de ces scènes en particulier, mais leur simple inclusion constitue un complément des plus intéressants à cette version. Pour compléter cette section on nous offre une galerie de photographies prises en coulisse ainsi que la bande-annonce originale diffusée en salles.




Conclusion
Tout comme Platoon, Salvador est le seul film d'importance d'Oliver Stone à ne pas avoir été offert dans le splendide coffret de collection distribué par la Warner en début d'année. Dommage, car à n'en point douter cette édition s'avère à la hauteur, et surpasse même plusieurs des éditions incluses dans ce coffret. L'image est splendide et les suppléments en particulier sont tout à fait excellents, à défaut d'être vraiment nombreux. Une édition à ne pas manquer pour les fans du réalisateur ou les détenteurs du coffret en question puisqu'il s'agit d'un complément incontournable.



Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-06-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Salvador

Année de sortie:
1985

Pays:

Genre:

Durée:
123 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, scènes coupées, galerie de photos, bande-annonce

Date de parution:
2001-06-05

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