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DVDEF

Ali

Critique
Synopsis/présentation
Malgré qu'en apparences il s'agit d'un drame sportif et biographique, Ali, de Michael Man, est une œuvre intimiste et complexe se rapportant d'avantage à un drame psychologique. Que ceux qui s'aventureraient dans le (long) visionnement du film avec comme seules attentes un divertissement devraient peut-être songer à Rocky plutôt qu'à Ali, car le film de Michael Mann est laborieux, exigeant. Également, les spectateurs désireux d'en savoir d'avantage sur la vie et les accomplissements du célèbre boxeur auraient intérêt à visionner l'un des multiples documentaires produits à ce sujet depuis quelques années, car ceux-ci sont certainement plus complets. Michael Mann n'avait pas l'ambition de mettre en scène une chronologie d'événements spectaculaires, mais plutôt de dresser un portrait psychologique et complexe de Muhammad Ali. Pour ce faire, Mann n'a retenu dans son film qu'une période de dix années dans la vie du boxeur, soit de 1964 à 1974. Et au risque de vexer les certains puristes, le réalisateur est allé jusqu'à altérer légèrement la chronologie de certains événements afin de mieux cerner l'évolution de la personnalité de l'athlète. Pour brosser le portrait de cet homme complexe, Mann et ses co-scénaristes Eric Roth, Stephen J. Rivele et Christopher Wilkinson ont puisés dans la vie du boxeur les éléments les plus significatifs sur le plan psychologique. Ainsi donc, le film alterne quelques scènes de boxe particulièrement bien réussies avec d'autres séquences intimistes de salon sans aucune valeur historique… mais ô combien significatives de l'identité d'Ali. Le portrait est sans concession. Le réalisateur et auteur ne porte aucun jugement quant aux valeurs, à la morale ou aux agissements du boxeur. Il n'en fait pas non plus une image mythique ou héroïque. Il présente l'homme tel qu'il était, de la façon la plus complète et approfondie possible. À nous, les spectateurs, de juger ou de critiquer le célèbre Ali. Ali, le film, est donc un casse-tête contemplatif au sein duquel s'agencent les morceaux de la personnalité d'un anti-héros arrogant, idéalisé et adulé par le peuple.
Malheureusement, malgré l'immense talent de réalisateur de Michael Mann et les meilleures intentions, le film s'éternise sur plus de deux heures trente. Avec comme projet de brosser un portrait psychologique complet, Mann semble avoir négligé un aspect cinématographique très important : le rythme. Cette oeuvre manque cruellement de vigeur, le réalisateur aurait eu intérêt à être plus concis et direct, l'attention du spectateur n'aurait été que plus soutenue. Également, à force d'uniquement centrer l'intérêt sur Muhammad Ali, Michael Mann semble avoir négligé certains personnages secondaires qui finissent par paraître typé ou carrément mal développés. À l'opposé, il serait un sacrilège de ne pas louanger plusieurs qualités absolument remarquables du film, comme par exemple le jeu de Will Smith. Le sceptiques seront confondus, Smith prouve avec ce film qu'il est réellement un acteur capable de rôles complexes et exigeants; intellectuellement et physiquement. Notons également la minutie avec laquelle ont été recréés les combats de boxe. Rarement aura-t-on vu des combats aussi réalistes et dynamiques, grâce à l'utilisation de caméras numériques (Mini DV) qui nous placent littéralement au cœur de l'action.
Ali n'est pas un film qui plaira à tous mais il s'agit d'une œuvre d'auteur riche et complexe, magistralement filmée et interprétée.


Image
Ali nous est offert en format d'image original (2.40:1) d'après un transfert anamorphosé de très bonne qualité.
La définition générale de l'image est excellente et laisse pleinement voir la richesse des détails et des textures. Vous remarquerez probablement quelques plans où le grain est plus évident et où l'image manque de profondeur, il s'agit en fait de séquences tournées en vidéo numérique (Mini DV). Comme ce support n'offre pas la même définition qu'une pellicule 35mm, ces caractéristiques sont tout à fait normales. Les couleurs sont pures et bien saturées, leur rendu est, dans l'ensemble, naturel et constant malgré l'utilisation de différents filtres lors de la prise de vue. La brillance et le contraste nous sont tout deux apparus correctement équilibré. Quelques scènes présentent une luminance excessive, mais il s'agit là d'un artifice volontairement employé pour altérer la photographie du film et non pas un défaut imputable à ce transfert. Les parties sombres présentent des dégradés convenables, mais sans plus. Quant aux noirs, un très léger fourmillement est quelques fois visible mais de façon générale ils sont intenses.
Évidemment, l'interpositif utilisé pour le transfert est exempt de toute anomalie. Aucun défaut de compression n'est à déplorer, cependant une sur-définition des contours parfois évidente agace à quelques moments.


Son
Deux mixages Dolby Digital 5.1 nous sont offerts avec cette édition, l'un en anglais, et l'autre en français. Il s'agit d'un des tout premier titre de ce studio à offrir un doublage en français 5.1, espérons que cela devienne une habitude !
Ces deux mixages sont dynamique et ont une belle présence. Le champ-sonore se déploie agréablement et avec profondeur de toutes les enceintes pour créer un environnement sonore crédible et immersif. L'utilisation des enceintes arrières se limitent à reproduire des effets d'ambiance plutôt que des effets tapageurs trop localisés. La trame-sonore est particulièrement bien intégrée, que ce soit la douce et berçante bande-originale composée par Lisa Gerrard (ex Dead Can Dance) et Pieter Bourke ou les quelques pièces musicales plus rétros ou jazzés, ces dernières étant reproduites avec beaucoup de fidélité. Les dialogues sont naturels et parfaitement intelligibles. Les basses, bien étalées, sont nettes quoique qu'une bande-son DTS auraient surment contribué à une plus grande dynamique. Le canal .1 (LFE) est utilisé sporadiquement et sans abus.
Le doublage français présente sensiblement les mêmes qualités que le mixage anglais cependant quelques effets d'ambiance ont été perdus lors du doublage qui est, soulignons le, de qualité fort moyenne. À noter que des sous-titres anglais, français et espagnols sont offerts avec cette édition.


Suppléments/menus
Seules quelques bandes-annonces sont offertes avec cette édition. Michael Mann est reconnu pour son aversion envers ce qu'on nomme les suppléments. Il n'a accepté qu'une seule fois d'enregistrer une piste de commentaires audio (pour Thief, son premier film) et a tellement détesté l'expérience qu'il refuse depuis ce jour de se soumettre à cet exercice. Dommage, car Michael Mann est un réalisateur intelligent et articulé dont il serait franchement intéressant d'entendre les propos et opinions.



Conclusion
Tenez-vous le pour dit, Ali n'est pas un film pour tous. Ce film n'est ni un drame sportif ni une biographie fidèle mais plutôt une étude psychologique riche et captivante, réalisée avec assurance par un véritable auteur. Cette édition DVD, quoique avare de suppléments, rend pleinement justice au minutieux travail du réalisateur Michael Mann en nous présentant une image et une bande-son de très bonne facture.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-04-11

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Ali

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
157 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bandes-annonces

Date de parution:
2002-04-30

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